Châtiments névrotiques

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LIVRE NUMÉRIQUE : Châtiments névrotiques
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Dominik Fopoussi

est un journaliste et éditorialiste camerounais. Il est titulaire d’une licence en Lettres modernes françaises obtenue à l’Université de Yaoundé en 1990. La même année, il entre comme reporter au journal Le Messager, le plus grand hebdomadaire indépendant de l’époque. Il a collaboré avec plusieurs journaux nationaux et internationaux.

Idéologiquement, il milite pour une Afrique libre et décomplexée, maîtresse de son développement, déterminée à faire le tri dans ses échanges avec l’Occident en l’occurrence. Une Afrique, consciente de son apport à l’humanité et soucieuse du destin de ses enfants, qui refuse toute forme de colonisation et de domination.

Dominik Fopoussi a une immense culture, une belle plume, un style puissant, fluide, un grand talent de conteur d’histoires, il sait manier une imagerie littéraire et un langage des plus savoureux.

Châtiments névrotiques

Ce livre captivant décrit un personnage charismatique, flamboyant, très habile […qui aurait pu être propriétaire de brevets d’histoires alambiquées, visant toutes à embobiner son vis-à-vis….] évoluant dans un monde surréaliste, démesuré, peuplé de personnages politiques puissants, capricieux, concupiscents, totalement amoraux, disposant de la fortune publique illimitée !

Dégé est un haut commis de l’État, connu pour sa générosité proverbiale et sa grandiloquence débridée. Un bon vivant qui a abondamment profité des avantages liés à ses fonctions de Directeur Général de sociétés publiques.

Mais plus dure et plus profonde sera la chute, y trouvera-t-il  son humanité ?

Au terme d’un long procès au cours duquel aucun détail de ses frasques ne lui est épargné, il prend perpète, avant d’être finalement condamné à mort pour haute trahison et exécuté sur la place publique.

Après toutes ces péripéties, Dégé se surprend en vie. Plus vivant que jamais. Dans son pays, il appartient à la race des intouchables, qui ne craignent ni Dieu, ni encore moins les châtiments des hommes…

 

Voilà ce que l’auteur lui-même dit de son oeuvre lors de la cérémonie de présentation de son roman le 25 mai 2017 à Douala :

Citoyen résistant

Je suis né et j’ai grandi dans un monde qui semblait parfait. C’était quelques années après l’indépendance du Cameroun. Je n’ai eu connaissance des horreurs de la lutte pour notre libération que plus tard, en lisant des livres et en écoutant des témoignages de certains vieux combattants. Nos parents, encore traumatisés par ce qu’ils venaient de subir, n’en disaient pas le moindre mot, sinon par des paraboles incompréhensibles à mon âge. L’omerta collective les avait muselés. A un jet de pierre de là, on venait de fusiller sur la place publique Ernest Ouandié et Wambo le Courant, après avoir jeté de centaines de résistants dans les chutes d’eau.  On ne parlait que pour dire des banalités. Les sujets sérieux étaient chuchotés, sinon tenus en aparté et le choix du confident était d’une méfiance maladive. J’ai néanmoins pu comprendre que les soirs où l’on redoutait des représailles, tout le monde devait nicher dans les arbres afin d’éviter de se faire massacrer. Mon esprit d’enfant n’avait retenu que le côté incongru de cette situation pourtant traumatisante : dormir dans un arbre comme un oiseau…

Un début d’existence tranquille donc. Uniquement perturbée de temps en temps par l’inévitable faucheuse qui rôdait. Les cris stridents et rageurs des familles éplorées, leurs peines exprimées à grands gestes de désespoir, remuaient mon âme d’enfant qui voulait tout comprendre tout de suite.

Mon questionnement existentiel devait connaître une parenthèse avec mes premiers pas à l’école : l’initiation à l’alphabet, les chants, les récitations, les jeux… Un pur bonheur, car il n’en faut pas beaucoup pour en procurer à un enfant. Les primes aux bons résultats et les petits cadeaux d’aînés revenant de la ville complétaient ce tableau féérique.

