Deux ateliers littéraires feront, bientôt, leur apparition à Dakar, d’après une initiative des éditions Diaspora Noire.

La ville de Dakar sera bientôt le point de convergence des futurs talents littéraires sénégalais. Directrice de la Maison d’édition numérique Diaspora Noire, et elle-même auteur d’un roman (Dior – le bonheur Volontaire, 2011), la franco-sénégalaise Mame Hulo propose, à partir de février, des ateliers d’écriture au public sénégalais.

Sériés en deux niveaux de difficultés, ces cours intitulés  »Plume en Herbe » et  »Plume Romanesque » sont ouverts à tous les passionnés de littérature voulant s’initier ou faire leurs armes en écriture, dans les différents genres que sont l’autofiction, l’autobiographie, le récit, la poésie, le roman, entre autres. Des exercices mensuels seront proposés aux participants qui pourront, par la suite, lire leurs textes devant les autres et échanger, sans crainte, sur leurs idées et leurs préoccupations stylistiques. Il s’agit essentiellement d’accompagner la démarche des aspirants écrivains en soulignant les points forts de leurs manuscrits en chantier et de déverrouiller les éventuels blocages en leur ouvrant de nouvelles pistes d’écriture.

L’inscription à ces ateliers se fera avec un nombre de places limitées à 15, dans le but de disposer de temps matériel pour se pencher sur chaque cas, selon l’instigatrice. Les dites séances devraient se tenir chaque premier samedi et dimanche du mois, selon qu’il s’agit de  »Plume en herbe » ou de  »Plume Romanesque », dans un restaurant de la place. Mais ce n’est pas gratuit, puisque les inscriptions, déjà ouvertes sur le site web des éditions Diaspora Noire, oscillent entre 6 et 10 000 FCfa par mois.

Créée en 2011, la maison d’édition se donne la vocation de publier les auteurs d’Afrique et de sa diaspora. Avec 19 livres répartis en 6 collections différentes, cette maison d’édition se veut panafricaine dans l’âme et, surtout, tournée vers le futur avec une approche du livre numérique, jusque-là inédite au Sénégal.

Sophiane BENGELOUN

ENQUÊTES+

« Oméga voulu la poésie, le regard avant les mots, voir l’essentiel dans le dérisoire et inversement.
Il éprouvait le tressaillement calme, la quiétude fébrile qui suit la fin d’une dispute. Seul par force à une terrasse, j’observais le bruit des autres, moi-même et tout le reste. Les objets vivaient leur vie d’objet et nous dessus qui nous agitions. »

Cet écrivain est plus considérable qu’il ne le croit lui-même. A côté de bien des subtilités et des fadeurs, ici la même énergie (ou presque ) que ce troublant et géant MOHAMED HMOUDANE , cette sensiblité presque féminine, cette exquise pénétration qui lui fait viser un but si haut…Il est certaines pages où je me suis sentir fondre en délices ou en amoureuses rêveries. Mais le drame de notre écrivain n’est-il pas d’avoir eu très peu à dire dans son roman-poétique ? Comme si tourmenté par quelques secrets, voulait écrire, se débarrasser et atteindre une certaine tranquilité…

« Trajectoires ». Pierre Laporte Editions Diasporas Noires.

Zacharie Acafou Journaliste culturel et chroniqueur littéraire

Article paru le lundi 04 décembre 2012 Sénégal.

Edition – Diasporas Noires se lance à Dakar : Mame Hulo promeut les plumes en herbe

Les auteurs, membres ainsi que le contexte ayant favorisé la naissance de  la Maison d’édition  «Dias­­­poras noires» ont été présentés samedi der­nier à Keur Birago Bou Bess. Se­lon la directrice Mame Hulo, «Dias­po­ras noires» est née pour donner une chance de se faire publier à une multitude  d’écrivains talentueux et méconnus des pays francophones d’Afrique et de ses dias­poras (Caraïbes, l’Océan Indien).

«La  Maison d’édition panafricaine, Dias­pora noires a avant tout, un encrage en Afrique» a souligné Mame Hu­lo pour qui, «l’Afrique reste la priorité». Ce sont au total 19 auteurs que compte pour l’instant cette Maison d’édition depuis sa création en Octobre 2011 à Montréal. Et on y retrouve au moins 6 nationalités africaines. A en croire la directrice, la structure est accessible à tous les enfants de l’Afrique, du Maghreb, et à toutes personnes soucieuses et amoureuses du continent noir.

