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LA PRESSE PARLE DE NOUS

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Interview de Arezki Annaris Auteur Algérien du livre

 

 

Lire les pages 16 et 17 de ce magazine en suivant ce lien ICI

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Thierno Niang

 Interview paru sur  Wakhart  http://www.wakhart.com/thierno-niang/

J’ai rencontré Thierno, il y’a quelques mois de çà. Juriste et Producteur  de l’émission radio,Que proposent les jeunes. Il m’avait alors invité pour un débat sur l’industrie culturelle. J’avais bien apprécié ce moment, qui s’était avéré très enrichissant. Des semaines plus tard, Thierno, accompagné de Djibril Dramé, était venu visiter la Boite à Idée… Autour d’un café, nous avions échangé longuement. Aujourd’hui, à nouveau, de passage dans notre espace culturel, il est venu me parler de son autre casquette,  celle de l’écrivain.

  • Qui es-tu ? Comment te définis-tu ?

«Thierno Niang, C’est juste un jeune , passionné.  Et en effet, tous ce que je fais, j’y mets le cœur. C’est normal, je suis un artiste spontané. Il faut cumuler la passion et l’action. Je pense que je suis un artiste dans l’âme, parce que la culture et l’art m’interpellent. Pour moi il faut recentrer le processus de développement de notre pays dans la culture. »

  • Qu’est ce que c’est pour toi être artiste ?

« C’est d’abord, ne pas faire un art triste. C’est partager, c’est inviter  les autres à aller au-delà des apparences.  Etre artiste, c’est faire jaillir en soi des messages, qui souvent proviennent du profond de notre être ou d’un Etre supérieur.

  • La création a pour toi quelque chose de divin ?

« La créature même est  divine.. Donc naturellement tout ce qui émane de çà est divin. C’est juste un processus continu. »

  • Tu as sorti, il y’a un an, un recueil, est ce que tu peux m’en parler ?

«Oui, un recueil de Poésie, intitulé Lumières de la Renaissance. La poésie, c‘est mes premiers amours. Depuis que j’ai 16 ans, j’écris, j’observe. J’ai commencé par la poésie, même si je titille d’autres genres littéraires. La poésie est importante pour moi, c’est un genre littéraire pointu, qui nécessite  beaucoup de maitrise. »

Lumières  de la Renaissance est un recueil de trente-deux poèmes, qui aborde  différents thèmes, amours, familles, valeurs africains.

  • Comment tout ca a commencé ?

« Je vais te faire une confidence, j’ai commencé à 21ans par un roman, j’ai écris une dizaine de pages, et j’ai arrêté. Il est toujours dans ma boite mail. Ensuite, j’ai commencé un autre roman, que je n’ai pas terminé. Après je suis revenu à mes premiers amours, la poésie et j’ai écris…

Devant mes trente-deux textes, je me suis dis : Je dois sortir çà. Je suis allé vers une maison d’éditions sans grand résultat. Puis, j’ai rencontré une femme extra Hulo Guillabert.. Elle était alors au Canada, je lui ai fait transmettre le manuscrit, qu’elle a adoré et fait sortir en ebook. Le 10  Mars 2012, Nous avons fait la sortie de Lumières de la Renaissance à Douta Seck. Une belle cérémonie, avec Annette Mbaye Dernevil ainsi que le Directeur de cabinet du Ministère de la Culture, et Nafissatou Dioufqui a d’ailleurs préfacé le Recueil.

 

 

  • Un an et demi après la sortie, quel est le bilan? As-tu envi d’écrire d’autres choses ?

« En fait, tu sais dans la même veines, j’ai continué à écrire souvent  des articles. Si je dois me définir comme un poète, je suis un plus  engagé qui n’est pas très  lyrique. Meme si tout est sentiment,dans cette vie  . Mais il y’a d’autres choses qui me tiennent à cœur. Je suis un jeune sensible à ce qui se passe dans son environnement, dans son pays. Chaque génération a une mission.

  • Quelle est notre mission ?

« Changer les choses ! J’ai l’habitude de dire, qu’il faut imprimer un tampon évolutif  à son époque, pour valoriser son existence. On n’est pas là pour changer tout d’un coup de baguette magique, mais juste pour contribuer aux changements. Il faut le faire. Il ne faut pas se tenir à l’écart. Par effet d’entrainements, les choses bougeront. Telle une vague qui va déferler sur le Sénégal et le reste de l’Afrique. »

  • C’est quoi tes projets pour 2013 ?

« Y’a déjà une émission. Que proposent les Jeunes. ? , qui donne la parole aux jeunes. C’est ce qui manque ici, on définit la politique pour les jeunes, sans les associer, ni leur demander leur avis. Il serait bien qu’on les consulte. qu’ils disent ce qu’ils attendent des dirigeants. Dans les projets 2013, il y’a aussi le forum des jeunes leaders. Toujours dans la même veine, pour  trouver des solutions… Ensuite, y’a quoi… Oui, je continue d’écrire… Mais là, ca sera un projet plus engagé. J’ai envie de donner la parole aux jeunes par écrit  cette fois-ci, pour qu’ils parlent .des challenges à venir…etc. Crier pour Construire. Il faut dépasser la phase de contestation. Il faut proposer et agir. »

  • Ou est ce que tu te vois dans cinq ans ?

« Je ferais partir des gens qui changeront ce pays. Ceci est le dessein d’un leader. »

 

 

  • Si tu devais être un livre, lequel serais-tu ?

« Je viens de terminer la solitude du vainqueur de Paolo Coelho. J’ai beaucoup aimé ce livre. Quelque soit le succès qui sera au rdv, il faut avoir les pieds sur terre. J’aime bien aussi IKbal. Pour le coté spirituel. Je suis un humaniste, donc toute œuvre humaniste ancrée dans la personne, dans son bien être, me parle…Je pourrais aussi te parler de Gabriel Marquez, l’amour au temps du choléra. Tous ces livres te donnent des facettes de la vie… »

  • Que penses-tu de la scène littéraire contemporaine ?

«  Y’a beaucoup de gens talentueux. Je pense qu’en général, il y’a de bon écrivains. NaturellementNafissatou Dia Diouf, qui a préfacé mon recueil. Au-delà d’elle, Soleymane Bachir Diagne, le professeur. Sokhna Bengua. Salla Dieng, Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop.. Je lis tellement d’œuvres, que je ne peux tous les citer. Tous ce qui est bien fait, bien écris… Me touche forcément. »mais je n’ose pas omettre le livre de Sogué Diarisso Mémoires de l’espoir qui pour moi est bréviaire pour la §jeunesse à lire absolument

  • As-tu un Coup de gueule une parole de sagesse, un mot de la fin ?

« J’ai foi profondément  en l’avenir, en la jeunesse. Je suis très content de venir ici, de voir ce que tu fais. De voir des jeunes comme toi, qui en veulent, qui sont décomplexés. Y’a une phrase qui me vient en tête. Ecrite par Eva Mayérovitch,une auteure soufi

«  Si un spermatozoïde a pu devenir un Mozart ou un Einstein, C’est parce qu’en chacun de nous, il y’a un absolu qu’il faut découvrir. »

 

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SIA (SIR IBN ANGEL), artiste au talent multidimentionnel

  • Written by  Fadilou
  • Monday, 19 August 2013 17:53

SIA est un jeune homme sénégalais. Il est connu de tous par sa gentillesse. ceci est son caractère dominant et c’est une qualité. Il a comme défaut le fait de ne pouvoir dire « non », même s’il doit rendre service à son détriment. Il a peur et évite en permanence qu’on lui en veuille. Il a su très tôt explorer un bon nombre de milieux professionnels. En effet, il travaille à plein temps dans le milieu du bâtiment. Le don de dessinateur qu’il a l’aide dans ce travail et lui permet aussi d’évoluer dans le milieu de la peinture sous verre, des portraits, des modèles vestimentaires, mais aussi dans la confection d’accessoires pour homme et femme. SIA ne sait pas que manier les pinceaux, il sait aussi bien s’y faire avec la plume. La langue de Molière demeure son élément car il la maîtrise et l’énonce aisément. Ceci lui a permet d’être l’auteur d’un recueil de poèmes intitulé « vole et séduit les vents ». Cette oeuvre a comme traits Amour, humour, tristesse et joie. Souvent inspiré par sa Mère, SIA nous y trace sa vie, ses rêves et ses envies par le biais de la poésie… « Vole et séduit les vents » est aussi un recueil qui chante la femme et dénonce certains maux de la société.

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ARTICLES DE PRESSE SÉNÉGALAISE

(concernant les ateliers d’écriture)

Le Soleil 

Walfadjri

Enquêtes+

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Emission du 17 décembre 2012, TV Sud, invité Pierre Laporte qui parle de son livre TRAJECTOIRES


Des mots et débat : Pierre Laporte (Trajectoires) par telesud

Chroniques littéraires consacrées au livre « Trajectoires » de Pierre Laporte

Blog Chez Gangoueus

Pierre Laporte : Trajectoires

Il s’agit d’une de mes dernières lectures sur 2012 et ce sera une de mes premières chroniques littéraires sur 2013. Elle ne sera pas la plus simple. Pierre Laporte est un amoureux des mots. C’est une certitude. Trajectoires est ce qu’il appelle un roman poétique. Il alterne de la prose, du poème et avec des ruptures qui font penser à la découpe d’une pièce de théâtre.
Les trajectoires sont multiples. Elles peuvent être des épisodes routiniers dans un RER francilien où observateur attentionné s’attarde sur des singularités qui font son trajet. La trajectoire peut également s’apparenter à chemin ferroviaire ou autoroutiers qui longent les hautes terrils sur les plaines du Nord de la France, traces inertes de cet ancien bassin minier et de ce monde de l’industrie qui disparait…
Terrils, je me souviens de vous
Épais, discrets quand même,
Et qui s’excusent presque
De se retourner.
Motte de terre au champ d’honneur,
Dans l’horizon aigu
Plaine de graves
Et sur leurs pentes, chaudes
En découlent
En découdrent
Pour la revanche, reverdir
Et s’enfoncer plus haut toujours.
page 8, éd. Diasporas noires
Pierre Laporte nous offre les errements de la pensée d’Oméga. C’est cela. Les trajectoires de ses développements intellectuels dans le labyrinthe de nombreuses situations qu’ils rencontrent. En Afrique subsaharienne où il semble avoir séjourné un certain. En surveillant une classe studieuse et trimant sur un devoir. En regardant par de-là les océans. Tenez, voilà ce qu’il dit ou pense intérieurement :
4 siècles durant
Humanités aux mains des maquignons,
De commis de l’état en foires agricoles
Places publiques, pudiques de leur commerce
Broyer les cannes, les bras pour en sortir le jus maudit de la servitude
Sucre de bronze ici, ivresse des fermentations impies là-bas.
Jolis macarons des façades blanches au départ des bateaux, des ports.
Calcaire d’esclaves, de profil aux frontons négriés
Molosses complices aux moustaches de sang
Sourires canins de part et d’autres du ragoût humain
Joie quotidienne, humeur massacrante
Archipel dans la mélasse depuis.
page 54, éd. Diasporas noires
Oméga se laisse déborder par ses pensées, ses réflexions, ses cris, sa sensibilité. Aussi le lecteur doit s’accrocher aux pans de son écriture et de ses jérémiades, tel un amateur voulant s’essayer à une musique de jazz qu’il n’aurait naturellement pas encore apprivoisé. Ces trajectoires ne sont pas toujours simples. Allez trouver votre sillon dans le désert! Mais voilà, les caravaniers ne perdent jamais le nord dans les dunes de sable, alors n’hésitez pas à découvrir ce texte qui porte l’écueil d’une relecture qui aurait pu être plus exigeante et d’un mélange de genre littéraire à la fois audacieux et risqué. Cela se lit tout de même, mais hors des trajectoires routinières pour pouvoir profiter des mots.
Bonne lecture,
Pierre Laporte, Trajectoires
Editions Diasporas noires, Collections Vies, 1ère parution en 2012, 76 pages
Crédit photo : Diasporas noires
Source : http://gangoueus.blogspot.com/2013/01/pierre-laporte-trajectoires.html
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JET D’ENCRE

Trajectoires – d’un parcours aux mots sublimés

PIERRE LAPORTE
mardi 11 décembre 2012 par Doszen

Je suis dans un questionnement existentiel. Ce livre m’a rempli le cerveau d’interrogations et de dialogues entre moi et moi-même sur ce qu’est ou devrait être la liberté d’un créateur. Étant, férocement, d’avis que l’auteur ne doit écrire qu’en fonction de sa propre sensibilité, qu’en fonction de ses propres élancements de l’âme, je suis obligé de mettre un bémol dans ma conviction. Le « Trajectoires » de Pierre LAPORTE, paru en 2012 aux éditions « Diasporas Noires » m’a fait me poser des questions éternelles.

Oméga est un jeune homme. C’est la seule chose qui importe. Enfin, presque la seule chose.
Oméga, c’est surtout un jeune homme qui traine son regard sur sa vie et celle parfois bruyante des usagers du RER A. Témoin, contre sa volonté, des pugilats verbaux des urbains stressés en course vers leur chez eux.

« Sonnerie, démarrage, la soirée sur les rails qui font semblant de crier avec leur voix de ferraille usée. Les portables se déchaînent dans les poches, ça va vibrer en cœur dès qu’on sortira à l’air libre, les tunnels ménagent un suspens techno-épistolaire. »

Oméga, c’est surtout un prof ou un pion. Vacataire, surement, comptant ses heures et ses sous, évidemment. Et toujours, son regard sur tout, son esprit en vagabondage sur son banal quotidien.

« Le bruit est un objet en soi, obsession récurrent, je le chasse, le domestique, lui et moi on se croise, quand il s’enfle, j’ai l’impression qu’il m’éclabousse, quand il réduit, je m’amplifie, nous sommes du même souffle. Les élèves me saluent, me disent à bientôt, j’ai fait une brève intrusion dans leur semaine, eux dans la mienne. »

Oméga, c’est, est-il besoin de le préciser, un être amoureux. Cocu. Est-il besoin de le préciser. Au détour d’une terrasse, hasard ou Colombo qui se renie, il assiste à son émasculation par la grâce de cette Armelle qui à son rival colle une pelle.

« Ils s’étaient quittés sur le pas de porte, la vision du baiser l’avait traversé sur le coup, fugacement comme une aiguille dont on sent l’entrée dans la chair puis à laquelle on s’habitue pour quelques secondes. »

Oméga, c’est un Homme quasi banal qui, sur sa blessure, s’empresse de splacher un cataplasme. Le pire des cataplasmes car la Armelle n’est qu’un placebo mélaniné censé soigner le blues d’une vie maritale qui s’enfonce dans les sables mouvants de l’aigreur, de la rancune.

« Moi non plus je ne l’aime pas, on baise bien, avec vigueur, moi par dépit, elle, je ne sais pas, avec ma femme la position allongée c’est celle que j’ai devant la télé, quand elle rentre du boulot. »

Oméga, c’est l’homme qui apprend le mot michetonneuse par l’expérience. Et que le dépit a rendu haineux, en quête de vengeance ou simplement en désir de cracher son dégout. De lui-même.

« Qu’on soit débordant de haine ou débordant d’amour Nous débordons.
Nous sabordons la finesse tendue
Entre deux montagnes épaisses et tragiques
Comme un fil à linge
Et d’un verre solidaire nous rongeons l’embouchure. »

Oméga, c’est aussi le vengeur. Celui qui fait payer à d’autres les effluves de la déconfiture qui lui collent encore à la peau. C’est celui qui se penche sur la futilité du dent pour dent quand il échoit sur les larmes de celle qui a le malheur de s’accrocher au cœur cramé.

« Et c’est là une arme de culpabilisation massive, en la matière ne nous y trompons pas, une rupture est un acte juridique informel, la douleur ostensible est toujours à la fois pièce à conviction et la preuve de la probité, un argument à charge, qu’importe le contexte, elle établit de facto la réalité du délit si elle est constatée. »

Oméga, c’est… Oh, après tout, à vous de le découvrir. De découvrir le regard de cet homme sur la vie, sur le monde. Son regard sur l’humanité mais aussi, et surtout, découvrir son regard sur l’art du récit.

« La presse les avait surnommés « le gang des profanateurs cliniciens », ils récupéraient les prothèses sur les patientes décédées pour faire des économies, car, magie de la technologie, le silicone dure plus longtemps que son usagère… Les listings des clientes, y compris ceux de leurs concurrents étaient recoupés avec la rubrique nécrologique. »

Parce que, oui, ce livre est avant tout un regard sur l’art du récit. Un regard qui, par définition littéraire, n’appartient qu’à l’auteur, qui est dans son univers, dans son monde, dans sa tête et y extrait ses milles et un contes pour les poser devant nous. Et nous ? Et nous, nous prenons ce conte avec notre background personnel et nous le lisons, l’interprétons à notre façon. D’où ma diatribe du début.
Ouf, j’y reviens !

Ce petit livre de soixante-seize pages vous laissera – peut-être – aussi perplexe que moi. La forme y est. Le récit est raconté dans une succession de petits textes traités soit en prose, soit en vers, qui toujours se veulent très poétiques. L’âme de l’auteur y déverse son amour des mots. Et quelque part dans le dédale de ses mots, il nous perd.
Quand on lit « Trajectoires » , on a la furieuse impression d’être dans une Galerie d’art post-moderne où se battraient tour à tour les Murakami, Soulage, Broch, Burgee… et dans lequel nous sommes plongés sans avoir les clefs de la compréhension. Nous ressentons vaguement une atmosphère, nous voyons dans les traits biscornus, dans les nuances de noir, dans le Kawai exacerbé, etc… qu’il y émane une sorte de beauté, sans pouvoir mettre le doigt dessus, sans pouvoir trouver les liants.
« Trajectoires » donne cette impression. La forme est belle, les mots sont beaux, l’histoire en filigrane semble attrayante mais l’on passe à côté de quelque chose. Plusieurs des textes – courts – semblent « sortir » le lecteur de l’histoire, sans lien avec le fil rouge alors qu’ils sont censés faire sens dans une fresque homogène.
L’auteur a choisi sa liberté totale et nous enjoint à le suivre. La question alors est, un conteur peut-il s’exonérer de la nécessité de prendre en compte le lecteur ?
D’accord, prendre en compte celui qui lira c’est courir le risque de brider sa liberté de créer et, cependant, l’on crée des contes pour les autres. Ne devrait-on donc pas systématiquement penser que le lecteur à besoin des clefs ?
Question aussi récurrente que la quadrature du cercle dont je ne saurais trouver ici la réponse.

N’empêche, Pierre LAPORTE nous offre un moment sympathique de lecture, plein de poésie et de beaux mots qu’il nous faudra lentement mastiquer afin de pouvoir digérer tout le texte et en tirer toute la substance.

« Trajectoires »

Pierre LAPORTE
Éditions Diasporas noires – 76 pages

Source : http://www.loumeto.com/spip.php?article358

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Thierno Souleymane Diop Niang

lors de son passage à l’émission le Grand Rendez-vous de 2STV (Sénégal) le 28 décembre 2012 pour son recueil de poèmes « Lumières de la Renaissance » Ed Diasporas Noires

Note de l’Editrice : Bravo Thierno SD Niang, tu es peut-être naïf mais dans le bon sens et tu as bien mûri depuis la parution de ton livre, je me rappelle que tu étais tout timide, inaudible et crispé lors de ta première émission TV… Donc, tu as bien progressé, tu as gardé ton calme, dis-toi que tu n’as que 26 ans et que déjà les jeunes sénégalais peuvent prendre exemple sur toi pour l’expression orale et écrite… Tu as eu de beaux compliments de la part du 2e intervenant… Bien-sûr les critiques constructives sont à prendre en compte mais pas la mauvaise foi légendaire de Tounkara ! Au niveau visuel, police ou caractères, tous les goûts sont dans la nature… Chacun les siens et heureusement… Ce livre a été le premier livre publié par Diasporas Noires qui venait juste de naître il y a un an… Depuis Diasporas Noires aussi a grandi, mûri et se perfectionne chaque jour et je peux être fière de son parcours et de ses écrivains… Je suis engagée auprès des jeunes auteurs africains et les encourage, la jeunesse est perfectible par définition, c’est normal… Alors on avance et on fait avancer la jeunesse africaine !!! HBG

Lumières de la renaissance de Thierno SD Niang – ed Diasporas Noires
https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere

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« Amour, âme de la fidélité » d’Arezki Annaris

Hymne à l’ingéniosité de l’être

 Publié le 24 décembre 2012 – Alger

Ce texte a eu le prix d’encouragement au concours de la Meilleure nouvelle organisé, récemment, par l’établissement Art et Culture de la wilaya d’Alger. Il est extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » publié par les éditions Diasporas noires. Le poète Arezki Annaris s’est donné beaucoup de peine et de plaisir pour faire admettre à chacun la nécessité de voir les choses autrement que sous l’angle classique et restreint d’une société en mal d’inspiration. N’est-ce pas que des préjugés apparaissent dés lors que deux tourtereaux qui ne parlent pas la même langue et ne partagent pas les mêmes coutumes et traditions s’attèlent à sceller leur union. Cela est d’autant plus inadmissible que cela touche également le monde estudiantin censé servir de locomotive à la société de demain. En effet, « Aggour » qui a réussi son examen du bac en Kabylie a rejoint les bancs de l’université d’Alger alors qu’il ne pipait mot en arabe. De son côté, « Nedjma », une fille du Sud, rejoint la même université alors qu’elle ne pipait mot en kabyle.  Ce qui ne les empêche pas de s’aimer et de convenir à vivre ensemble sous le même toit. Mais voilà que des étudiantes et des étudiants se mêlent de ce qui ne les regardent pas allant jusqu’à déconseiller cette union pour des considérations absurdes que tout le monde peut aisément deviner. L’auteur souligne, toutefois, l’ingéniosité dont font preuve ces tourtereaux qui ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, et ce, même s’ils seront, de nouveau, mis sur la brèche par leur famille respective qui leur ont choisi sur mesure chaussures à leurs pieds. « Aggour » et « Nedjma » finiront par vaincre tous les obstacles dressés sur le long parcours et oseront même se priver de progéniture plusieurs années durant au grand dam des parents totalement désappointés. Une très belle leçon d’amour et de tolérance que l’ingéniosité de ces êtres remarquables a rendu possible. « Et si chacun vivait sa vie librement, comme il l’entend ? C’est ça qui serait beau ! » semble nous dire l’auteur. Né en septembre 1957, en Kabylie, au village Ihanouchene, dans la commune d’Azeffoun, Arezki Annaris exerce la fonction de chef de projet dans une entreprise de construction. En 2011, il a signé un recueil de poésie intitulé « La raison du cœur et le cœur de la raison » publié chez Edilivre.

Rabah Douik

« Amour, âme de la fidélité » extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » d’Arezki Annaris, Edition Diasporas noires.

http://www.horizons-dz.com/?Hymne-a-l-ingeniosite-de-l-etre

 

Article paru le lundi 17 décembre 2012 Sénégal.

POESIE – Vole et séduit les vents aux éditions Diaspora Noires : Un recueil pour sujets sensibles

Le recueil de poèmes Vole et séduit les vents reflète les maux de la société. Le jeune auteur Sire Ibn Angel y relate des thèmes comme la prostitution, le viol, des sujets réputés sensibles et rarement portés sur la place publique. Avec poésie, il aborde les sujets, évitant de heurter certaines âmes sensibles.
Paru aux éditions Diasporas noires, le jeune écrivain sénégalais a adopté ce style pour, dit-il, «ne pas heurter la sensibilité de certains». Aussi des thèmes comme la prostitution et le viol, qui gangrènent les sociétés s’y retrouvent dans une perspective d’éveil des consciences. Il s’agit également pour l’auteur de réaliser un rêve qu’il nourrissait depuis le bas âge, inspiré qu’il était par l’histoire d’une dame qui s’installait toujours sur le même banc et qui l’intriguait. D’ailleurs, son premier roman il l’a intitulé La femme du banc pour essayer de trouver réponse à ses interrogations. C’est ainsi que sa rencontre s’est faite avec la directrice de la maison d’édition Diasporas noires, Mme Hulo Balye Guillaber  à la suite d’une publication de ses écrits sur la page facebook de la maison, et c’est de cette rencontre qu’est née la publication du recueil Vole et séduit les vents.
Aussi aujourd’hui, Sire Ibn Angel n’a qu’un seul objectif, c’est de séduire le monde entier avec sa plume, d’où son titre Vole et séduit les vents.
Stagiaire

http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/16325-poesie-vole-et-s%C3%A9duit-les-vents-aux-%C3%A9ditions-diaspora-noires–un-recueil-pour-sujets-sensibles

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Article paru le lundi 04 décembre 2012 Sénégal.

Edition – Diasporas Noires se lance à Dakar : Hulo Bayle Guillabert promeut les plumes en herbe

Les auteurs, membres ainsi que le contexte ayant favorisé la naissance de  la Maison d’édition  «Dias­­­poras noires» ont été présentés samedi der­nier à Keur Birago Bou Bess. Se­lon la directrice Hulo Bayle Guil­labert, «Dias­po­ras noires» est née pour donner une chance de se faire publier à une multitude  d’écrivains talentueux et méconnus des pays francophones d’Afrique et de ses dias­poras (Caraïbes, l’Océan Indien).

«La  Maison d’édition panafricaine, Dias­pora noires a avant tout, un encrage en Afrique» a souligné  Hu­lo Bayle Guillabert pour qui, «l’Afrique reste la priorité». Ce sont au total 19 auteurs que compte pour l’instant cette Maison d’édition depuis sa création en Octobre 2011 à Montréal. Et on y retrouve au moins 6 nationalités africaines. A en croire la directrice, la structure est accessible à tous les enfants de l’Afrique, du Maghreb, et à toutes personnes soucieuses et amoureuses du continent noir.

Mme Hulo Bayle Guillabert souhaitent que les livres des auteurs soient connus du grand public et accessibles au plus grand nombre grâce au numérique, à internet et que ces ouvrages contribuent au ra­yonnement du continent Africain.

Une ambition partagée par la marraine, Annette Mbaye d’Er­ne­ville qui, en plus des relations familiales qu’elle entretient avec la directrice soutient et encourage cette initiative. Pour sa part, Amadou Ndiaye, représentant du ministre de la Culture, a salué cet engagement et cet amour voué à l’Afrique. L’Etat qui a récemment remis une enveloppe de 500.000 F Cfa  de contribution à la structure, a de vive voix insisté sur la nécessité de promouvoir ces genres d’initiatives venant d’enfants du pays. Revenue s’installer au Sénégal, Hulo Bays Guillabert dont la Maison d’édition compte à son actif une trentaine de publications a tenu à partager ces mo­ments  avec quelques-uns des au­teurs présents mais aussi avec la grande famille de la littérature au Sénégal représentée par Alioune Badara Bèye président de l’association des écrivains du Sénégal. Les thèmes abordés par les auteurs de «Diasporas noires» dans leurs publications sont divers et touchent des problèmes politiques, sociaux, intellectuels, moraux, et reflètent des états d’âme. «Dias­poras noires» s’ins­crit dans la dynamique de la publication d’écrivains en herbe.     

Par keudi FALL
http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/15949-edition-diasporas-noires-se-lance-%C3%A0-dakar–hulo-bayle-guillabert-promeut-les-plumes-en-herbe
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Dîner de gala des édition  »Diasporas noires », samedi à l’Hôtel de Almadies

 2012-11-26 20:15:17 GMT

Dakar, 26 nov (APS) – Les éditions ‘’Diasporas noires’’ organisent vendredi à l’Hôtel des Almadies un dîner de gala qui sera animé par l’artiste-musicien Abdou Guité Seck et son groupe, annonce un communiqué de la structure reçu à l’Agence de presse sénégalaise.

Le programme de la soirée prévoit, outre le concert, un récital de poésie, du slam, une opération de soutien à deux associations d’aide aux Albinos (associations ANAS et ANIDA), précise la même source.

La veille de cette manifestation, ‘’Diasporas noires’’ organise vendredi la première édition de leur rentrée littéraire, prélude à une soirée de gala, indique le communiqué, signalant que cette seconde activité est prévue à partir de 15 heures au siège de l’Association des écrivains du Sénégal (AES), Kër Birago (Point E).

Le programme prévoit une conférence de presse, une présentation de la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ et de la revue du même nom. Il est aussi prévu une séance de signatures d’ouvrages.

Les objectifs du dîner de gala sont, entre autres, de contribuer à une visibilité de l’Afrique, de ‘’valoriser le patrimoine littéraire des cultures et sociétés d’Afrique et de ses diasporas à travers le monde’’.

Il s’agit aussi de présenter la ‘’Revue des bonnes nouvelles d’Afrique’’ afin de ‘’privilégier l’émergence d’un paradigme positif, optimiste et volontaire, par l’impulsion d’une nouvelle conscience partout en Afrique’’

Le dîner vise à offrir à des associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) une tribune afin de mettre en lumière les discriminations qu’ils subissent et les problèmes qu’ils vivent au quotidien et à lancer un appel aux stylistes africains pour le projet Mode Albinos 2012.

Les bénéfices de l’événement sont destinés à financer le développement des activités de ‘’Diasporas noires’’, l’impression des livres et mettre en place un réseau de distribution afin d’être présent dans toutes les librairies des capitales africaines en 2013. La maison est déjà à la librairie Athéna à Dakar.

L’organisateur compte offrir 20% de ces bénéfices aux associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) et contribuer ainsi à financer leurs actions et à les protéger du soleil en les équipant en crèmes solaires, lunettes et chapeaux.

Fondée en octobre 2011 à Montréal, au Canada, par sa directrice Hulo Bayle Guillabert la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ est installée depuis peu à Dakar. Sa fondatrice, âgée de 52 ans, est une Franco-sénégalaise, consultante en technologie de l’information et en organisation des grandes entreprises.

Son objectif est de ‘’promouvoir les auteurs africains et afro-descendants qu’ils résident en Afrique ou partout dans le monde, ainsi que les auteurs issus de tous horizons qui aiment l’Afrique et qui veulent mettre en exergue sa culture et ses valeurs’’, souligne une note de présentation.

‘’+Diasporas noires+, convaincue que le 3e millénaire sera africain, a pour but d’accompagner cette renaissance africaine et de contribuer le plus possible à un large éveil des consciences.’’

D’octobre 2011 à septembre 2012, 18 auteurs de 6 nationalités différentes — dont 9 auteurs sénégalais — ont rejoint ‘’Diasporas noires’’, 19 livres ont été publiés dans 6 collections différentes.

ADC/OID

Un article de Carrapide.com 

Un article de peoplesenegal.com

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 Regards croisés le 28 juillet lors de la 15e éditionde « Palabres autour des arts » de Joss Doszen avec Alexis Bongo pour son livre « Histoire de chez moi »

  

Arrêt sur image de Alexis Bongo lors de la supervision de l’émission « Homéostasie – La Spiritualité des Profondeurs » tournée à Paris et diffusée tous les dimanches sur DRTV international, la 1ère chaîne privée du Congo Brazzaville …

Emission dédiée au livre de Pierre Laporte Trajectoires 

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Interview  De DIAMIL CISS

dans le BLOG peuplesenegalais.net 

« Le slam est l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie »

Les amoureux du slam à Dakar connaissent très bien le poète Sérère au dreadlocks, Diamil Ciss.Grâce à ses belles prestations lors des soirées poétiques que le collectif des slameurs organise, tous les 15 jours au restaurant Just 4 U, où le poète-slameur distille de la connaissance, de l’amour, de la passion…Très généreux de son art, il décide avec l’aide des éditions « Diasporas noires», de mettre sur le marché un recueil de nouvelles. Avec votre site de référence, Peuplesenegalais.net, l’homme disserte sur l’art de matérialiser les émotions par les mots : la poésie, le slam, le « kébétou »… Entretien.

Diamil Ciss, vous êtes slameur, ecrivain, poete.Recemment vous avez sorti un roman.Parlez-nous de cette production, de quoi est-ce que ça parle ?

En effet, il s’agit d’un recueil de nouvelles publié aux éditions « diasporas noires » sous la direction de Madame Hulo Bayle Guillabert et qui comporte six (6) textes. Donc ce n’est pas à vrai dire, ce qu’on appelle un roman. Pour rappel, la nouvelle est d’un autre genre littéraire qui s’apparente plutôt au récit, avec la différence notable que la nouvelle garde un certain suspens, histoire de donner ou d’aboutir à ce qu’on appelle, une « chute ». Elle diffère aussi du récit par le fait qu’elle n’est pas toujours vraie dans sa totalité, même si elle est presque toujours issue de faits plus ou moins réels et plutôt cocasses, sortant un peu de l’ordinaire.

Ce recueil comprend donc les six textes dont voici les différents titres :

–         Le grain de sable

–         La vengeance

–         Cinq pièces de 2 sangs

–         Le fil blanc

–         La souris électrique

–         Trente mille volts de rêve (qui est en même temps le titre du bouquin)

–         Voilà, planté,  le décor de cette première production.

Quelle est votre définition du slam, de la poesie, de l’ecriture, de l’art en général ?

Le slam à mon avis, est le passage de la plume à la scène, de l’écrit à l’oral. Je le définis comme : l’art de combiner les mots d’une manière agréable à l’oreille et utile à l’esprit, l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie. Le slam n’est qu’une chronique poétique traitant du lyrique, du comique, du satirique, de l’esthétique et de l’éthique. Je trouve aussi que bien que souvent poétique, il a une forte connotation philosophique, mais surtout de vécu. Car pour moi, nos œuvres ne sont que le reflet de nos âmes. Pour moi, un bon texte de slam, est celui qui peut englober, et l’esthétique, et l’éthique, pour que la poésie ne soit plus seulement qu’un décor qui parle de choses « aériennes », de solstices et d’équinoxes pour ne pas dire grand choses sur nos propres réalités.

On a l’habitude de dire qu’on ne nait pas homme, on le devient. Eh bien, certainement aussi, on ne nait pas artiste. A votre avis, peut-on naitre slameur, poete, ecrivain ?

Non, je ne crois pas que l’on naisse artiste même si on peut hériter de beaucoup de choses via nos gênes. Quelqu’un disait que l’écriture est un exercice de notation et de révision, donc, qui nécessite beaucoup de labeur. Ceci pour dire que le talent à lui seul ne suffit pas, il faut de l’amour, de la passion, de l’ambition pour se surpasser, même si le travail sans génie n’est rien, tout aussi vrai que le don sans travail, n’est que peu de chose. Donc, il faut forcément les deux.

Où est-ce que les lecteurs peuvent acheter votre Livre ?

Pour le moment, les exemplaires qui ont été imprimés sont en route depuis le Canada, où ils ont été imprimés et ne tarderont certainement pas à arriver. Donc rendez-vous est donné d’ici peu pour la distribution.