Au collège, nous nous lancions des défis : réciter et appliquer des formules mathématiques, rivaliser d’adresse pour des dessins en perspective cavalière, déclamer des poèmes d’auteurs français, dire de longs extraits de textes d’auteurs anglais et plus tard des philosophes et écrivains étrangers… Nous ne savions être que des gais lurons et des concurrents loyaux. De voleur, je n’en ai pas connu avant d’avoir atteint l’âge adulte, exception faite des petits chapardeurs de mangues et autres fruits. Dans mon quartier, les charges supplémentaires étaient déposées au pied de l’arbre sacré et pouvaient y rester une éternité, sans qu’on redoute leur disparition.

Au lycée, nous venions des quatre coins du Cameroun, mais ne le revendiquions pas : nous étions unis, et ce n’est pas une propagande. C’est à l’université que les discriminations ont commencé à se prononcer. Pour la première fois, j’ai été témoin des notes fantaisistes, superficiellement attribuées à des «con-villageois» ou à des étudiantes pour leur corps… Mon monde parfait commençait ainsi à se déliter. Certes, quelques années auparavant, je l’avais vaguement soupçonné en écoutant la profession de foi du nouveau chef de l’Etat sur la rigueur et la moralisation de la vie publique, la réduction du train de vie de l’Etat. Pourtant, dès 1954, avec «Ville cruelle», Mongo Béti nous avait bien prévenus des malheurs qui nous attendaient. Il avait su mettre, à la perfection, des mots et des images hideuses sur ce qu’était ce Cameroun qui aspirait à l’indépendance : Tanga nord, Tanga sud. Coupé en deux, sans zone tampon. Deux mondes antinomiques, schéma prémonitoire du Cameroun d’aujourd’hui, qui comme tous les pays qui connaissent la mauvaise gouvernance, est toujours coupé en deux : Tanga riche, Tanga pauvre.

La bien-pensance arrogante en place avait eu le cynisme de faire croire qu’il ne s’agissait que d’un roman ; qu’échafaudages d’un névrosé ambitieux de refaire le monde. Malgré de nombreuses autres productions intellectuelles, notre pays a continué à s’escarper, accentuant démesurément la fracture sociale. Pourtant, nous savons que ce sont les savants de la Grèce antique qui ont permis le rayonnement de leur civilisation ; que ce sont les philosophes des lumières, leurs devanciers et leurs héritiers qui ont érigé l’identité et la civilisation de la France que nous connaissons et que beaucoup admirent. Que faisons-nous de nos penseurs et écrivains ? Que n’ont écrit et suggéré des personnalités comme Fabien Eboussi Boulaga, Marcien Towa, Bernard Fonlon, Engelbert Mveng, etc. ! Que n’écrivent pas aujourd’hui Leonara Miano, Patrice Nganang, Imbolo Mbue, Eric Essono Tsimi, Oliva Evri, Chantal Epée, Hemle Boum, Max Lobé ou Enoh Meyomesse, etc. ! Que n’écrivent d’ici Béatrice Mendo ou Lionel Manga !

Certes, à lui tout seul, l’écrivain ne peut changer une société, juste parce qu’il a écrit, juste parce qu’il a «fictionnalisé» la réalité pour projeter un monde idéal.

Mais pourquoi écrit-on ? Jean d’Ormesson a déclaré : «J’écris pour ne pas mourir de honte». Quelles qu’en soient les raisons, si on peut écrire, il ne faut pas hésiter. Se contenter de regarder et de ne rien dire est démission et abandon, est trahison des siens. C’est se faire complice de l’origine des maux et douleurs de ses contemporains. Jean-Paul Sartre disait, «L’écrivain engagé sait que la parole est action : il sait que dévoiler c’est changer et qu’on ne peut dévoiler qu’en projetant de changer. Il a abandonné le rêve impossible de faire une peinture impartiale de la société et de la condition humaine».