Mame Hulo souhaitent que les livres des auteurs soient connus du grand public et accessibles au plus grand nombre grâce au numérique, à internet et que ces ouvrages contribuent au ra­yonnement du continent Africain.

Une ambition partagée par la marraine, Annette Mbaye d’Er­ne­ville qui, en plus des relations familiales qu’elle entretient avec la directrice soutient et encourage cette initiative. Pour sa part, Amadou Ndiaye, représentant du ministre de la Culture, a salué cet engagement et cet amour voué à l’Afrique. L’Etat qui a récemment remis une enveloppe de 500.000 F Cfa  de contribution à la structure, a de vive voix insisté sur la nécessité de promouvoir ces genres d’initiatives venant d’enfants du pays. Revenue s’installer au Sénégal, Mame Hulo dont la Maison d’édition compte à son actif une trentaine de publications a tenu à partager ces mo­ments  avec quelques-uns des au­teurs présents mais aussi avec la grande famille de la littérature au Sénégal représentée par Alioune Badara Bèye président de l’association des écrivains du Sénégal. Les thèmes abordés par les auteurs de «Diasporas noires» dans leurs publications sont divers et touchent des problèmes politiques, sociaux, intellectuels, moraux, et reflètent des états d’âme. «Dias­poras noires» s’ins­crit dans la dynamique de la publication d’écrivains en herbe.     

Par keudi FALL

Blog Chez Gangoueus

Pierre Laporte : Trajectoires

Il s’agit d’une de mes dernières lectures sur 2012 et ce sera une de mes premières chroniques littéraires sur 2013. Elle ne sera pas la plus simple. Pierre Laporte est un amoureux des mots. C’est une certitude. Trajectoires est ce qu’il appelle un roman poétique. Il alterne de la prose, du poème et avec des ruptures qui font penser à la découpe d’une pièce de théâtre.
Les trajectoires sont multiples. Elles peuvent être des épisodes routiniers dans un RER francilien où observateur attentionné s’attarde sur des singularités qui font son trajet. La trajectoire peut également s’apparenter à chemin ferroviaire ou autoroutiers qui longent les hautes terrils sur les plaines du Nord de la France, traces inertes de cet ancien bassin minier et de ce monde de l’industrie qui disparait…
Terrils, je me souviens de vous
Épais, discrets quand même,
Et qui s’excusent presque
De se retourner.
Motte de terre au champ d’honneur,
Dans l’horizon aigu
Plaine de graves
Et sur leurs pentes, chaudes
En découlent
En découdrent
Pour la revanche, reverdir
Et s’enfoncer plus haut toujours.
page 8, éd. Diasporas noires
Pierre Laporte nous offre les errements de la pensée d’Oméga. C’est cela. Les trajectoires de ses développements intellectuels dans le labyrinthe de nombreuses situations qu’ils rencontrent. En Afrique subsaharienne où il semble avoir séjourné un certain. En surveillant une classe studieuse et trimant sur un devoir. En regardant par de-là les océans. Tenez, voilà ce qu’il dit ou pense intérieurement :
4 siècles durant
Humanités aux mains des maquignons,
De commis de l’état en foires agricoles
Places publiques, pudiques de leur commerce
Broyer les cannes, les bras pour en sortir le jus maudit de la servitude
Sucre de bronze ici, ivresse des fermentations impies là-bas.
Jolis macarons des façades blanches au départ des bateaux, des ports.
Calcaire d’esclaves, de profil aux frontons négriés
Molosses complices aux moustaches de sang
Sourires canins de part et d’autres du ragoût humain
Joie quotidienne, humeur massacrante
Archipel dans la mélasse depuis.
page 54, éd. Diasporas noires
Oméga se laisse déborder par ses pensées, ses réflexions, ses cris, sa sensibilité. Aussi le lecteur doit s’accrocher aux pans de son écriture et de ses jérémiades, tel un amateur voulant s’essayer à une musique de jazz qu’il n’aurait naturellement pas encore apprivoisé. Ces trajectoires ne sont pas toujours simples. Allez trouver votre sillon dans le désert! Mais voilà, les caravaniers ne perdent jamais le nord dans les dunes de sable, alors n’hésitez pas à découvrir ce texte qui porte l’écueil d’une relecture qui aurait pu être plus exigeante et d’un mélange de genre littéraire à la fois audacieux et risqué. Cela se lit tout de même, mais hors des trajectoires routinières pour pouvoir profiter des mots.
Bonne lecture,
Pierre Laporte, Trajectoires
Editions Diasporas noires, Collections Vies, 1ère parution en 2012, 76 pages
Crédit photo : Diasporas noires
Chroniques littéraires consacrées au livre « Trajectoires » de Pierre Laporte