Note de l’éditrice : Les livres sont arrivés maintenant, pour commander, remplissez le bon de commande ICI

Entretien réalisé par DRAME Djibril 

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Cahiers Littéraires parle du livre de 

PIERRE LAPORTE

 

Fragment de « Trajectoires » de Pierre Laporte

« Oméga voulu la poésie, le regard avant les mots, voir l’essentiel dans le dérisoire et inversement.
Il éprouvait le tressaillement calme, la quiétude fébrile qui suit la fin d’une dispute. Seul par force à une terrasse, j’observais le bruit des autres, moi-même et tout le reste. Les objets vivaient leur vie d’objet et nous dessus qui nous agitions. »

Cet écrivain est plus considérable qu’il ne le croit lui-même. A côté de bien des subtilités et des fadeurs, ici la même énergie (ou presque ) que ce troublant et géant Mohamed Hmoudane , cette sensiblité presque féminine, cette exquise pénétration qui lui fait viser un but si haut…Il est certaines pages où je me suis sentir fondre en délices ou en amoureuses rêveries. Mais le drame de notre écrivain n’est-il pas d’avoir eu très peu à dire dans son roman-poétique ? Comme si tourmenté par quelques secrets, voulait écrire, se débarrasser et atteindre une certaine tranquilité…

« Trajectoires ». Pierre Laporte Editions Diasporas Noires.

Zacharie Acafou Journaliste culturel et chroniqueur littéraire
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Interview  publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

et dans l’excellent BLOG de critique littéraire Le Sanctuaire d’Etty Macaire 

RENCONTRE AVEC HULO BAYLE GUILLABERT , écrivaine et éditrice franco‑sénégalaise : 

S’il y a une femme de culture en Afrique qui va marquer les consciences dans les années à venir, c’est bien Hulo Bayle Guillabert. Sa fougue, son optimisme contagieux et sa foi en l’avenir de l’Afrique l’ont amené à créer la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique » et une maison d’édition « Diasporas Noires » qui se veulent être le creuset de la rencontre et du partage des écrivains africains et de la diaspora et de tous ceux qui croient au sursaut du continent de Mandela. L’éditrice franco sénégalaise a bien voulu répondre à nos questions au moment même où elle projette de déménager de Montréal à Dakar.

Qui êtes-vous Hulo Bayle Guillabert ?

Je suis Franco-Sénégalaise, consultante en organisation et, chef de projets en technologie de l’information, j’ai créé la maison d’édition « Diasporas Noires » depuis octobre 2011. Je suis passionnée d’écriture et de littérature depuis l’enfance. Je vis actuellement à Montréal mais je rentre m’installer le mois prochain à Dakar…

Parlez-nous un peu de votre site et votre édition Diasporas Noires

Je suis une afro-optimiste et c’est pour cela que j’ai créé la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique », pour faire savoir au monde entier que le 3e millénaire sera africain malgré les apparences actuelles. Mon credo est que l’Afrique est en train de se relever même si cela n’est pas encore évident pour tout le monde. Il y a beaucoup des bonnes nouvelles en Afrique, même si elles ne sont pas relayées dans 99% des médias…D’autre part, pour la partie Edition, je veux donner une tribune aux Africains de tous horizons, aux afro-descendants, car en matière d’édition, les Africains sont souvent obligés de faire éditer leurs livres par des éditeurs occidentaux, quand ils sont acceptés, et il y a très peu d’élus… J’appelle de mes vœux une nouvelle ère en Afrique, où les Africains maitriseront eux-mêmes leur édition, le contenu de leurs livres, leur réseau de distribution, et ainsi maitriseront leur culture. Pour le moment, le domaine de l’édition en Afrique est malheureusement sinistré.  Et pourtant, il y a beaucoup d’écrivains qui ont beaucoup de choses à dire… Surtout la jeunesse africaine qui est bouillonnante, créative, décomplexée, prête à prendre ses responsabilités. J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené… C’est Baden-Powell qui disait : « L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et qui mène au succès. »

Quelle est la ligne éditoriale que vous défendez ?

Notre ligne éditoriale est la promotion d’une Afrique positive, optimiste, une renaissance passant par la prise en charge de notre propre avenir dans tous les domaines, en rejetant la victimisation systématique. Nous pensons que toutes les vérités peuvent être dites mais d’une manière positive et optimiste. Gandhi a dit « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Donc, la décision de changement nous appartient entièrement, quand nous en aurons véritablement conscience, nous aurons une force d’action extraordinaire.

Y a-t-il des genres précis que reçoit votre maison d’édition ?

Nous avons des collections qui reflètent tous les genres, tous les styles, de la poésie, du Slam, des nouvelles, des romans, des essais, des livres pour enfants, etc.

Au moment où on parle d’intégration et de mondialisation « Diasporas Noires » semble  voguer à contre-courant en se limitant au monde noir.

Ce n’est pas un enfermement, une ghettoïsation… Je ne suis pas afrocentriste. Moi, je crois profondément à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : « Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine ». Cela étant dit, les Africains et afro-descendants n’ont pas bénéficié pendant trop longtemps des mêmes outils de promotion de leur culture et de leur Histoire que les autres peuples de la Terre.  Les Occidentaux par exemple ont toutes les tribunes, les médias, les télévisions, les maisons d’édition, les musées, les manuels scolaires et tous les moyens nécessaires pour promouvoir leur culture et leur Histoire. Quand j’habitais en France, je n’avais pas accès facilement à la culture africaine, aux livres africains, il y avait que peu d’endroits où les trouver, j’allais au Salon du livre pour chercher les deux malheureux stands africains avec peu de livres. Quand je venais à Dakar pour des vacances, j’en profitais pour acheter le maximum de livres pour avoir ensuite un petit stock. Lorsque je dis « Diasporas Noires », ce n’est pas une couleur mais une caractéristique car on dit bien le continent « noir » alors qu’il y a le Maghreb et les blancs du sud de l’Afrique compris dans ce terme… Par ce vocable, je désigne tous les enfants d’Afrique, de toutes les couleurs, de toutes les diasporas du monde, des afro-descendants… Nous ne nous limitons pas au monde noir comme vous dites, puisque nous incluons les pays du Maghreb et les africains blancs du Sud de l’Afrique.

Pouvez-vous être plus claire Hulo ? Des exemples…par exemple ?

Nous avons un auteur Algérien parmi nous et d’autres viendront. D’ailleurs, on peut aussi être édité chez Diasporas Noires parce qu’on aime l’Afrique… Nous en avons déjà une blanche amoureuse de l’Afrique et bientôt nous aurons le livre d’une Française mais qui se sent africaine jusque dans ses tripes, elle écrit sur l’Afrique des poésies émouvantes dans une langue africaine. Elle était tellement heureuse que je la reconnaisse comme l’une des nôtres. A l’inverse, il y a des Noirs qui ne se reconnaissent pas du tout comme africains.  L’Amour de l’Afrique n’a pas de couleur ! Mais il fallait bien indiquer le contenu éditorial spécifiquement africain dans notre enseigne. Tout cela pour dire, que l’Afrique doit se doter des mêmes outils et des mêmes moyens que les autres pour la promotion de sa culture, nous avons du retard à rattraper de ce point de vue là… Donc Diasporas Noires est un outil parmi d’autres mais n’est pas un ghetto !

Comment faire un achat sur votre site ?

L’adresse de notre site est www.diasporas-noires.com… Les e-books sont disponibles à l’achat avec un téléchargement immédiat sur le site et la version papier en remplissant un bon de commande toujours sur le site.  Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont « Dior le bonheur volontaire » seront disponibles à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Est-ce que l’édition numérique peut avoir la même emprise que l’édition sur papier ?

L’édition numérique est l’avenir dans le monde, même si cela ne marche pas pour l’instant en Afrique. En Amérique du Nord, c’est déjà entré dans les mœurs, les personnes lisent leurs e-books dans le métro avec des appareils appelés « liseuses » ou sur les tablettes tactiles. Dans ces appareils, on peut stocker des centaines de e-books et les mettre dans la poche, se balader partout avec. C’est comme au début du téléphone portable ou de l’internet. Donc, l’Afrique doit s’y mettre maintenant au lieu d’attendre d’être complètement dépassée. Il ne faut pas perdre de vue que l’Internet est désormais la mémoire de l’Humanité. Maintenant, en un seul clic, on visite des musées, trouve des extraits de livres d’histoire, etc.  Comme pour les autres peuples, il faut aussi qu’il contienne le maximum de données africaines. Cela ne veut pas dire pour autant l’abandon du livre papier.  Il faut les deux, Ces deux supports ne sont pas à opposer… Moi, même en tant qu’éditrice numérique, je suis très attachée au livre papier, sur notre site on peut en commander, et dans les mois qui viennent, les livres de Diasporas Noires seront disponibles également en librairie, d’abord à Dakar et pourquoi pas un jour dans toute l’Afrique.

Vous êtes aussi auteure, et je suis entrain de lire en format pdf votre livre « Dior le bonheur volontaire »…

Oui, je suis aussi auteure, j’écris depuis l’enfance. Je n’ai malheureusement pas le temps d’éditer tous mes textes que j’ai dans les tiroirs… C’est l’histoire du cordonnier qui est mal chaussé (Rires). « Dior le Bonheur Volontaire » est mon premier livre édité pour l’instant, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille. C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur… Ce livre parle aussi de la détresse enfantine, de l’insouciance des jeunes, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles.  En fait, mon livre parle de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux. Les lecteurs peuvent découvrir gratuitement un extrait de 47 pages sur notre site. Nous offrons des extraits pour tous nos livres.

Quel est votre avis sur l’idée selon laquelle seule la valorisation de notre culture peut participer au développement de l’Afrique.

Il y a des choses à inventer, car le modèle économique mondial n’est pas satisfaisant et tout le monde peut le voir aujourd’hui… L’Afrique est créative mais les carcans culturels occidentaux nous emprisonnent dans un complexe d’infériorité dont nous devons absolument sortir.  Mais je ne prône pas une afrocentricité à tout crin comme certains. Moi je pense qu’il faut « ajouter » au lieu de « soustraire ».  Les Asiatiques ont bien réussi à s’ouvrir au monde tout en gardant leur culture et leur authenticité. C’est cela que je prône. Je pense que l’Afrique ne doit surtout pas se replier sur elle, mais elle doit identifier ses propres valeurs, les mettre en pratique de manière indépendante et être fière de sa culture tout en étant ancrée dans le monde ! Ce n’est pas facile, mais nous le pouvons.

Croyez-vous que les gouvernants africains accordent dans leurs projets une grande place à la culture ?

Non, clairement non ! Cela fait des décennies que rien n’est fait par les gouvernants africains et d’ailleurs c’est le cas dans tellement d’autres domaines, la santé, l’éducation, etc. Mais cela va changer, je suis très fière du Sénégal pour le changement politique imposé par les jeunes. Les jeunes doivent continuer à être vigilants avec le nouveau régime afin qu’il agisse vraiment dans l’intérêt du peuple.  L’arrivée de Youssou Ndour au ministère de la Culture est un signe encourageant.  Mais il faut que chacun à son niveau prenne désormais les choses en main. C’est ce que je fais de mon côté. Il faut que ce soit le nouveau mode opératoire. Prenons les choses en mains chacun dans son domaine à la place où il est le plus utile ! 

La thématique de la femme noire vous préoccupe n’est-ce pas ?

Oui, je suis très sensible à cette thématique, car il faut bien dire qu’en Afrique nous vivons dans un système patriarcal voire phallocentrique.  Je trouve cela dommage, c’est un frein au développement de l’Afrique car les femmes sont très créatives, elles sont sur tous les fronts notamment au niveau de l’économie informelle, très souvent avec peu de moyens, c’est aussi à elles qu’incombe l’éducation des enfants.  Si elles étaient moins bridées, notamment au niveau des études, cela apporterait beaucoup de changements bénéfiques à l’Afrique dans tous les domaines.  Je crois profondément qu’un peuple qui opprime une catégorie de sa population quelle qu’elle soit, d’une manière ou d’une autre, ne pourra jamais avancer pleinement.  Même si certains invoquent une légitimité d’une culture ou des mœurs spécifiques africaines ou musulmanes. Mon père m’a élevée tout autrement, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris la liberté de parole et d’action en toute circonstance.  Cela m’a permis de vivre facilement en occident sans complexe et d’y revendiquer pleinement mes droits à chaque instant.

Quelles sont les femmes africaines du monde de la culture qui vous ont marquée. Pourquoi ?

Annette Mbaye d’Enerneville, première journaliste au Sénégal, écrivaine talentueuse, Germaine Acogny la chorégraphe pour la beauté aérienne de ses danses africaines et modernes, Jacqueline Scott Lemoine la grande tragédienne sénégalaise, saisissante et habitée par ses rôles, Myriam Makeba la chanteuse magnifique, Mariama Bà l’écrivaine, Wangari Muta Maathai la Kenyane que j’admire pour son engagement en faveur de l’environnement (prix Nobel de la paix), Aminata Traoré la Malienne qui dit courageusement tellement de grandes vérités sur le système qui gouverne et asservit le monde et l’Afrique, Aissa Maiga la comédienne belle et talentueuse, Fatou Diome pour ses textes flamboyants…

Et aussi d’autres femmes noires, Rosa Parks, le courage fait femme, Angela Davis la militante des droits des noirs, Maryse Condé la Guadeloupéenne, une grande conteuse d’histoires, Toni Morisson, immense auteure, captivante dans le fond et dans la forme (prix Nobel de littérature)… Il y en a beaucoup d’autres et aussi beaucoup d’hommes…

Votre pays le Sénégal est certainement le pays où la production féminine est impressionnante. Qu’est-ce qui explique ce foisonnement ?

Premièrement je pense que ce foisonnement de la production littéraire féminine n’est pas spécifique au Sénégal… Ce foisonnement n’est pas spécifiquement féminin au Sénégal, il se trouve que le Sénégal est un pays fortement ancré dans la culture. La raison de cet ancrage est due en partie par le fait que Léopold Sédar Senghor, notre premier président qui est grand homme de lettres, avait privilégié la culture pendant des décennies. De son temps, presque tous les Sénégalais au lycée étudiaient le Latin et le Grec, le théâtre Daniel Sorano battait son plein avec des productions incroyables, il y a avait une grande école de danse africaine moderne avec Germaine Acogny et Maurice Béjart, une école des beaux-arts, une école d’architecture, etc.  Depuis, cette fibre est toujours là et ça foisonne toujours autant, même si les moyens ne sont plus les mêmes… Il y a quand même beaucoup d’événements culturels à Dakar, le festival des arts nègres en 2010, récemment la 10e biennale des arts en 2012, le Dak’art qui a beaucoup de succès… J’espère que la nomination de Youssou Ndour apportera encore plus de créativité et plus de moyens.

Dans certains pays la polygamie est dans le domaine de l’officiel. Quelle est la position des femmes intellectuelles de votre pays ?

J’avoue, personnellement, que la polygamie est inconcevable même si je respecte cet état de fait dans mon pays et le libre choix des personnes. Je n’ai pas du tout été élevée dans ce sens, donc je ne suis pas une référence pour en parler objectivement. Je crois que la position des femmes intellectuelles est assez variée sur ce sujet, il y en a qui l’acceptent comme une fatalité ou qui le justifient plus ou moins, notamment par la religion. Moi je pense que toutes les femmes en souffrent au fond d’elles-mêmes quoiqu’elles en disent en surface…

Depuis Une Si Longue Lettre de Mariama Ba, pensez vous que le Sénégal ait fait des bonds qualitatifs en matière de la protection de la femme ?

La loi sénégalaise laisse le choix au moment du mariage entre deux régimes matrimoniaux, polygame ou non et cela a toujours été le cas. Certaines femmes n’ont malheureusement pas le choix à cause du poids social, même si elles se laissent faire de moins en moins individuellement. Celles qui ont le choix essaient de ne pas se retrouver dans ce piège de la polygamie, mais ce n’est pas simple pour elles non plus toujours à cause du poids social. Cela étant dit, de plus en plus d’hommes trouvent cela trop compliqué pour eux et ne s’y aventurent pas, surtout les jeunes…

A votre avis la littérature est‑elle capable de faire avancer les choses positivement en Afrique ?

Oui, bien sûr… La fonction de la Littérature est de faire avancer les choses et les hommes… Un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.  L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques. Même parfois en divertissant. Je ne sais plus qui a dit : « L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre ».  Encore faut-il que les africains puissent avoir facilement accès aux livres de qualité.  Actuellement, les livres sont un peu chers et il n’y a pas de bibliothèques qui permettent de les emprunter. Voilà les problèmes sur lesquels nous devons travailler !

Quels sont les dix livres africains qui vous ont marqué véritablement ?

  • ·Amkoulel, l’Enfant Peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Ba, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur et aussi la sagesse africaine
  • ·Le Dialogue des Cultures de LS Senghor
  • ·Les Bouts de Bois de Dieu, ou encore Le docker de Sembène Ousmane.
  • ·Une si Longue Lettre de Mariama Ba
  • ·En attendant le vote des bêtes sauvages, Allah n’est pas obligé, deux livres superbes et instructifs d’Ahmadou Kourouma, mais j’aime tous ses livres.
  • ·Le vieux Nègre et la Médaille de Ferdinand Oyono m’a rendue profondément triste sur les rapports avec les colons
  • ·Le baobab fou de Ken Bugul
  • ·Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome

Connaissez-vous la littérature ivoirienne ?

Je connais très peu la littérature ivoirienne à part Ahmadou Kourouma que j’aime beaucoup et dont j’ai lu presque tous les livres car vendus dans les librairies en France, j’ai aussi des souvenirs lointains de Bernard Dadié… Chez Diasporas Noires, nous avons deux auteurs ivoiriens, Regina Goueu une jeune ivoirienne qui vit au Gabon, Isaïe Biton Koulibaly qu’on ne présente plus et qui voulait se mettre à l’ère numérique pour voir…

Un message fort à nos lecteurs pour clore cette interview…

Je voudrais parler de l’Ubuntu qui signifie :  « Je suis parce que nous sommes » ou  « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». C’est un concept spirituel africain qui a permis la réconciliation en Afrique du Sud, ce qui n’est pas rien.  Selon Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix sud-africain : « Quelqu’un d’Ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi – qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand – et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou oppressés. » Pourquoi ne pas enseigner et appliquer cette philosophie partout en Afrique ?  Et pour finir, on pourrait résumer mon état d’esprit par cette phrase de Confucius« Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. »

ETTY Macaire

Critique littéraire

Cette interview a été publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

 

Paru dans le Magazine GLANCE

Paru dans le Magazine  Panafricain METROPOLIS 

 

 

AFRIMPACT Magazine parle de nous

http://afrimpactmagazine.com/articles/hulo-bayle-guillabert 

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Le Jeudi 27 avril 2012, Pierre Laporte recevait Hulo Bayle Guillabert

dans l’émission « Afrique culture, les mots pour le dire »

sur www.radio-tongolo.com pour son roman

« Dior, le bonheur volontaire »

Interview 

Hulo Bayle Guillabert bonsoir.

Bonsoir Pierre Laporte, je suis heureuse de vous retrouver, Bonsoir à tous les auditeurs et auditrices.

C’est vrai que nous vous avions déjà reçue comme éditrice, cette fois, vous êtes là en tant qu’auteure.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre livre ? Sa thématique.

Je suis franco-sénégalaise, éditrice, j’ai créé la maison d’édition Diasporas Noires et la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique… Je suis aussi auteure…

« Dior le bonheur volontaire » est mon premier livre, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille.

C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur…

Mon livre parle aussi de la détresse enfantine, du monde inquiétant des adultes qui l’entoure, de l’insouciance des jeunes gens, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles…

Donc, ce livre est structuré en deux parties, par quoi a été animé ce découpage ?

En fait, j’ai écrit le premier chapitre par inadvertance, alors que je participais à un atelier d’écrire il y a 20 ans à Paris. On faisait un exercice, écrire un texte en une demi-heure avec comme contrainte une dizaine de mots imposés … Au bout d’une demi-heure chaque texte doit être lu et critiqué par les autres participants… Ce premier chapitre de Dior qui s’appelle « La visiteuse », est sorti donc en une demi-heure, de je ne sais où, quasiment à la virgule prés, sous la pression, comme ça… Moi-même j’ai été abasourdie, d’avoir écrit un truc aussi intime, oublié au fond de moi…

Pour la deuxième partie, c’est un livre que je voulais écrire sur mes parents, mais un peu romancé… Donc là c’était prémédité.

A un moment donné, le fait de rassembler les 2 parties dans un même livre m’a paru évident…

Est-ce que la vision de l’injustice par les yeux d’un enfant obéit à une logique chronologique ou autre ?

Je pense qu’un enfant n’a pas la notion d’injustice pendant qu’il vit des situations données… C’est juste de la détresse et de l’insécurité affective ressenties au plus profond de lui… Qu’il nommera injustice plus tard…

En lisant votre livre, je n’ai pu m’empêcher de penser à Maïmouna  d’Abdoulaye Sadji, que pensez-vous de ce rapprochement ?

Je pense que ce rapprochement n’est pas pertinent si on prend les thèmes principaux abordés, le livre d’Abdoulaye Sadji parle des enjeux d’une authenticité africaine face une modernité factice, compare une vie paysanne et humaine, à une vie citadine et mondaine basée sur le paraître, l’auteur parle aussi de l’ambition sociale, de la naïveté, de la tromperie amoureuse…

Pause musicale : Chimes of freedom c’est la chanson que vous avez choisie

Merci à l’Artiste-Ministre Youssou Ndour pour cette chanson optimiste. Le refrain dit : « Et nous avons regardé fixement au-dessus des carillons de la liberté qui éclataient. »… Il faut aussi préciser que c’est une chanson de Bob Dylan à la base.

La condition de la femme est abordée dans ce livre et notamment la soumission à un ordre patriarcal, c’était une volonté de le traiter ou ce sujet s’est-il imposé à vous.

Ce sujet, j’y ai toujours été très sensible, justement parce mon père m’a élevée tout autrement et n’a jamais essayé de m’imposer ce genre de choses, alors que toutes mes amies autour de moi les subissaient… Bien que nous vivions au Sénégal, où cet ordre patriarcal ou même on peut dire phallocentrique est incontournable, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris à me débrouiller sans compter sur personne, sans compter sur un homme.

Pour vous, une bonne littérature tient elle aussi à son propos ?

Oui, cent fois oui… Car pour moi un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.

Mais une bonne littérature tient aussi à la sonorité des mots, à la fluidité et à l’élégance du style… Sur ce point particulier, j’aime des écrivains comme Marguerite Duras ou Christian Bobin…

D’ailleurs, dans le rap et le slam, les jeunes travaillent sur cette sonorité des mots…

Paul Valery disait « la poésie cette longue hésitation entre le son et le sens ».

Quel est le rôle social de l’écrivain, particulièrement en Afrique ?

L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques…. Même parfois en divertissant… Je ne sais plus qui a dit : L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre.

Mais j’aime bien ce que dit Christian Bobin : Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.

Dany Laferrière disait lui « j’ai longtemps cru que mes livres venaient de moi, je commence à croire que je viens de mes livres ».

Est-ce pour vous une réalité encore prégnante en Afrique ou vous nuanceriez le propos aujourd’hui ?

Je pense que cette réalité-là que je décris existe encore en Afrique mais aussi partout dans le monde (j’en reviens toujours à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine…)

Cette réalité-là a toujours existé et la littérature en général ne cesse de relater ce même type d’histoire… Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, ont fait couler beaucoup d’encre et c’est le même type d’histoire d’amour contrarié par la société sous des prétextes divers et variés… La forme et le motif de la contrariété peut-être être différente selon les cultures ou selon qu’on soit à la campagne ou à la ville… Il y a toujours une histoire de richesse ou non du prétendant, de religion, de bienséance ou d’honneur…

C’est la même chose pour la réalité de fillettes sans leur mère dans un milieu hostile où règne une marâtre, chez nous au Sénégal, on raconte depuis la nuit des temps dans les veillées, l’histoire de « Coumba ame ndeye » (Coumba avec mère) et « Coumba amoul ndeye » (Coumba sans mère), une cendrillon africaine qui finit par triompher d’une méchante marâtre après beaucoup de péripéties et de souffrances…

C’est toujours la même histoire… Ces histoires sont des histoires humaines qui se reproduisent à l’infini… De tout temps et sur toutes les latitudes.

Vous mettez en exergue de votre livre « tout ce qui arrive est nécessaire » qui est une phrase rappelons le, de Marc Aurèle empereur romain et philosophe stoïcien.

Cette citation est également attribuée à Spinoza

Pourquoi ce choix ?

Pour moi, c’est la conclusion du livre…Cela reflète mon état d’esprit après avoir raconté tous ces événements relatés dans le livre… Cela veut dire, que ces événements m’ont façonnée et que dans ce sens, ils étaient peut-être nécessaires… C’est l’acceptation de la vie et des embuches qu’on rencontre, afin d’évoluer.

La philosophie stoïcienne met en avant l’acceptation du monde tel qu’il est, est-elle en accord avec le propos de votre livre ?

Je suis en accord avec cela, même si pour moi la volonté doit être le pendant parfait de l’acceptation… Je m’explique

Je pense qu’il faut accepter le monde tel qu’il est et se changer plutôt soi-même… pour pouvoir le changer…

Gandhi l’a très bien dit, « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde… »

On peut être très volontaire en agissant sur les événements et le monde qui nous entoure tout en acceptant qu’il ne soit pas parfait, que nos vies ne soient pas parfaites, vivre dans le moment présent en essayant d’être heureux avec ce qu’on a sur le moment, même si on travaille à l’améliorer…

Dans votre ouvrage « Dior, le bonheur volontaire » la volonté est beaucoup plus présente que le bonheur. C’est un parti pris ?

En fait, je voulais surtout parler de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux, pas du bonheur lui-même

Pause musicale : Nina Simone – My baby just cares for me

Super !!! Merci Pierre

Le sujet de la religion est aussi abordé, via notamment l’interdiction transgressée d’épouser un non-musulman, comment analysez-vous cette endogamie ?

Au Sénégal, Il y a beaucoup de familles ouvertes qui acceptent cela.

Cette interdiction a souvent été transgressée car les 2 communautés musulmane et catholique sont assez imbriquées… Dans presque chaque famille, il y a des musulmans et des catholiques. Dans ma famille cela a toujours été le cas depuis plusieurs générations. Les fêtes religieuses sont fêtées d’un côté comme de l’autre, tous ensemble, tout le monde participe… Moi quand j’étais jeune, bien que catholique, je faisais parfois le ramadan pour faire comme ma grand-mère ou soutenir ma meilleure amie dans son effort…

Pour moi cette interdiction d’épouser un non-musulman, est d’autant plus bizarre que c’est le même Dieu… Mais cela peut servir de prétexte le moment venu pour refuser un prétendant … Et pourtant, Dior et Édouard étaient cousins germains et donc d’une grande proximité familiale…

Et ce drap taché qui est un symbole d’asservissement là devient un symbole de libération ?

Oui, en fait Dior joue à l’apprentie sorcière et transforme ce symbole d’asservissement de la femme en sa faveur… Ces jeunes partent en fait du principe que le déshonneur c’est quand on se fait déflorer sans que les parents sachent où, quand et avec qui… Là, ils ont l’idée de ramener le drap taché, de l’exhiber accompagné d’une demande de mariage… Ils pensent que cela va leur épargner le déshonneur, en tout cas c’est ce qu’ils croient…

On voit aussi comment s’organisent les jeunes pour s’opposer à une décision parentale, le conflit entre les générations est-ce là encore quelque chose de nouveau en Afrique ou ça a toujours existé ?

Je pense que le conflit de générations a toujours existé, jusqu’ici en Afrique, le sacro-saint respect envers les ainés, les anciens, empêchait et freinait toute velléité de révolte de la jeunesse. Mais cela est en train de changer…

J’ai l’impression que les jeunes aujourd’hui prennent plus leurs responsabilités et sont décomplexés de ce point de vue là… On peut citer toutes les révoltes de la jeunesse dernièrement, cela a commencé en Égypte, donc en Afrique… Le mouvement Yen A marre au Sénégal a tenu tête au régime et l’a fait tomber… J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et plus audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené…

Que pensez vous de cette phrase de Nietzsche «  tout ce qui se fait par amour se fait par delà le bien et le mal », serait-ce un bon résumé de votre livre ?

Oui, tout à fait… Même si cela ne va pas forcément dans le sens souhaité par les amoureux au final…Moi je fais toujours et systématiquement ce choix-là… Quand des jeunes me demandent un conseil, je leur conseille toujours de choisir les sentiments plutôt que toute autre chose.

Quels sont vos modèles d’écriture, les auteurs qui vous ont inspirée le plus concernant le style ?

Mon style n’est pas inspiré par un écrivain en particulier, mais c’est un amalgame de toutes lectures que je fais depuis l’enfance et de ma propre intériorité…

Je suis plus à l’aise dans le style de la première partie de ce livre qui coule de source telle quelle, à la virgule près, comme venue directement de mon âme…

Alors que la deuxième partie du livre est plus un travail d’écrivain, avec un peu plus d’efforts…

Cela étant dit, je peux quand même dire un mot des livres qui m’ont le plus marquée dans ma vie au niveau du contenu… Je citerai en vrac

Amkoulel l’enfant peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Bâ, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur, Mariama Ba : Une si Longue Lettre.

Jazz de Toni Morisson et Si c’est un homme de Primo Levi m’ont beaucoup appris sur la complexité de l’être humain, sur l’ombre et la lumière, La chute d’Albert Camus aussi.

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, Ségou de Maryse Condé, L’alchimiste de Paulo Coelho, Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche, etc…

Et pour finir au niveau spirituel, Le livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché et Le prophète de Khalil Gibran… Mais il y en a beaucoup d’autres comme Don Quichotte de Cervantès, qui est un livre IMMENSE à lire et à relire…

Tous ces livres m’ont appris la bienveillance envers le genre humain et l’optimisme.

C’était votre premier roman, Graham Greene dit qu’il est important d’écrire sur ses premières années car c’est là que l’essentiel nous a été donné .  Êtes-vous d’accord ?  Et si oui que vous ont laissé ses premières années ?

Ces premières années m’ont laissé une grande force de caractère je crois, une résilience, beaucoup de volonté mais aussi de capacité d’acceptation, sans désir de revanche, sans rancœur, juste avancer, évoluer, se relever à chaque chute, sourire et repartir de plus belle.

– comment se procurer le livre (particularité).

-adresse du site/ références

Sur le site de Diasporas Noires  https://diasporas-noires.com/

Le livre version numérique est disponible pour un achat immédiat sur le site https://diasporas-noires.com/librairie-1/dior

Le livre version papier en remplissant un bon de commande toujours sur le site https://diasporas-noires.com/bon-de-commande

Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont Dior seront disponibles en version papier à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Merci Hulo Bayle guillabert

Merci Pierre Laporte pour ce bon moment que je viens de passer avec vous, trop court…Et merci à tous les auditeurs auditrices… 

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 LA PRESSE SÉNÉGALAISE PARLE  DE

Lumières de la Renaissance de Thierno Souleymane Diop Niang


 

LUMIÈRE DE LA RENAISSANCE» de THIERNO SOULEYMANE DIOP NIANG : Poésie militante pour un monde plus équilibré

LUNDI, 12 MARS 2012 12:34

La Maison de la culture Douta Seck a abrité, samedi, la présentation du recueil de poèmes de l’étudiant Thierno Souleymane Diop Niang. Selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf qui a préfacé ce recueil, l’Afrique est omniprésente dans ce recueil où  l’auteur s’insurge contre ceux qui ont ébranché le continent pour bâtir leurs divins jardins.

Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, a procédé samedi à la présentation de son premier recueil de poèmes intitulé « Lumières de la Renaissance », à la Maison de la culture Douta Seck. Cet ouvrage de 64 pages, édité par « Diasporas noires » et riche de trente quatre poèmes, a été préfacé par l’écrivain Nafissatou Dia Diouf.  Elle y parle de ce jeune poète qui « traite des thèmes variés dans un style assez singulier, empreint de spiritualité naturelle, et repousse les frontières des règles de la poésie dans son dessein de s’épanouir ». Nafissatou Dia Diouf estime que cette œuvre est « une lumière pour la renaissance d’un citoyen nouveau, libre, conscient, agissant, digne, en un mot, humain ».   L’Afrique est omniprésente dans ce recueil où Thierno Souleymane Diop Niang s’insurge contre ceux-là qui l’ont ébranchée pour « bâtir leurs divins jardins ».

« Si sa terre est son thème de prédilection, sa mère demeure son inspiratrice, et l’être aimé, sa muse. Ce qui nous donne à penser que l’auteur se nourrit d’amour et de mots, de raisons et de passions. Oui, il sait aussi se mettre à nu, rendant encore plus touchant ses mots, ses doutes et ses douleurs », apprécie-t-elle.  « Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue (…)», souligne-elle.  « C’est une expérience accumulée au fil de nombreuses années, par la lecture, que j’ai voulu faire parler dans mon recueil. J’ai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis les classes du niveau secondaire. J’ai acquis toute une expérience au contact des livres.  A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait extérioriser toute cette expérience », explique l’auteur Thierno Souleymane D. Niang.  M. Niang révèle que sa muse, c’est sa mère, dont il est le fils unique, mais son inspiration lui vient aussi de ses amis et de son  environnement.  Pour sa part, la directrice de la maison de la culture Douta Seck, Fatou Sidibé G. Diallo, a vivement félicité le jeune écrivain, représentant d’une jeunesse parfois révolutionnaire, mais qui constitue l’espoir du pays.

Venu présider la cérémonie au nom du ministre d’Etat, ministre de la culture, du genre et du cadre de vie, le directeur de cabinet Racine Senghor soutient : « le Sénégal a besoin que sa bibliographie s’agrandisse, et que naissent des poètes ».   La beauté de cet ouvrage, souligne-t-il, est liée au fait que « l’auteur utilise beaucoup de ressources à l’image des modes d’expression de chez nous, sans respecter la poésie classique». Quant à son homonyme, il a dit qu’il est « agréablement surpris, car il n’avait jamais décelé chez l’auteur un talent si extraordinaire ». Mme Annette Mbaye D’Enerville est allée dans le même sens, en encourageant le jeune poète.

Souleymane Diam SY


‘’Lumières de la renaissance‘’ est ‘’la révélation d’un auteur au talent précoce’’ (préface)

Dakar, 10 mars( APS) – Le recueil de poèmes ‘’Lumières de renaissance’’ de l’auteur Thierno Souleymane Diop Niang est, selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf, ‘’la révélation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’.

Ce tout premier opus, +Lumières de la renaissance+ est une lumière pour la renaissance d’un nouveau citoyen libre, conscient, agissant et digne, en un mot, humain’’, a écrit Mme Diouf dans la préface de cet ouvrage présenté samedi à un public constitué de parents, amis et proches de l’auteur.

Cet ouvrage est ‘’la révelation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’, a ajouté Nafissatou Dia Diouf, qui a participé à la cérémonie de présentation du livre. ‘’L’Afrique est omniprésente dans l’ouvrage.’’

‘’Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue, malgré quelque imperfection‘’, soutient l’auteur de la préface du recueil.

L’auteur Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, soutient que c’est une ‘’expérience’’ accumulée au fil de nombreuses années par la lecture qu’il a voulue faire parler dans son ouvrage.