Quand nos pays tournent le dos au développement ; quand le mal-être des populations prospère ; quand le peuple, souvent dépourvu de leader exemplaire, boit la tasse ; quand ceux qui peuvent l’aider mettent leurs sciences au service des forces d’oppression qui, elles-mêmes, n’écoutent que leurs ambitions nombrilistes…

Quand aujourd’hui plus qu’hier, sévit dans nos pays une mode de l’aplat-ventrisme surfant sur les misères, une mode qui rabaisse chaque jour un peu plus les intelligences ; quand les valeurs sont inversées ; quand les tripes ravissent la vedette aux neurones ; quand le ventre prend la parole au détriment de la raison ; quand il n’écoute que ses viscères, on ne peut se taire. «Gardez-vous de vous croiser les bras en l’attitude stérile d’un spectateur, car la vie n’est pas un spectacle (…)», disait Aimé Césaire.

Aujourd’hui que la culpabilité paraît absente, refoulée, au profit d’un «tout est permis» dans un «monde sans limites» où l’impératif est de «jouir à tout prix», la morale est jetée aux orties. A sa place, trône en haut de l’échelle, l’immoral. Le peuple s’y mire et s’y reconnaît malgré lui. Il est devenu sale et s’aime ainsi. C’est que l’immoral a dompté les intelligences et les sagesses. Il a tout corrompu. Nous pourrissons et nous nous aimons ainsi. Nos plaies puent, mais ne nous dégoûtent point. Nous apprivoisons nos odeurs les plus nauséeuses et restons indifférents à nos meilleures flagrances. Parce que nous sommes enveloppés par le terrible linceul de la misère que nous avons générée. L’odieux  a pris possession de nous et nous force à l’arrêt, sinon à faire machine arrière. Car sur le chemin du développement, qui n’avance pas recule.

D’où viendront donc les secours pour nous sortir de cette situation d’enlisement continu, de démission collective qui confine au désespoir ? Du refus de subir. Des lanceurs d’alerte. Des sentinelles de la société. Du citoyen résistant.

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Présentation du roman « Chatiments Névrotiques » de Dominik FOPOUSSI Ed Diasporas Noires 2015

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Critiques

Crimes « gombotiques », châtiments névrotiques

Par Eric Essono Tsimi

Comment nommer innommable ? Y a-t-il en littérature et dans les arts de manière générale des no-go-zones? C’est la question que nous nous posions au moment de lancer notre programme de résidence.

Le premier roman de Dominik Fopoussi, dont nous avions encouragé la publication pour ses qualités d’écriture, présente des grandes affinités thématiques avec les productions littéraires camerounaises du moment. La folie, la corruption, dans un monde fou et corrompu. Quelle est-elle cette folie et qu’est-ce que c’est cette corruption qui fait passer des personnalités poursuivies pour des atteintes graves à la fortune publique pour des Socrate modernes, victimes de systèmes dont ils restent jusqu’au bout des maillons de la chaîne ?

L’idée de “châtiments” contenue dans son titre est religieusement connotée, mais littérairement c’est une référence inépuisable à Doistoievski. Outre cela, quand on entend “névrotiques”, on traduit simplement en mots savants ou techniques notre bonne vieille sorcellerie. Tout le roman de Dominik Fopoussi tient dans la gestion de ces extrêmes, mais en fait de gestion c’est bien d’art dont on parle.

De quoi l’art se mêle-t-il s’il est question de politique et de maux sociaux comme la corruption ? Châtiments névrotiques fait sourire parce que l’expression fait penser à une expression du langage parlé au Cameroun dont il est question dans ce roman : gombotique. Le gombo désigne l’argent et souvent l’argent mal gagné.