Blog Chez Gangoueus

Pierre Laporte : Trajectoires

Il s’agit d’une de mes dernières lectures sur 2012 et ce sera une de mes premières chroniques littéraires sur 2013. Elle ne sera pas la plus simple. Pierre Laporte est un amoureux des mots. C’est une certitude. Trajectoires est ce qu’il appelle un roman poétique. Il alterne de la prose, du poème et avec des ruptures qui font penser à la découpe d’une pièce de théâtre.
Les trajectoires sont multiples. Elles peuvent être des épisodes routiniers dans un RER francilien où observateur attentionné s’attarde sur des singularités qui font son trajet. La trajectoire peut également s’apparenter à chemin ferroviaire ou autoroutiers qui longent les hautes terrils sur les plaines du Nord de la France, traces inertes de cet ancien bassin minier et de ce monde de l’industrie qui disparait…
Terrils, je me souviens de vous
Épais, discrets quand même,
Et qui s’excusent presque
De se retourner.
Motte de terre au champ d’honneur,
Dans l’horizon aigu
Plaine de graves
Et sur leurs pentes, chaudes
En découlent
En découdrent
Pour la revanche, reverdir
Et s’enfoncer plus haut toujours.
page 8, éd. Diasporas noires
Pierre Laporte nous offre les errements de la pensée d’Oméga. C’est cela. Les trajectoires de ses développements intellectuels dans le labyrinthe de nombreuses situations qu’ils rencontrent. En Afrique subsaharienne où il semble avoir séjourné un certain. En surveillant une classe studieuse et trimant sur un devoir. En regardant par de-là les océans. Tenez, voilà ce qu’il dit ou pense intérieurement :
4 siècles durant
Humanités aux mains des maquignons,
De commis de l’état en foires agricoles
Places publiques, pudiques de leur commerce
Broyer les cannes, les bras pour en sortir le jus maudit de la servitude
Sucre de bronze ici, ivresse des fermentations impies là-bas.
Jolis macarons des façades blanches au départ des bateaux, des ports.
Calcaire d’esclaves, de profil aux frontons négriés
Molosses complices aux moustaches de sang
Sourires canins de part et d’autres du ragoût humain
Joie quotidienne, humeur massacrante
Archipel dans la mélasse depuis.
page 54, éd. Diasporas noires
Oméga se laisse déborder par ses pensées, ses réflexions, ses cris, sa sensibilité. Aussi le lecteur doit s’accrocher aux pans de son écriture et de ses jérémiades, tel un amateur voulant s’essayer à une musique de jazz qu’il n’aurait naturellement pas encore apprivoisé. Ces trajectoires ne sont pas toujours simples. Allez trouver votre sillon dans le désert! Mais voilà, les caravaniers ne perdent jamais le nord dans les dunes de sable, alors n’hésitez pas à découvrir ce texte qui porte l’écueil d’une relecture qui aurait pu être plus exigeante et d’un mélange de genre littéraire à la fois audacieux et risqué. Cela se lit tout de même, mais hors des trajectoires routinières pour pouvoir profiter des mots.
Bonne lecture,
Pierre Laporte, Trajectoires
Editions Diasporas noires, Collections Vies, 1ère parution en 2012, 76 pages
Crédit photo : Diasporas noires
Source : http://gangoueus.blogspot.com/2013/01/pierre-laporte-trajectoires.html
JET D’ENCRE
PIERRE LAPORTE
mardi 11 décembre 2012 par DOSZEN

Je suis dans un questionnement existentiel. Ce livre m’a rempli le cerveau d’interrogations et de dialogues entre moi et moi-même sur ce qu’est ou devrait être la liberté d’un créateur. Étant, férocement, d’avis que l’auteur ne doit écrire qu’en fonction de sa propre sensibilité, qu’en fonction de ses propres élancements de l’âme, je suis obligé de mettre un bémol dans ma conviction. Le « Trajectoires » de Pierre LAPORTE, paru en 2012 aux éditions « Diasporas Noires » m’a fait me poser des questions éternelles.