‘’Jai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis le lycée. C’est toute une expérience que j’ai acquise au contact des livres au fil des années. A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait exterioriser toute cette expérience là, tout ce talent caché en moi’’, a-t-il affirmé.

‘’Les sources d’inspiration, je ne suis pas allé loin pour en trouver : c’est ma mère. C’est cette dame qui est là, dont je suis le fils unique. [Elle] a tout été pour moi. Malgré mes errements, c’est elle ma muse’’, a-t-il dit, montrant du doigt sa mère assise devant l’assistance.

Ses amis et son environnement l’ont aussi inspiré, a-t-il affirmé. ‘’Ce sont, a-t-il indiqué, les lieux que je fréquente, les bus, les cars rapides et les taxis que je prends et les gens chaleureux que je rencontre qui ont constitué ma muse.’’

Thierno Souleyemane Diop Niang ‘’milite pour un monde plus équilibré, en prônant une conscience nouvelle mue par les valeurs civilisationnelles africaines ou simplement les valeurs humaines fortement secouées par une époque mercantiliste’’, écrit son éditeur, Diasporas noires.

AAC/ESF

 

Interview de Thierno Souleymane Diop Niang, poète sénégalais dans le journal Njaacar basé en France .

NFS – Bonjour Thierno, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
TSDN – Je suis Thierno Souleymane Diop Niang , je suis né à Dakar et j’ai fait mes humanités dans la capitale.

NFS – Tu viens de publier ton premier recueil de poèmes, peux-tu nous en dire davantage ?
TSDN – Oui, je viens de mettre sur le Marché mon premier opus . Je remercie tout d’abord Dieu car comme j’ai eu à le dire, dans la présentation, toute évolution positive dans la vie d’un individu, doit être ponctuée d’une attitude de gratitude. Je rends hommage aussi à Hulo Guillabert qui dirige les Editions Diasporas noires et qui m’a donné la chance de publier les « lumières de la Renaissance ».

NFS – Ton recueil a été préfacé par Nafissatou Dia Diouf, as-tu d’autres contacts privilégiés avec d’autres auteurs ou poètes ?
TSDN – C’est vrai qu’elle m’a fait l’honneur de le préfacer, je dis encore merci à la Grande Sœur Nafi pour son humilité et la sympathie dont elle a fait montre à mon égard. Je crois qu’il m’est arrivé ces dernières années de rencontrer souvent de grandes personnalités de divers horizons et les échanges avec eux sont toujours fructueux. Mais je dois avouer que ma rencontre avec des écrivains ou poètes se passe souvent par le canal de leurs œuvres (rires).Toutefois je nourris le rêve de connaitre personnellement certains auteurs dont les écrits m’ont interpellé.

NFS – Quel poète es-tu ?
TSDN – Il n’est pas aisé d’apporter des réponses précises à cette question, car à mon avis le poète est celui qui couche sur du papier ses émotions. Cela peut être motivé par son vécu, son environnement ou ses aspirations … Je dois dire que pour ma part, je me définirai comme un poète libre, sensible au devenir de l’humanité et qui veut aussi incarner les messages contenus dans ma poésie.

NFS – D’où te vient l’inspiration ?
TSDN – Faire de la poésie n’est pas une entreprise aisée. Je crois que parce que c’est un genre littéraire assez pointu, taxé par certains de cénacle d’initiés, il faut relativement un don, une certaine capacité à communier avec son environnement, mais je considère fondamentalement que le secret de la poésie réside dans la spontanéité c’est là simplement qu’on pourra atteindre les cœurs.

NFS- Que représente l’écriture pour toi ?
TSDN – Liberté, c’est cela que signifie l’écriture pour moi. Libérer mes émotions, partager avec les autres. Car j’ai compris, que si on a la chance de pouvoir manier la plume, il faut avoir le courage de se positionner comme analyste, sentinelle, pour décrire avec froideur les situations de sa société. Je suis aujourd’hui persuadé, que l’écriture sera une discipline qui participera au formatage de cette conscience africaine nouvelle à laquelle aspire ma génération décomplexée, encline à conduire ce continent vers les terres ensoleillées du développement pour que les choses changent. C’est pourquoi je ne me limite pas simplement à la poésie.

NFS – Pourquoi le titre « Lumières de la renaissance » ?
TSDN – Je te renvoie à la préface de Nafissatou Dia Diouf qui dit je cite  » que ce premier recueil est la lumière pour la naissance d’un citoyen nouveau libre, conscient, agissant en mot humain « .

NFS – En dehors de la poésie, quelles sont tes activités ?
TSDN – Je suis juriste de formation et depuis longtemps j’ai compris que sur ce continent les jeunes n’entreprenaient pas trop. Je me suis lancé dans ce domaine avec parfois des échecs, ce qui est normal du fait du manque d’expérience. Mais étant de nature optimiste, il y a quelques mois nous avons lancé avec des amis une structure qui s’appelle SMS Consulting (So Many Solutions), dans le but d’insuffler une dynamique nouvelle, dans le domaine de la communication de l’évènementiel… Nous projetons ainsi d’organiser le Forum des Jeunes Leaders, une plateforme inédite, pour dire aux jeunes comme nous que c’est difficile mais c’est possible de réaliser ses rêves à domicile. Dans cette optique, nous avons tenu une randonnée pédestre pour joindre notre voix contre la transmission du VIH mère enfant…

NFS – A-t-il été facile de trouver une maison d’édition pour ton recueil ?
TSDN – En fait ce qui est extraordinaire c’est que la première Maison d’Editions à laquelle je me suis adressée prenait du temps à me répondre et voilà que je rencontre Hulo qui toute suite m’a fait confiance et par la suite Diasporas noires a publié le recueil… Et il y’a quelques temps la maison d’Editions Harmattan m’a témoigné son intérêt pour mon œuvre…
Le recueil de poésies est disponible sur : https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere.

NFS – Nous sommes à une semaine des élections présidentielles au Sénégal quelle lecture fais-tu des événements récents ?
TSDN – C’est vrai que, la situation est tendue dans ce pays . Mais j’ai appris en droit que les hommes et les régimes passent, donc nous avons en commun ce pays nous avons l’obligation de le sauvegarder et moi je vote pour la paix, c’est mon candidat mais dans l’expression plurielle de toutes les sensibilités car c’est encore cela notre richesse. Une mosaïque d’obédiences cheminant vers un même but.

NFS – Et le mot de la fin ?
TSDN – Quand tu es perdu dans un tourbillon de conjectures, vivotant jusqu’à l’usure, parce qu’un coup du destin t’a couvert d’une chape de mélancolie, parcoure le tréfonds de ton Etat, arraches y cette volonté surnaturelle qui au bout des peines te feras luire. Lorsque tu glisses sur une pente raide, au risque d’être broyé dans la nuit. Surtout reste affable, car ne se hissent jamais au pinacle les esprits faibles. Cherche, en toi sont minées les solutions. Il t’a accordé la primeur dans sa création. Le voyage est tendancieux, la destination reculée mais les moyens palpables. Tu as le pouvoir d’imprimer ta marque indélébile en haut sur le tableau noir sans opposition. Alors recommence, jette aux orties ce faux pas car tu respires encore point de trépas. Rends lui grâce d’autres ont connu fortune diverse et sont coincés dans l’impasse. Souris, n’entends-tu pas tambouriner le bruit de ton salut à grands pas. Ceci était ta destinée, depuis ton premier souffle, tu avais le devoir de triompher de ce combat seul.

UNE INTERVIEW REALISEE PAR NFS

 

Thierno Souleymane Diop Niang sur 2STV – Chaîne de télévision sénégalaise

 

Reportage sur la cérémonie de signature du recueil dans le journal télévisé de la RTS… A la 25e minute de la vidéo

[:sn] 

LA PRESSE PARLE DE NOUS

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Présentation du roman « Chatiments Névrotiques » de Dominik FOPOUSSI
Ed Diasporas Noires 2015

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« Le Cameroun, sur le divan » de Dominik FOPOUSSI
Par Valentin Siméon ZINGA*

L’amateur de roman doit s’y prendre par deux fois. Car, Si son attention est prise à défaut, s’il n’est pas attentif, il n’échappera peut-être pas à la charge de l’illusion que charrie le titre de cet ouvrage. Châtiments névrotiques, donne à première vue, l’impression d’être le titre d’un essai psychanalytique : un lointain écho à Sigmund FREUD, ou à Jacques LACAN. Mais à bien y regarder, ce titre semble suggérer un état clinique avéré, celui d’un système de gouvernance soumis au divan de l’auteur… Ce-dernier se sert volontiers d’un personnage central, Dégé, archétype d’arrivisme non dissimulé, avec ce qu’il recèle de tentation pour l’arrogance assumée, de goût d’extravagance assouvie ou contrarié , de penchant pour l’omnipotence tantôt fictive, tantôt effective.

Ce Dégé-là, Dominik FOPOUSSI s’en sert comme d’un authentique guide, pour nous conduire dans un édifice, qui comporte trois pièces et autant de clés d’accès : politique, éthique, et esthétique.

L’espace politique, met en scène, un pouvoir en place travaillé par sa perpétuation, tout entier dévoué à un « chef central » ; sorte de démiurge auquel les créations et les créatures doivent soumission et allégeance absolues. Les destins les plus enviables s’y nouent autour des combinaisons relationnelles les plus alambiquées, porteuses elles-mêmes de combines les plus notoires. S’y révèlent aussi : le recours à une répression féroce des dissidences avérées ou soupçonnées, l’enrégimentement et la domestication des poches de rébellion animées par des forces d’opposition poussées vers de douteux compromis, ou contraints à de spectaculaires compromissions.

Les univers carcéral et policier dont l’auteur livre par le menu, une saisissante description, et les codes de fonctionnement, témoignent à suffisance de l’arsenal répressif en vigueur. Pas seulement : ils accueillent des personnalités, figures emblématiques du système, affrontant une déchéance aussi brutale qu’inattendue, par suite du déclenchement de procédures relatives à des dossiers touchant à la gouvernance, ou présentés comme tels…
De quoi faire irruption dans le coin éthique de ce roman. Les atteintes à la fortune publique par les personnalités à divers titres et niveaux de l’appareil ‘Etat, ouvrent le procès à tiroirs d’une élite gagnée par la corruption qui gangrène le sérail, adepte d’un hédonisme jouissif et débridé, avec ses trahisons, ses félonies, ses mœurs littéralement dissolues. Un vrai sport national. La privatisation du patrimoine collectif dont les techniques sont connues de tous, prospère sous les regards approbateurs de ceux qui s’y adonnent, et ceux, envieux et impuissants de la multitude réduite à une misère autant rampante qu’implacable. Et le sursaut moral de Dégé, soudain porté vers des actes de charité une fois emprisonné, n’y change absolument rien.

Ce puzzle, dont les pièces sont rassemblées à fleurs de lignes, n’est finalement accessible grâce à un art consommé de la mise en récit. Reviennent alors en surface, ces mots de Jean-Paul SARTRE, dans Qu’est-ce que la littérature ? : « Bien que la littérature soit une chose et la morale une tout autre chose, au fond de l’impératif nous discernons l’impératif moral ». (SARTRE, 1948 : 69)

Avec une telle contiguïté, nous voici au seuil de la pièce esthétique de ce roman. Il nous tarde d’y entrer. Nul ne s’étonnera du caractère haletant du récit, rendu palpitant par le truchement d’un style…châtié, d’une écriture qui alterne phrases courtes et longues. L’intrigue tient bien sûr en haleine le lecteur de la première à la dernière ligne. L’auteur joue d’une pluralité d’outils, qui valent autant de figures de styles : ici la litote succède à la prétérition ; là, l’ellipse côtoie l’hyperbole la plus parlante, ou l’allusion la plus signifiante. De sorte que, parfois, il arrive de suggérer que le personnage central,- Dégé pour ne pas le nommer-, est la métonymie d’une déchéance et d’un désarroi collectifs. A l’évidence, l’auteur est bien prisonnier de ses Humanités et n’a rien oublié des principes de l’écriture journalistique qui vous enserre insidieusement le long d’une vie. Qui lui en vaudrait pour cela ?

Même si écrire c’est, en un sens, dévoiler, le Cameroun se donne à voir, sans fards ni artifices, sous cette plume joyeuse et néanmoins désabusée, par son « opération épervier », jamais à l’abri de l’intrication du politique et du judiciaire ; ses politiciens véreux travaillés ou mus par de si primaires passions et le peu de cas fait au sens de la République ; et à ses misères tenaces qui libèrent un imaginaire riche de ses bricolages, mais toujours condamnées à l’impuissance.
Alors oui, subir ces châtiments névrotiques est un vrai régal. Voilà le terrible oxymore que sa lecture nous inflige.

*Journaliste à la périphérie
Châtiments névrotiques, 2015
Editions Diasporas Noires, Collection Vies, 208 pages

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Article de la Muse d’Or sur Pha Thiello auteur du receuil « Mon Rêve – La paix dans le Monde ».

Pha Thiello : l’art tri-omphe !

Il porte ses trois casquettes et garde bien les épaules tranquilles sans vaciller. Comment fait il ? Quand on le lui demande, il se contente de sourire. Un sourire timide. On ne saurait jamais comment il arrive parfaitement à marier ses trois femmes. Car Alpha Baidi THIELLO dit Pha Thiello, est un prêtre de l’art et de le culture. Il porte la peinture, la musique et l’écriture comme s’ils ne faisaient qu’un seul. Je cherchais un peintre et je l’ai rencontré dans toute sa dimension d’artiste !

Si vous cherchez un artiste polyvalent au Sénégal, demandez moi de vous mettre en relation avec un certain Pha Thiello. Artiste peintre de son état, guitariste triplé d’un écrivain-poète, la peinture le connaît depuis qu’il est adolescent. Adepte de la sérigraphie alors qu’il n’est que dans la vingtaine, c’est Ibrahima Thiaré dit « Jams » son frère aîné, qui lui apprend à tenir le pinceau et à mélanger les couleurs. La passion dans le talent, il apprend vite. Près de 10 ans plus tard, il organisera sa propre exposition.

Sa première toile, c’est en 2003 qu’il la tire de ses grandes mains. L’artiste lui donne de belles couleurs chaudes, et la dénomme « complémentarité » en guise de sa contribution à la cohésion sociale au Sénégal. A travers elle, Pha veut expliquer l’importance des autres, dans une société qui tend vers l’individualisme et où les rapports de forces sont cruels. Pha, qui commence ses premiers coups de pinceaux, émancipé de la tutelle de son maître se définit cependant comme un artiste parnassien. « L’art pour l’art », défendu par ce genre artistique originairement littéraire, ne séduit pas seulement ce jeune artiste. Il va aussi envelopper ses créations pour en faire un moyen d’expression privilégie. L’Afrique, le village, la beauté ainsi que d’autres thèmes de prédilection vont s’immortaliser entre les lignes de Pha Thiello qui souhaite donner vie à sa passion et libre cours à son inspiration. Il ne mutile pas ses envies et se laisse séduire par la muse.

Sa première exposition le ramène dans ses origines. Natif de Tamba certes, il a grandi à Kaolac, une grande ville située à 189 kilomètres au sud-est du Sénégal. Une région mythique qui accueille régulièrement de grands événements artistiques. L’alliance France-Sénégal qui l’invite avec plusieurs autres artistes, lui donne l’occasion de faire valoir son talent. C’est une aventure satisfaisante qu’il va reconduire, au cours des biennales organisées dans le pays et qui seront d’ailleurs pour lui, des expériences enrichissantes au fil des années.

L’oiseau, après avoir apprit à voler en groupe, tentera bravement de voler de ses propres ailes. Le résultat s’avère concluant lors de sa première propre exposition. Pha présente une collection multi-colorée riche et diversifiée qui séduit le public. 16 tableaux présentés au public. Zéro retourné. Pha ne regrette pas d’avoir exposé à la galerie Nubi Art.

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Crédit photo: Pha Thiello

En dépit de la pseudo tiédeur de l’environnement du pays, Pha est un artiste qui s’ennuie pas. Quand son pinceau se repose, ce sont deux autres choses qui le servent. Sa plume pour écrire et sa voix pour chanter. Mais qu’est ce qu’il écrit et qu’est ce qu’il chante ? Pour ceux qui se le demandent, sachez que Pha est aussi guitariste et écrivain poète. Son recueil de poèmes, sorti en 2012 et qui s’intitule « Mon rêve : la Paix dans le monde » a été publié à la maison « Diaspora Noires ». Ce recueil qui est une hymne à la paix et la lutte pour une justice sociale, retrace les rêves d’un jeune homme qui aspire au bien être social et surtout à celui des enfants du monde. Des qualités que vous retrouverez lorsqu’il prends sa guitare et vous chante « J’en ai marre j’en ai marre !! J’en ai marre j’en ai marre !! De voir tous ces enfants, qui meurent de faim … ».

Amoureux des couleurs chaudes, il me confie : « Je les sens mieux que les couleurs froides . Ce qui explique qu’il y a beaucoup de rouge, orange, jaune dans mes toiles ». En effet,Ce n’est pas un hasard, si l’on retrouve des couleurs chaudes dans ses créations puisque ce natif de la région de Tamba, habitué à ses 42 degré de chaleur, a également grandit à Kaolac où la température atteint souvent les 45 degrés. Une chaleur qu’il va exploiter dans son travail en s’employant à valoriser ces couleurs qui disent si bien ses origines à travers un très beau rendu de sa végétation, des rires de ses enfants, de son quotidien et surtout des courbes généreuses de ses splendides femmes.

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Crédit photo : Pha Thiello

Même si peu d’artistes déclarent vivre de leurs arts, Pha demeure franc. Toutefois, il n’occulte pas les épines du métier et déplore quand même la mauvaise visibilité des tableaux africains et en occurrence du Sénégalais. Mais Pha est maître de son art. Il essaie de prendre exemple sur certains de ses devanciers à qui il témoigne une profonde admiration et une infinie gratitude.

Pour lui qui se contente d’aimer passionnément et continuer avec détermination ce qu’il aime, la peinture est un art qu’il faut vivre pleinement dans toute la douceur de ce qu’il inspire. Son crédo ? Peindre pour peindre. La vraie peinture selon lui, commence par là. La vocation sociale n’étant qu’une seconde option. « Je peins pour combler d’abord mes envies en insufflant aux autres, le meilleur et la beauté qui sort de moi » et comme il le dit, « si vous peignez un tableau qui n’est pas beau à voir, vous aurez très peu de personnes qui l’apprécieront. Cependant s‘il est beau, il sera un tremplin pour véhiculer un message ».

Dans un pays ou les peintres sortent difficilement, Pha peut dire qu’il tient les deux bouts. Depuis sa dernière exposition, c’est un moment de silence qu’il consacre à l’écriture de scénarios et de poèmes. Le triple artiste envisage diversifier sa créativité et explorer d’autres pistes.

Avec près d’une vingtaine d’année au service de la peinture, Pha s’invite à plusieurs projets. Sollicité par le Cap Vert depuis peu, il souhaite servir la peinture comme jamais en Afrique. Quand je lui demande de faire un choix entre ces trois particularités, il répond entre trois sourires différents « s’il y avait des branches à abandonner, j’opterais pour la poésie et la musique »; mais dans un futur proche, l’option que je lui propose n’est pas négligeable selon lui. Celle de mettre ces deux autres talents au profit de la peinture afin d’offrir la meilleure version de lui, à ses milliers de fans qui le découvrent chaque jour sous un nouvel angle sur les réseaux sociaux.

Pha qui n’a encore pas gagné de prix croise d’abord les doigts sur ses projets. Il se contente de peindre pour le bonheur d’exprimer ses sentiments dans un premier temps :« Je ne peins pas pour gagner des prix, mais pour le plaisir de peindre. Mes admirateurs m’en donnent chaque jour et moi-même je le fais en m’investissant de la plus belle des façons dans ce que je fais. Car peindre avec l’amour de plus d’un millier de personnes qui vous suivent chaque jour, c’est un véritable bonheur et une véritable chance !!! »

Les projets de voyage dans un futur proche représentent pour notre triple artiste, un tournant décisif dans une carrière qu’il espère fructueuse. Quand il a du temps, il donne des cours de guitare. Maître à son tour, il enseigne les bases de la peinture à près de dix jeunes qui s’en sortent aussi bien. De plus, il envisage ouvrir une école de peinture afin d’initier les plus jeunes. Sa contribution pour l’essor de la peinture en Afrique et plus particulièrement au Sénégal prendra véritablement forme d’ici peu. Artiste idéaliste, il est épris de paix, et le véhicule dans ses chansons et ses œuvres picturales. Plus de 10 ans qu’il est à pied d’œuvre, et espère « peindre pour peindre », pour le bonheur de ses pairs !

Propos recueillis par Siamlo Victoria

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Article du CAMEROON TRIBUNE sur le livre « Châtiments névrotiques » de Dominik Fopoussi.

Frime et châtiments

La chute et la possible rédemption d’un ex-puissant meublent « Châtiments névrotiques », roman de Dominik Fopoussi.

Par Alliance NYOBIA

Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé n’est pas forcément fortuite. De fait, Dominik Fopoussi se sert du permis d’inventer, que chaque romancier doit détenir quelque part, pour flirter avec l’excès de vitesse en la matière. Ou pas. Parce que pour le coup, le fruit de l’imagination de cet ancien journaliste semble nourri à la sève de la réalité, fruit porté par un arbre dont les racines s’enfoncent loin dans le sol fertile du vécu collectif.

Résumons. C’est l’histoire d’un directeur général de société d’Etat qui se retrouve un jour en difficulté avec la justice pour mauvaise gestion. Ça vous parle ? Et donc le fameux Dégé (c’est le nom du personnage principal), appellation également déclinée en « Directeur généreux », va perdre sa liberté pour avoir pris des libertés avec la fortune publique.

Si la chute d’un homme n’est pas la fin de sa vie, pour reprendre l’expression d’un chanteur populaire, cette dégringolade peut être douloureuse. Passer d’une demeure luxueuse, à un cachot infect, pour qui était par ailleurs abonné aux grands palaces de ce monde, c’est mourir plusieurs fois. Dégé, ancien homme de pouvoir, sera ballotté comme un fétu insignifiant dans la spirale de l’humiliation. Pour atterrir lourdement en prison, sans grand espoir d’en sortir de sitôt.

Il est clair que Dominik Fopoussi s’est inspiré, au moins en partie, de l’actualité locale de ces dernières années, sur le front de la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics. On ne citera aucun oiseau de proie, mais les ailes et les serres d’un certain rapace se dessineront aisément dans l’esprit du lecteur, au fil des pages de ce roman qui en compte 206.

D’autres travers sociaux sont relevés, souvent grossis jusqu’à la caricature. L’usage du permis d’inventer, sans doute. Sauf que parfois, les choses s’enchaînent un peu vite. Les personnages et leurs trajectoires débarquent à grande vitesse, au point quasiment de s’entrechoquer dans leurs apparitions. Mais bon, tant qu’il n’y a pas collision frontale, personne ne songera à retirer son permis d’auteur à l’ancien reporter du « Messager ».

– « Châtiments névrotiques », Dominik Fopoussi, Diasporas noires, novembre 2015.

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Article du Soleil quotidien national sénégalais sur la présentation du livre « Une Africaine au Japon » de Nina Wade au Musée de la Femme Henriette Bathily le 8 avril 2017.

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« Une Africaine au Japon » de Nina Wade

Interview par Sada Kane dans « Impressions » sur la 2STV 

 

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Demain… Une autre Afrique de Bocar Gueye

Interview par Pape Ale Niang dans « Ça me dit Mag » sur la 2STV 

 

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L’enigme du zèbre de Mpata Nse

Interview de Christian Eboulé sur TV5 Monde 

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Camer.Be publie l’interview donnée par Chantal Epee à diaf-tv.info 

Chantal Epee:camer.be

FRANCE- CAMEROUN DIASPORA,CHANTAL EPEE SUR DIAF-TV  » JE SUIS VISCÉRALEMENT ATTACHÉE À L’HUMAIN ET À L’AFRICAIN EN PARTICULIER »

Invitée de Note de lecture Critique du Livre(NLCL) sur Diaf-tv, Chantal Épée, diplômée en psychologie et en science politique, « l’être Écrivant » comme elle aime se définir, passionnée par les arts et cultures d’Afrique et de ses diasporas, poétesse loquace au verbe haut, juste et profond s’est racontée aux cotés de Pierre-Giscard Eteki.

Elle nous parle de ses deux recueils de poésie ( Alm’Africa et Eclats d’Ame) parus le mois de septembre dernier aux Editions Diasporas Noires, mais aussi de son engagement citoyen et humain à l’éveil des peuples opprimés, de la Femme africaine.

Nous vous proposons de savourer ci-après, l’intégralité de ce moment riche sur le plateau de Diaf-tv avec cette poétesse profonde aux analyses pertinentes.

http://www.camer.be/46287/11:1/france-cameroun-diaspora-chantal-epee-sur-diaf-tv-34-je-suis-visceralement-attachee-a-lhumain-et-a-lafricain-en-particulier34.html

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Hulo Guillabert, Panafricaniste et directrice des éditions Diasporas noires : «Nous organiserons bientôt le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis»
Hulo Guillabert, Panafricaniste et directrice des éditions Diasporas noires : «Nous organiserons bientôt le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis»
Par Aïssatou LY   le 10 July 2015

Vêtue humblement d’un orange marié au noir, Hulo Guillabert accueille Le Quotidien dans sa demeure à Mermoz. L’activiste, d’un certain âge, est connue pour ses idées fortes et son engagement sans égal pour la cause africaine. Elle est née et a grandi au Sénégal puis est partie vivre en France avec son mari. Hulo y a occupé des postes de responsabilité, d’abord consultante, chef de projet Ntic au sein de  grandes organisations et structures comme Orange, Sfr, Edf ou La poste… Mais après des dizaines d’années de vie en France, Hulo Guillabert revient au bercail en 2009. Elle crée son cabinet de consultance à Dakar, qui ne donne pas les fruits escomptés. Elle repart alors à Montréal, mais l’amour pour ses souches africaines est plus fort que tout. Elle revient alors en 2012, cette fois-ci pour réaliser ses rêves. La panafricaniste abandonne ainsi sa carrière de consultante pour se consacrer à une autre plus noble à ses yeux : s’engager pour l’Afrique et pour la culture africaine. Elle crée à ce titre, une maison d’édition numérique Diasporas noires ainsi que la Revue des bonnes nouvelles.

Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir éditrice ?
C’est suite à un fait qui m’a profondément marquée, Sylvia Serbin, une Martiniquaise, auteure du livre Reines et héroïnes d’Afrique, a vu son livre massacré et falsifié par une maison allemande qui l’a traduite en y insérantune vision raciste de l’Afrique. Elle a porté plainte, mais n’a pas obtenu gain de cause. Vous imaginez, son livre circule encore aujourd’hui avec son nom et des idées qui ne sont pas les siennes ! Au regard de ces faits, j’ai pensé que les Africains devaient arrêter de se faire éditer par les Occidentaux.Car nos intérêts sont divergents. Eux, leurs intérêts c’est de prolonger leurs propres visions des Africains et de l’Afrique, le misérabilisme, notre soi-disant incapacité de s’en sortir sans leur aide… Je dis souvent : écrivons nous-mêmes notre Histoire et nos histoires. Donnons notre propre version des faits sans les dénaturer par le miroir que nous tendent les autres… Nous avons déjà entendu la version de la chasse donnée par les chasseurs, écoutons la version des lions à présent, il est temps !

Pourquoi avoir choisi le nom Diasporas noires pour votre maison d’édition numérique ? 
C’est Diasporas noires  avec un «s» à la fin. Je ne parle pas que de l’Afrique, mais aussi de ses diasporas, l’ancienne qui date de plusieurs siècles comme la plus récente. Les Africains et les afro-descendants sont dispersés à travers le monde, et Diasporas noires  veut promouvoir leurs écrits et leurs talents.

Pourquoi avoir investi le créneau du numérique et pas celui du livre en papier ?
Il ne faut pas faire d’opposition entre ces deux supports. Je lis moi-même toujours des livres en papier. Mais le numérique est un grand défi pour l’Afrique. Quand j’étais à Montréal, je voyais les étudiants dans le métro qui lisaient avec des liseuses. Ce sont des sortes de tablettes sur lesquelles ils peuvent mettre jusqu’à 100 livres et se balader avec. Lire où ils veulent. Qui peut déambuler avec 100 livres en papier ? Il faut que l’Afrique utilise toutes ces innovations technologiques aussi pour avancer… C’est un pari très important ! A ce propos même j’animerais en juillet une conférence sur «L’Afrique Numérique… Et nos bibliothèques ne brûleront plus».

Qu’est-ce qui explique votre retour au Sénégal ? Avez-vous ressenti le mal-être en Europe ?
Non, pas du tout. Je suis quelqu’un qui a une grande force de caractère. Je m’impose là où je suis. Mon père me disait tout le temps «qui se sent exclu, est exclu». C’est pourquoi je ne me suis jamais sentie exclue en Europe. Par contre, quand l’amour de la Patrie domine tout, on n’a pas le choix. J’ai décidé d’être là en Afrique, de vivre avec mes frères africains même si parfois ce n’est pas facile après autant de temps d’absence.

Que ressentez-vous alors face à ces migrants africains qui quittent leurs pays à la recherche de l’Eldorado en Europe ?
Je vais être franche et vous dire que je ressens de l’impuissance face à ces vagues de migrants. Je n’ai pas de solution et c’est d’autant plus triste que les dirigeants africains ne réagissent pas. La seule chose que je peux faire, c’est d’essayer de conscientiser les jeunes. Pour leur dire que l’Afrique a sa jeunesse, ses ressources, sa richesse et peut s’en sortir par ses propres moyens. L’éducation de nos enfants est très importante et elle est vraiment à refonder. Notre système d’enseignement, hérité de l’Occident, n’a pas changé. Nos livres scolaires sont rédigés en Europe, et érigent l’Occident comme modèle en tout. Nos enfants apprennent les grands hommes d’Europe et pas les nôtres comme Cheikh AntaDiop, pourtant un grand savant. Ce que l’on met dans la tête de nos enfants est tout à fait erroné. Je mène un travail de conscientisation pour dire aux Africains d’arrêter de regarder l’Europe comme un Eldorado. C’est dans ce cadre que j’ai créé la Revue des bonnes nouvelles Afrique pour rehausser leur estime de soi.

Vous défendez toujours le panafricanisme. Comment le vivez-vous ?
Mon panafricanisme je le vis tout le temps. Je suis 100% africaine et je revendique le concept d’africanité toutes les minutes de ma vie. En guise d’exemple, je vous raconte une anecdote. Au Sénégal, la majeure partie des propriétaires des grands restaurants sont des étrangers. Avec une amie, nous voulions organiser un jour un dîner. Nous nous sommes renseignées pour trouver un restaurant un peu classe, dont le propriétaire est Africain. Là, nous ne parlons pas de couleur de peau, mais de sentiment d’appartenance à l’Afrique. C’est une manière de les soutenir, car ils ne sont pas nombreux à Dakar par manque de moyens. Les étrangers ont eux, de grands moyens et repartent avec leur argent dans leur pays… On doit être solidaires et consommer africain pour préserver notre patrimoine et notre culture. C’est comme cela qu’on développera le continent. L’indépendance commence par l’Art et la Culture.

Aujourd’hui on parle de panafricanisme, alors qu’il est impossible pour un Sénégalais de se rendre au Gabon ou au Congo sans visa. Pensez-vous que vivre le panafricanisme est possible ?
Oui je garde bon espoir que ce rêve va se réaliser bientôt. Je suis afro-optimiste. Aujourd’hui les Africains sont de plus en plus conscients qu’ils ne peuvent aller vers un développement sans mutualiser leurs forces. D’ailleurs qui nous a imposé ces barrières ? N’est-ce pas au sortir de la conférence de Berlin que ces barrières ont été instituées par les colons ? L’Afrique, elle ne connaissait que les grands empires. C’est scandaleux que l’on nous impose encore aujourd’hui ces lignes de démarcation. Le milliardaire africain, Ali Dangoté, le déplore souvent dans ses interviews. Et je trouve qu’il a raison, il faut un changement de paradigme.

Vous dites : «Je suis une afro-optimiste revendiquée et assumée.» Cela sous-entend quoi ?
On avait l’habitude de voir une Afrique misérable entre guerres et corruption et autres fléaux. On ne montrait que des images négatives d’elle. J’ai alors réalisé ce concept de Revue des bonnes nouvelles d’Afrique  et d’afro-optimisme. Pour dire qu’en Afrique, il y a aussi beaucoup de bonnes nouvelles, des jeunes bouillonnants, décomplexés, créatifs et qui inventent des tas de choses incroyables…

Partagez avec nous le concept Nubi-Arts ?
Le Nubi-Arts c’est un espace culturel. Il y avait un restaurant africain, une galerie, une boutique et une salle de conférences. J’y animais des ateliers d’écriture et d’autres manifestations musicales ou autres. Mais j’ai dû le fermer en janvier parce que les charges étaient devenues trop lourdes et je ne disposais d’aucune aide financière. Je voudrais le réinstaller au Monument de la Renaissance, mais pour l’instant, il y a des contraintes administratives.

On vous présente comme la «Mama Africa», dans quel sens prenez-vous ce compliment ? 
C’est un grand compliment ! C’est Myriam Makéba qui était gratifiée de ce surnom donc je me sens très honorée et ça m’encourage à aller de l’avant dans mes combats pour une Afrique unie et solidaire, dans l’esprit ubuntu : «Je suis parce que nous sommes.»

Vous êtes aussi auteure. Dans votre premier roman, Dior, le bonheur volontaire,  quels sont les thèmes que vous évoquez ?
C’est un roman autobiographique où je raconte dans la première partie, mon enfance et dans la seconde, l’histoire de mes parents de manière un peu romancée. En fait mes parents étaient de religions différentes, mon père catholique, ma mère musulmane. Dans le livre, Dior et Edouard étaient jeunes et pensaient vraiment pouvoir vivre une vie heureuse. Mais c’était sans compter avec l’opposition familiale, doublée par le regard de la société qui condamne tout mariage entre un catholique et une musulmane. C’était mal vu, et malgré leur lutte, la communauté a finalement eu raison d’eux puisqu’ils divorceront.

Quel regard portez-vous sur la femme africaine, ses conditions de vie et son avenir ?
Les femmes et les enfants sont les plus faibles de la société, il nous faut les protéger contre les prédations de toutes sortes. La femme africaine doit être libre et entrer massivement dans les instances de décision, afin de participer pleinement à l’évolution de l’Afrique et à son unification.

Vous êtes aussi engagée dans la lutte contre la mendicité. Comment menez-vous le combat ?
Le combat contre la mendicité des enfants, est un combat que je mène depuis longtemps. Même quand j’étais à l’Ile de la Réunion, j’organisais des évènements et les fonds récoltés je les envoyais au Sénégal pour aider les enfants mendiants ou pauvres. J’ai créé le collectif «Doyna-Stop à la mendicité des enfants» parce que je pense que la seule solution c’est de les libérer de la rue. Ce collectif demande à l’Etat d’accélérer le processus de mise en place des daraas modernes et aux maîtres coraniques de se concerter pour revenir avec leurs propositions au plus vite. Afin qu’on les sorte définitivement de là où ils sont, à la merci de tous les pervers et de toutes les maladies.