Les châtiments névrotiques sont-ils consécutifs à des crimes gombotiques ? Entre mystique et politique, la chute de Dégé est la part de vérité, la version, de l’imaginaire sur les crimes de la réalité. La psychopathologie des conduites criminelles de ceux qui ont tout reçu de leur nation, lui ont tout pris, mais par une ironie cruelle du sort sont appelés à rendre gorge est ici fictionnalisée. On croit reconnaître sous tel pseudonyme tel personnage, sous tel caractère telle identité, c’est en historien du présent et psychologue social que Dominik nous livre ce carnet d’une déchéance.

http://www.ecrireayaounde.com/annonces–p/crimes-gombotiques-chatiments-nevrotiques

 

______________ Dans la presse ________________

Frime et châtiments

La chute et la possible rédemption d’un ex-puissant meublent « Châtiments névrotiques », roman de Dominik Fopoussi.

Par Alliance NYOBIA

Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé n’est pas forcément fortuite. De fait, Dominik Fopoussi se sert du permis d’inventer, que chaque romancier doit détenir quelque part, pour flirter avec l’excès de vitesse en la matière. Ou pas. Parce que pour le coup, le fruit de l’imagination de cet ancien journaliste semble nourri à la sève de la réalité, fruit porté par un arbre dont les racines s’enfoncent loin dans le sol fertile du vécu collectif.

Résumons. C’est l’histoire d’un directeur général de société d’Etat qui se retrouve un jour en difficulté avec la justice pour mauvaise gestion. Ça vous parle ? Et donc le fameux Dégé (c’est le nom du personnage principal), appellation également déclinée en « Directeur généreux », va perdre sa liberté pour avoir pris des libertés avec la fortune publique.

Si la chute d’un homme n’est pas la fin de sa vie, pour reprendre l’expression d’un chanteur populaire, cette dégringolade peut être douloureuse. Passer d’une demeure luxueuse, à un cachot infect, pour qui était par ailleurs abonné aux grands palaces de ce monde, c’est mourir plusieurs fois. Dégé, ancien homme de pouvoir, sera ballotté comme un fétu insignifiant dans la spirale de l’humiliation. Pour atterrir lourdement en prison, sans grand espoir d’en sortir de sitôt.

Il est clair que Dominik Fopoussi s’est inspiré, au moins en partie, de l’actualité locale de ces dernières années, sur le front de la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics. On ne citera aucun oiseau de proie, mais les ailes et les serres d’un certain rapace se dessineront aisément dans l’esprit du lecteur, au fil des pages de ce roman qui en compte 206.

D’autres travers sociaux sont relevés, souvent grossis jusqu’à la caricature. L’usage du permis d’inventer, sans doute. Sauf que parfois, les choses s’enchaînent un peu vite. Les personnages et leurs trajectoires débarquent à grande vitesse, au point quasiment de s’entrechoquer dans leurs apparitions. Mais bon, tant qu’il n’y a pas collision frontale, personne ne songera à retirer son permis d’auteur à l’ancien reporter du « Messager ».

– « Châtiments névrotiques », Dominik Fopoussi, Diasporas noires, novembre 2015.

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« Le Cameroun, sur le divan » de Dominik FOPOUSSI
Par Valentin Siméon ZINGA*

L’amateur de roman doit s’y prendre par deux fois. Car, Si son attention est prise à défaut, s’il n’est pas attentif, il n’échappera peut-être pas à la charge de l’illusion que charrie le titre de cet ouvrage. Châtiments névrotiques, donne à première vue, l’impression d’être le titre d’un essai psychanalytique : un lointain écho à Sigmund FREUD, ou à Jacques LACAN. Mais à bien y regarder, ce titre semble suggérer un état clinique avéré, celui d’un système de gouvernance soumis au divan de l’auteur… Ce-dernier se sert volontiers d’un personnage central, Dégé, archétype d’arrivisme non dissimulé, avec ce qu’il recèle de tentation pour l’arrogance assumée, de goût d’extravagance assouvie ou contrarié , de penchant pour l’omnipotence tantôt fictive, tantôt effective.

Ce Dégé-là, Dominik FOPOUSSI s’en sert comme d’un authentique guide, pour nous conduire dans un édifice, qui comporte trois pièces et autant de clés d’accès : politique, éthique, et esthétique.