Oméga est un jeune homme. C’est la seule chose qui importe. Enfin, presque la seule chose.
Oméga, c’est surtout un jeune homme qui traine son regard sur sa vie et celle parfois bruyante des usagers du RER A. Témoin, contre sa volonté, des pugilats verbaux des urbains stressés en course vers leur chez eux.

« Sonnerie, démarrage, la soirée sur les rails qui font semblant de crier avec leur voix de ferraille usée. Les portables se déchaînent dans les poches, ça va vibrer en cœur dès qu’on sortira à l’air libre, les tunnels ménagent un suspens techno-épistolaire. »

Oméga, c’est surtout un prof ou un pion. Vacataire, surement, comptant ses heures et ses sous, évidemment. Et toujours, son regard sur tout, son esprit en vagabondage sur son banal quotidien.

« Le bruit est un objet en soi, obsession récurrent, je le chasse, le domestique, lui et moi on se croise, quand il s’enfle, j’ai l’impression qu’il m’éclabousse, quand il réduit, je m’amplifie, nous sommes du même souffle. Les élèves me saluent, me disent à bientôt, j’ai fait une brève intrusion dans leur semaine, eux dans la mienne. »

Oméga, c’est, est-il besoin de le préciser, un être amoureux. Cocu. Est-il besoin de le préciser. Au détour d’une terrasse, hasard ou Colombo qui se renie, il assiste à son émasculation par la grâce de cette Armelle qui à son rival colle une pelle.

« Ils s’étaient quittés sur le pas de porte, la vision du baiser l’avait traversé sur le coup, fugacement comme une aiguille dont on sent l’entrée dans la chair puis à laquelle on s’habitue pour quelques secondes. »

Oméga, c’est un Homme quasi banal qui, sur sa blessure, s’empresse de splacher un cataplasme. Le pire des cataplasmes car la Armelle n’est qu’un placebo mélaniné censé soigner le blues d’une vie maritale qui s’enfonce dans les sables mouvants de l’aigreur, de la rancune.

« Moi non plus je ne l’aime pas, on baise bien, avec vigueur, moi par dépit, elle, je ne sais pas, avec ma femme la position allongée c’est celle que j’ai devant la télé, quand elle rentre du boulot. »

Oméga, c’est l’homme qui apprend le mot michetonneuse par l’expérience. Et que le dépit a rendu haineux, en quête de vengeance ou simplement en désir de cracher son dégout. De lui-même.

« Qu’on soit débordant de haine ou débordant d’amour Nous débordons.
Nous sabordons la finesse tendue
Entre deux montagnes épaisses et tragiques
Comme un fil à linge
Et d’un verre solidaire nous rongeons l’embouchure. »

Oméga, c’est aussi le vengeur. Celui qui fait payer à d’autres les effluves de la déconfiture qui lui collent encore à la peau. C’est celui qui se penche sur la futilité du dent pour dent quand il échoit sur les larmes de celle qui a le malheur de s’accrocher au cœur cramé.

« Et c’est là une arme de culpabilisation massive, en la matière ne nous y trompons pas, une rupture est un acte juridique informel, la douleur ostensible est toujours à la fois pièce à conviction et la preuve de la probité, un argument à charge, qu’importe le contexte, elle établit de facto la réalité du délit si elle est constatée. »

Oméga, c’est… Oh, après tout, à vous de le découvrir. De découvrir le regard de cet homme sur la vie, sur le monde. Son regard sur l’humanité mais aussi, et surtout, découvrir son regard sur l’art du récit.