Quel regard portez-vous sur la culture au Sénégal ?
A vrai dire, je ne m’occupe pas particulièrement de la culture sociétale, mais plutôt de la culture au sens artistique. Je suis très admirative de la création des artistes sénégalais, des écrivains, etc. Cependant, je trouve qu’il y a un problème au niveau institutionnel. Car la culture est le parent pauvre au Sénégal. Il n’y a pas beaucoup de subventions, le milieu artistique se débrouille seul souvent. Par exemple, les subventions ne sont pas adaptées pour l’édition numérique à la Direction du livre, les conditions qu’ils posent sont les mêmes que pour l’édition classique, alors que l’édition numérique est bien moins chère. C’est dommage, car on pourrait créer plus de maisons d’édition numérique et donc éditer beaucoup plus de livres avec peu d’argent.

Si l’on vous proposait le poste de ministre de la Culture, que changeriez-vous alors ?
Rires… Il faudrait d’abord que le gouvernement qui me le propose soit vraiment libre par rapport aux prédateurs extérieurs de l’Afrique pour que j’accepte ce poste. Et si c’était le cas, je mettrais plus l’accent sur les idées et les comportements pour changer les choses en profondeur. Le problème avec nos gouvernants, c’est qu’ils pensent que c’est l’argent seul qui résout les problèmes. Mais ce sont les idées et les comportements qu’il faut d’abord changer. Je parle souvent de changement de paradigme et de changement de conscience.

Quels sont vos projets actuels ?
Mon principal projet c’est celui de transmission à la jeunesse. Je prévois d’animer plusieurs conférences : l’Afrique unie, l’Afrique numérique, l’Afrique optimiste. Je suis invitée en novembre au Salon du livre en Martinique. Je dois me rendre au Gabon dans quelques mois.Donc je veux porter le message aussi dans la diaspora et partout en Afrique. Et je suis également membre d’un comité d’initiative pour organiser le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis. Ce projet est bien avancé et je suis très fière d’en faire partie.

aly@lequotidien.sn

Source : http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/hulo-guillabert-panafricaniste-et-directrice-des-editions-diasporas-noires-nous-organiserons-bientot-le-premier-grand-congres-panafricain-pour-une-afrique-federale-et-les-etats-africains-unis

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tenariat avec l’Institut culturel Panafricain et de Recherche (ICPR) de Yène, une conférence sur le thème de la décolonisation, du panafricanisme et de la renaissance culturelle en Afrique au Monument de la Renaissance africaine à Dakar

Hulo Guillabert, activiste panafricaine, consultante internationale

Hulo Guillabert

«L’Afrique n’est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie…»

Africaleadnews – (Dakar)  

Sa frimousse est désormais reconnaissable entre mille. Grande silhouette légère, Hulo Guillabert a choisi la rue du peuple indigène après une vingtaine d’années à l’étranger. A Dakar comme un peu partout dans la sous-région, ses nombreuses activités d’activiste commencent à faire du bruit. Dans cet entretien, l’écrivain éditrice, fondatrice de la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique, revient sur les problèmes de l’Afrique, sur ses relations avec l’Occident. Elle parle, par ailleurs, de son optimisme quant à l’avenir du continent africain.

 

Hulo Guillabert, pouvez-vous rappeler votre parcours aux lecteurs d’Africaleadnews ?

Je suis née au Sénégal. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 21 ans, et après 30 ans d’absence, j’ai fait le choix de revenir y vivre en 2012. J’ai vécu un an et demi à Abidjan, 20 ans à Paris, près de 8 ans à la Réunion, un an et demi à Montréal…

J’ai abandonné une carrière de consultante-chef de projet NTIC auprès des grandes entreprises françaises pour devenir éditrice, écrivain, promotrice culturelle et activiste du panafricanisme. En somme, j’ai choisi l’art et l’Afrique.

Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à revenir vous installer au Sénégal et à créer les éditions «Diasporas noires» entre autres projets à thématique panafricaine ?

Les dernières années, l’exil me pesait de plus en plus. Je revenais au Sénégal quasiment deux fois par an et repartais la mort dans l’âme. Et puis à un moment donné, j’ai pris la décision de m’engager pour l’Afrique et j’ai pensé qu’il fallait que je fasse ce geste militant très fort de revenir y vivre quelles que soient les difficultés auxquelles je serai confrontée car après tout, les Africains avaient les mêmes problèmes.

J’ai eu l’idée de créer Diasporas Noires Éditions après avoir assisté au scandale de la falsification du livre de Sylvia Serbin «Reines et héroïnes d’Afrique» et j’ai pensé que les Africains devaient s’éditer eux-mêmes. Éditons nous-mêmes,  nos histoires et notre Histoire ! Diasporas Noires est et restera donc 100% africaine !

Comment vous est venue cette vocation artistique ?

Depuis l’âge de 8 ans, j’étais une grande lectrice. Mais je me sentais aussi un écrivain. A l’école, au lycée et partout où je passais, les enseignants montraient une admiration non dissimulée pour mes textes qui étaient lus systématiquement à toute la classe. Je raconte cela dans mon roman autobiographique «Dior – Le Bonheur volontaire». J’écris tout le temps dans ma tête. Je pense qu’être écrivain, c’est un état d’être permanent et non choisi, ce n’est pas un rôle que l’on peut endosser ou jouer. Je pense qu’on nait écrivain ou peintre même si cela peut se révéler tard dans notre vie. J’étais aussi très bonne en dessin. D’ailleurs adolescente, je dessinais mes robes. J’ai toujours senti en moi une fibre artistique dans beaucoup de domaines.

Qu’en est-il exactement du Nubi-arts restaurant-galerie ?

Le Nubi-Arts est un concept d’espace socioculturel et restaurant africain auquel je tiens beaucoup et qui avait un grand succès d’estime. J’en étais très fière mais j’ai dû fermer en janvier car on avait de trop lourdes charges, n’ayant aucune aide ni subvention, ni aucun partenaire financier. Je souhaite le réinstaller dans un emplacement plus approprié, plus fréquenté avec des charges réduites mais je n’ai pas encore eu la possibilité de le faire. « J’avais trouvé un magnifique emplacement mais malheureusement c’était administrativement compliqué car sur un site géré par l’Etat ». D’ailleurs, il faudrait que j’écrive à la mairie de Dakar ou au ministère de la Culture pour trouver un lieu pas trop cher. Je pense que ce genre de concept devrait se développer pour promouvoir l’art africain par les Africains eux-mêmes et ne pas laisser ce monopole depuis 50 ans aux instituts et centres culturels étrangers. La véritable indépendance commence par la Culture et l’art.

Comment comptez-vous élargir ou développer ces projets ? Avez-vous des partenaires ?

Non ! Je n’ai pas de partenaires parce que c’est très difficile de bien s’entendre avec des gens, d’avoir la même vision et de se faire confiance dans des relations d’argent. Il est vrai aussi que je suis du genre à ne pas trop savoir faire de concessions en ce qui concerne ma vision des choses. (Rires).

Pensez-vous réussir ce pari dans le contexte d’une Afrique, régulièrement, secouée par des tragédies d’ordre socio-économique ?

C’est vrai que le contexte n’est pas facile, de plus l’art en général, la littérature en particulier ne sont des priorités pour personne en Afrique. Je parle des Etats et des gens. Je mets en œuvre mes idées avec mes fonds propres, je me ruine souvent. (Rires). Mais je suis heureuse quand même d’y parvenir, de démontrer que c’est possible. C’est une grande satisfaction d’avoir créé la maison d’édition Diasporas Noires, d’avoir créé le Nubi-Arts, des concepts avec une vision africaniste bien marquée qui peuvent servir d’exemples aux jeunes Africains.

Que pensez-vous du drame qui s’est récemment produit en Méditerranée notamment avec le naufrage de plus de 500 migrants africains ?

Je pense à leurs mères, leurs parents et je me sens anéantie et impuissante face à cette volonté que les jeunes ont de rejoindre coûte que coûte l’Europe. Il y aura beaucoup à faire pour changer cette mentalité. Les jeunes Africains doivent pouvoir rester en Afrique et y vivre prospères et en paix. L’Afrique a de quoi nourrir tous les Africains si elle n’était pas systématiquement pillée. L’Afrique n’est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie notamment avec le franc CFA et les nombreuses multinationales qui y règnent sans partage. Qu’ils nous laissent tranquilles et peut-être que bientôt, plus aucun Africain n’aura envie d’émigrer. Qu’ils nous laissent tranquilles et nous pourrons enfin prendre notre destin en main !!! Mais je pense que c’est trop leur demander car eux-mêmes jouent leur survie. Donc il va falloir se battre contre ses prédateurs de l’Afrique et sauver nos fils de la noyade.

Quelle devrait être, selon vous, la réaction des dirigeants africains devant une telle situation ?

Pour moi, les dirigeants africains surtout francophones ne lèvent jamais le petit doigt pour arrêter ces drames qui se déroulent depuis des années sous leurs yeux. Les entendez-vous ? Prennent-ils des mesures ? Anticipent-ils sur ces drames prévisibles ? Non !

Je suis désolée de le dire mais ces dirigeants-là ne sont jamais sur le registre du bien-être de leurs peuples. Nos fléaux et nos catastrophes passent et ils sont là, sourds, muets, aveugles. Parfois ils font des promesses circonstancielles et puis ça passe et on passe à la catastrophe suivante. Voilà à quoi le peuple africain est confronté depuis 55 ans. Dommage qu’on ne puisse pas cloner Thomas Sankara. Mais je suis sûre qu’il y a des Sankara partout en Afrique qui attendent leur heure. Je suis optimiste.

Étant donné que vous voyagez beaucoup en Afrique, quelle politique sociale proposeriez-vous pour résoudre ce fléau ?

Malheureusement, je ne suis ni politique ni économiste. Il parait que c’est eux qui ont des solutions. J’avoue humblement que je n’ai pas de solution miracle à part être sur le terrain de la conscientisation du peuple africain, sur le front du changement de la conscience et de paradigme. Voilà pourquoi, j’ai créé en 2011 la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique pour dire à nos jeunes «Regardez comme l’Afrique est belle et riche, soyez optimistes, positifs. Vous êtes beaux, intelligents, ne laissez personne vous dire le contraire. Ayez confiance en vous, en l’Afrique. Les problèmes nous pouvons les résoudre !». À part les problèmes cités plus haut, je pense que nous avons aussi un déficit d’estime de soi et de manque de confiance en nos capacités. On nous dit depuis si longtemps que nous sommes nuls.

Que dites-vous aux jeunes Africains, en particulier ceux qui ont des projets et qui ne peuvent pas maintenant les réaliser sur place ?

Je pense que cet argent qu’ils arrivent à trouver pour payer les passeurs, cette énergie incroyable qu’ils déploient pour traverser tout cet enfer avant d’arriver en Europe, utilisés ici, feraient des miracles et leur permettraient de réaliser beaucoup de choses. Mais ces jeunes ne sont pas éduqués et personne ne les aident à voir cette évidence et à agir concrètement dans ce sens. Les Etats ne remplissent plus leur devoir d’éducation, les associations sont dépassées par l’ampleur de la tâche. Un discours de vérité doit aussi être tenu sur la réalité qui les attend sur le parcours et en Europe.

Les Africains de la Diaspora doivent être conscients de leur responsabilité quand ils reviennent en vacances pour étaler leur soi-disant belle vie en Europe. Il faut que cela cesse ! Que nous soyons tous responsables dans nos discours respectifs. Moi, quand je vivais en Europe et que je venais en vacances, mon entourage disait parfois avoir honte de moi car je ne m’habillais pas assez bien et je n’étalais pas ma richesse. J’avais tout le temps un discours dissuasif.

Quelles sont vos activités en tant qu’activiste ?

Elles sont nombreuses et variées. Beaucoup pensent que je me disperse, que je travaille trop. (Rires).

Je m’occupe de Diasporas Noires qui est une maison d’édition militante qui veut faire la promotion des écrivains afro-descendants partout dans le monde.

Je m’occupe de la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique qui met en avant des choses valorisantes en Afrique que les médias internationaux ne montrent jamais.

Je viens aussi de lancer des formations numériques culturelles notamment une formation pour créer une maison d’édition numérique.

J’ai beaucoup de pages Facebook que j’administre, dont un groupe qui compte 18 000 personnes avec des débats très denses et intéressants sur l’Afrique.

Je suis aussi dans des clubs panafricains où l’on réfléchit à des thèmes comme les États-Unis d’Afrique ou le Franc CFA.

Je me lance également depuis l’année dernière dans une activité de conférencière notamment sur trois sujets qui me tiennent à cœur : L’Afrique Numérique, L’Afrique Unie et L’Afrique Optimiste.

Le sort des albinos me préoccupe beaucoup et j’essaie de soutenir au maximum de mes possibilités mon amie Adrienne Ntankeu, présidente de l’association ANIDA Tous ensemble pour l’Albinisme.

Et pour finir, j’œuvre beaucoup au sein du Collectif Stop à la Mendicité des enfants que j’ai fondé en avril 2014 et nous faisons beaucoup d’actions d’éclat depuis un an pour sensibiliser la société et l’État sur ce drame humain. Nous avons fait un manifeste, beaucoup de manifestations et participé au Forum Social Africain en octobre dernier. Nous avons écrit une lettre ouverte au Président de la République. Notre prochaine manifestation aura lieu le 16 juin prochain, journée de l’Enfant Africain. Je lance un appel pour que tous les Sénégalais viennent montrer leur désaccord et leur honte face à ces enfants maltraités sous nos yeux.

De quelle manière les gens adhèrent à votre cause. Quelles sont les manifestations de solidarité ?

Les gens sont extrêmement bienveillants, solidaires avec moi alors que souvent, ils ne me connaissent pas. J’ai eu le cas d’un jeune Congolais qui était pion dans un lycée en France et s’était mis en tête de m’envoyer 50 ou 100 euros par mois de son maigre salaire afin de me payer une assistante. (Rires). J’en ai eu les larmes aux yeux ! Et puis le collectif a beaucoup de soutien, d’encouragements et de demandes d’adhésion. Mais nous refusons tous les financements d’où qu’ils viennent. Nous cotisons nous-mêmes car il nous faut rester intègre pour pouvoir mener ce combat difficile et ne pas nous faire récupérer.

Mais souvent, les jeunes me contactent à travers mon site ou sur les réseaux sociaux. Ils attendent de moi que je les conseille, que je les aide dans leurs actions, leurs associations ou autres. Je m’efforce de répondre à tous, mais parfois ce n’est pas facile de trouver le temps ou l’énergie. J’ai aussi beaucoup d’Africains qui veulent rentrer en Afrique et qui me demandent conseil.

Vous est-il arrivé de subir une quelconque pression ou d’être intimidée dans le cadre de vos activités ?

Bizarrement non ! Dans le cadre du Collectif Stop à la mendicité des enfants, on m’avait dit de faire attention mais non, aucune pression à signaler.

Quelles sont vos projections à court terme en tant que leader d’opinion et dans un contexte d’actes de citoyenneté ?

Il y a beaucoup à faire. Actuellement, je consolide ma maison d’édition et travaille à son expansion en associant des représentants d’autres pays d’Afrique, j’ai déjà un Camerounais qui nous a rejoint comme directeur de deux collections Savoirs et Résistances, une Congolaise qui a une superbe plume également, d’autres suivront bientôt. Je rêve d’une grande maison d’édition panafricaine dédiée au changement des consciences et des paradigmes en Afrique.

Je continue à travailler sur la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique qui a une audience dans les Diasporas Noires du monde entier.  On m’écrit du Japon ou d’Indonésie par exemple.

Et puis, ce département Diasporas Noires Formations que je viens de créer est aussi très important car il a l’ambition de promouvoir le numérique en Afrique, nous voulons former des jeunes acteurs socioculturels, des éditeurs, des promoteurs d’art à la maitrise des réseaux sociaux, à la culture numérique comme outil d’émancipation.
Nous voulons apporter notre pierre à la construction de l’Afrique Numérique.

Quelle est votre conception globale de la vie ?

Je vois la vie comme une série de situations que l’on doit transcender et qui nous font évoluer vers le meilleur. Donc pour moi, les Africains sont dans la phase d’évolution vers le meilleur après des siècles du pire. Pour moi, le 3e millénaire est africain malgré les apparences chaotiques actuelles. Notre tour est venu. Même si ce n’est pas encore visible pour tout le monde, c’est sous le capot. Moi, je le vois bien et j’y crois fermement.

Votre dernier mot ?

UBUNTU qui veut dire «je suis parce que nous sommes». Pour moi, c’est le mot symbole issu de la sagesse ancestrale africaine qui peut nous aider à réaliser les États-Unis d’Afrique. Je salue les lecteurs d’Africaleadnews et vous remercie infiniment pour l’intérêt que vous portez à ma vision et à mes combats.

Propos recueillis par Diouma SOW

www.diasporas-noires.com

Lu sur http://africaleadnews.com/hulo-guillabert-activiste-panafricaine-consultante-internationale/

 

 AYAA OPINION – PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015 : Hulo GUILLABERT Directrice de Diasporas Noires

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: #Hulo GUILLABERT, éditrice numérique des Diasporas Noires

 

Nous avons eu la chance de rencontrer Hulo Guillabert à Dakar en octobre dernier. Elle nous parlé de sa grande passion pour la culture et de son combat contre la mendicité des enfants au Sénégal. Il n’en a pas fallu plus pour être complètement sous le charme de cette femme qui se donne pour son pays et son continent. Elle se définit elle même comme une grande panafricaine et heureusement pour nous, il est de ces femmes fortes et actives sur lesquelles l’Afrique peut compter.

AO/ Qui est Hulo GUILLABERT ?

Je suis sénégalaise, née au Sénégal, j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 21 ans, et en 2012, j’ai fait le choix de revenir y vivre après avoir vécu plus de 30 ans à l’extérieur : 1 an et demi à Abidjan, 20 ans à Paris, 7 ans et demi à la Réunion, 1 an et demi à Montréal…

Et j’ai abandonné une carrière de consultante-chef de projet NTIC auprès des grandes entreprises françaises pour devenir éditrice, écrivain, promotrice culturelle, et activiste du panafricanisme.

AO/ Racontez nous l’histoire de Diasporas Noires ?

Malgré un métier assez « scientifique », je suis passionnée d’écriture et de littérature depuis l’âge de huit ans… Et en août 2011, alors que j’étais à Montréal, je suis partie du constat que selon de nombreuses études, 90% des manuscrits sont refusés par les maisons d’édition classique et je me suis dit que les statistiques concernant les Africains devaient être en dessous de zéro… Rires.

J’avais envie de m’engager pour l’Afrique, j’ai alors décidé de créer la maison d’édition Diasporas Noires, une édition numérique avec l’ambition d’en faire à long terme une grande maison d’édition dédiée au rayonnement du continent africain et de toutes ses diasporas à travers le monde, de plus une maison d’édition éthique, équitable et 100 africaine.

Et j’ai également créé la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique sur le même site, car je suis une afro-optimiste revendiquée et assumée…

Et malgré les circonstances actuelles, il y a beaucoup de bonnes nouvelles, croyez-moi… Je crois fermement en l’avenir lumineux de l’Afrique. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire l’article complet sur http://ayaa-opinion.com/portrait-journee-de-la-femme-08-mars-2015-hulo-guillabert-editrice-numerique-des-diasporas-noires/

 

 

Interview de Arezki Annaris Auteur Algérien du livre

 

 

Lire les pages 16 et 17 de ce magazine en suivant ce lien ICI

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Hulo Bayle Guillabert Directrice de Diasporas Noires

Interview paru AMINA d’avril 2013

 

Thierno Niang

 Interview paru sur  Wakhart  http://www.wakhart.com/thierno-niang/

J’ai rencontré Thierno, il y’a quelques mois de çà. Juriste et Producteur  de l’émission radio,Que proposent les jeunes. Il m’avait alors invité pour un débat sur l’industrie culturelle. J’avais bien apprécié ce moment, qui s’était avéré très enrichissant. Des semaines plus tard, Thierno, accompagné de Djibril Dramé, était venu visiter la Boite à Idée… Autour d’un café, nous avions échangé longuement. Aujourd’hui, à nouveau, de passage dans notre espace culturel, il est venu me parler de son autre casquette,  celle de l’écrivain.

  • Qui es-tu ? Comment te définis-tu ?

«Thierno Niang, C’est juste un jeune , passionné.  Et en effet, tous ce que je fais, j’y mets le cœur. C’est normal, je suis un artiste spontané. Il faut cumuler la passion et l’action. Je pense que je suis un artiste dans l’âme, parce que la culture et l’art m’interpellent. Pour moi il faut recentrer le processus de développement de notre pays dans la culture. »

  • Qu’est ce que c’est pour toi être artiste ?

« C’est d’abord, ne pas faire un art triste. C’est partager, c’est inviter  les autres à aller au-delà des apparences.  Etre artiste, c’est faire jaillir en soi des messages, qui souvent proviennent du profond de notre être ou d’un Etre supérieur.

  • La création a pour toi quelque chose de divin ?

« La créature même est  divine.. Donc naturellement tout ce qui émane de çà est divin. C’est juste un processus continu. »

  • Tu as sorti, il y’a un an, un recueil, est ce que tu peux m’en parler ?

«Oui, un recueil de Poésie, intitulé Lumières de la Renaissance. La poésie, c‘est mes premiers amours. Depuis que j’ai 16 ans, j’écris, j’observe. J’ai commencé par la poésie, même si je titille d’autres genres littéraires. La poésie est importante pour moi, c’est un genre littéraire pointu, qui nécessite  beaucoup de maitrise. »

Lumières  de la Renaissance est un recueil de trente-deux poèmes, qui aborde  différents thèmes, amours, familles, valeurs africains.

  • Comment tout ca a commencé ?

« Je vais te faire une confidence, j’ai commencé à 21ans par un roman, j’ai écris une dizaine de pages, et j’ai arrêté. Il est toujours dans ma boite mail. Ensuite, j’ai commencé un autre roman, que je n’ai pas terminé. Après je suis revenu à mes premiers amours, la poésie et j’ai écris…

Devant mes trente-deux textes, je me suis dis : Je dois sortir çà. Je suis allé vers une maison d’éditions sans grand résultat. Puis, j’ai rencontré une femme extra Hulo Guillabert.. Elle était alors au Canada, je lui ai fait transmettre le manuscrit, qu’elle a adoré et fait sortir en ebook. Le 10  Mars 2012, Nous avons fait la sortie de Lumières de la Renaissance à Douta Seck. Une belle cérémonie, avec Annette Mbaye Dernevil ainsi que le Directeur de cabinet du Ministère de la Culture, et Nafissatou Dioufqui a d’ailleurs préfacé le Recueil.

 

 

  • Un an et demi après la sortie, quel est le bilan? As-tu envi d’écrire d’autres choses ?

« En fait, tu sais dans la même veines, j’ai continué à écrire souvent  des articles. Si je dois me définir comme un poète, je suis un plus  engagé qui n’est pas très  lyrique. Meme si tout est sentiment,dans cette vie  . Mais il y’a d’autres choses qui me tiennent à cœur. Je suis un jeune sensible à ce qui se passe dans son environnement, dans son pays. Chaque génération a une mission.

  • Quelle est notre mission ?

« Changer les choses ! J’ai l’habitude de dire, qu’il faut imprimer un tampon évolutif  à son époque, pour valoriser son existence. On n’est pas là pour changer tout d’un coup de baguette magique, mais juste pour contribuer aux changements. Il faut le faire. Il ne faut pas se tenir à l’écart. Par effet d’entrainements, les choses bougeront. Telle une vague qui va déferler sur le Sénégal et le reste de l’Afrique. »

  • C’est quoi tes projets pour 2013 ?

« Y’a déjà une émission. Que proposent les Jeunes. ? , qui donne la parole aux jeunes. C’est ce qui manque ici, on définit la politique pour les jeunes, sans les associer, ni leur demander leur avis. Il serait bien qu’on les consulte. qu’ils disent ce qu’ils attendent des dirigeants. Dans les projets 2013, il y’a aussi le forum des jeunes leaders. Toujours dans la même veine, pour  trouver des solutions… Ensuite, y’a quoi… Oui, je continue d’écrire… Mais là, ca sera un projet plus engagé. J’ai envie de donner la parole aux jeunes par écrit  cette fois-ci, pour qu’ils parlent .des challenges à venir…etc. Crier pour Construire. Il faut dépasser la phase de contestation. Il faut proposer et agir. »

  • Ou est ce que tu te vois dans cinq ans ?

« Je ferais partir des gens qui changeront ce pays. Ceci est le dessein d’un leader. »

 

 

  • Si tu devais être un livre, lequel serais-tu ?

« Je viens de terminer la solitude du vainqueur de Paolo Coelho. J’ai beaucoup aimé ce livre. Quelque soit le succès qui sera au rdv, il faut avoir les pieds sur terre. J’aime bien aussi IKbal. Pour le coté spirituel. Je suis un humaniste, donc toute œuvre humaniste ancrée dans la personne, dans son bien être, me parle…Je pourrais aussi te parler de Gabriel Marquez, l’amour au temps du choléra. Tous ces livres te donnent des facettes de la vie… »

  • Que penses-tu de la scène littéraire contemporaine ?

«  Y’a beaucoup de gens talentueux. Je pense qu’en général, il y’a de bon écrivains. NaturellementNafissatou Dia Diouf, qui a préfacé mon recueil. Au-delà d’elle, Soleymane Bachir Diagne, le professeur. Sokhna Bengua. Salla Dieng, Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop.. Je lis tellement d’œuvres, que je ne peux tous les citer. Tous ce qui est bien fait, bien écris… Me touche forcément. »mais je n’ose pas omettre le livre de Sogué Diarisso Mémoires de l’espoir qui pour moi est bréviaire pour la §jeunesse à lire absolument

  • As-tu un Coup de gueule une parole de sagesse, un mot de la fin ?

« J’ai foi profondément  en l’avenir, en la jeunesse. Je suis très content de venir ici, de voir ce que tu fais. De voir des jeunes comme toi, qui en veulent, qui sont décomplexés. Y’a une phrase qui me vient en tête. Ecrite par Eva Mayérovitch,une auteure soufi

«  Si un spermatozoïde a pu devenir un Mozart ou un Einstein, C’est parce qu’en chacun de nous, il y’a un absolu qu’il faut découvrir. »

 

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SIA (SIR IBN ANGEL), artiste au talent multidimentionnel

  • Written by  Fadilou
  • Monday, 19 August 2013 17:53

SIA est un jeune homme sénégalais. Il est connu de tous par sa gentillesse. ceci est son caractère dominant et c’est une qualité. Il a comme défaut le fait de ne pouvoir dire « non », même s’il doit rendre service à son détriment. Il a peur et évite en permanence qu’on lui en veuille. Il a su très tôt explorer un bon nombre de milieux professionnels. En effet, il travaille à plein temps dans le milieu du bâtiment. Le don de dessinateur qu’il a l’aide dans ce travail et lui permet aussi d’évoluer dans le milieu de la peinture sous verre, des portraits, des modèles vestimentaires, mais aussi dans la confection d’accessoires pour homme et femme. SIA ne sait pas que manier les pinceaux, il sait aussi bien s’y faire avec la plume. La langue de Molière demeure son élément car il la maîtrise et l’énonce aisément. Ceci lui a permet d’être l’auteur d’un recueil de poèmes intitulé « vole et séduit les vents ». Cette oeuvre a comme traits Amour, humour, tristesse et joie. Souvent inspiré par sa Mère, SIA nous y trace sa vie, ses rêves et ses envies par le biais de la poésie… « Vole et séduit les vents » est aussi un recueil qui chante la femme et dénonce certains maux de la société.

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ARTICLES DE PRESSE SÉNÉGALAISE

(concernant les ateliers d’écriture)

Le Soleil 

Walfadjri

Enquêtes+

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Emission du 17 décembre 2012, TV Sud, invité Pierre Laporte qui parle de son livre TRAJECTOIRES


Des mots et débat : Pierre Laporte (Trajectoires) par telesud

Chroniques littéraires consacrées au livre « Trajectoires » de Pierre Laporte

Blog Chez Gangoueus

Pierre Laporte : Trajectoires

Il s’agit d’une de mes dernières lectures sur 2012 et ce sera une de mes premières chroniques littéraires sur 2013. Elle ne sera pas la plus simple. Pierre Laporte est un amoureux des mots. C’est une certitude. Trajectoires est ce qu’il appelle un roman poétique. Il alterne de la prose, du poème et avec des ruptures qui font penser à la découpe d’une pièce de théâtre.
Les trajectoires sont multiples. Elles peuvent être des épisodes routiniers dans un RER francilien où observateur attentionné s’attarde sur des singularités qui font son trajet. La trajectoire peut également s’apparenter à chemin ferroviaire ou autoroutiers qui longent les hautes terrils sur les plaines du Nord de la France, traces inertes de cet ancien bassin minier et de ce monde de l’industrie qui disparait…
Terrils, je me souviens de vous
Épais, discrets quand même,
Et qui s’excusent presque
De se retourner.
Motte de terre au champ d’honneur,
Dans l’horizon aigu
Plaine de graves
Et sur leurs pentes, chaudes
En découlent
En découdrent
Pour la revanche, reverdir
Et s’enfoncer plus haut toujours.
page 8, éd. Diasporas noires
Pierre Laporte nous offre les errements de la pensée d’Oméga. C’est cela. Les trajectoires de ses développements intellectuels dans le labyrinthe de nombreuses situations qu’ils rencontrent. En Afrique subsaharienne où il semble avoir séjourné un certain. En surveillant une classe studieuse et trimant sur un devoir. En regardant par de-là les océans. Tenez, voilà ce qu’il dit ou pense intérieurement :
4 siècles durant
Humanités aux mains des maquignons,
De commis de l’état en foires agricoles
Places publiques, pudiques de leur commerce
Broyer les cannes, les bras pour en sortir le jus maudit de la servitude
Sucre de bronze ici, ivresse des fermentations impies là-bas.
Jolis macarons des façades blanches au départ des bateaux, des ports.
Calcaire d’esclaves, de profil aux frontons négriés
Molosses complices aux moustaches de sang
Sourires canins de part et d’autres du ragoût humain
Joie quotidienne, humeur massacrante
Archipel dans la mélasse depuis.
page 54, éd. Diasporas noires
Oméga se laisse déborder par ses pensées, ses réflexions, ses cris, sa sensibilité. Aussi le lecteur doit s’accrocher aux pans de son écriture et de ses jérémiades, tel un amateur voulant s’essayer à une musique de jazz qu’il n’aurait naturellement pas encore apprivoisé. Ces trajectoires ne sont pas toujours simples. Allez trouver votre sillon dans le désert! Mais voilà, les caravaniers ne perdent jamais le nord dans les dunes de sable, alors n’hésitez pas à découvrir ce texte qui porte l’écueil d’une relecture qui aurait pu être plus exigeante et d’un mélange de genre littéraire à la fois audacieux et risqué. Cela se lit tout de même, mais hors des trajectoires routinières pour pouvoir profiter des mots.
Bonne lecture,
Pierre Laporte, Trajectoires
Editions Diasporas noires, Collections Vies, 1ère parution en 2012, 76 pages
Crédit photo : Diasporas noires
Source : http://gangoueus.blogspot.com/2013/01/pierre-laporte-trajectoires.html
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JET D’ENCRE

Trajectoires – d’un parcours aux mots sublimés

PIERRE LAPORTE
mardi 11 décembre 2012 par Doszen

Je suis dans un questionnement existentiel. Ce livre m’a rempli le cerveau d’interrogations et de dialogues entre moi et moi-même sur ce qu’est ou devrait être la liberté d’un créateur. Étant, férocement, d’avis que l’auteur ne doit écrire qu’en fonction de sa propre sensibilité, qu’en fonction de ses propres élancements de l’âme, je suis obligé de mettre un bémol dans ma conviction. Le « Trajectoires » de Pierre LAPORTE, paru en 2012 aux éditions « Diasporas Noires » m’a fait me poser des questions éternelles.

Oméga est un jeune homme. C’est la seule chose qui importe. Enfin, presque la seule chose.
Oméga, c’est surtout un jeune homme qui traine son regard sur sa vie et celle parfois bruyante des usagers du RER A. Témoin, contre sa volonté, des pugilats verbaux des urbains stressés en course vers leur chez eux.

« Sonnerie, démarrage, la soirée sur les rails qui font semblant de crier avec leur voix de ferraille usée. Les portables se déchaînent dans les poches, ça va vibrer en cœur dès qu’on sortira à l’air libre, les tunnels ménagent un suspens techno-épistolaire. »

Oméga, c’est surtout un prof ou un pion. Vacataire, surement, comptant ses heures et ses sous, évidemment. Et toujours, son regard sur tout, son esprit en vagabondage sur son banal quotidien.

« Le bruit est un objet en soi, obsession récurrent, je le chasse, le domestique, lui et moi on se croise, quand il s’enfle, j’ai l’impression qu’il m’éclabousse, quand il réduit, je m’amplifie, nous sommes du même souffle. Les élèves me saluent, me disent à bientôt, j’ai fait une brève intrusion dans leur semaine, eux dans la mienne. »

Oméga, c’est, est-il besoin de le préciser, un être amoureux. Cocu. Est-il besoin de le préciser. Au détour d’une terrasse, hasard ou Colombo qui se renie, il assiste à son émasculation par la grâce de cette Armelle qui à son rival colle une pelle.

« Ils s’étaient quittés sur le pas de porte, la vision du baiser l’avait traversé sur le coup, fugacement comme une aiguille dont on sent l’entrée dans la chair puis à laquelle on s’habitue pour quelques secondes. »

Oméga, c’est un Homme quasi banal qui, sur sa blessure, s’empresse de splacher un cataplasme. Le pire des cataplasmes car la Armelle n’est qu’un placebo mélaniné censé soigner le blues d’une vie maritale qui s’enfonce dans les sables mouvants de l’aigreur, de la rancune.

« Moi non plus je ne l’aime pas, on baise bien, avec vigueur, moi par dépit, elle, je ne sais pas, avec ma femme la position allongée c’est celle que j’ai devant la télé, quand elle rentre du boulot. »

Oméga, c’est l’homme qui apprend le mot michetonneuse par l’expérience. Et que le dépit a rendu haineux, en quête de vengeance ou simplement en désir de cracher son dégout. De lui-même.

« Qu’on soit débordant de haine ou débordant d’amour Nous débordons.
Nous sabordons la finesse tendue
Entre deux montagnes épaisses et tragiques
Comme un fil à linge
Et d’un verre solidaire nous rongeons l’embouchure. »

Oméga, c’est aussi le vengeur. Celui qui fait payer à d’autres les effluves de la déconfiture qui lui collent encore à la peau. C’est celui qui se penche sur la futilité du dent pour dent quand il échoit sur les larmes de celle qui a le malheur de s’accrocher au cœur cramé.