L’espace politique, met en scène, un pouvoir en place travaillé par sa perpétuation, tout entier dévoué à un « chef central » ; sorte de démiurge auquel les créations et les créatures doivent soumission et allégeance absolues. Les destins les plus enviables s’y nouent autour des combinaisons relationnelles les plus alambiquées, porteuses elles-mêmes de combines les plus notoires. S’y révèlent aussi : le recours à une répression féroce des dissidences avérées ou soupçonnées, l’enrégimentement et la domestication des poches de rébellion animées par des forces d’opposition poussées vers de douteux compromis, ou contraints à de spectaculaires compromissions.

Les univers carcéral et policier dont l’auteur livre par le menu, une saisissante description, et les codes de fonctionnement, témoignent à suffisance de l’arsenal répressif en vigueur. Pas seulement : ils accueillent des personnalités, figures emblématiques du système, affrontant une déchéance aussi brutale qu’inattendue, par suite du déclenchement de procédures relatives à des dossiers touchant à la gouvernance, ou présentés comme tels…
De quoi faire irruption dans le coin éthique de ce roman. Les atteintes à la fortune publique par les personnalités à divers titres et niveaux de l’appareil ‘Etat, ouvrent le procès à tiroirs d’une élite gagnée par la corruption qui gangrène le sérail, adepte d’un hédonisme jouissif et débridé, avec ses trahisons, ses félonies, ses mœurs littéralement dissolues. Un vrai sport national. La privatisation du patrimoine collectif dont les techniques sont connues de tous, prospère sous les regards approbateurs de ceux qui s’y adonnent, et ceux, envieux et impuissants de la multitude réduite à une misère autant rampante qu’implacable. Et le sursaut moral de Dégé, soudain porté vers des actes de charité une fois emprisonné, n’y change absolument rien.

Ce puzzle, dont les pièces sont rassemblées à fleurs de lignes, n’est finalement accessible grâce à un art consommé de la mise en récit. Reviennent alors en surface, ces mots de Jean-Paul SARTRE, dans Qu’est-ce que la littérature ? : « Bien que la littérature soit une chose et la morale une tout autre chose, au fond de l’impératif nous discernons l’impératif moral ». (SARTRE, 1948 : 69)

Avec une telle contiguïté, nous voici au seuil de la pièce esthétique de ce roman. Il nous tarde d’y entrer. Nul ne s’étonnera du caractère haletant du récit, rendu palpitant par le truchement d’un style…châtié, d’une écriture qui alterne phrases courtes et longues. L’intrigue tient bien sûr en haleine le lecteur de la première à la dernière ligne. L’auteur joue d’une pluralité d’outils, qui valent autant de figures de styles : ici la litote succède à la prétérition ; là, l’ellipse côtoie l’hyperbole la plus parlante, ou l’allusion la plus signifiante. De sorte que, parfois, il arrive de suggérer que le personnage central,- Dégé pour ne pas le nommer-, est la métonymie d’une déchéance et d’un désarroi collectifs. A l’évidence, l’auteur est bien prisonnier de ses Humanités et n’a rien oublié des principes de l’écriture journalistique qui vous enserre insidieusement le long d’une vie. Qui lui en vaudrait pour cela ?

Même si écrire c’est, en un sens, dévoiler, le Cameroun se donne à voir, sans fards ni artifices, sous cette plume joyeuse et néanmoins désabusée, par son « opération épervier », jamais à l’abri de l’intrication du politique et du judiciaire ; ses politiciens véreux travaillés ou mus par de si primaires passions et le peu de cas fait au sens de la République ; et à ses misères tenaces qui libèrent un imaginaire riche de ses bricolages, mais toujours condamnées à l’impuissance.
Alors oui, subir ces châtiments névrotiques est un vrai régal. Voilà le terrible oxymore que sa lecture nous inflige.

*Journaliste à la périphérie
Châtiments névrotiques, 2015
Editions Diasporas Noires, Collection Vies, 208 pages

 

 

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