« La presse les avait surnommés « le gang des profanateurs cliniciens », ils récupéraient les prothèses sur les patientes décédées pour faire des économies, car, magie de la technologie, le silicone dure plus longtemps que son usagère… Les listings des clientes, y compris ceux de leurs concurrents étaient recoupés avec la rubrique nécrologique. »

Parce que, oui, ce livre est avant tout un regard sur l’art du récit. Un regard qui, par définition littéraire, n’appartient qu’à l’auteur, qui est dans son univers, dans son monde, dans sa tête et y extrait ses milles et un contes pour les poser devant nous. Et nous ? Et nous, nous prenons ce conte avec notre background personnel et nous le lisons, l’interprétons à notre façon. D’où ma diatribe du début.
Ouf, j’y reviens !

Ce petit livre de soixante-seize pages vous laissera – peut-être – aussi perplexe que moi. La forme y est. Le récit est raconté dans une succession de petits textes traités soit en prose, soit en vers, qui toujours se veulent très poétiques. L’âme de l’auteur y déverse son amour des mots. Et quelque part dans le dédale de ses mots, il nous perd.
Quand on lit « Trajectoires » , on a la furieuse impression d’être dans une Galerie d’art post-moderne où se battraient tour à tour les Murakami, Soulage, Broch, Burgee… et dans lequel nous sommes plongés sans avoir les clefs de la compréhension. Nous ressentons vaguement une atmosphère, nous voyons dans les traits biscornus, dans les nuances de noir, dans le Kawai exacerbé, etc… qu’il y émane une sorte de beauté, sans pouvoir mettre le doigt dessus, sans pouvoir trouver les liants.
« Trajectoires » donne cette impression. La forme est belle, les mots sont beaux, l’histoire en filigrane semble attrayante mais l’on passe à côté de quelque chose. Plusieurs des textes – courts – semblent « sortir » le lecteur de l’histoire, sans lien avec le fil rouge alors qu’ils sont censés faire sens dans une fresque homogène.
L’auteur a choisi sa liberté totale et nous enjoint à le suivre. La question alors est, un conteur peut-il s’exonérer de la nécessité de prendre en compte le lecteur ?
D’accord, prendre en compte celui qui lira c’est courir le risque de brider sa liberté de créer et, cependant, l’on crée des contes pour les autres. Ne devrait-on donc pas systématiquement penser que le lecteur à besoin des clefs ?
Question aussi récurrente que la quadrature du cercle dont je ne saurais trouver ici la réponse.

N’empêche, Pierre LAPORTE nous offre un moment sympathique de lecture, plein de poésie et de beaux mots qu’il nous faudra lentement mastiquer afin de pouvoir digérer tout le texte et en tirer toute la substance.

« Trajectoires »

Pierre LAPORTE
Éditions Diasporas noires – 76 pages

Source : http://www.loumeto.com/spip.php?article358

Article paru le lundi 17 décembre 2012 Sénégal.

POESIE – Vole et séduit les vents aux éditions Diaspora Noires : Un recueil pour sujets sensibles

Le recueil de poèmes Vole et séduit les vents reflète les maux de la société. Le jeune auteur Sire Ibn Angel y relate des thèmes comme la prostitution, le viol, des sujets réputés sensibles et rarement portés sur la place publique. Avec poésie, il aborde les sujets, évitant de heurter certaines âmes sensibles.
Paru aux éditions Diasporas noires, le jeune écrivain sénégalais a adopté ce style pour, dit-il, «ne pas heurter la sensibilité de certains». Aussi des thèmes comme la prostitution et le viol, qui gangrènent les sociétés s’y retrouvent dans une perspective d’éveil des consciences. Il s’agit également pour l’auteur de réaliser un rêve qu’il nourrissait depuis le bas âge, inspiré qu’il était par l’histoire d’une dame qui s’installait toujours sur le même banc et qui l’intriguait. D’ailleurs, son premier roman il l’a intitulé La femme du banc pour essayer de trouver réponse à ses interrogations. C’est ainsi que sa rencontre s’est faite avec la directrice de la maison d’édition Diasporas noires, Mame Hulo à la suite d’une publication de ses écrits sur la page facebook de la maison, et c’est de cette rencontre qu’est née la publication du recueil Vole et séduit les vents.
Aussi aujourd’hui, Sire Ibn Angel n’a qu’un seul objectif, c’est de séduire le monde entier avec sa plume, d’où son titre Vole et séduit les vents.
Stagiaire

http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/16325-poesie-vole-et-s%C3%A9duit-les-vents-aux-%C3%A9ditions-diaspora-noires–un-recueil-pour-sujets-sensibles