« Et c’est là une arme de culpabilisation massive, en la matière ne nous y trompons pas, une rupture est un acte juridique informel, la douleur ostensible est toujours à la fois pièce à conviction et la preuve de la probité, un argument à charge, qu’importe le contexte, elle établit de facto la réalité du délit si elle est constatée. »

Oméga, c’est… Oh, après tout, à vous de le découvrir. De découvrir le regard de cet homme sur la vie, sur le monde. Son regard sur l’humanité mais aussi, et surtout, découvrir son regard sur l’art du récit.

« La presse les avait surnommés « le gang des profanateurs cliniciens », ils récupéraient les prothèses sur les patientes décédées pour faire des économies, car, magie de la technologie, le silicone dure plus longtemps que son usagère… Les listings des clientes, y compris ceux de leurs concurrents étaient recoupés avec la rubrique nécrologique. »

Parce que, oui, ce livre est avant tout un regard sur l’art du récit. Un regard qui, par définition littéraire, n’appartient qu’à l’auteur, qui est dans son univers, dans son monde, dans sa tête et y extrait ses milles et un contes pour les poser devant nous. Et nous ? Et nous, nous prenons ce conte avec notre background personnel et nous le lisons, l’interprétons à notre façon. D’où ma diatribe du début.
Ouf, j’y reviens !

Ce petit livre de soixante-seize pages vous laissera – peut-être – aussi perplexe que moi. La forme y est. Le récit est raconté dans une succession de petits textes traités soit en prose, soit en vers, qui toujours se veulent très poétiques. L’âme de l’auteur y déverse son amour des mots. Et quelque part dans le dédale de ses mots, il nous perd.
Quand on lit « Trajectoires » , on a la furieuse impression d’être dans une Galerie d’art post-moderne où se battraient tour à tour les Murakami, Soulage, Broch, Burgee… et dans lequel nous sommes plongés sans avoir les clefs de la compréhension. Nous ressentons vaguement une atmosphère, nous voyons dans les traits biscornus, dans les nuances de noir, dans le Kawai exacerbé, etc… qu’il y émane une sorte de beauté, sans pouvoir mettre le doigt dessus, sans pouvoir trouver les liants.
« Trajectoires » donne cette impression. La forme est belle, les mots sont beaux, l’histoire en filigrane semble attrayante mais l’on passe à côté de quelque chose. Plusieurs des textes – courts – semblent « sortir » le lecteur de l’histoire, sans lien avec le fil rouge alors qu’ils sont censés faire sens dans une fresque homogène.
L’auteur a choisi sa liberté totale et nous enjoint à le suivre. La question alors est, un conteur peut-il s’exonérer de la nécessité de prendre en compte le lecteur ?
D’accord, prendre en compte celui qui lira c’est courir le risque de brider sa liberté de créer et, cependant, l’on crée des contes pour les autres. Ne devrait-on donc pas systématiquement penser que le lecteur à besoin des clefs ?
Question aussi récurrente que la quadrature du cercle dont je ne saurais trouver ici la réponse.

N’empêche, Pierre LAPORTE nous offre un moment sympathique de lecture, plein de poésie et de beaux mots qu’il nous faudra lentement mastiquer afin de pouvoir digérer tout le texte et en tirer toute la substance.

« Trajectoires »

Pierre LAPORTE
Éditions Diasporas noires – 76 pages

Source : http://www.loumeto.com/spip.php?article358

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Thierno Souleymane Diop Niang

lors de son passage à l’émission le Grand Rendez-vous de 2STV (Sénégal) le 28 décembre 2012 pour son recueil de poèmes « Lumières de la Renaissance » Ed Diasporas Noires

Note de l’Editrice : Bravo Thierno SD Niang, tu es peut-être naïf mais dans le bon sens et tu as bien mûri depuis la parution de ton livre, je me rappelle que tu étais tout timide, inaudible et crispé lors de ta première émission TV… Donc, tu as bien progressé, tu as gardé ton calme, dis-toi que tu n’as que 26 ans et que déjà les jeunes sénégalais peuvent prendre exemple sur toi pour l’expression orale et écrite… Tu as eu de beaux compliments de la part du 2e intervenant… Bien-sûr les critiques constructives sont à prendre en compte mais pas la mauvaise foi légendaire de Tounkara ! Au niveau visuel, police ou caractères, tous les goûts sont dans la nature… Chacun les siens et heureusement… Ce livre a été le premier livre publié par Diasporas Noires qui venait juste de naître il y a un an… Depuis Diasporas Noires aussi a grandi, mûri et se perfectionne chaque jour et je peux être fière de son parcours et de ses écrivains… Je suis engagée auprès des jeunes auteurs africains et les encourage, la jeunesse est perfectible par définition, c’est normal… Alors on avance et on fait avancer la jeunesse africaine !!! HBG

Lumières de la renaissance de Thierno SD Niang – ed Diasporas Noires
https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere

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« Amour, âme de la fidélité » d’Arezki Annaris

Hymne à l’ingéniosité de l’être

 Publié le 24 décembre 2012 – Alger

Ce texte a eu le prix d’encouragement au concours de la Meilleure nouvelle organisé, récemment, par l’établissement Art et Culture de la wilaya d’Alger. Il est extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » publié par les éditions Diasporas noires. Le poète Arezki Annaris s’est donné beaucoup de peine et de plaisir pour faire admettre à chacun la nécessité de voir les choses autrement que sous l’angle classique et restreint d’une société en mal d’inspiration. N’est-ce pas que des préjugés apparaissent dés lors que deux tourtereaux qui ne parlent pas la même langue et ne partagent pas les mêmes coutumes et traditions s’attèlent à sceller leur union. Cela est d’autant plus inadmissible que cela touche également le monde estudiantin censé servir de locomotive à la société de demain. En effet, « Aggour » qui a réussi son examen du bac en Kabylie a rejoint les bancs de l’université d’Alger alors qu’il ne pipait mot en arabe. De son côté, « Nedjma », une fille du Sud, rejoint la même université alors qu’elle ne pipait mot en kabyle.  Ce qui ne les empêche pas de s’aimer et de convenir à vivre ensemble sous le même toit. Mais voilà que des étudiantes et des étudiants se mêlent de ce qui ne les regardent pas allant jusqu’à déconseiller cette union pour des considérations absurdes que tout le monde peut aisément deviner. L’auteur souligne, toutefois, l’ingéniosité dont font preuve ces tourtereaux qui ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, et ce, même s’ils seront, de nouveau, mis sur la brèche par leur famille respective qui leur ont choisi sur mesure chaussures à leurs pieds. « Aggour » et « Nedjma » finiront par vaincre tous les obstacles dressés sur le long parcours et oseront même se priver de progéniture plusieurs années durant au grand dam des parents totalement désappointés. Une très belle leçon d’amour et de tolérance que l’ingéniosité de ces êtres remarquables a rendu possible. « Et si chacun vivait sa vie librement, comme il l’entend ? C’est ça qui serait beau ! » semble nous dire l’auteur. Né en septembre 1957, en Kabylie, au village Ihanouchene, dans la commune d’Azeffoun, Arezki Annaris exerce la fonction de chef de projet dans une entreprise de construction. En 2011, il a signé un recueil de poésie intitulé « La raison du cœur et le cœur de la raison » publié chez Edilivre.

Rabah Douik

« Amour, âme de la fidélité » extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » d’Arezki Annaris, Edition Diasporas noires.

http://www.horizons-dz.com/?Hymne-a-l-ingeniosite-de-l-etre

 

Article paru le lundi 17 décembre 2012 Sénégal.

POESIE – Vole et séduit les vents aux éditions Diaspora Noires : Un recueil pour sujets sensibles

Le recueil de poèmes Vole et séduit les vents reflète les maux de la société. Le jeune auteur Sire Ibn Angel y relate des thèmes comme la prostitution, le viol, des sujets réputés sensibles et rarement portés sur la place publique. Avec poésie, il aborde les sujets, évitant de heurter certaines âmes sensibles.
Paru aux éditions Diasporas noires, le jeune écrivain sénégalais a adopté ce style pour, dit-il, «ne pas heurter la sensibilité de certains». Aussi des thèmes comme la prostitution et le viol, qui gangrènent les sociétés s’y retrouvent dans une perspective d’éveil des consciences. Il s’agit également pour l’auteur de réaliser un rêve qu’il nourrissait depuis le bas âge, inspiré qu’il était par l’histoire d’une dame qui s’installait toujours sur le même banc et qui l’intriguait. D’ailleurs, son premier roman il l’a intitulé La femme du banc pour essayer de trouver réponse à ses interrogations. C’est ainsi que sa rencontre s’est faite avec la directrice de la maison d’édition Diasporas noires, Mme Hulo Balye Guillaber  à la suite d’une publication de ses écrits sur la page facebook de la maison, et c’est de cette rencontre qu’est née la publication du recueil Vole et séduit les vents.
Aussi aujourd’hui, Sire Ibn Angel n’a qu’un seul objectif, c’est de séduire le monde entier avec sa plume, d’où son titre Vole et séduit les vents.
Stagiaire

http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/16325-poesie-vole-et-s%C3%A9duit-les-vents-aux-%C3%A9ditions-diaspora-noires–un-recueil-pour-sujets-sensibles

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Article paru le lundi 04 décembre 2012 Sénégal.

Edition – Diasporas Noires se lance à Dakar : Hulo Bayle Guillabert promeut les plumes en herbe

Les auteurs, membres ainsi que le contexte ayant favorisé la naissance de  la Maison d’édition  «Dias­­­poras noires» ont été présentés samedi der­nier à Keur Birago Bou Bess. Se­lon la directrice Hulo Bayle Guil­labert, «Dias­po­ras noires» est née pour donner une chance de se faire publier à une multitude  d’écrivains talentueux et méconnus des pays francophones d’Afrique et de ses dias­poras (Caraïbes, l’Océan Indien).

«La  Maison d’édition panafricaine, Dias­pora noires a avant tout, un encrage en Afrique» a souligné  Hu­lo Bayle Guillabert pour qui, «l’Afrique reste la priorité». Ce sont au total 19 auteurs que compte pour l’instant cette Maison d’édition depuis sa création en Octobre 2011 à Montréal. Et on y retrouve au moins 6 nationalités africaines. A en croire la directrice, la structure est accessible à tous les enfants de l’Afrique, du Maghreb, et à toutes personnes soucieuses et amoureuses du continent noir.

Mme Hulo Bayle Guillabert souhaitent que les livres des auteurs soient connus du grand public et accessibles au plus grand nombre grâce au numérique, à internet et que ces ouvrages contribuent au ra­yonnement du continent Africain.

Une ambition partagée par la marraine, Annette Mbaye d’Er­ne­ville qui, en plus des relations familiales qu’elle entretient avec la directrice soutient et encourage cette initiative. Pour sa part, Amadou Ndiaye, représentant du ministre de la Culture, a salué cet engagement et cet amour voué à l’Afrique. L’Etat qui a récemment remis une enveloppe de 500.000 F Cfa  de contribution à la structure, a de vive voix insisté sur la nécessité de promouvoir ces genres d’initiatives venant d’enfants du pays. Revenue s’installer au Sénégal, Hulo Bays Guillabert dont la Maison d’édition compte à son actif une trentaine de publications a tenu à partager ces mo­ments  avec quelques-uns des au­teurs présents mais aussi avec la grande famille de la littérature au Sénégal représentée par Alioune Badara Bèye président de l’association des écrivains du Sénégal. Les thèmes abordés par les auteurs de «Diasporas noires» dans leurs publications sont divers et touchent des problèmes politiques, sociaux, intellectuels, moraux, et reflètent des états d’âme. «Dias­poras noires» s’ins­crit dans la dynamique de la publication d’écrivains en herbe.     

Par keudi FALL
http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/15949-edition-diasporas-noires-se-lance-%C3%A0-dakar–hulo-bayle-guillabert-promeut-les-plumes-en-herbe
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Dîner de gala des édition  »Diasporas noires », samedi à l’Hôtel de Almadies

 2012-11-26 20:15:17 GMT

Dakar, 26 nov (APS) – Les éditions ‘’Diasporas noires’’ organisent vendredi à l’Hôtel des Almadies un dîner de gala qui sera animé par l’artiste-musicien Abdou Guité Seck et son groupe, annonce un communiqué de la structure reçu à l’Agence de presse sénégalaise.

Le programme de la soirée prévoit, outre le concert, un récital de poésie, du slam, une opération de soutien à deux associations d’aide aux Albinos (associations ANAS et ANIDA), précise la même source.

La veille de cette manifestation, ‘’Diasporas noires’’ organise vendredi la première édition de leur rentrée littéraire, prélude à une soirée de gala, indique le communiqué, signalant que cette seconde activité est prévue à partir de 15 heures au siège de l’Association des écrivains du Sénégal (AES), Kër Birago (Point E).

Le programme prévoit une conférence de presse, une présentation de la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ et de la revue du même nom. Il est aussi prévu une séance de signatures d’ouvrages.

Les objectifs du dîner de gala sont, entre autres, de contribuer à une visibilité de l’Afrique, de ‘’valoriser le patrimoine littéraire des cultures et sociétés d’Afrique et de ses diasporas à travers le monde’’.

Il s’agit aussi de présenter la ‘’Revue des bonnes nouvelles d’Afrique’’ afin de ‘’privilégier l’émergence d’un paradigme positif, optimiste et volontaire, par l’impulsion d’une nouvelle conscience partout en Afrique’’

Le dîner vise à offrir à des associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) une tribune afin de mettre en lumière les discriminations qu’ils subissent et les problèmes qu’ils vivent au quotidien et à lancer un appel aux stylistes africains pour le projet Mode Albinos 2012.

Les bénéfices de l’événement sont destinés à financer le développement des activités de ‘’Diasporas noires’’, l’impression des livres et mettre en place un réseau de distribution afin d’être présent dans toutes les librairies des capitales africaines en 2013. La maison est déjà à la librairie Athéna à Dakar.

L’organisateur compte offrir 20% de ces bénéfices aux associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) et contribuer ainsi à financer leurs actions et à les protéger du soleil en les équipant en crèmes solaires, lunettes et chapeaux.

Fondée en octobre 2011 à Montréal, au Canada, par sa directrice Hulo Bayle Guillabert la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ est installée depuis peu à Dakar. Sa fondatrice, âgée de 52 ans, est une Franco-sénégalaise, consultante en technologie de l’information et en organisation des grandes entreprises.

Son objectif est de ‘’promouvoir les auteurs africains et afro-descendants qu’ils résident en Afrique ou partout dans le monde, ainsi que les auteurs issus de tous horizons qui aiment l’Afrique et qui veulent mettre en exergue sa culture et ses valeurs’’, souligne une note de présentation.

‘’+Diasporas noires+, convaincue que le 3e millénaire sera africain, a pour but d’accompagner cette renaissance africaine et de contribuer le plus possible à un large éveil des consciences.’’

D’octobre 2011 à septembre 2012, 18 auteurs de 6 nationalités différentes — dont 9 auteurs sénégalais — ont rejoint ‘’Diasporas noires’’, 19 livres ont été publiés dans 6 collections différentes.

ADC/OID

Un article de Carrapide.com 

Un article de peoplesenegal.com

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 Regards croisés le 28 juillet lors de la 15e éditionde « Palabres autour des arts » de Joss Doszen avec Alexis Bongo pour son livre « Histoire de chez moi »

  

Arrêt sur image de Alexis Bongo lors de la supervision de l’émission « Homéostasie – La Spiritualité des Profondeurs » tournée à Paris et diffusée tous les dimanches sur DRTV international, la 1ère chaîne privée du Congo Brazzaville …

Emission dédiée au livre de Pierre Laporte Trajectoires 

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Interview  De DIAMIL CISS

dans le BLOG peuplesenegalais.net 

« Le slam est l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie »

Les amoureux du slam à Dakar connaissent très bien le poète Sérère au dreadlocks, Diamil Ciss.Grâce à ses belles prestations lors des soirées poétiques que le collectif des slameurs organise, tous les 15 jours au restaurant Just 4 U, où le poète-slameur distille de la connaissance, de l’amour, de la passion…Très généreux de son art, il décide avec l’aide des éditions « Diasporas noires», de mettre sur le marché un recueil de nouvelles. Avec votre site de référence, Peuplesenegalais.net, l’homme disserte sur l’art de matérialiser les émotions par les mots : la poésie, le slam, le « kébétou »… Entretien.

Diamil Ciss, vous êtes slameur, ecrivain, poete.Recemment vous avez sorti un roman.Parlez-nous de cette production, de quoi est-ce que ça parle ?

En effet, il s’agit d’un recueil de nouvelles publié aux éditions « diasporas noires » sous la direction de Madame Hulo Bayle Guillabert et qui comporte six (6) textes. Donc ce n’est pas à vrai dire, ce qu’on appelle un roman. Pour rappel, la nouvelle est d’un autre genre littéraire qui s’apparente plutôt au récit, avec la différence notable que la nouvelle garde un certain suspens, histoire de donner ou d’aboutir à ce qu’on appelle, une « chute ». Elle diffère aussi du récit par le fait qu’elle n’est pas toujours vraie dans sa totalité, même si elle est presque toujours issue de faits plus ou moins réels et plutôt cocasses, sortant un peu de l’ordinaire.

Ce recueil comprend donc les six textes dont voici les différents titres :

–         Le grain de sable

–         La vengeance

–         Cinq pièces de 2 sangs

–         Le fil blanc

–         La souris électrique

–         Trente mille volts de rêve (qui est en même temps le titre du bouquin)

–         Voilà, planté,  le décor de cette première production.

Quelle est votre définition du slam, de la poesie, de l’ecriture, de l’art en général ?

Le slam à mon avis, est le passage de la plume à la scène, de l’écrit à l’oral. Je le définis comme : l’art de combiner les mots d’une manière agréable à l’oreille et utile à l’esprit, l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie. Le slam n’est qu’une chronique poétique traitant du lyrique, du comique, du satirique, de l’esthétique et de l’éthique. Je trouve aussi que bien que souvent poétique, il a une forte connotation philosophique, mais surtout de vécu. Car pour moi, nos œuvres ne sont que le reflet de nos âmes. Pour moi, un bon texte de slam, est celui qui peut englober, et l’esthétique, et l’éthique, pour que la poésie ne soit plus seulement qu’un décor qui parle de choses « aériennes », de solstices et d’équinoxes pour ne pas dire grand choses sur nos propres réalités.

On a l’habitude de dire qu’on ne nait pas homme, on le devient. Eh bien, certainement aussi, on ne nait pas artiste. A votre avis, peut-on naitre slameur, poete, ecrivain ?

Non, je ne crois pas que l’on naisse artiste même si on peut hériter de beaucoup de choses via nos gênes. Quelqu’un disait que l’écriture est un exercice de notation et de révision, donc, qui nécessite beaucoup de labeur. Ceci pour dire que le talent à lui seul ne suffit pas, il faut de l’amour, de la passion, de l’ambition pour se surpasser, même si le travail sans génie n’est rien, tout aussi vrai que le don sans travail, n’est que peu de chose. Donc, il faut forcément les deux.

Où est-ce que les lecteurs peuvent acheter votre Livre ?

Pour le moment, les exemplaires qui ont été imprimés sont en route depuis le Canada, où ils ont été imprimés et ne tarderont certainement pas à arriver. Donc rendez-vous est donné d’ici peu pour la distribution.

Note de l’éditrice : Les livres sont arrivés maintenant, pour commander, remplissez le bon de commande ICI

Entretien réalisé par DRAME Djibril 

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Cahiers Littéraires parle du livre de 

PIERRE LAPORTE

 

Fragment de « Trajectoires » de Pierre Laporte

« Oméga voulu la poésie, le regard avant les mots, voir l’essentiel dans le dérisoire et inversement.
Il éprouvait le tressaillement calme, la quiétude fébrile qui suit la fin d’une dispute. Seul par force à une terrasse, j’observais le bruit des autres, moi-même et tout le reste. Les objets vivaient leur vie d’objet et nous dessus qui nous agitions. »

Cet écrivain est plus considérable qu’il ne le croit lui-même. A côté de bien des subtilités et des fadeurs, ici la même énergie (ou presque ) que ce troublant et géant Mohamed Hmoudane , cette sensiblité presque féminine, cette exquise pénétration qui lui fait viser un but si haut…Il est certaines pages où je me suis sentir fondre en délices ou en amoureuses rêveries. Mais le drame de notre écrivain n’est-il pas d’avoir eu très peu à dire dans son roman-poétique ? Comme si tourmenté par quelques secrets, voulait écrire, se débarrasser et atteindre une certaine tranquilité…

« Trajectoires ». Pierre Laporte Editions Diasporas Noires.

Zacharie Acafou Journaliste culturel et chroniqueur littéraire
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Interview  publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

et dans l’excellent BLOG de critique littéraire Le Sanctuaire d’Etty Macaire 

RENCONTRE AVEC HULO BAYLE GUILLABERT , écrivaine et éditrice franco‑sénégalaise : 

S’il y a une femme de culture en Afrique qui va marquer les consciences dans les années à venir, c’est bien Hulo Bayle Guillabert. Sa fougue, son optimisme contagieux et sa foi en l’avenir de l’Afrique l’ont amené à créer la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique » et une maison d’édition « Diasporas Noires » qui se veulent être le creuset de la rencontre et du partage des écrivains africains et de la diaspora et de tous ceux qui croient au sursaut du continent de Mandela. L’éditrice franco sénégalaise a bien voulu répondre à nos questions au moment même où elle projette de déménager de Montréal à Dakar.

Qui êtes-vous Hulo Bayle Guillabert ?

Je suis Franco-Sénégalaise, consultante en organisation et, chef de projets en technologie de l’information, j’ai créé la maison d’édition « Diasporas Noires » depuis octobre 2011. Je suis passionnée d’écriture et de littérature depuis l’enfance. Je vis actuellement à Montréal mais je rentre m’installer le mois prochain à Dakar…

Parlez-nous un peu de votre site et votre édition Diasporas Noires

Je suis une afro-optimiste et c’est pour cela que j’ai créé la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique », pour faire savoir au monde entier que le 3e millénaire sera africain malgré les apparences actuelles. Mon credo est que l’Afrique est en train de se relever même si cela n’est pas encore évident pour tout le monde. Il y a beaucoup des bonnes nouvelles en Afrique, même si elles ne sont pas relayées dans 99% des médias…D’autre part, pour la partie Edition, je veux donner une tribune aux Africains de tous horizons, aux afro-descendants, car en matière d’édition, les Africains sont souvent obligés de faire éditer leurs livres par des éditeurs occidentaux, quand ils sont acceptés, et il y a très peu d’élus… J’appelle de mes vœux une nouvelle ère en Afrique, où les Africains maitriseront eux-mêmes leur édition, le contenu de leurs livres, leur réseau de distribution, et ainsi maitriseront leur culture. Pour le moment, le domaine de l’édition en Afrique est malheureusement sinistré.  Et pourtant, il y a beaucoup d’écrivains qui ont beaucoup de choses à dire… Surtout la jeunesse africaine qui est bouillonnante, créative, décomplexée, prête à prendre ses responsabilités. J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené… C’est Baden-Powell qui disait : « L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et qui mène au succès. »

Quelle est la ligne éditoriale que vous défendez ?

Notre ligne éditoriale est la promotion d’une Afrique positive, optimiste, une renaissance passant par la prise en charge de notre propre avenir dans tous les domaines, en rejetant la victimisation systématique. Nous pensons que toutes les vérités peuvent être dites mais d’une manière positive et optimiste. Gandhi a dit « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Donc, la décision de changement nous appartient entièrement, quand nous en aurons véritablement conscience, nous aurons une force d’action extraordinaire.

Y a-t-il des genres précis que reçoit votre maison d’édition ?

Nous avons des collections qui reflètent tous les genres, tous les styles, de la poésie, du Slam, des nouvelles, des romans, des essais, des livres pour enfants, etc.

Au moment où on parle d’intégration et de mondialisation « Diasporas Noires » semble  voguer à contre-courant en se limitant au monde noir.

Ce n’est pas un enfermement, une ghettoïsation… Je ne suis pas afrocentriste. Moi, je crois profondément à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : « Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine ». Cela étant dit, les Africains et afro-descendants n’ont pas bénéficié pendant trop longtemps des mêmes outils de promotion de leur culture et de leur Histoire que les autres peuples de la Terre.  Les Occidentaux par exemple ont toutes les tribunes, les médias, les télévisions, les maisons d’édition, les musées, les manuels scolaires et tous les moyens nécessaires pour promouvoir leur culture et leur Histoire. Quand j’habitais en France, je n’avais pas accès facilement à la culture africaine, aux livres africains, il y avait que peu d’endroits où les trouver, j’allais au Salon du livre pour chercher les deux malheureux stands africains avec peu de livres. Quand je venais à Dakar pour des vacances, j’en profitais pour acheter le maximum de livres pour avoir ensuite un petit stock. Lorsque je dis « Diasporas Noires », ce n’est pas une couleur mais une caractéristique car on dit bien le continent « noir » alors qu’il y a le Maghreb et les blancs du sud de l’Afrique compris dans ce terme… Par ce vocable, je désigne tous les enfants d’Afrique, de toutes les couleurs, de toutes les diasporas du monde, des afro-descendants… Nous ne nous limitons pas au monde noir comme vous dites, puisque nous incluons les pays du Maghreb et les africains blancs du Sud de l’Afrique.

Pouvez-vous être plus claire Hulo ? Des exemples…par exemple ?

Nous avons un auteur Algérien parmi nous et d’autres viendront. D’ailleurs, on peut aussi être édité chez Diasporas Noires parce qu’on aime l’Afrique… Nous en avons déjà une blanche amoureuse de l’Afrique et bientôt nous aurons le livre d’une Française mais qui se sent africaine jusque dans ses tripes, elle écrit sur l’Afrique des poésies émouvantes dans une langue africaine. Elle était tellement heureuse que je la reconnaisse comme l’une des nôtres. A l’inverse, il y a des Noirs qui ne se reconnaissent pas du tout comme africains.  L’Amour de l’Afrique n’a pas de couleur ! Mais il fallait bien indiquer le contenu éditorial spécifiquement africain dans notre enseigne. Tout cela pour dire, que l’Afrique doit se doter des mêmes outils et des mêmes moyens que les autres pour la promotion de sa culture, nous avons du retard à rattraper de ce point de vue là… Donc Diasporas Noires est un outil parmi d’autres mais n’est pas un ghetto !

Comment faire un achat sur votre site ?

L’adresse de notre site est www.diasporas-noires.com… Les e-books sont disponibles à l’achat avec un téléchargement immédiat sur le site et la version papier en remplissant un bon de commande toujours sur le site.  Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont « Dior le bonheur volontaire » seront disponibles à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Est-ce que l’édition numérique peut avoir la même emprise que l’édition sur papier ?

L’édition numérique est l’avenir dans le monde, même si cela ne marche pas pour l’instant en Afrique. En Amérique du Nord, c’est déjà entré dans les mœurs, les personnes lisent leurs e-books dans le métro avec des appareils appelés « liseuses » ou sur les tablettes tactiles. Dans ces appareils, on peut stocker des centaines de e-books et les mettre dans la poche, se balader partout avec. C’est comme au début du téléphone portable ou de l’internet. Donc, l’Afrique doit s’y mettre maintenant au lieu d’attendre d’être complètement dépassée. Il ne faut pas perdre de vue que l’Internet est désormais la mémoire de l’Humanité. Maintenant, en un seul clic, on visite des musées, trouve des extraits de livres d’histoire, etc.  Comme pour les autres peuples, il faut aussi qu’il contienne le maximum de données africaines. Cela ne veut pas dire pour autant l’abandon du livre papier.  Il faut les deux, Ces deux supports ne sont pas à opposer… Moi, même en tant qu’éditrice numérique, je suis très attachée au livre papier, sur notre site on peut en commander, et dans les mois qui viennent, les livres de Diasporas Noires seront disponibles également en librairie, d’abord à Dakar et pourquoi pas un jour dans toute l’Afrique.

Vous êtes aussi auteure, et je suis entrain de lire en format pdf votre livre « Dior le bonheur volontaire »…

Oui, je suis aussi auteure, j’écris depuis l’enfance. Je n’ai malheureusement pas le temps d’éditer tous mes textes que j’ai dans les tiroirs… C’est l’histoire du cordonnier qui est mal chaussé (Rires). « Dior le Bonheur Volontaire » est mon premier livre édité pour l’instant, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille. C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur… Ce livre parle aussi de la détresse enfantine, de l’insouciance des jeunes, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles.  En fait, mon livre parle de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux. Les lecteurs peuvent découvrir gratuitement un extrait de 47 pages sur notre site. Nous offrons des extraits pour tous nos livres.

Quel est votre avis sur l’idée selon laquelle seule la valorisation de notre culture peut participer au développement de l’Afrique.

Il y a des choses à inventer, car le modèle économique mondial n’est pas satisfaisant et tout le monde peut le voir aujourd’hui… L’Afrique est créative mais les carcans culturels occidentaux nous emprisonnent dans un complexe d’infériorité dont nous devons absolument sortir.  Mais je ne prône pas une afrocentricité à tout crin comme certains. Moi je pense qu’il faut « ajouter » au lieu de « soustraire ».  Les Asiatiques ont bien réussi à s’ouvrir au monde tout en gardant leur culture et leur authenticité. C’est cela que je prône. Je pense que l’Afrique ne doit surtout pas se replier sur elle, mais elle doit identifier ses propres valeurs, les mettre en pratique de manière indépendante et être fière de sa culture tout en étant ancrée dans le monde ! Ce n’est pas facile, mais nous le pouvons.

Croyez-vous que les gouvernants africains accordent dans leurs projets une grande place à la culture ?

Non, clairement non ! Cela fait des décennies que rien n’est fait par les gouvernants africains et d’ailleurs c’est le cas dans tellement d’autres domaines, la santé, l’éducation, etc. Mais cela va changer, je suis très fière du Sénégal pour le changement politique imposé par les jeunes. Les jeunes doivent continuer à être vigilants avec le nouveau régime afin qu’il agisse vraiment dans l’intérêt du peuple.  L’arrivée de Youssou Ndour au ministère de la Culture est un signe encourageant.  Mais il faut que chacun à son niveau prenne désormais les choses en main. C’est ce que je fais de mon côté. Il faut que ce soit le nouveau mode opératoire. Prenons les choses en mains chacun dans son domaine à la place où il est le plus utile ! 

La thématique de la femme noire vous préoccupe n’est-ce pas ?

Oui, je suis très sensible à cette thématique, car il faut bien dire qu’en Afrique nous vivons dans un système patriarcal voire phallocentrique.  Je trouve cela dommage, c’est un frein au développement de l’Afrique car les femmes sont très créatives, elles sont sur tous les fronts notamment au niveau de l’économie informelle, très souvent avec peu de moyens, c’est aussi à elles qu’incombe l’éducation des enfants.  Si elles étaient moins bridées, notamment au niveau des études, cela apporterait beaucoup de changements bénéfiques à l’Afrique dans tous les domaines.  Je crois profondément qu’un peuple qui opprime une catégorie de sa population quelle qu’elle soit, d’une manière ou d’une autre, ne pourra jamais avancer pleinement.  Même si certains invoquent une légitimité d’une culture ou des mœurs spécifiques africaines ou musulmanes. Mon père m’a élevée tout autrement, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris la liberté de parole et d’action en toute circonstance.  Cela m’a permis de vivre facilement en occident sans complexe et d’y revendiquer pleinement mes droits à chaque instant.

Quelles sont les femmes africaines du monde de la culture qui vous ont marquée. Pourquoi ?

Annette Mbaye d’Enerneville, première journaliste au Sénégal, écrivaine talentueuse, Germaine Acogny la chorégraphe pour la beauté aérienne de ses danses africaines et modernes, Jacqueline Scott Lemoine la grande tragédienne sénégalaise, saisissante et habitée par ses rôles, Myriam Makeba la chanteuse magnifique, Mariama Bà l’écrivaine, Wangari Muta Maathai la Kenyane que j’admire pour son engagement en faveur de l’environnement (prix Nobel de la paix), Aminata Traoré la Malienne qui dit courageusement tellement de grandes vérités sur le système qui gouverne et asservit le monde et l’Afrique, Aissa Maiga la comédienne belle et talentueuse, Fatou Diome pour ses textes flamboyants…

Et aussi d’autres femmes noires, Rosa Parks, le courage fait femme, Angela Davis la militante des droits des noirs, Maryse Condé la Guadeloupéenne, une grande conteuse d’histoires, Toni Morisson, immense auteure, captivante dans le fond et dans la forme (prix Nobel de littérature)… Il y en a beaucoup d’autres et aussi beaucoup d’hommes…

Votre pays le Sénégal est certainement le pays où la production féminine est impressionnante. Qu’est-ce qui explique ce foisonnement ?

Premièrement je pense que ce foisonnement de la production littéraire féminine n’est pas spécifique au Sénégal… Ce foisonnement n’est pas spécifiquement féminin au Sénégal, il se trouve que le Sénégal est un pays fortement ancré dans la culture. La raison de cet ancrage est due en partie par le fait que Léopold Sédar Senghor, notre premier président qui est grand homme de lettres, avait privilégié la culture pendant des décennies. De son temps, presque tous les Sénégalais au lycée étudiaient le Latin et le Grec, le théâtre Daniel Sorano battait son plein avec des productions incroyables, il y a avait une grande école de danse africaine moderne avec Germaine Acogny et Maurice Béjart, une école des beaux-arts, une école d’architecture, etc.  Depuis, cette fibre est toujours là et ça foisonne toujours autant, même si les moyens ne sont plus les mêmes… Il y a quand même beaucoup d’événements culturels à Dakar, le festival des arts nègres en 2010, récemment la 10e biennale des arts en 2012, le Dak’art qui a beaucoup de succès… J’espère que la nomination de Youssou Ndour apportera encore plus de créativité et plus de moyens.

Dans certains pays la polygamie est dans le domaine de l’officiel. Quelle est la position des femmes intellectuelles de votre pays ?

J’avoue, personnellement, que la polygamie est inconcevable même si je respecte cet état de fait dans mon pays et le libre choix des personnes. Je n’ai pas du tout été élevée dans ce sens, donc je ne suis pas une référence pour en parler objectivement. Je crois que la position des femmes intellectuelles est assez variée sur ce sujet, il y en a qui l’acceptent comme une fatalité ou qui le justifient plus ou moins, notamment par la religion. Moi je pense que toutes les femmes en souffrent au fond d’elles-mêmes quoiqu’elles en disent en surface…

Depuis Une Si Longue Lettre de Mariama Ba, pensez vous que le Sénégal ait fait des bonds qualitatifs en matière de la protection de la femme ?

La loi sénégalaise laisse le choix au moment du mariage entre deux régimes matrimoniaux, polygame ou non et cela a toujours été le cas. Certaines femmes n’ont malheureusement pas le choix à cause du poids social, même si elles se laissent faire de moins en moins individuellement. Celles qui ont le choix essaient de ne pas se retrouver dans ce piège de la polygamie, mais ce n’est pas simple pour elles non plus toujours à cause du poids social. Cela étant dit, de plus en plus d’hommes trouvent cela trop compliqué pour eux et ne s’y aventurent pas, surtout les jeunes…

A votre avis la littérature est‑elle capable de faire avancer les choses positivement en Afrique ?

Oui, bien sûr… La fonction de la Littérature est de faire avancer les choses et les hommes… Un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.  L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques. Même parfois en divertissant. Je ne sais plus qui a dit : « L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre ».  Encore faut-il que les africains puissent avoir facilement accès aux livres de qualité.  Actuellement, les livres sont un peu chers et il n’y a pas de bibliothèques qui permettent de les emprunter. Voilà les problèmes sur lesquels nous devons travailler !

Quels sont les dix livres africains qui vous ont marqué véritablement ?

  • ·Amkoulel, l’Enfant Peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Ba, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur et aussi la sagesse africaine
  • ·Le Dialogue des Cultures de LS Senghor
  • ·Les Bouts de Bois de Dieu, ou encore Le docker de Sembène Ousmane.
  • ·Une si Longue Lettre de Mariama Ba
  • ·En attendant le vote des bêtes sauvages, Allah n’est pas obligé, deux livres superbes et instructifs d’Ahmadou Kourouma, mais j’aime tous ses livres.
  • ·Le vieux Nègre et la Médaille de Ferdinand Oyono m’a rendue profondément triste sur les rapports avec les colons
  • ·Le baobab fou de Ken Bugul
  • ·Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome

Connaissez-vous la littérature ivoirienne ?

Je connais très peu la littérature ivoirienne à part Ahmadou Kourouma que j’aime beaucoup et dont j’ai lu presque tous les livres car vendus dans les librairies en France, j’ai aussi des souvenirs lointains de Bernard Dadié… Chez Diasporas Noires, nous avons deux auteurs ivoiriens, Regina Goueu une jeune ivoirienne qui vit au Gabon, Isaïe Biton Koulibaly qu’on ne présente plus et qui voulait se mettre à l’ère numérique pour voir…

Un message fort à nos lecteurs pour clore cette interview…

Je voudrais parler de l’Ubuntu qui signifie :  « Je suis parce que nous sommes » ou  « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». C’est un concept spirituel africain qui a permis la réconciliation en Afrique du Sud, ce qui n’est pas rien.  Selon Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix sud-africain : « Quelqu’un d’Ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi – qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand – et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou oppressés. » Pourquoi ne pas enseigner et appliquer cette philosophie partout en Afrique ?  Et pour finir, on pourrait résumer mon état d’esprit par cette phrase de Confucius« Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. »

ETTY Macaire

Critique littéraire

Cette interview a été publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

 

Paru dans le Magazine GLANCE

Paru dans le Magazine  Panafricain METROPOLIS 

 

 

AFRIMPACT Magazine parle de nous

http://afrimpactmagazine.com/articles/hulo-bayle-guillabert 

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Le Jeudi 27 avril 2012, Pierre Laporte recevait Hulo Bayle Guillabert

dans l’émission « Afrique culture, les mots pour le dire »

sur www.radio-tongolo.com pour son roman

« Dior, le bonheur volontaire »

Interview 

Hulo Bayle Guillabert bonsoir.

Bonsoir Pierre Laporte, je suis heureuse de vous retrouver, Bonsoir à tous les auditeurs et auditrices.

C’est vrai que nous vous avions déjà reçue comme éditrice, cette fois, vous êtes là en tant qu’auteure.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre livre ? Sa thématique.

Je suis franco-sénégalaise, éditrice, j’ai créé la maison d’édition Diasporas Noires et la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique… Je suis aussi auteure…

« Dior le bonheur volontaire » est mon premier livre, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille.

C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur…

Mon livre parle aussi de la détresse enfantine, du monde inquiétant des adultes qui l’entoure, de l’insouciance des jeunes gens, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles…

Donc, ce livre est structuré en deux parties, par quoi a été animé ce découpage ?

En fait, j’ai écrit le premier chapitre par inadvertance, alors que je participais à un atelier d’écrire il y a 20 ans à Paris. On faisait un exercice, écrire un texte en une demi-heure avec comme contrainte une dizaine de mots imposés … Au bout d’une demi-heure chaque texte doit être lu et critiqué par les autres participants… Ce premier chapitre de Dior qui s’appelle « La visiteuse », est sorti donc en une demi-heure, de je ne sais où, quasiment à la virgule prés, sous la pression, comme ça… Moi-même j’ai été abasourdie, d’avoir écrit un truc aussi intime, oublié au fond de moi…

Pour la deuxième partie, c’est un livre que je voulais écrire sur mes parents, mais un peu romancé… Donc là c’était prémédité.

A un moment donné, le fait de rassembler les 2 parties dans un même livre m’a paru évident…

Est-ce que la vision de l’injustice par les yeux d’un enfant obéit à une logique chronologique ou autre ?

Je pense qu’un enfant n’a pas la notion d’injustice pendant qu’il vit des situations données… C’est juste de la détresse et de l’insécurité affective ressenties au plus profond de lui… Qu’il nommera injustice plus tard…

En lisant votre livre, je n’ai pu m’empêcher de penser à Maïmouna  d’Abdoulaye Sadji, que pensez-vous de ce rapprochement ?

Je pense que ce rapprochement n’est pas pertinent si on prend les thèmes principaux abordés, le livre d’Abdoulaye Sadji parle des enjeux d’une authenticité africaine face une modernité factice, compare une vie paysanne et humaine, à une vie citadine et mondaine basée sur le paraître, l’auteur parle aussi de l’ambition sociale, de la naïveté, de la tromperie amoureuse…

Pause musicale : Chimes of freedom c’est la chanson que vous avez choisie

Merci à l’Artiste-Ministre Youssou Ndour pour cette chanson optimiste. Le refrain dit : « Et nous avons regardé fixement au-dessus des carillons de la liberté qui éclataient. »… Il faut aussi préciser que c’est une chanson de Bob Dylan à la base.

La condition de la femme est abordée dans ce livre et notamment la soumission à un ordre patriarcal, c’était une volonté de le traiter ou ce sujet s’est-il imposé à vous.

Ce sujet, j’y ai toujours été très sensible, justement parce mon père m’a élevée tout autrement et n’a jamais essayé de m’imposer ce genre de choses, alors que toutes mes amies autour de moi les subissaient… Bien que nous vivions au Sénégal, où cet ordre patriarcal ou même on peut dire phallocentrique est incontournable, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris à me débrouiller sans compter sur personne, sans compter sur un homme.

Pour vous, une bonne littérature tient elle aussi à son propos ?

Oui, cent fois oui… Car pour moi un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.

Mais une bonne littérature tient aussi à la sonorité des mots, à la fluidité et à l’élégance du style… Sur ce point particulier, j’aime des écrivains comme Marguerite Duras ou Christian Bobin…

D’ailleurs, dans le rap et le slam, les jeunes travaillent sur cette sonorité des mots…

Paul Valery disait « la poésie cette longue hésitation entre le son et le sens ».

Quel est le rôle social de l’écrivain, particulièrement en Afrique ?

L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques…. Même parfois en divertissant… Je ne sais plus qui a dit : L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre.

Mais j’aime bien ce que dit Christian Bobin : Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.

Dany Laferrière disait lui « j’ai longtemps cru que mes livres venaient de moi, je commence à croire que je viens de mes livres ».

Est-ce pour vous une réalité encore prégnante en Afrique ou vous nuanceriez le propos aujourd’hui ?

Je pense que cette réalité-là que je décris existe encore en Afrique mais aussi partout dans le monde (j’en reviens toujours à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine…)

Cette réalité-là a toujours existé et la littérature en général ne cesse de relater ce même type d’histoire… Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, ont fait couler beaucoup d’encre et c’est le même type d’histoire d’amour contrarié par la société sous des prétextes divers et variés… La forme et le motif de la contrariété peut-être être différente selon les cultures ou selon qu’on soit à la campagne ou à la ville… Il y a toujours une histoire de richesse ou non du prétendant, de religion, de bienséance ou d’honneur…

C’est la même chose pour la réalité de fillettes sans leur mère dans un milieu hostile où règne une marâtre, chez nous au Sénégal, on raconte depuis la nuit des temps dans les veillées, l’histoire de « Coumba ame ndeye » (Coumba avec mère) et « Coumba amoul ndeye » (Coumba sans mère), une cendrillon africaine qui finit par triompher d’une méchante marâtre après beaucoup de péripéties et de souffrances…

C’est toujours la même histoire… Ces histoires sont des histoires humaines qui se reproduisent à l’infini… De tout temps et sur toutes les latitudes.

Vous mettez en exergue de votre livre « tout ce qui arrive est nécessaire » qui est une phrase rappelons le, de Marc Aurèle empereur romain et philosophe stoïcien.

Cette citation est également attribuée à Spinoza

Pourquoi ce choix ?

Pour moi, c’est la conclusion du livre…Cela reflète mon état d’esprit après avoir raconté tous ces événements relatés dans le livre… Cela veut dire, que ces événements m’ont façonnée et que dans ce sens, ils étaient peut-être nécessaires… C’est l’acceptation de la vie et des embuches qu’on rencontre, afin d’évoluer.

La philosophie stoïcienne met en avant l’acceptation du monde tel qu’il est, est-elle en accord avec le propos de votre livre ?

Je suis en accord avec cela, même si pour moi la volonté doit être le pendant parfait de l’acceptation… Je m’explique

Je pense qu’il faut accepter le monde tel qu’il est et se changer plutôt soi-même… pour pouvoir le changer…

Gandhi l’a très bien dit, « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde… »

On peut être très volontaire en agissant sur les événements et le monde qui nous entoure tout en acceptant qu’il ne soit pas parfait, que nos vies ne soient pas parfaites, vivre dans le moment présent en essayant d’être heureux avec ce qu’on a sur le moment, même si on travaille à l’améliorer…

Dans votre ouvrage « Dior, le bonheur volontaire » la volonté est beaucoup plus présente que le bonheur. C’est un parti pris ?

En fait, je voulais surtout parler de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux, pas du bonheur lui-même

Pause musicale : Nina Simone – My baby just cares for me

Super !!! Merci Pierre

Le sujet de la religion est aussi abordé, via notamment l’interdiction transgressée d’épouser un non-musulman, comment analysez-vous cette endogamie ?

Au Sénégal, Il y a beaucoup de familles ouvertes qui acceptent cela.

Cette interdiction a souvent été transgressée car les 2 communautés musulmane et catholique sont assez imbriquées… Dans presque chaque famille, il y a des musulmans et des catholiques. Dans ma famille cela a toujours été le cas depuis plusieurs générations. Les fêtes religieuses sont fêtées d’un côté comme de l’autre, tous ensemble, tout le monde participe… Moi quand j’étais jeune, bien que catholique, je faisais parfois le ramadan pour faire comme ma grand-mère ou soutenir ma meilleure amie dans son effort…

Pour moi cette interdiction d’épouser un non-musulman, est d’autant plus bizarre que c’est le même Dieu… Mais cela peut servir de prétexte le moment venu pour refuser un prétendant … Et pourtant, Dior et Édouard étaient cousins germains et donc d’une grande proximité familiale…

Et ce drap taché qui est un symbole d’asservissement là devient un symbole de libération ?

Oui, en fait Dior joue à l’apprentie sorcière et transforme ce symbole d’asservissement de la femme en sa faveur… Ces jeunes partent en fait du principe que le déshonneur c’est quand on se fait déflorer sans que les parents sachent où, quand et avec qui… Là, ils ont l’idée de ramener le drap taché, de l’exhiber accompagné d’une demande de mariage… Ils pensent que cela va leur épargner le déshonneur, en tout cas c’est ce qu’ils croient…

On voit aussi comment s’organisent les jeunes pour s’opposer à une décision parentale, le conflit entre les générations est-ce là encore quelque chose de nouveau en Afrique ou ça a toujours existé ?

Je pense que le conflit de générations a toujours existé, jusqu’ici en Afrique, le sacro-saint respect envers les ainés, les anciens, empêchait et freinait toute velléité de révolte de la jeunesse. Mais cela est en train de changer…

J’ai l’impression que les jeunes aujourd’hui prennent plus leurs responsabilités et sont décomplexés de ce point de vue là… On peut citer toutes les révoltes de la jeunesse dernièrement, cela a commencé en Égypte, donc en Afrique… Le mouvement Yen A marre au Sénégal a tenu tête au régime et l’a fait tomber… J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et plus audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené…

Que pensez vous de cette phrase de Nietzsche «  tout ce qui se fait par amour se fait par delà le bien et le mal », serait-ce un bon résumé de votre livre ?

Oui, tout à fait… Même si cela ne va pas forcément dans le sens souhaité par les amoureux au final…Moi je fais toujours et systématiquement ce choix-là… Quand des jeunes me demandent un conseil, je leur conseille toujours de choisir les sentiments plutôt que toute autre chose.

Quels sont vos modèles d’écriture, les auteurs qui vous ont inspirée le plus concernant le style ?

Mon style n’est pas inspiré par un écrivain en particulier, mais c’est un amalgame de toutes lectures que je fais depuis l’enfance et de ma propre intériorité…

Je suis plus à l’aise dans le style de la première partie de ce livre qui coule de source telle quelle, à la virgule près, comme venue directement de mon âme…

Alors que la deuxième partie du livre est plus un travail d’écrivain, avec un peu plus d’efforts…

Cela étant dit, je peux quand même dire un mot des livres qui m’ont le plus marquée dans ma vie au niveau du contenu… Je citerai en vrac

Amkoulel l’enfant peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Bâ, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur, Mariama Ba : Une si Longue Lettre.

Jazz de Toni Morisson et Si c’est un homme de Primo Levi m’ont beaucoup appris sur la complexité de l’être humain, sur l’ombre et la lumière, La chute d’Albert Camus aussi.

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, Ségou de Maryse Condé, L’alchimiste de Paulo Coelho, Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche, etc…

Et pour finir au niveau spirituel, Le livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché et Le prophète de Khalil Gibran… Mais il y en a beaucoup d’autres comme Don Quichotte de Cervantès, qui est un livre IMMENSE à lire et à relire…

Tous ces livres m’ont appris la bienveillance envers le genre humain et l’optimisme.

C’était votre premier roman, Graham Greene dit qu’il est important d’écrire sur ses premières années car c’est là que l’essentiel nous a été donné .  Êtes-vous d’accord ?  Et si oui que vous ont laissé ses premières années ?

Ces premières années m’ont laissé une grande force de caractère je crois, une résilience, beaucoup de volonté mais aussi de capacité d’acceptation, sans désir de revanche, sans rancœur, juste avancer, évoluer, se relever à chaque chute, sourire et repartir de plus belle.

– comment se procurer le livre (particularité).

-adresse du site/ références

Sur le site de Diasporas Noires  https://diasporas-noires.com/

Le livre version numérique est disponible pour un achat immédiat sur le site https://diasporas-noires.com/librairie-1/dior

Le livre version papier en remplissant un bon de commande toujours sur le site https://diasporas-noires.com/bon-de-commande

Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont Dior seront disponibles en version papier à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Merci Hulo Bayle guillabert

Merci Pierre Laporte pour ce bon moment que je viens de passer avec vous, trop court…Et merci à tous les auditeurs auditrices… 

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 LA PRESSE SÉNÉGALAISE PARLE  DE

Lumières de la Renaissance de Thierno Souleymane Diop Niang


 

LUMIÈRE DE LA RENAISSANCE» de THIERNO SOULEYMANE DIOP NIANG : Poésie militante pour un monde plus équilibré

LUNDI, 12 MARS 2012 12:34

La Maison de la culture Douta Seck a abrité, samedi, la présentation du recueil de poèmes de l’étudiant Thierno Souleymane Diop Niang. Selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf qui a préfacé ce recueil, l’Afrique est omniprésente dans ce recueil où  l’auteur s’insurge contre ceux qui ont ébranché le continent pour bâtir leurs divins jardins.

Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, a procédé samedi à la présentation de son premier recueil de poèmes intitulé « Lumières de la Renaissance », à la Maison de la culture Douta Seck. Cet ouvrage de 64 pages, édité par « Diasporas noires » et riche de trente quatre poèmes, a été préfacé par l’écrivain Nafissatou Dia Diouf.  Elle y parle de ce jeune poète qui « traite des thèmes variés dans un style assez singulier, empreint de spiritualité naturelle, et repousse les frontières des règles de la poésie dans son dessein de s’épanouir ». Nafissatou Dia Diouf estime que cette œuvre est « une lumière pour la renaissance d’un citoyen nouveau, libre, conscient, agissant, digne, en un mot, humain ».   L’Afrique est omniprésente dans ce recueil où Thierno Souleymane Diop Niang s’insurge contre ceux-là qui l’ont ébranchée pour « bâtir leurs divins jardins ».

« Si sa terre est son thème de prédilection, sa mère demeure son inspiratrice, et l’être aimé, sa muse. Ce qui nous donne à penser que l’auteur se nourrit d’amour et de mots, de raisons et de passions. Oui, il sait aussi se mettre à nu, rendant encore plus touchant ses mots, ses doutes et ses douleurs », apprécie-t-elle.  « Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue (…)», souligne-elle.  « C’est une expérience accumulée au fil de nombreuses années, par la lecture, que j’ai voulu faire parler dans mon recueil. J’ai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis les classes du niveau secondaire. J’ai acquis toute une expérience au contact des livres.  A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait extérioriser toute cette expérience », explique l’auteur Thierno Souleymane D. Niang.  M. Niang révèle que sa muse, c’est sa mère, dont il est le fils unique, mais son inspiration lui vient aussi de ses amis et de son  environnement.  Pour sa part, la directrice de la maison de la culture Douta Seck, Fatou Sidibé G. Diallo, a vivement félicité le jeune écrivain, représentant d’une jeunesse parfois révolutionnaire, mais qui constitue l’espoir du pays.

Venu présider la cérémonie au nom du ministre d’Etat, ministre de la culture, du genre et du cadre de vie, le directeur de cabinet Racine Senghor soutient : « le Sénégal a besoin que sa bibliographie s’agrandisse, et que naissent des poètes ».   La beauté de cet ouvrage, souligne-t-il, est liée au fait que « l’auteur utilise beaucoup de ressources à l’image des modes d’expression de chez nous, sans respecter la poésie classique». Quant à son homonyme, il a dit qu’il est « agréablement surpris, car il n’avait jamais décelé chez l’auteur un talent si extraordinaire ». Mme Annette Mbaye D’Enerville est allée dans le même sens, en encourageant le jeune poète.

Souleymane Diam SY


‘’Lumières de la renaissance‘’ est ‘’la révélation d’un auteur au talent précoce’’ (préface)

Dakar, 10 mars( APS) – Le recueil de poèmes ‘’Lumières de renaissance’’ de l’auteur Thierno Souleymane Diop Niang est, selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf, ‘’la révélation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’.

Ce tout premier opus, +Lumières de la renaissance+ est une lumière pour la renaissance d’un nouveau citoyen libre, conscient, agissant et digne, en un mot, humain’’, a écrit Mme Diouf dans la préface de cet ouvrage présenté samedi à un public constitué de parents, amis et proches de l’auteur.

Cet ouvrage est ‘’la révelation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’, a ajouté Nafissatou Dia Diouf, qui a participé à la cérémonie de présentation du livre. ‘’L’Afrique est omniprésente dans l’ouvrage.’’

‘’Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue, malgré quelque imperfection‘’, soutient l’auteur de la préface du recueil.

L’auteur Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, soutient que c’est une ‘’expérience’’ accumulée au fil de nombreuses années par la lecture qu’il a voulue faire parler dans son ouvrage.

‘’Jai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis le lycée. C’est toute une expérience que j’ai acquise au contact des livres au fil des années. A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait exterioriser toute cette expérience là, tout ce talent caché en moi’’, a-t-il affirmé.

‘’Les sources d’inspiration, je ne suis pas allé loin pour en trouver : c’est ma mère. C’est cette dame qui est là, dont je suis le fils unique. [Elle] a tout été pour moi. Malgré mes errements, c’est elle ma muse’’, a-t-il dit, montrant du doigt sa mère assise devant l’assistance.

Ses amis et son environnement l’ont aussi inspiré, a-t-il affirmé. ‘’Ce sont, a-t-il indiqué, les lieux que je fréquente, les bus, les cars rapides et les taxis que je prends et les gens chaleureux que je rencontre qui ont constitué ma muse.’’

Thierno Souleyemane Diop Niang ‘’milite pour un monde plus équilibré, en prônant une conscience nouvelle mue par les valeurs civilisationnelles africaines ou simplement les valeurs humaines fortement secouées par une époque mercantiliste’’, écrit son éditeur, Diasporas noires.

AAC/ESF

 

Interview de Thierno Souleymane Diop Niang, poète sénégalais dans le journal Njaacar basé en France .

NFS – Bonjour Thierno, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
TSDN – Je suis Thierno Souleymane Diop Niang , je suis né à Dakar et j’ai fait mes humanités dans la capitale.

NFS – Tu viens de publier ton premier recueil de poèmes, peux-tu nous en dire davantage ?
TSDN – Oui, je viens de mettre sur le Marché mon premier opus . Je remercie tout d’abord Dieu car comme j’ai eu à le dire, dans la présentation, toute évolution positive dans la vie d’un individu, doit être ponctuée d’une attitude de gratitude. Je rends hommage aussi à Hulo Guillabert qui dirige les Editions Diasporas noires et qui m’a donné la chance de publier les « lumières de la Renaissance ».

NFS – Ton recueil a été préfacé par Nafissatou Dia Diouf, as-tu d’autres contacts privilégiés avec d’autres auteurs ou poètes ?
TSDN – C’est vrai qu’elle m’a fait l’honneur de le préfacer, je dis encore merci à la Grande Sœur Nafi pour son humilité et la sympathie dont elle a fait montre à mon égard. Je crois qu’il m’est arrivé ces dernières années de rencontrer souvent de grandes personnalités de divers horizons et les échanges avec eux sont toujours fructueux. Mais je dois avouer que ma rencontre avec des écrivains ou poètes se passe souvent par le canal de leurs œuvres (rires).Toutefois je nourris le rêve de connaitre personnellement certains auteurs dont les écrits m’ont interpellé.

NFS – Quel poète es-tu ?
TSDN – Il n’est pas aisé d’apporter des réponses précises à cette question, car à mon avis le poète est celui qui couche sur du papier ses émotions. Cela peut être motivé par son vécu, son environnement ou ses aspirations … Je dois dire que pour ma part, je me définirai comme un poète libre, sensible au devenir de l’humanité et qui veut aussi incarner les messages contenus dans ma poésie.

NFS – D’où te vient l’inspiration ?
TSDN – Faire de la poésie n’est pas une entreprise aisée. Je crois que parce que c’est un genre littéraire assez pointu, taxé par certains de cénacle d’initiés, il faut relativement un don, une certaine capacité à communier avec son environnement, mais je considère fondamentalement que le secret de la poésie réside dans la spontanéité c’est là simplement qu’on pourra atteindre les cœurs.

NFS- Que représente l’écriture pour toi ?
TSDN – Liberté, c’est cela que signifie l’écriture pour moi. Libérer mes émotions, partager avec les autres. Car j’ai compris, que si on a la chance de pouvoir manier la plume, il faut avoir le courage de se positionner comme analyste, sentinelle, pour décrire avec froideur les situations de sa société. Je suis aujourd’hui persuadé, que l’écriture sera une discipline qui participera au formatage de cette conscience africaine nouvelle à laquelle aspire ma génération décomplexée, encline à conduire ce continent vers les terres ensoleillées du développement pour que les choses changent. C’est pourquoi je ne me limite pas simplement à la poésie.

NFS – Pourquoi le titre « Lumières de la renaissance » ?
TSDN – Je te renvoie à la préface de Nafissatou Dia Diouf qui dit je cite  » que ce premier recueil est la lumière pour la naissance d’un citoyen nouveau libre, conscient, agissant en mot humain « .

NFS – En dehors de la poésie, quelles sont tes activités ?
TSDN – Je suis juriste de formation et depuis longtemps j’ai compris que sur ce continent les jeunes n’entreprenaient pas trop. Je me suis lancé dans ce domaine avec parfois des échecs, ce qui est normal du fait du manque d’expérience. Mais étant de nature optimiste, il y a quelques mois nous avons lancé avec des amis une structure qui s’appelle SMS Consulting (So Many Solutions), dans le but d’insuffler une dynamique nouvelle, dans le domaine de la communication de l’évènementiel… Nous projetons ainsi d’organiser le Forum des Jeunes Leaders, une plateforme inédite, pour dire aux jeunes comme nous que c’est difficile mais c’est possible de réaliser ses rêves à domicile. Dans cette optique, nous avons tenu une randonnée pédestre pour joindre notre voix contre la transmission du VIH mère enfant…

NFS – A-t-il été facile de trouver une maison d’édition pour ton recueil ?
TSDN – En fait ce qui est extraordinaire c’est que la première Maison d’Editions à laquelle je me suis adressée prenait du temps à me répondre et voilà que je rencontre Hulo qui toute suite m’a fait confiance et par la suite Diasporas noires a publié le recueil… Et il y’a quelques temps la maison d’Editions Harmattan m’a témoigné son intérêt pour mon œuvre…
Le recueil de poésies est disponible sur : https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere.

NFS – Nous sommes à une semaine des élections présidentielles au Sénégal quelle lecture fais-tu des événements récents ?
TSDN – C’est vrai que, la situation est tendue dans ce pays . Mais j’ai appris en droit que les hommes et les régimes passent, donc nous avons en commun ce pays nous avons l’obligation de le sauvegarder et moi je vote pour la paix, c’est mon candidat mais dans l’expression plurielle de toutes les sensibilités car c’est encore cela notre richesse. Une mosaïque d’obédiences cheminant vers un même but.

NFS – Et le mot de la fin ?
TSDN – Quand tu es perdu dans un tourbillon de conjectures, vivotant jusqu’à l’usure, parce qu’un coup du destin t’a couvert d’une chape de mélancolie, parcoure le tréfonds de ton Etat, arraches y cette volonté surnaturelle qui au bout des peines te feras luire. Lorsque tu glisses sur une pente raide, au risque d’être broyé dans la nuit. Surtout reste affable, car ne se hissent jamais au pinacle les esprits faibles. Cherche, en toi sont minées les solutions. Il t’a accordé la primeur dans sa création. Le voyage est tendancieux, la destination reculée mais les moyens palpables. Tu as le pouvoir d’imprimer ta marque indélébile en haut sur le tableau noir sans opposition. Alors recommence, jette aux orties ce faux pas car tu respires encore point de trépas. Rends lui grâce d’autres ont connu fortune diverse et sont coincés dans l’impasse. Souris, n’entends-tu pas tambouriner le bruit de ton salut à grands pas. Ceci était ta destinée, depuis ton premier souffle, tu avais le devoir de triompher de ce combat seul.

UNE INTERVIEW REALISEE PAR NFS

 

Thierno Souleymane Diop Niang sur 2STV – Chaîne de télévision sénégalaise

 

Reportage sur la cérémonie de signature du recueil dans le journal télévisé de la RTS… A la 25e minute de la vidéo

[:es] 

LA PRESSE PARLE DE NOUS

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Présentation du roman « Chatiments Névrotiques » de Dominik FOPOUSSI
Ed Diasporas Noires 2015

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« Le Cameroun, sur le divan » de Dominik FOPOUSSI
Par Valentin Siméon ZINGA*

L’amateur de roman doit s’y prendre par deux fois. Car, Si son attention est prise à défaut, s’il n’est pas attentif, il n’échappera peut-être pas à la charge de l’illusion que charrie le titre de cet ouvrage. Châtiments névrotiques, donne à première vue, l’impression d’être le titre d’un essai psychanalytique : un lointain écho à Sigmund FREUD, ou à Jacques LACAN. Mais à bien y regarder, ce titre semble suggérer un état clinique avéré, celui d’un système de gouvernance soumis au divan de l’auteur… Ce-dernier se sert volontiers d’un personnage central, Dégé, archétype d’arrivisme non dissimulé, avec ce qu’il recèle de tentation pour l’arrogance assumée, de goût d’extravagance assouvie ou contrarié , de penchant pour l’omnipotence tantôt fictive, tantôt effective.

Ce Dégé-là, Dominik FOPOUSSI s’en sert comme d’un authentique guide, pour nous conduire dans un édifice, qui comporte trois pièces et autant de clés d’accès : politique, éthique, et esthétique.

L’espace politique, met en scène, un pouvoir en place travaillé par sa perpétuation, tout entier dévoué à un « chef central » ; sorte de démiurge auquel les créations et les créatures doivent soumission et allégeance absolues. Les destins les plus enviables s’y nouent autour des combinaisons relationnelles les plus alambiquées, porteuses elles-mêmes de combines les plus notoires. S’y révèlent aussi : le recours à une répression féroce des dissidences avérées ou soupçonnées, l’enrégimentement et la domestication des poches de rébellion animées par des forces d’opposition poussées vers de douteux compromis, ou contraints à de spectaculaires compromissions.

Les univers carcéral et policier dont l’auteur livre par le menu, une saisissante description, et les codes de fonctionnement, témoignent à suffisance de l’arsenal répressif en vigueur. Pas seulement : ils accueillent des personnalités, figures emblématiques du système, affrontant une déchéance aussi brutale qu’inattendue, par suite du déclenchement de procédures relatives à des dossiers touchant à la gouvernance, ou présentés comme tels…
De quoi faire irruption dans le coin éthique de ce roman. Les atteintes à la fortune publique par les personnalités à divers titres et niveaux de l’appareil ‘Etat, ouvrent le procès à tiroirs d’une élite gagnée par la corruption qui gangrène le sérail, adepte d’un hédonisme jouissif et débridé, avec ses trahisons, ses félonies, ses mœurs littéralement dissolues. Un vrai sport national. La privatisation du patrimoine collectif dont les techniques sont connues de tous, prospère sous les regards approbateurs de ceux qui s’y adonnent, et ceux, envieux et impuissants de la multitude réduite à une misère autant rampante qu’implacable. Et le sursaut moral de Dégé, soudain porté vers des actes de charité une fois emprisonné, n’y change absolument rien.

Ce puzzle, dont les pièces sont rassemblées à fleurs de lignes, n’est finalement accessible grâce à un art consommé de la mise en récit. Reviennent alors en surface, ces mots de Jean-Paul SARTRE, dans Qu’est-ce que la littérature ? : « Bien que la littérature soit une chose et la morale une tout autre chose, au fond de l’impératif nous discernons l’impératif moral ». (SARTRE, 1948 : 69)

Avec une telle contiguïté, nous voici au seuil de la pièce esthétique de ce roman. Il nous tarde d’y entrer. Nul ne s’étonnera du caractère haletant du récit, rendu palpitant par le truchement d’un style…châtié, d’une écriture qui alterne phrases courtes et longues. L’intrigue tient bien sûr en haleine le lecteur de la première à la dernière ligne. L’auteur joue d’une pluralité d’outils, qui valent autant de figures de styles : ici la litote succède à la prétérition ; là, l’ellipse côtoie l’hyperbole la plus parlante, ou l’allusion la plus signifiante. De sorte que, parfois, il arrive de suggérer que le personnage central,- Dégé pour ne pas le nommer-, est la métonymie d’une déchéance et d’un désarroi collectifs. A l’évidence, l’auteur est bien prisonnier de ses Humanités et n’a rien oublié des principes de l’écriture journalistique qui vous enserre insidieusement le long d’une vie. Qui lui en vaudrait pour cela ?

Même si écrire c’est, en un sens, dévoiler, le Cameroun se donne à voir, sans fards ni artifices, sous cette plume joyeuse et néanmoins désabusée, par son « opération épervier », jamais à l’abri de l’intrication du politique et du judiciaire ; ses politiciens véreux travaillés ou mus par de si primaires passions et le peu de cas fait au sens de la République ; et à ses misères tenaces qui libèrent un imaginaire riche de ses bricolages, mais toujours condamnées à l’impuissance.
Alors oui, subir ces châtiments névrotiques est un vrai régal. Voilà le terrible oxymore que sa lecture nous inflige.

*Journaliste à la périphérie
Châtiments névrotiques, 2015
Editions Diasporas Noires, Collection Vies, 208 pages

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Article de la Muse d’Or sur Pha Thiello auteur du receuil « Mon Rêve – La paix dans le Monde ».

Pha Thiello : l’art tri-omphe !

Il porte ses trois casquettes et garde bien les épaules tranquilles sans vaciller. Comment fait il ? Quand on le lui demande, il se contente de sourire. Un sourire timide. On ne saurait jamais comment il arrive parfaitement à marier ses trois femmes. Car Alpha Baidi THIELLO dit Pha Thiello, est un prêtre de l’art et de le culture. Il porte la peinture, la musique et l’écriture comme s’ils ne faisaient qu’un seul. Je cherchais un peintre et je l’ai rencontré dans toute sa dimension d’artiste !

Si vous cherchez un artiste polyvalent au Sénégal, demandez moi de vous mettre en relation avec un certain Pha Thiello. Artiste peintre de son état, guitariste triplé d’un écrivain-poète, la peinture le connaît depuis qu’il est adolescent. Adepte de la sérigraphie alors qu’il n’est que dans la vingtaine, c’est Ibrahima Thiaré dit « Jams » son frère aîné, qui lui apprend à tenir le pinceau et à mélanger les couleurs. La passion dans le talent, il apprend vite. Près de 10 ans plus tard, il organisera sa propre exposition.

Sa première toile, c’est en 2003 qu’il la tire de ses grandes mains. L’artiste lui donne de belles couleurs chaudes, et la dénomme « complémentarité » en guise de sa contribution à la cohésion sociale au Sénégal. A travers elle, Pha veut expliquer l’importance des autres, dans une société qui tend vers l’individualisme et où les rapports de forces sont cruels. Pha, qui commence ses premiers coups de pinceaux, émancipé de la tutelle de son maître se définit cependant comme un artiste parnassien. « L’art pour l’art », défendu par ce genre artistique originairement littéraire, ne séduit pas seulement ce jeune artiste. Il va aussi envelopper ses créations pour en faire un moyen d’expression privilégie. L’Afrique, le village, la beauté ainsi que d’autres thèmes de prédilection vont s’immortaliser entre les lignes de Pha Thiello qui souhaite donner vie à sa passion et libre cours à son inspiration. Il ne mutile pas ses envies et se laisse séduire par la muse.

Sa première exposition le ramène dans ses origines. Natif de Tamba certes, il a grandi à Kaolac, une grande ville située à 189 kilomètres au sud-est du Sénégal. Une région mythique qui accueille régulièrement de grands événements artistiques. L’alliance France-Sénégal qui l’invite avec plusieurs autres artistes, lui donne l’occasion de faire valoir son talent. C’est une aventure satisfaisante qu’il va reconduire, au cours des biennales organisées dans le pays et qui seront d’ailleurs pour lui, des expériences enrichissantes au fil des années.

L’oiseau, après avoir apprit à voler en groupe, tentera bravement de voler de ses propres ailes. Le résultat s’avère concluant lors de sa première propre exposition. Pha présente une collection multi-colorée riche et diversifiée qui séduit le public. 16 tableaux présentés au public. Zéro retourné. Pha ne regrette pas d’avoir exposé à la galerie Nubi Art.