A l’émission Au Grand Rendez-vous de 2STV (Sénégal) le 28 décembre 2012 pour son recueil de poèmes « Lumières de la Renaissance » Ed Diasporas Noires

Note de l’Editrice : Bravo Thierno SD Niang, tu es peut-être naïf mais dans le bon sens et tu as bien mûri depuis la parution de ton livre, je me rappelle que tu étais tout timide, inaudible et crispé lors de ta première émission TV… Donc, tu as bien progressé, tu as gardé ton calme, dis-toi que tu n’as que 26 ans et que déjà les jeunes sénégalais peuvent prendre exemple sur toi pour l’expression orale et écrite… Tu as eu de beaux compliments de la part du 2e intervenant… Bien-sûr les critiques constructives sont à prendre en compte mais pas la mauvaise foi légendaire de Tounkara ! Au niveau visuel, police ou caractères, tous les goûts sont dans la nature… Chacun les siens et heureusement… Ce livre a été le premier livre publié par Diasporas Noires qui venait juste de naître il y a un an… Depuis Diasporas Noires aussi a grandi, mûri et se perfectionne chaque jour et je peux être fière de son parcours et de ses écrivains… Je suis engagée auprès des jeunes auteurs africains et les encourage, la jeunesse est perfectible par définition, c’est normal… Alors on avance et on fait avancer la jeunesse africaine !!! HBG

Lumières de la renaissance de Thierno SD Niang – ed Diasporas Noires
HTTPS://DIASPORAS-NOIRES.COM/LIBRAIRIE-1/POEMES-LUMIERE

 

J’ai rencontré Thierno, il y’a quelques mois de çà. Juriste et Producteur  de l’émission radio,Que proposent les jeunes. Il m’avait alors invité pour un débat sur l’industrie culturelle. J’avais bien apprécié ce moment, qui s’était avéré très enrichissant. Des semaines plus tard, Thierno, accompagné de Djibril Dramé, était venu visiter la Boite à Idée… Autour d’un café, nous avions échangé longuement. Aujourd’hui, à nouveau, de passage dans notre espace culturel, il est venu me parler de son autre casquette,  celle de l’écrivain.

  • Qui es-tu ? Comment te définis-tu ?

«Thierno Niang, C’est juste un jeune , passionné.  Et en effet, tous ce que je fais, j’y mets le cœur. C’est normal, je suis un artiste spontané. Il faut cumuler la passion et l’action. Je pense que je suis un artiste dans l’âme, parce que la culture et l’art m’interpellent. Pour moi il faut recentrer le processus de développement de notre pays dans la culture. »

  • Qu’est ce que c’est pour toi être artiste ?

« C’est d’abord, ne pas faire un art triste. C’est partager, c’est

d’autres genres littéraires. La poésie est importante pour moi, c’est un genre littéraire pointu, qui nécessite  beaucoup de maitrise. »

C’est inviter  les autres à aller au-delà des apparences.  Etre artiste, c’est faire jaillir en soi des messages, qui souvent proviennent du profond de notre être ou d’un Etre supérieur.

  • La création a pour toi quelque chose de divin ?

« La créature même est  divine.. Donc naturellement tout ce qui émane de çà est divin. C’est juste un processus continu. »

  • Tu as sorti, il y’a un an, un recueil, est ce que tu peux m’en parler ?

«Oui, un recueil de Poésie, intitulé Lumières de la Renaissance. La poésie, c‘est mes premiers amours. Depuis que j’ai 16 ans, j’écris, j’observe. J’ai commencé par la poésie, même si je titille

Lumières  de la Renaissance est un recueil de trente-deux poèmes, qui aborde  différents thèmes, amours, familles, valeurs africains.