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Crédit photo: Pha Thiello

En dépit de la pseudo tiédeur de l’environnement du pays, Pha est un artiste qui s’ennuie pas. Quand son pinceau se repose, ce sont deux autres choses qui le servent. Sa plume pour écrire et sa voix pour chanter. Mais qu’est ce qu’il écrit et qu’est ce qu’il chante ? Pour ceux qui se le demandent, sachez que Pha est aussi guitariste et écrivain poète. Son recueil de poèmes, sorti en 2012 et qui s’intitule « Mon rêve : la Paix dans le monde » a été publié à la maison « Diaspora Noires ». Ce recueil qui est une hymne à la paix et la lutte pour une justice sociale, retrace les rêves d’un jeune homme qui aspire au bien être social et surtout à celui des enfants du monde. Des qualités que vous retrouverez lorsqu’il prends sa guitare et vous chante « J’en ai marre j’en ai marre !! J’en ai marre j’en ai marre !! De voir tous ces enfants, qui meurent de faim … ».

Amoureux des couleurs chaudes, il me confie : « Je les sens mieux que les couleurs froides . Ce qui explique qu’il y a beaucoup de rouge, orange, jaune dans mes toiles ». En effet,Ce n’est pas un hasard, si l’on retrouve des couleurs chaudes dans ses créations puisque ce natif de la région de Tamba, habitué à ses 42 degré de chaleur, a également grandit à Kaolac où la température atteint souvent les 45 degrés. Une chaleur qu’il va exploiter dans son travail en s’employant à valoriser ces couleurs qui disent si bien ses origines à travers un très beau rendu de sa végétation, des rires de ses enfants, de son quotidien et surtout des courbes généreuses de ses splendides femmes.

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Crédit photo : Pha Thiello

Même si peu d’artistes déclarent vivre de leurs arts, Pha demeure franc. Toutefois, il n’occulte pas les épines du métier et déplore quand même la mauvaise visibilité des tableaux africains et en occurrence du Sénégalais. Mais Pha est maître de son art. Il essaie de prendre exemple sur certains de ses devanciers à qui il témoigne une profonde admiration et une infinie gratitude.

Pour lui qui se contente d’aimer passionnément et continuer avec détermination ce qu’il aime, la peinture est un art qu’il faut vivre pleinement dans toute la douceur de ce qu’il inspire. Son crédo ? Peindre pour peindre. La vraie peinture selon lui, commence par là. La vocation sociale n’étant qu’une seconde option. « Je peins pour combler d’abord mes envies en insufflant aux autres, le meilleur et la beauté qui sort de moi » et comme il le dit, « si vous peignez un tableau qui n’est pas beau à voir, vous aurez très peu de personnes qui l’apprécieront. Cependant s‘il est beau, il sera un tremplin pour véhiculer un message ».

Dans un pays ou les peintres sortent difficilement, Pha peut dire qu’il tient les deux bouts. Depuis sa dernière exposition, c’est un moment de silence qu’il consacre à l’écriture de scénarios et de poèmes. Le triple artiste envisage diversifier sa créativité et explorer d’autres pistes.

Avec près d’une vingtaine d’année au service de la peinture, Pha s’invite à plusieurs projets. Sollicité par le Cap Vert depuis peu, il souhaite servir la peinture comme jamais en Afrique. Quand je lui demande de faire un choix entre ces trois particularités, il répond entre trois sourires différents « s’il y avait des branches à abandonner, j’opterais pour la poésie et la musique »; mais dans un futur proche, l’option que je lui propose n’est pas négligeable selon lui. Celle de mettre ces deux autres talents au profit de la peinture afin d’offrir la meilleure version de lui, à ses milliers de fans qui le découvrent chaque jour sous un nouvel angle sur les réseaux sociaux.

Pha qui n’a encore pas gagné de prix croise d’abord les doigts sur ses projets. Il se contente de peindre pour le bonheur d’exprimer ses sentiments dans un premier temps :« Je ne peins pas pour gagner des prix, mais pour le plaisir de peindre. Mes admirateurs m’en donnent chaque jour et moi-même je le fais en m’investissant de la plus belle des façons dans ce que je fais. Car peindre avec l’amour de plus d’un millier de personnes qui vous suivent chaque jour, c’est un véritable bonheur et une véritable chance !!! »

Les projets de voyage dans un futur proche représentent pour notre triple artiste, un tournant décisif dans une carrière qu’il espère fructueuse. Quand il a du temps, il donne des cours de guitare. Maître à son tour, il enseigne les bases de la peinture à près de dix jeunes qui s’en sortent aussi bien. De plus, il envisage ouvrir une école de peinture afin d’initier les plus jeunes. Sa contribution pour l’essor de la peinture en Afrique et plus particulièrement au Sénégal prendra véritablement forme d’ici peu. Artiste idéaliste, il est épris de paix, et le véhicule dans ses chansons et ses œuvres picturales. Plus de 10 ans qu’il est à pied d’œuvre, et espère « peindre pour peindre », pour le bonheur de ses pairs !

Propos recueillis par Siamlo Victoria

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Article du CAMEROON TRIBUNE sur le livre « Châtiments névrotiques » de Dominik Fopoussi.

Frime et châtiments

La chute et la possible rédemption d’un ex-puissant meublent « Châtiments névrotiques », roman de Dominik Fopoussi.

Par Alliance NYOBIA

Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé n’est pas forcément fortuite. De fait, Dominik Fopoussi se sert du permis d’inventer, que chaque romancier doit détenir quelque part, pour flirter avec l’excès de vitesse en la matière. Ou pas. Parce que pour le coup, le fruit de l’imagination de cet ancien journaliste semble nourri à la sève de la réalité, fruit porté par un arbre dont les racines s’enfoncent loin dans le sol fertile du vécu collectif.

Résumons. C’est l’histoire d’un directeur général de société d’Etat qui se retrouve un jour en difficulté avec la justice pour mauvaise gestion. Ça vous parle ? Et donc le fameux Dégé (c’est le nom du personnage principal), appellation également déclinée en « Directeur généreux », va perdre sa liberté pour avoir pris des libertés avec la fortune publique.

Si la chute d’un homme n’est pas la fin de sa vie, pour reprendre l’expression d’un chanteur populaire, cette dégringolade peut être douloureuse. Passer d’une demeure luxueuse, à un cachot infect, pour qui était par ailleurs abonné aux grands palaces de ce monde, c’est mourir plusieurs fois. Dégé, ancien homme de pouvoir, sera ballotté comme un fétu insignifiant dans la spirale de l’humiliation. Pour atterrir lourdement en prison, sans grand espoir d’en sortir de sitôt.

Il est clair que Dominik Fopoussi s’est inspiré, au moins en partie, de l’actualité locale de ces dernières années, sur le front de la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics. On ne citera aucun oiseau de proie, mais les ailes et les serres d’un certain rapace se dessineront aisément dans l’esprit du lecteur, au fil des pages de ce roman qui en compte 206.

D’autres travers sociaux sont relevés, souvent grossis jusqu’à la caricature. L’usage du permis d’inventer, sans doute. Sauf que parfois, les choses s’enchaînent un peu vite. Les personnages et leurs trajectoires débarquent à grande vitesse, au point quasiment de s’entrechoquer dans leurs apparitions. Mais bon, tant qu’il n’y a pas collision frontale, personne ne songera à retirer son permis d’auteur à l’ancien reporter du « Messager ».

– « Châtiments névrotiques », Dominik Fopoussi, Diasporas noires, novembre 2015.

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Article du Soleil quotidien national sénégalais sur la présentation du livre « Une Africaine au Japon » de Nina Wade au Musée de la Femme Henriette Bathily le 8 avril 2017.

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« Une Africaine au Japon » de Nina Wade

Interview par Sada Kane dans « Impressions » sur la 2STV 

 

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Demain… Une autre Afrique de Bocar Gueye

Interview par Pape Ale Niang dans « Ça me dit Mag » sur la 2STV 

 

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L’enigme du zèbre de Mpata Nse

Interview de Christian Eboulé sur TV5 Monde 

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Camer.Be publie l’interview donnée par Chantal Epee à diaf-tv.info 

Chantal Epee:camer.be

FRANCE- CAMEROUN DIASPORA,CHANTAL EPEE SUR DIAF-TV  » JE SUIS VISCÉRALEMENT ATTACHÉE À L’HUMAIN ET À L’AFRICAIN EN PARTICULIER »

Invitée de Note de lecture Critique du Livre(NLCL) sur Diaf-tv, Chantal Épée, diplômée en psychologie et en science politique, « l’être Écrivant » comme elle aime se définir, passionnée par les arts et cultures d’Afrique et de ses diasporas, poétesse loquace au verbe haut, juste et profond s’est racontée aux cotés de Pierre-Giscard Eteki.

Elle nous parle de ses deux recueils de poésie ( Alm’Africa et Eclats d’Ame) parus le mois de septembre dernier aux Editions Diasporas Noires, mais aussi de son engagement citoyen et humain à l’éveil des peuples opprimés, de la Femme africaine.

Nous vous proposons de savourer ci-après, l’intégralité de ce moment riche sur le plateau de Diaf-tv avec cette poétesse profonde aux analyses pertinentes.

http://www.camer.be/46287/11:1/france-cameroun-diaspora-chantal-epee-sur-diaf-tv-34-je-suis-visceralement-attachee-a-lhumain-et-a-lafricain-en-particulier34.html

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Hulo Guillabert, Panafricaniste et directrice des éditions Diasporas noires : «Nous organiserons bientôt le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis»
Hulo Guillabert, Panafricaniste et directrice des éditions Diasporas noires : «Nous organiserons bientôt le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis»
Par Aïssatou LY   le 10 July 2015

Vêtue humblement d’un orange marié au noir, Hulo Guillabert accueille Le Quotidien dans sa demeure à Mermoz. L’activiste, d’un certain âge, est connue pour ses idées fortes et son engagement sans égal pour la cause africaine. Elle est née et a grandi au Sénégal puis est partie vivre en France avec son mari. Hulo y a occupé des postes de responsabilité, d’abord consultante, chef de projet Ntic au sein de  grandes organisations et structures comme Orange, Sfr, Edf ou La poste… Mais après des dizaines d’années de vie en France, Hulo Guillabert revient au bercail en 2009. Elle crée son cabinet de consultance à Dakar, qui ne donne pas les fruits escomptés. Elle repart alors à Montréal, mais l’amour pour ses souches africaines est plus fort que tout. Elle revient alors en 2012, cette fois-ci pour réaliser ses rêves. La panafricaniste abandonne ainsi sa carrière de consultante pour se consacrer à une autre plus noble à ses yeux : s’engager pour l’Afrique et pour la culture africaine. Elle crée à ce titre, une maison d’édition numérique Diasporas noires ainsi que la Revue des bonnes nouvelles.

Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir éditrice ?
C’est suite à un fait qui m’a profondément marquée, Sylvia Serbin, une Martiniquaise, auteure du livre Reines et héroïnes d’Afrique, a vu son livre massacré et falsifié par une maison allemande qui l’a traduite en y insérantune vision raciste de l’Afrique. Elle a porté plainte, mais n’a pas obtenu gain de cause. Vous imaginez, son livre circule encore aujourd’hui avec son nom et des idées qui ne sont pas les siennes ! Au regard de ces faits, j’ai pensé que les Africains devaient arrêter de se faire éditer par les Occidentaux.Car nos intérêts sont divergents. Eux, leurs intérêts c’est de prolonger leurs propres visions des Africains et de l’Afrique, le misérabilisme, notre soi-disant incapacité de s’en sortir sans leur aide… Je dis souvent : écrivons nous-mêmes notre Histoire et nos histoires. Donnons notre propre version des faits sans les dénaturer par le miroir que nous tendent les autres… Nous avons déjà entendu la version de la chasse donnée par les chasseurs, écoutons la version des lions à présent, il est temps !

Pourquoi avoir choisi le nom Diasporas noires pour votre maison d’édition numérique ? 
C’est Diasporas noires  avec un «s» à la fin. Je ne parle pas que de l’Afrique, mais aussi de ses diasporas, l’ancienne qui date de plusieurs siècles comme la plus récente. Les Africains et les afro-descendants sont dispersés à travers le monde, et Diasporas noires  veut promouvoir leurs écrits et leurs talents.

Pourquoi avoir investi le créneau du numérique et pas celui du livre en papier ?
Il ne faut pas faire d’opposition entre ces deux supports. Je lis moi-même toujours des livres en papier. Mais le numérique est un grand défi pour l’Afrique. Quand j’étais à Montréal, je voyais les étudiants dans le métro qui lisaient avec des liseuses. Ce sont des sortes de tablettes sur lesquelles ils peuvent mettre jusqu’à 100 livres et se balader avec. Lire où ils veulent. Qui peut déambuler avec 100 livres en papier ? Il faut que l’Afrique utilise toutes ces innovations technologiques aussi pour avancer… C’est un pari très important ! A ce propos même j’animerais en juillet une conférence sur «L’Afrique Numérique… Et nos bibliothèques ne brûleront plus».

Qu’est-ce qui explique votre retour au Sénégal ? Avez-vous ressenti le mal-être en Europe ?
Non, pas du tout. Je suis quelqu’un qui a une grande force de caractère. Je m’impose là où je suis. Mon père me disait tout le temps «qui se sent exclu, est exclu». C’est pourquoi je ne me suis jamais sentie exclue en Europe. Par contre, quand l’amour de la Patrie domine tout, on n’a pas le choix. J’ai décidé d’être là en Afrique, de vivre avec mes frères africains même si parfois ce n’est pas facile après autant de temps d’absence.

Que ressentez-vous alors face à ces migrants africains qui quittent leurs pays à la recherche de l’Eldorado en Europe ?
Je vais être franche et vous dire que je ressens de l’impuissance face à ces vagues de migrants. Je n’ai pas de solution et c’est d’autant plus triste que les dirigeants africains ne réagissent pas. La seule chose que je peux faire, c’est d’essayer de conscientiser les jeunes. Pour leur dire que l’Afrique a sa jeunesse, ses ressources, sa richesse et peut s’en sortir par ses propres moyens. L’éducation de nos enfants est très importante et elle est vraiment à refonder. Notre système d’enseignement, hérité de l’Occident, n’a pas changé. Nos livres scolaires sont rédigés en Europe, et érigent l’Occident comme modèle en tout. Nos enfants apprennent les grands hommes d’Europe et pas les nôtres comme Cheikh AntaDiop, pourtant un grand savant. Ce que l’on met dans la tête de nos enfants est tout à fait erroné. Je mène un travail de conscientisation pour dire aux Africains d’arrêter de regarder l’Europe comme un Eldorado. C’est dans ce cadre que j’ai créé la Revue des bonnes nouvelles Afrique pour rehausser leur estime de soi.

Vous défendez toujours le panafricanisme. Comment le vivez-vous ?
Mon panafricanisme je le vis tout le temps. Je suis 100% africaine et je revendique le concept d’africanité toutes les minutes de ma vie. En guise d’exemple, je vous raconte une anecdote. Au Sénégal, la majeure partie des propriétaires des grands restaurants sont des étrangers. Avec une amie, nous voulions organiser un jour un dîner. Nous nous sommes renseignées pour trouver un restaurant un peu classe, dont le propriétaire est Africain. Là, nous ne parlons pas de couleur de peau, mais de sentiment d’appartenance à l’Afrique. C’est une manière de les soutenir, car ils ne sont pas nombreux à Dakar par manque de moyens. Les étrangers ont eux, de grands moyens et repartent avec leur argent dans leur pays… On doit être solidaires et consommer africain pour préserver notre patrimoine et notre culture. C’est comme cela qu’on développera le continent. L’indépendance commence par l’Art et la Culture.

Aujourd’hui on parle de panafricanisme, alors qu’il est impossible pour un Sénégalais de se rendre au Gabon ou au Congo sans visa. Pensez-vous que vivre le panafricanisme est possible ?
Oui je garde bon espoir que ce rêve va se réaliser bientôt. Je suis afro-optimiste. Aujourd’hui les Africains sont de plus en plus conscients qu’ils ne peuvent aller vers un développement sans mutualiser leurs forces. D’ailleurs qui nous a imposé ces barrières ? N’est-ce pas au sortir de la conférence de Berlin que ces barrières ont été instituées par les colons ? L’Afrique, elle ne connaissait que les grands empires. C’est scandaleux que l’on nous impose encore aujourd’hui ces lignes de démarcation. Le milliardaire africain, Ali Dangoté, le déplore souvent dans ses interviews. Et je trouve qu’il a raison, il faut un changement de paradigme.

Vous dites : «Je suis une afro-optimiste revendiquée et assumée.» Cela sous-entend quoi ?
On avait l’habitude de voir une Afrique misérable entre guerres et corruption et autres fléaux. On ne montrait que des images négatives d’elle. J’ai alors réalisé ce concept de Revue des bonnes nouvelles d’Afrique  et d’afro-optimisme. Pour dire qu’en Afrique, il y a aussi beaucoup de bonnes nouvelles, des jeunes bouillonnants, décomplexés, créatifs et qui inventent des tas de choses incroyables…

Partagez avec nous le concept Nubi-Arts ?
Le Nubi-Arts c’est un espace culturel. Il y avait un restaurant africain, une galerie, une boutique et une salle de conférences. J’y animais des ateliers d’écriture et d’autres manifestations musicales ou autres. Mais j’ai dû le fermer en janvier parce que les charges étaient devenues trop lourdes et je ne disposais d’aucune aide financière. Je voudrais le réinstaller au Monument de la Renaissance, mais pour l’instant, il y a des contraintes administratives.

On vous présente comme la «Mama Africa», dans quel sens prenez-vous ce compliment ? 
C’est un grand compliment ! C’est Myriam Makéba qui était gratifiée de ce surnom donc je me sens très honorée et ça m’encourage à aller de l’avant dans mes combats pour une Afrique unie et solidaire, dans l’esprit ubuntu : «Je suis parce que nous sommes.»

Vous êtes aussi auteure. Dans votre premier roman, Dior, le bonheur volontaire,  quels sont les thèmes que vous évoquez ?
C’est un roman autobiographique où je raconte dans la première partie, mon enfance et dans la seconde, l’histoire de mes parents de manière un peu romancée. En fait mes parents étaient de religions différentes, mon père catholique, ma mère musulmane. Dans le livre, Dior et Edouard étaient jeunes et pensaient vraiment pouvoir vivre une vie heureuse. Mais c’était sans compter avec l’opposition familiale, doublée par le regard de la société qui condamne tout mariage entre un catholique et une musulmane. C’était mal vu, et malgré leur lutte, la communauté a finalement eu raison d’eux puisqu’ils divorceront.

Quel regard portez-vous sur la femme africaine, ses conditions de vie et son avenir ?
Les femmes et les enfants sont les plus faibles de la société, il nous faut les protéger contre les prédations de toutes sortes. La femme africaine doit être libre et entrer massivement dans les instances de décision, afin de participer pleinement à l’évolution de l’Afrique et à son unification.

Vous êtes aussi engagée dans la lutte contre la mendicité. Comment menez-vous le combat ?
Le combat contre la mendicité des enfants, est un combat que je mène depuis longtemps. Même quand j’étais à l’Ile de la Réunion, j’organisais des évènements et les fonds récoltés je les envoyais au Sénégal pour aider les enfants mendiants ou pauvres. J’ai créé le collectif «Doyna-Stop à la mendicité des enfants» parce que je pense que la seule solution c’est de les libérer de la rue. Ce collectif demande à l’Etat d’accélérer le processus de mise en place des daraas modernes et aux maîtres coraniques de se concerter pour revenir avec leurs propositions au plus vite. Afin qu’on les sorte définitivement de là où ils sont, à la merci de tous les pervers et de toutes les maladies.

Quel regard portez-vous sur la culture au Sénégal ?
A vrai dire, je ne m’occupe pas particulièrement de la culture sociétale, mais plutôt de la culture au sens artistique. Je suis très admirative de la création des artistes sénégalais, des écrivains, etc. Cependant, je trouve qu’il y a un problème au niveau institutionnel. Car la culture est le parent pauvre au Sénégal. Il n’y a pas beaucoup de subventions, le milieu artistique se débrouille seul souvent. Par exemple, les subventions ne sont pas adaptées pour l’édition numérique à la Direction du livre, les conditions qu’ils posent sont les mêmes que pour l’édition classique, alors que l’édition numérique est bien moins chère. C’est dommage, car on pourrait créer plus de maisons d’édition numérique et donc éditer beaucoup plus de livres avec peu d’argent.

Si l’on vous proposait le poste de ministre de la Culture, que changeriez-vous alors ?
Rires… Il faudrait d’abord que le gouvernement qui me le propose soit vraiment libre par rapport aux prédateurs extérieurs de l’Afrique pour que j’accepte ce poste. Et si c’était le cas, je mettrais plus l’accent sur les idées et les comportements pour changer les choses en profondeur. Le problème avec nos gouvernants, c’est qu’ils pensent que c’est l’argent seul qui résout les problèmes. Mais ce sont les idées et les comportements qu’il faut d’abord changer. Je parle souvent de changement de paradigme et de changement de conscience.

Quels sont vos projets actuels ?
Mon principal projet c’est celui de transmission à la jeunesse. Je prévois d’animer plusieurs conférences : l’Afrique unie, l’Afrique numérique, l’Afrique optimiste. Je suis invitée en novembre au Salon du livre en Martinique. Je dois me rendre au Gabon dans quelques mois.Donc je veux porter le message aussi dans la diaspora et partout en Afrique. Et je suis également membre d’un comité d’initiative pour organiser le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis. Ce projet est bien avancé et je suis très fière d’en faire partie.

aly@lequotidien.sn

Source : http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/hulo-guillabert-panafricaniste-et-directrice-des-editions-diasporas-noires-nous-organiserons-bientot-le-premier-grand-congres-panafricain-pour-une-afrique-federale-et-les-etats-africains-unis

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tenariat avec l’Institut culturel Panafricain et de Recherche (ICPR) de Yène, une conférence sur le thème de la décolonisation, du panafricanisme et de la renaissance culturelle en Afrique au Monument de la Renaissance africaine à Dakar

Hulo Guillabert, activiste panafricaine, consultante internationale

Hulo Guillabert

«L’Afrique n’est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie…»

Africaleadnews – (Dakar)  

Sa frimousse est désormais reconnaissable entre mille. Grande silhouette légère, Hulo Guillabert a choisi la rue du peuple indigène après une vingtaine d’années à l’étranger. A Dakar comme un peu partout dans la sous-région, ses nombreuses activités d’activiste commencent à faire du bruit. Dans cet entretien, l’écrivain éditrice, fondatrice de la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique, revient sur les problèmes de l’Afrique, sur ses relations avec l’Occident. Elle parle, par ailleurs, de son optimisme quant à l’avenir du continent africain.

 

Hulo Guillabert, pouvez-vous rappeler votre parcours aux lecteurs d’Africaleadnews ?

Je suis née au Sénégal. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 21 ans, et après 30 ans d’absence, j’ai fait le choix de revenir y vivre en 2012. J’ai vécu un an et demi à Abidjan, 20 ans à Paris, près de 8 ans à la Réunion, un an et demi à Montréal…

J’ai abandonné une carrière de consultante-chef de projet NTIC auprès des grandes entreprises françaises pour devenir éditrice, écrivain, promotrice culturelle et activiste du panafricanisme. En somme, j’ai choisi l’art et l’Afrique.

Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à revenir vous installer au Sénégal et à créer les éditions «Diasporas noires» entre autres projets à thématique panafricaine ?

Les dernières années, l’exil me pesait de plus en plus. Je revenais au Sénégal quasiment deux fois par an et repartais la mort dans l’âme. Et puis à un moment donné, j’ai pris la décision de m’engager pour l’Afrique et j’ai pensé qu’il fallait que je fasse ce geste militant très fort de revenir y vivre quelles que soient les difficultés auxquelles je serai confrontée car après tout, les Africains avaient les mêmes problèmes.

J’ai eu l’idée de créer Diasporas Noires Éditions après avoir assisté au scandale de la falsification du livre de Sylvia Serbin «Reines et héroïnes d’Afrique» et j’ai pensé que les Africains devaient s’éditer eux-mêmes. Éditons nous-mêmes,  nos histoires et notre Histoire ! Diasporas Noires est et restera donc 100% africaine !

Comment vous est venue cette vocation artistique ?

Depuis l’âge de 8 ans, j’étais une grande lectrice. Mais je me sentais aussi un écrivain. A l’école, au lycée et partout où je passais, les enseignants montraient une admiration non dissimulée pour mes textes qui étaient lus systématiquement à toute la classe. Je raconte cela dans mon roman autobiographique «Dior – Le Bonheur volontaire». J’écris tout le temps dans ma tête. Je pense qu’être écrivain, c’est un état d’être permanent et non choisi, ce n’est pas un rôle que l’on peut endosser ou jouer. Je pense qu’on nait écrivain ou peintre même si cela peut se révéler tard dans notre vie. J’étais aussi très bonne en dessin. D’ailleurs adolescente, je dessinais mes robes. J’ai toujours senti en moi une fibre artistique dans beaucoup de domaines.

Qu’en est-il exactement du Nubi-arts restaurant-galerie ?

Le Nubi-Arts est un concept d’espace socioculturel et restaurant africain auquel je tiens beaucoup et qui avait un grand succès d’estime. J’en étais très fière mais j’ai dû fermer en janvier car on avait de trop lourdes charges, n’ayant aucune aide ni subvention, ni aucun partenaire financier. Je souhaite le réinstaller dans un emplacement plus approprié, plus fréquenté avec des charges réduites mais je n’ai pas encore eu la possibilité de le faire. « J’avais trouvé un magnifique emplacement mais malheureusement c’était administrativement compliqué car sur un site géré par l’Etat ». D’ailleurs, il faudrait que j’écrive à la mairie de Dakar ou au ministère de la Culture pour trouver un lieu pas trop cher. Je pense que ce genre de concept devrait se développer pour promouvoir l’art africain par les Africains eux-mêmes et ne pas laisser ce monopole depuis 50 ans aux instituts et centres culturels étrangers. La véritable indépendance commence par la Culture et l’art.

Comment comptez-vous élargir ou développer ces projets ? Avez-vous des partenaires ?

Non ! Je n’ai pas de partenaires parce que c’est très difficile de bien s’entendre avec des gens, d’avoir la même vision et de se faire confiance dans des relations d’argent. Il est vrai aussi que je suis du genre à ne pas trop savoir faire de concessions en ce qui concerne ma vision des choses. (Rires).

Pensez-vous réussir ce pari dans le contexte d’une Afrique, régulièrement, secouée par des tragédies d’ordre socio-économique ?

C’est vrai que le contexte n’est pas facile, de plus l’art en général, la littérature en particulier ne sont des priorités pour personne en Afrique. Je parle des Etats et des gens. Je mets en œuvre mes idées avec mes fonds propres, je me ruine souvent. (Rires). Mais je suis heureuse quand même d’y parvenir, de démontrer que c’est possible. C’est une grande satisfaction d’avoir créé la maison d’édition Diasporas Noires, d’avoir créé le Nubi-Arts, des concepts avec une vision africaniste bien marquée qui peuvent servir d’exemples aux jeunes Africains.

Que pensez-vous du drame qui s’est récemment produit en Méditerranée notamment avec le naufrage de plus de 500 migrants africains ?

Je pense à leurs mères, leurs parents et je me sens anéantie et impuissante face à cette volonté que les jeunes ont de rejoindre coûte que coûte l’Europe. Il y aura beaucoup à faire pour changer cette mentalité. Les jeunes Africains doivent pouvoir rester en Afrique et y vivre prospères et en paix. L’Afrique a de quoi nourrir tous les Africains si elle n’était pas systématiquement pillée. L’Afrique n’est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie notamment avec le franc CFA et les nombreuses multinationales qui y règnent sans partage. Qu’ils nous laissent tranquilles et peut-être que bientôt, plus aucun Africain n’aura envie d’émigrer. Qu’ils nous laissent tranquilles et nous pourrons enfin prendre notre destin en main !!! Mais je pense que c’est trop leur demander car eux-mêmes jouent leur survie. Donc il va falloir se battre contre ses prédateurs de l’Afrique et sauver nos fils de la noyade.

Quelle devrait être, selon vous, la réaction des dirigeants africains devant une telle situation ?

Pour moi, les dirigeants africains surtout francophones ne lèvent jamais le petit doigt pour arrêter ces drames qui se déroulent depuis des années sous leurs yeux. Les entendez-vous ? Prennent-ils des mesures ? Anticipent-ils sur ces drames prévisibles ? Non !

Je suis désolée de le dire mais ces dirigeants-là ne sont jamais sur le registre du bien-être de leurs peuples. Nos fléaux et nos catastrophes passent et ils sont là, sourds, muets, aveugles. Parfois ils font des promesses circonstancielles et puis ça passe et on passe à la catastrophe suivante. Voilà à quoi le peuple africain est confronté depuis 55 ans. Dommage qu’on ne puisse pas cloner Thomas Sankara. Mais je suis sûre qu’il y a des Sankara partout en Afrique qui attendent leur heure. Je suis optimiste.

Étant donné que vous voyagez beaucoup en Afrique, quelle politique sociale proposeriez-vous pour résoudre ce fléau ?

Malheureusement, je ne suis ni politique ni économiste. Il parait que c’est eux qui ont des solutions. J’avoue humblement que je n’ai pas de solution miracle à part être sur le terrain de la conscientisation du peuple africain, sur le front du changement de la conscience et de paradigme. Voilà pourquoi, j’ai créé en 2011 la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique pour dire à nos jeunes «Regardez comme l’Afrique est belle et riche, soyez optimistes, positifs. Vous êtes beaux, intelligents, ne laissez personne vous dire le contraire. Ayez confiance en vous, en l’Afrique. Les problèmes nous pouvons les résoudre !». À part les problèmes cités plus haut, je pense que nous avons aussi un déficit d’estime de soi et de manque de confiance en nos capacités. On nous dit depuis si longtemps que nous sommes nuls.

Que dites-vous aux jeunes Africains, en particulier ceux qui ont des projets et qui ne peuvent pas maintenant les réaliser sur place ?

Je pense que cet argent qu’ils arrivent à trouver pour payer les passeurs, cette énergie incroyable qu’ils déploient pour traverser tout cet enfer avant d’arriver en Europe, utilisés ici, feraient des miracles et leur permettraient de réaliser beaucoup de choses. Mais ces jeunes ne sont pas éduqués et personne ne les aident à voir cette évidence et à agir concrètement dans ce sens. Les Etats ne remplissent plus leur devoir d’éducation, les associations sont dépassées par l’ampleur de la tâche. Un discours de vérité doit aussi être tenu sur la réalité qui les attend sur le parcours et en Europe.

Les Africains de la Diaspora doivent être conscients de leur responsabilité quand ils reviennent en vacances pour étaler leur soi-disant belle vie en Europe. Il faut que cela cesse ! Que nous soyons tous responsables dans nos discours respectifs. Moi, quand je vivais en Europe et que je venais en vacances, mon entourage disait parfois avoir honte de moi car je ne m’habillais pas assez bien et je n’étalais pas ma richesse. J’avais tout le temps un discours dissuasif.

Quelles sont vos activités en tant qu’activiste ?

Elles sont nombreuses et variées. Beaucoup pensent que je me disperse, que je travaille trop. (Rires).

Je m’occupe de Diasporas Noires qui est une maison d’édition militante qui veut faire la promotion des écrivains afro-descendants partout dans le monde.

Je m’occupe de la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique qui met en avant des choses valorisantes en Afrique que les médias internationaux ne montrent jamais.

Je viens aussi de lancer des formations numériques culturelles notamment une formation pour créer une maison d’édition numérique.

J’ai beaucoup de pages Facebook que j’administre, dont un groupe qui compte 18 000 personnes avec des débats très denses et intéressants sur l’Afrique.

Je suis aussi dans des clubs panafricains où l’on réfléchit à des thèmes comme les États-Unis d’Afrique ou le Franc CFA.

Je me lance également depuis l’année dernière dans une activité de conférencière notamment sur trois sujets qui me tiennent à cœur : L’Afrique Numérique, L’Afrique Unie et L’Afrique Optimiste.

Le sort des albinos me préoccupe beaucoup et j’essaie de soutenir au maximum de mes possibilités mon amie Adrienne Ntankeu, présidente de l’association ANIDA Tous ensemble pour l’Albinisme.

Et pour finir, j’œuvre beaucoup au sein du Collectif Stop à la Mendicité des enfants que j’ai fondé en avril 2014 et nous faisons beaucoup d’actions d’éclat depuis un an pour sensibiliser la société et l’État sur ce drame humain. Nous avons fait un manifeste, beaucoup de manifestations et participé au Forum Social Africain en octobre dernier. Nous avons écrit une lettre ouverte au Président de la République. Notre prochaine manifestation aura lieu le 16 juin prochain, journée de l’Enfant Africain. Je lance un appel pour que tous les Sénégalais viennent montrer leur désaccord et leur honte face à ces enfants maltraités sous nos yeux.

De quelle manière les gens adhèrent à votre cause. Quelles sont les manifestations de solidarité ?

Les gens sont extrêmement bienveillants, solidaires avec moi alors que souvent, ils ne me connaissent pas. J’ai eu le cas d’un jeune Congolais qui était pion dans un lycée en France et s’était mis en tête de m’envoyer 50 ou 100 euros par mois de son maigre salaire afin de me payer une assistante. (Rires). J’en ai eu les larmes aux yeux ! Et puis le collectif a beaucoup de soutien, d’encouragements et de demandes d’adhésion. Mais nous refusons tous les financements d’où qu’ils viennent. Nous cotisons nous-mêmes car il nous faut rester intègre pour pouvoir mener ce combat difficile et ne pas nous faire récupérer.

Mais souvent, les jeunes me contactent à travers mon site ou sur les réseaux sociaux. Ils attendent de moi que je les conseille, que je les aide dans leurs actions, leurs associations ou autres. Je m’efforce de répondre à tous, mais parfois ce n’est pas facile de trouver le temps ou l’énergie. J’ai aussi beaucoup d’Africains qui veulent rentrer en Afrique et qui me demandent conseil.

Vous est-il arrivé de subir une quelconque pression ou d’être intimidée dans le cadre de vos activités ?

Bizarrement non ! Dans le cadre du Collectif Stop à la mendicité des enfants, on m’avait dit de faire attention mais non, aucune pression à signaler.

Quelles sont vos projections à court terme en tant que leader d’opinion et dans un contexte d’actes de citoyenneté ?

Il y a beaucoup à faire. Actuellement, je consolide ma maison d’édition et travaille à son expansion en associant des représentants d’autres pays d’Afrique, j’ai déjà un Camerounais qui nous a rejoint comme directeur de deux collections Savoirs et Résistances, une Congolaise qui a une superbe plume également, d’autres suivront bientôt. Je rêve d’une grande maison d’édition panafricaine dédiée au changement des consciences et des paradigmes en Afrique.

Je continue à travailler sur la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique qui a une audience dans les Diasporas Noires du monde entier.  On m’écrit du Japon ou d’Indonésie par exemple.