Comment tout ca a commencé ?
« Je vais te faire une confidence, j’ai commencé à 21ans par un roman, j’ai écris une dizaine de pages, et j’ai arrêté. Il est toujours dans ma boite mail. Ensuite, j’ai commencé un autre roman, que je n’ai pas terminé. Après je suis revenu à mes premiers amours, la poésie et j’ai écris…

Devant mes trente-deux textes, je me suis dis : Je dois sortir çà. Je suis allé vers une maison d’éditions sans grand résultat. Puis, j’ai rencontré une femme extra Mame Hulo… Elle était alors au Canada, je lui ai fait transmettre le manuscrit, qu’elle a adoré et fait sortir en ebook. Le 10  Mars 2012, Nous avons fait la sortie de Lumières de la Renaissance à Douta Seck. Une belle cérémonie, avec Annette Mbaye Dernevil ainsi que le Directeur de cabinet du Ministère de la Culture, et Nafissatou Dioufqui a d’ailleurs préfacé le Recueil.

Un an et demi après la sortie, quel est le bilan? As-tu envi d’écrire d’autres choses ?
« En fait, tu sais dans la même veines, j’ai continué à écrire souvent  des articles. Si je dois me définir comme un poète, je suis un plus  engagé qui n’est pas très  lyrique. Meme si tout est sentiment,dans cette vie  . Mais il y’a d’autres choses qui me tiennent à cœur. Je suis un jeune sensible à ce qui se passe dans son environnement, dans son pays. Chaque génération a une mission.

Quelle est notre mission ?
« Changer les choses ! J’ai l’habitude de dire, qu’il faut imprimer un tampon évolutif  à son époque, pour valoriser son existence. On n’est pas là pour changer tout d’un coup de baguette magique, mais juste pour contribuer aux changements. Il faut le faire. Il ne faut pas se tenir à l’écart. Par effet d’entrainements, les choses bougeront. Telle une vague qui va déferler sur le Sénégal et le reste de l’Afrique. »

C’est quoi tes projets pour 2013 ?
« Y’a déjà une émission. Que proposent les Jeunes. ? , qui donne la parole aux jeunes. C’est ce qui manque ici, on définit la politique pour les jeunes, sans les associer, ni leur demander leur avis. Il serait bien qu’on les consulte. qu’ils disent ce qu’ils attendent des dirigeants. Dans les projets 2013, il y’a aussi le forum des jeunes leaders. Toujours dans la même veine, pour  trouver des solutions… Ensuite, y’a quoi… Oui, je continue d’écrire… Mais là, ca sera un projet plus engagé. J’ai envie de donner la parole aux jeunes par écrit  cette fois-ci, pour qu’ils parlent .des challenges à venir…etc. Crier pour Construire. Il faut dépasser la phase de contestation. Il faut proposer et agir. »

Ou est ce que tu te vois dans cinq ans ?
« Je ferais partir des gens qui changeront ce pays. Ceci est le dessein d’un leader. »

Si tu devais être un livre, lequel serais-tu ?
« Je viens de terminer la solitude du vainqueur de Paolo Coelho. J’ai beaucoup aimé ce livre. Quelque soit le succès qui sera au rdv, il faut avoir les pieds sur terre. J’aime bien aussi IKbal. Pour le coté spirituel. Je suis un humaniste, donc toute œuvre humaniste ancrée dans la personne, dans son bien être, me parle…Je pourrais aussi te parler de Gabriel Marquez, l’amour au temps du choléra. Tous ces livres te donnent des facettes de la vie… »

Que penses-tu de la scène littéraire contemporaine ?
«  Y’a beaucoup de gens talentueux. Je pense qu’en général, il y’a de bon écrivains. NaturellementNafissatou Dia Diouf, qui a préfacé mon recueil. Au-delà d’elle, Soleymane Bachir Diagne, le professeur. Sokhna Bengua. Salla Dieng, Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop.. Je lis tellement d’œuvres, que je ne peux tous les citer. Tous ce qui est bien fait, bien écris… Me touche forcément. »mais je n’ose pas omettre le livre de Sogué Diarisso Mémoires de l’espoir qui pour moi est bréviaire pour la §jeunesse à lire absolument

As-tu un Coup de gueule une parole de sagesse, un mot de la fin ?
« J’ai foi profondément  en l’avenir, en la jeunesse. Je suis très content de venir ici, de voir ce que tu fais. De voir des jeunes comme toi, qui en veulent, qui sont décomplexés. Y’a une phrase qui me vient en tête. Ecrite par Eva Mayérovitch,une auteure soufi

«  Si un spermatozoïde a pu devenir un Mozart ou un Einstein, C’est parce qu’en chacun de nous, il y’a un absolu qu’il faut découvrir. »