Et puis, ce département Diasporas Noires Formations que je viens de créer est aussi très important car il a l’ambition de promouvoir le numérique en Afrique, nous voulons former des jeunes acteurs socioculturels, des éditeurs, des promoteurs d’art à la maitrise des réseaux sociaux, à la culture numérique comme outil d’émancipation.
Nous voulons apporter notre pierre à la construction de l’Afrique Numérique.

Quelle est votre conception globale de la vie ?

Je vois la vie comme une série de situations que l’on doit transcender et qui nous font évoluer vers le meilleur. Donc pour moi, les Africains sont dans la phase d’évolution vers le meilleur après des siècles du pire. Pour moi, le 3e millénaire est africain malgré les apparences chaotiques actuelles. Notre tour est venu. Même si ce n’est pas encore visible pour tout le monde, c’est sous le capot. Moi, je le vois bien et j’y crois fermement.

Votre dernier mot ?

UBUNTU qui veut dire «je suis parce que nous sommes». Pour moi, c’est le mot symbole issu de la sagesse ancestrale africaine qui peut nous aider à réaliser les États-Unis d’Afrique. Je salue les lecteurs d’Africaleadnews et vous remercie infiniment pour l’intérêt que vous portez à ma vision et à mes combats.

Propos recueillis par Diouma SOW

www.diasporas-noires.com

Lu sur http://africaleadnews.com/hulo-guillabert-activiste-panafricaine-consultante-internationale/

 

 AYAA OPINION – PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015 : Hulo GUILLABERT Directrice de Diasporas Noires

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: #Hulo GUILLABERT, éditrice numérique des Diasporas Noires

 

Nous avons eu la chance de rencontrer Hulo Guillabert à Dakar en octobre dernier. Elle nous parlé de sa grande passion pour la culture et de son combat contre la mendicité des enfants au Sénégal. Il n’en a pas fallu plus pour être complètement sous le charme de cette femme qui se donne pour son pays et son continent. Elle se définit elle même comme une grande panafricaine et heureusement pour nous, il est de ces femmes fortes et actives sur lesquelles l’Afrique peut compter.

AO/ Qui est Hulo GUILLABERT ?

Je suis sénégalaise, née au Sénégal, j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 21 ans, et en 2012, j’ai fait le choix de revenir y vivre après avoir vécu plus de 30 ans à l’extérieur : 1 an et demi à Abidjan, 20 ans à Paris, 7 ans et demi à la Réunion, 1 an et demi à Montréal…

Et j’ai abandonné une carrière de consultante-chef de projet NTIC auprès des grandes entreprises françaises pour devenir éditrice, écrivain, promotrice culturelle, et activiste du panafricanisme.

AO/ Racontez nous l’histoire de Diasporas Noires ?

Malgré un métier assez « scientifique », je suis passionnée d’écriture et de littérature depuis l’âge de huit ans… Et en août 2011, alors que j’étais à Montréal, je suis partie du constat que selon de nombreuses études, 90% des manuscrits sont refusés par les maisons d’édition classique et je me suis dit que les statistiques concernant les Africains devaient être en dessous de zéro… Rires.

J’avais envie de m’engager pour l’Afrique, j’ai alors décidé de créer la maison d’édition Diasporas Noires, une édition numérique avec l’ambition d’en faire à long terme une grande maison d’édition dédiée au rayonnement du continent africain et de toutes ses diasporas à travers le monde, de plus une maison d’édition éthique, équitable et 100 africaine.

Et j’ai également créé la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique sur le même site, car je suis une afro-optimiste revendiquée et assumée…

Et malgré les circonstances actuelles, il y a beaucoup de bonnes nouvelles, croyez-moi… Je crois fermement en l’avenir lumineux de l’Afrique. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire l’article complet sur http://ayaa-opinion.com/portrait-journee-de-la-femme-08-mars-2015-hulo-guillabert-editrice-numerique-des-diasporas-noires/

 

 

Interview de Arezki Annaris Auteur Algérien du livre

 

 

Lire les pages 16 et 17 de ce magazine en suivant ce lien ICI

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Hulo Bayle Guillabert Directrice de Diasporas Noires

Interview paru AMINA d’avril 2013

 

Thierno Niang

 Interview paru sur  Wakhart  http://www.wakhart.com/thierno-niang/

J’ai rencontré Thierno, il y’a quelques mois de çà. Juriste et Producteur  de l’émission radio,Que proposent les jeunes. Il m’avait alors invité pour un débat sur l’industrie culturelle. J’avais bien apprécié ce moment, qui s’était avéré très enrichissant. Des semaines plus tard, Thierno, accompagné de Djibril Dramé, était venu visiter la Boite à Idée… Autour d’un café, nous avions échangé longuement. Aujourd’hui, à nouveau, de passage dans notre espace culturel, il est venu me parler de son autre casquette,  celle de l’écrivain.

  • Qui es-tu ? Comment te définis-tu ?

«Thierno Niang, C’est juste un jeune , passionné.  Et en effet, tous ce que je fais, j’y mets le cœur. C’est normal, je suis un artiste spontané. Il faut cumuler la passion et l’action. Je pense que je suis un artiste dans l’âme, parce que la culture et l’art m’interpellent. Pour moi il faut recentrer le processus de développement de notre pays dans la culture. »

  • Qu’est ce que c’est pour toi être artiste ?

« C’est d’abord, ne pas faire un art triste. C’est partager, c’est inviter  les autres à aller au-delà des apparences.  Etre artiste, c’est faire jaillir en soi des messages, qui souvent proviennent du profond de notre être ou d’un Etre supérieur.

  • La création a pour toi quelque chose de divin ?

« La créature même est  divine.. Donc naturellement tout ce qui émane de çà est divin. C’est juste un processus continu. »

  • Tu as sorti, il y’a un an, un recueil, est ce que tu peux m’en parler ?

«Oui, un recueil de Poésie, intitulé Lumières de la Renaissance. La poésie, c‘est mes premiers amours. Depuis que j’ai 16 ans, j’écris, j’observe. J’ai commencé par la poésie, même si je titille d’autres genres littéraires. La poésie est importante pour moi, c’est un genre littéraire pointu, qui nécessite  beaucoup de maitrise. »

Lumières  de la Renaissance est un recueil de trente-deux poèmes, qui aborde  différents thèmes, amours, familles, valeurs africains.

  • Comment tout ca a commencé ?

« Je vais te faire une confidence, j’ai commencé à 21ans par un roman, j’ai écris une dizaine de pages, et j’ai arrêté. Il est toujours dans ma boite mail. Ensuite, j’ai commencé un autre roman, que je n’ai pas terminé. Après je suis revenu à mes premiers amours, la poésie et j’ai écris…

Devant mes trente-deux textes, je me suis dis : Je dois sortir çà. Je suis allé vers une maison d’éditions sans grand résultat. Puis, j’ai rencontré une femme extra Hulo Guillabert.. Elle était alors au Canada, je lui ai fait transmettre le manuscrit, qu’elle a adoré et fait sortir en ebook. Le 10  Mars 2012, Nous avons fait la sortie de Lumières de la Renaissance à Douta Seck. Une belle cérémonie, avec Annette Mbaye Dernevil ainsi que le Directeur de cabinet du Ministère de la Culture, et Nafissatou Dioufqui a d’ailleurs préfacé le Recueil.

 

 

  • Un an et demi après la sortie, quel est le bilan? As-tu envi d’écrire d’autres choses ?

« En fait, tu sais dans la même veines, j’ai continué à écrire souvent  des articles. Si je dois me définir comme un poète, je suis un plus  engagé qui n’est pas très  lyrique. Meme si tout est sentiment,dans cette vie  . Mais il y’a d’autres choses qui me tiennent à cœur. Je suis un jeune sensible à ce qui se passe dans son environnement, dans son pays. Chaque génération a une mission.

  • Quelle est notre mission ?

« Changer les choses ! J’ai l’habitude de dire, qu’il faut imprimer un tampon évolutif  à son époque, pour valoriser son existence. On n’est pas là pour changer tout d’un coup de baguette magique, mais juste pour contribuer aux changements. Il faut le faire. Il ne faut pas se tenir à l’écart. Par effet d’entrainements, les choses bougeront. Telle une vague qui va déferler sur le Sénégal et le reste de l’Afrique. »

  • C’est quoi tes projets pour 2013 ?

« Y’a déjà une émission. Que proposent les Jeunes. ? , qui donne la parole aux jeunes. C’est ce qui manque ici, on définit la politique pour les jeunes, sans les associer, ni leur demander leur avis. Il serait bien qu’on les consulte. qu’ils disent ce qu’ils attendent des dirigeants. Dans les projets 2013, il y’a aussi le forum des jeunes leaders. Toujours dans la même veine, pour  trouver des solutions… Ensuite, y’a quoi… Oui, je continue d’écrire… Mais là, ca sera un projet plus engagé. J’ai envie de donner la parole aux jeunes par écrit  cette fois-ci, pour qu’ils parlent .des challenges à venir…etc. Crier pour Construire. Il faut dépasser la phase de contestation. Il faut proposer et agir. »

  • Ou est ce que tu te vois dans cinq ans ?

« Je ferais partir des gens qui changeront ce pays. Ceci est le dessein d’un leader. »

 

 

  • Si tu devais être un livre, lequel serais-tu ?

« Je viens de terminer la solitude du vainqueur de Paolo Coelho. J’ai beaucoup aimé ce livre. Quelque soit le succès qui sera au rdv, il faut avoir les pieds sur terre. J’aime bien aussi IKbal. Pour le coté spirituel. Je suis un humaniste, donc toute œuvre humaniste ancrée dans la personne, dans son bien être, me parle…Je pourrais aussi te parler de Gabriel Marquez, l’amour au temps du choléra. Tous ces livres te donnent des facettes de la vie… »

  • Que penses-tu de la scène littéraire contemporaine ?

«  Y’a beaucoup de gens talentueux. Je pense qu’en général, il y’a de bon écrivains. NaturellementNafissatou Dia Diouf, qui a préfacé mon recueil. Au-delà d’elle, Soleymane Bachir Diagne, le professeur. Sokhna Bengua. Salla Dieng, Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop.. Je lis tellement d’œuvres, que je ne peux tous les citer. Tous ce qui est bien fait, bien écris… Me touche forcément. »mais je n’ose pas omettre le livre de Sogué Diarisso Mémoires de l’espoir qui pour moi est bréviaire pour la §jeunesse à lire absolument

  • As-tu un Coup de gueule une parole de sagesse, un mot de la fin ?

« J’ai foi profondément  en l’avenir, en la jeunesse. Je suis très content de venir ici, de voir ce que tu fais. De voir des jeunes comme toi, qui en veulent, qui sont décomplexés. Y’a une phrase qui me vient en tête. Ecrite par Eva Mayérovitch,une auteure soufi

«  Si un spermatozoïde a pu devenir un Mozart ou un Einstein, C’est parce qu’en chacun de nous, il y’a un absolu qu’il faut découvrir. »

 

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SIA (SIR IBN ANGEL), artiste au talent multidimentionnel

  • Written by  Fadilou
  • Monday, 19 August 2013 17:53

SIA est un jeune homme sénégalais. Il est connu de tous par sa gentillesse. ceci est son caractère dominant et c’est une qualité. Il a comme défaut le fait de ne pouvoir dire « non », même s’il doit rendre service à son détriment. Il a peur et évite en permanence qu’on lui en veuille. Il a su très tôt explorer un bon nombre de milieux professionnels. En effet, il travaille à plein temps dans le milieu du bâtiment. Le don de dessinateur qu’il a l’aide dans ce travail et lui permet aussi d’évoluer dans le milieu de la peinture sous verre, des portraits, des modèles vestimentaires, mais aussi dans la confection d’accessoires pour homme et femme. SIA ne sait pas que manier les pinceaux, il sait aussi bien s’y faire avec la plume. La langue de Molière demeure son élément car il la maîtrise et l’énonce aisément. Ceci lui a permet d’être l’auteur d’un recueil de poèmes intitulé « vole et séduit les vents ». Cette oeuvre a comme traits Amour, humour, tristesse et joie. Souvent inspiré par sa Mère, SIA nous y trace sa vie, ses rêves et ses envies par le biais de la poésie… « Vole et séduit les vents » est aussi un recueil qui chante la femme et dénonce certains maux de la société.

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ARTICLES DE PRESSE SÉNÉGALAISE

(concernant les ateliers d’écriture)

Le Soleil 

Walfadjri

Enquêtes+

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Emission du 17 décembre 2012, TV Sud, invité Pierre Laporte qui parle de son livre TRAJECTOIRES


Des mots et débat : Pierre Laporte (Trajectoires) par telesud

Chroniques littéraires consacrées au livre « Trajectoires » de Pierre Laporte

Blog Chez Gangoueus

Pierre Laporte : Trajectoires

Il s’agit d’une de mes dernières lectures sur 2012 et ce sera une de mes premières chroniques littéraires sur 2013. Elle ne sera pas la plus simple. Pierre Laporte est un amoureux des mots. C’est une certitude. Trajectoires est ce qu’il appelle un roman poétique. Il alterne de la prose, du poème et avec des ruptures qui font penser à la découpe d’une pièce de théâtre.
Les trajectoires sont multiples. Elles peuvent être des épisodes routiniers dans un RER francilien où observateur attentionné s’attarde sur des singularités qui font son trajet. La trajectoire peut également s’apparenter à chemin ferroviaire ou autoroutiers qui longent les hautes terrils sur les plaines du Nord de la France, traces inertes de cet ancien bassin minier et de ce monde de l’industrie qui disparait…
Terrils, je me souviens de vous
Épais, discrets quand même,
Et qui s’excusent presque
De se retourner.
Motte de terre au champ d’honneur,
Dans l’horizon aigu
Plaine de graves
Et sur leurs pentes, chaudes
En découlent
En découdrent
Pour la revanche, reverdir
Et s’enfoncer plus haut toujours.
page 8, éd. Diasporas noires
Pierre Laporte nous offre les errements de la pensée d’Oméga. C’est cela. Les trajectoires de ses développements intellectuels dans le labyrinthe de nombreuses situations qu’ils rencontrent. En Afrique subsaharienne où il semble avoir séjourné un certain. En surveillant une classe studieuse et trimant sur un devoir. En regardant par de-là les océans. Tenez, voilà ce qu’il dit ou pense intérieurement :
4 siècles durant
Humanités aux mains des maquignons,
De commis de l’état en foires agricoles
Places publiques, pudiques de leur commerce
Broyer les cannes, les bras pour en sortir le jus maudit de la servitude
Sucre de bronze ici, ivresse des fermentations impies là-bas.
Jolis macarons des façades blanches au départ des bateaux, des ports.
Calcaire d’esclaves, de profil aux frontons négriés
Molosses complices aux moustaches de sang
Sourires canins de part et d’autres du ragoût humain
Joie quotidienne, humeur massacrante
Archipel dans la mélasse depuis.
page 54, éd. Diasporas noires
Oméga se laisse déborder par ses pensées, ses réflexions, ses cris, sa sensibilité. Aussi le lecteur doit s’accrocher aux pans de son écriture et de ses jérémiades, tel un amateur voulant s’essayer à une musique de jazz qu’il n’aurait naturellement pas encore apprivoisé. Ces trajectoires ne sont pas toujours simples. Allez trouver votre sillon dans le désert! Mais voilà, les caravaniers ne perdent jamais le nord dans les dunes de sable, alors n’hésitez pas à découvrir ce texte qui porte l’écueil d’une relecture qui aurait pu être plus exigeante et d’un mélange de genre littéraire à la fois audacieux et risqué. Cela se lit tout de même, mais hors des trajectoires routinières pour pouvoir profiter des mots.
Bonne lecture,
Pierre Laporte, Trajectoires
Editions Diasporas noires, Collections Vies, 1ère parution en 2012, 76 pages
Crédit photo : Diasporas noires
Source : http://gangoueus.blogspot.com/2013/01/pierre-laporte-trajectoires.html
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JET D’ENCRE

Trajectoires – d’un parcours aux mots sublimés

PIERRE LAPORTE
mardi 11 décembre 2012 par Doszen

Je suis dans un questionnement existentiel. Ce livre m’a rempli le cerveau d’interrogations et de dialogues entre moi et moi-même sur ce qu’est ou devrait être la liberté d’un créateur. Étant, férocement, d’avis que l’auteur ne doit écrire qu’en fonction de sa propre sensibilité, qu’en fonction de ses propres élancements de l’âme, je suis obligé de mettre un bémol dans ma conviction. Le « Trajectoires » de Pierre LAPORTE, paru en 2012 aux éditions « Diasporas Noires » m’a fait me poser des questions éternelles.

Oméga est un jeune homme. C’est la seule chose qui importe. Enfin, presque la seule chose.
Oméga, c’est surtout un jeune homme qui traine son regard sur sa vie et celle parfois bruyante des usagers du RER A. Témoin, contre sa volonté, des pugilats verbaux des urbains stressés en course vers leur chez eux.

« Sonnerie, démarrage, la soirée sur les rails qui font semblant de crier avec leur voix de ferraille usée. Les portables se déchaînent dans les poches, ça va vibrer en cœur dès qu’on sortira à l’air libre, les tunnels ménagent un suspens techno-épistolaire. »

Oméga, c’est surtout un prof ou un pion. Vacataire, surement, comptant ses heures et ses sous, évidemment. Et toujours, son regard sur tout, son esprit en vagabondage sur son banal quotidien.

« Le bruit est un objet en soi, obsession récurrent, je le chasse, le domestique, lui et moi on se croise, quand il s’enfle, j’ai l’impression qu’il m’éclabousse, quand il réduit, je m’amplifie, nous sommes du même souffle. Les élèves me saluent, me disent à bientôt, j’ai fait une brève intrusion dans leur semaine, eux dans la mienne. »

Oméga, c’est, est-il besoin de le préciser, un être amoureux. Cocu. Est-il besoin de le préciser. Au détour d’une terrasse, hasard ou Colombo qui se renie, il assiste à son émasculation par la grâce de cette Armelle qui à son rival colle une pelle.

« Ils s’étaient quittés sur le pas de porte, la vision du baiser l’avait traversé sur le coup, fugacement comme une aiguille dont on sent l’entrée dans la chair puis à laquelle on s’habitue pour quelques secondes. »

Oméga, c’est un Homme quasi banal qui, sur sa blessure, s’empresse de splacher un cataplasme. Le pire des cataplasmes car la Armelle n’est qu’un placebo mélaniné censé soigner le blues d’une vie maritale qui s’enfonce dans les sables mouvants de l’aigreur, de la rancune.

« Moi non plus je ne l’aime pas, on baise bien, avec vigueur, moi par dépit, elle, je ne sais pas, avec ma femme la position allongée c’est celle que j’ai devant la télé, quand elle rentre du boulot. »

Oméga, c’est l’homme qui apprend le mot michetonneuse par l’expérience. Et que le dépit a rendu haineux, en quête de vengeance ou simplement en désir de cracher son dégout. De lui-même.

« Qu’on soit débordant de haine ou débordant d’amour Nous débordons.
Nous sabordons la finesse tendue
Entre deux montagnes épaisses et tragiques
Comme un fil à linge
Et d’un verre solidaire nous rongeons l’embouchure. »

Oméga, c’est aussi le vengeur. Celui qui fait payer à d’autres les effluves de la déconfiture qui lui collent encore à la peau. C’est celui qui se penche sur la futilité du dent pour dent quand il échoit sur les larmes de celle qui a le malheur de s’accrocher au cœur cramé.

« Et c’est là une arme de culpabilisation massive, en la matière ne nous y trompons pas, une rupture est un acte juridique informel, la douleur ostensible est toujours à la fois pièce à conviction et la preuve de la probité, un argument à charge, qu’importe le contexte, elle établit de facto la réalité du délit si elle est constatée. »

Oméga, c’est… Oh, après tout, à vous de le découvrir. De découvrir le regard de cet homme sur la vie, sur le monde. Son regard sur l’humanité mais aussi, et surtout, découvrir son regard sur l’art du récit.

« La presse les avait surnommés « le gang des profanateurs cliniciens », ils récupéraient les prothèses sur les patientes décédées pour faire des économies, car, magie de la technologie, le silicone dure plus longtemps que son usagère… Les listings des clientes, y compris ceux de leurs concurrents étaient recoupés avec la rubrique nécrologique. »

Parce que, oui, ce livre est avant tout un regard sur l’art du récit. Un regard qui, par définition littéraire, n’appartient qu’à l’auteur, qui est dans son univers, dans son monde, dans sa tête et y extrait ses milles et un contes pour les poser devant nous. Et nous ? Et nous, nous prenons ce conte avec notre background personnel et nous le lisons, l’interprétons à notre façon. D’où ma diatribe du début.
Ouf, j’y reviens !

Ce petit livre de soixante-seize pages vous laissera – peut-être – aussi perplexe que moi. La forme y est. Le récit est raconté dans une succession de petits textes traités soit en prose, soit en vers, qui toujours se veulent très poétiques. L’âme de l’auteur y déverse son amour des mots. Et quelque part dans le dédale de ses mots, il nous perd.
Quand on lit « Trajectoires » , on a la furieuse impression d’être dans une Galerie d’art post-moderne où se battraient tour à tour les Murakami, Soulage, Broch, Burgee… et dans lequel nous sommes plongés sans avoir les clefs de la compréhension. Nous ressentons vaguement une atmosphère, nous voyons dans les traits biscornus, dans les nuances de noir, dans le Kawai exacerbé, etc… qu’il y émane une sorte de beauté, sans pouvoir mettre le doigt dessus, sans pouvoir trouver les liants.
« Trajectoires » donne cette impression. La forme est belle, les mots sont beaux, l’histoire en filigrane semble attrayante mais l’on passe à côté de quelque chose. Plusieurs des textes – courts – semblent « sortir » le lecteur de l’histoire, sans lien avec le fil rouge alors qu’ils sont censés faire sens dans une fresque homogène.
L’auteur a choisi sa liberté totale et nous enjoint à le suivre. La question alors est, un conteur peut-il s’exonérer de la nécessité de prendre en compte le lecteur ?
D’accord, prendre en compte celui qui lira c’est courir le risque de brider sa liberté de créer et, cependant, l’on crée des contes pour les autres. Ne devrait-on donc pas systématiquement penser que le lecteur à besoin des clefs ?
Question aussi récurrente que la quadrature du cercle dont je ne saurais trouver ici la réponse.

N’empêche, Pierre LAPORTE nous offre un moment sympathique de lecture, plein de poésie et de beaux mots qu’il nous faudra lentement mastiquer afin de pouvoir digérer tout le texte et en tirer toute la substance.

« Trajectoires »

Pierre LAPORTE
Éditions Diasporas noires – 76 pages

Source : http://www.loumeto.com/spip.php?article358

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Thierno Souleymane Diop Niang

lors de son passage à l’émission le Grand Rendez-vous de 2STV (Sénégal) le 28 décembre 2012 pour son recueil de poèmes « Lumières de la Renaissance » Ed Diasporas Noires

Note de l’Editrice : Bravo Thierno SD Niang, tu es peut-être naïf mais dans le bon sens et tu as bien mûri depuis la parution de ton livre, je me rappelle que tu étais tout timide, inaudible et crispé lors de ta première émission TV… Donc, tu as bien progressé, tu as gardé ton calme, dis-toi que tu n’as que 26 ans et que déjà les jeunes sénégalais peuvent prendre exemple sur toi pour l’expression orale et écrite… Tu as eu de beaux compliments de la part du 2e intervenant… Bien-sûr les critiques constructives sont à prendre en compte mais pas la mauvaise foi légendaire de Tounkara ! Au niveau visuel, police ou caractères, tous les goûts sont dans la nature… Chacun les siens et heureusement… Ce livre a été le premier livre publié par Diasporas Noires qui venait juste de naître il y a un an… Depuis Diasporas Noires aussi a grandi, mûri et se perfectionne chaque jour et je peux être fière de son parcours et de ses écrivains… Je suis engagée auprès des jeunes auteurs africains et les encourage, la jeunesse est perfectible par définition, c’est normal… Alors on avance et on fait avancer la jeunesse africaine !!! HBG

Lumières de la renaissance de Thierno SD Niang – ed Diasporas Noires
https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere

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« Amour, âme de la fidélité » d’Arezki Annaris

Hymne à l’ingéniosité de l’être

 Publié le 24 décembre 2012 – Alger

Ce texte a eu le prix d’encouragement au concours de la Meilleure nouvelle organisé, récemment, par l’établissement Art et Culture de la wilaya d’Alger. Il est extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » publié par les éditions Diasporas noires. Le poète Arezki Annaris s’est donné beaucoup de peine et de plaisir pour faire admettre à chacun la nécessité de voir les choses autrement que sous l’angle classique et restreint d’une société en mal d’inspiration. N’est-ce pas que des préjugés apparaissent dés lors que deux tourtereaux qui ne parlent pas la même langue et ne partagent pas les mêmes coutumes et traditions s’attèlent à sceller leur union. Cela est d’autant plus inadmissible que cela touche également le monde estudiantin censé servir de locomotive à la société de demain. En effet, « Aggour » qui a réussi son examen du bac en Kabylie a rejoint les bancs de l’université d’Alger alors qu’il ne pipait mot en arabe. De son côté, « Nedjma », une fille du Sud, rejoint la même université alors qu’elle ne pipait mot en kabyle.  Ce qui ne les empêche pas de s’aimer et de convenir à vivre ensemble sous le même toit. Mais voilà que des étudiantes et des étudiants se mêlent de ce qui ne les regardent pas allant jusqu’à déconseiller cette union pour des considérations absurdes que tout le monde peut aisément deviner. L’auteur souligne, toutefois, l’ingéniosité dont font preuve ces tourtereaux qui ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, et ce, même s’ils seront, de nouveau, mis sur la brèche par leur famille respective qui leur ont choisi sur mesure chaussures à leurs pieds. « Aggour » et « Nedjma » finiront par vaincre tous les obstacles dressés sur le long parcours et oseront même se priver de progéniture plusieurs années durant au grand dam des parents totalement désappointés. Une très belle leçon d’amour et de tolérance que l’ingéniosité de ces êtres remarquables a rendu possible. « Et si chacun vivait sa vie librement, comme il l’entend ? C’est ça qui serait beau ! » semble nous dire l’auteur. Né en septembre 1957, en Kabylie, au village Ihanouchene, dans la commune d’Azeffoun, Arezki Annaris exerce la fonction de chef de projet dans une entreprise de construction. En 2011, il a signé un recueil de poésie intitulé « La raison du cœur et le cœur de la raison » publié chez Edilivre.

Rabah Douik

« Amour, âme de la fidélité » extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » d’Arezki Annaris, Edition Diasporas noires.

http://www.horizons-dz.com/?Hymne-a-l-ingeniosite-de-l-etre

 

Article paru le lundi 17 décembre 2012 Sénégal.

POESIE – Vole et séduit les vents aux éditions Diaspora Noires : Un recueil pour sujets sensibles

Le recueil de poèmes Vole et séduit les vents reflète les maux de la société. Le jeune auteur Sire Ibn Angel y relate des thèmes comme la prostitution, le viol, des sujets réputés sensibles et rarement portés sur la place publique. Avec poésie, il aborde les sujets, évitant de heurter certaines âmes sensibles.
Paru aux éditions Diasporas noires, le jeune écrivain sénégalais a adopté ce style pour, dit-il, «ne pas heurter la sensibilité de certains». Aussi des thèmes comme la prostitution et le viol, qui gangrènent les sociétés s’y retrouvent dans une perspective d’éveil des consciences. Il s’agit également pour l’auteur de réaliser un rêve qu’il nourrissait depuis le bas âge, inspiré qu’il était par l’histoire d’une dame qui s’installait toujours sur le même banc et qui l’intriguait. D’ailleurs, son premier roman il l’a intitulé La femme du banc pour essayer de trouver réponse à ses interrogations. C’est ainsi que sa rencontre s’est faite avec la directrice de la maison d’édition Diasporas noires, Mme Hulo Balye Guillaber  à la suite d’une publication de ses écrits sur la page facebook de la maison, et c’est de cette rencontre qu’est née la publication du recueil Vole et séduit les vents.
Aussi aujourd’hui, Sire Ibn Angel n’a qu’un seul objectif, c’est de séduire le monde entier avec sa plume, d’où son titre Vole et séduit les vents.
Stagiaire

http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/16325-poesie-vole-et-s%C3%A9duit-les-vents-aux-%C3%A9ditions-diaspora-noires–un-recueil-pour-sujets-sensibles

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Article paru le lundi 04 décembre 2012 Sénégal.

Edition – Diasporas Noires se lance à Dakar : Hulo Bayle Guillabert promeut les plumes en herbe

Les auteurs, membres ainsi que le contexte ayant favorisé la naissance de  la Maison d’édition  «Dias­­­poras noires» ont été présentés samedi der­nier à Keur Birago Bou Bess. Se­lon la directrice Hulo Bayle Guil­labert, «Dias­po­ras noires» est née pour donner une chance de se faire publier à une multitude  d’écrivains talentueux et méconnus des pays francophones d’Afrique et de ses dias­poras (Caraïbes, l’Océan Indien).

«La  Maison d’édition panafricaine, Dias­pora noires a avant tout, un encrage en Afrique» a souligné  Hu­lo Bayle Guillabert pour qui, «l’Afrique reste la priorité». Ce sont au total 19 auteurs que compte pour l’instant cette Maison d’édition depuis sa création en Octobre 2011 à Montréal. Et on y retrouve au moins 6 nationalités africaines. A en croire la directrice, la structure est accessible à tous les enfants de l’Afrique, du Maghreb, et à toutes personnes soucieuses et amoureuses du continent noir.

Mme Hulo Bayle Guillabert souhaitent que les livres des auteurs soient connus du grand public et accessibles au plus grand nombre grâce au numérique, à internet et que ces ouvrages contribuent au ra­yonnement du continent Africain.

Une ambition partagée par la marraine, Annette Mbaye d’Er­ne­ville qui, en plus des relations familiales qu’elle entretient avec la directrice soutient et encourage cette initiative. Pour sa part, Amadou Ndiaye, représentant du ministre de la Culture, a salué cet engagement et cet amour voué à l’Afrique. L’Etat qui a récemment remis une enveloppe de 500.000 F Cfa  de contribution à la structure, a de vive voix insisté sur la nécessité de promouvoir ces genres d’initiatives venant d’enfants du pays. Revenue s’installer au Sénégal, Hulo Bays Guillabert dont la Maison d’édition compte à son actif une trentaine de publications a tenu à partager ces mo­ments  avec quelques-uns des au­teurs présents mais aussi avec la grande famille de la littérature au Sénégal représentée par Alioune Badara Bèye président de l’association des écrivains du Sénégal. Les thèmes abordés par les auteurs de «Diasporas noires» dans leurs publications sont divers et touchent des problèmes politiques, sociaux, intellectuels, moraux, et reflètent des états d’âme. «Dias­poras noires» s’ins­crit dans la dynamique de la publication d’écrivains en herbe.     

Par keudi FALL
http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/15949-edition-diasporas-noires-se-lance-%C3%A0-dakar–hulo-bayle-guillabert-promeut-les-plumes-en-herbe
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Dîner de gala des édition  »Diasporas noires », samedi à l’Hôtel de Almadies

 2012-11-26 20:15:17 GMT

Dakar, 26 nov (APS) – Les éditions ‘’Diasporas noires’’ organisent vendredi à l’Hôtel des Almadies un dîner de gala qui sera animé par l’artiste-musicien Abdou Guité Seck et son groupe, annonce un communiqué de la structure reçu à l’Agence de presse sénégalaise.

Le programme de la soirée prévoit, outre le concert, un récital de poésie, du slam, une opération de soutien à deux associations d’aide aux Albinos (associations ANAS et ANIDA), précise la même source.

La veille de cette manifestation, ‘’Diasporas noires’’ organise vendredi la première édition de leur rentrée littéraire, prélude à une soirée de gala, indique le communiqué, signalant que cette seconde activité est prévue à partir de 15 heures au siège de l’Association des écrivains du Sénégal (AES), Kër Birago (Point E).

Le programme prévoit une conférence de presse, une présentation de la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ et de la revue du même nom. Il est aussi prévu une séance de signatures d’ouvrages.

Les objectifs du dîner de gala sont, entre autres, de contribuer à une visibilité de l’Afrique, de ‘’valoriser le patrimoine littéraire des cultures et sociétés d’Afrique et de ses diasporas à travers le monde’’.

Il s’agit aussi de présenter la ‘’Revue des bonnes nouvelles d’Afrique’’ afin de ‘’privilégier l’émergence d’un paradigme positif, optimiste et volontaire, par l’impulsion d’une nouvelle conscience partout en Afrique’’

Le dîner vise à offrir à des associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) une tribune afin de mettre en lumière les discriminations qu’ils subissent et les problèmes qu’ils vivent au quotidien et à lancer un appel aux stylistes africains pour le projet Mode Albinos 2012.

Les bénéfices de l’événement sont destinés à financer le développement des activités de ‘’Diasporas noires’’, l’impression des livres et mettre en place un réseau de distribution afin d’être présent dans toutes les librairies des capitales africaines en 2013. La maison est déjà à la librairie Athéna à Dakar.

L’organisateur compte offrir 20% de ces bénéfices aux associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) et contribuer ainsi à financer leurs actions et à les protéger du soleil en les équipant en crèmes solaires, lunettes et chapeaux.

Fondée en octobre 2011 à Montréal, au Canada, par sa directrice Hulo Bayle Guillabert la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ est installée depuis peu à Dakar. Sa fondatrice, âgée de 52 ans, est une Franco-sénégalaise, consultante en technologie de l’information et en organisation des grandes entreprises.

Son objectif est de ‘’promouvoir les auteurs africains et afro-descendants qu’ils résident en Afrique ou partout dans le monde, ainsi que les auteurs issus de tous horizons qui aiment l’Afrique et qui veulent mettre en exergue sa culture et ses valeurs’’, souligne une note de présentation.

‘’+Diasporas noires+, convaincue que le 3e millénaire sera africain, a pour but d’accompagner cette renaissance africaine et de contribuer le plus possible à un large éveil des consciences.’’

D’octobre 2011 à septembre 2012, 18 auteurs de 6 nationalités différentes — dont 9 auteurs sénégalais — ont rejoint ‘’Diasporas noires’’, 19 livres ont été publiés dans 6 collections différentes.

ADC/OID

Un article de Carrapide.com 

Un article de peoplesenegal.com

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 Regards croisés le 28 juillet lors de la 15e éditionde « Palabres autour des arts » de Joss Doszen avec Alexis Bongo pour son livre « Histoire de chez moi »

  

Arrêt sur image de Alexis Bongo lors de la supervision de l’émission « Homéostasie – La Spiritualité des Profondeurs » tournée à Paris et diffusée tous les dimanches sur DRTV international, la 1ère chaîne privée du Congo Brazzaville …

Emission dédiée au livre de Pierre Laporte Trajectoires 

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Interview  De DIAMIL CISS

dans le BLOG peuplesenegalais.net 

« Le slam est l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie »

Les amoureux du slam à Dakar connaissent très bien le poète Sérère au dreadlocks, Diamil Ciss.Grâce à ses belles prestations lors des soirées poétiques que le collectif des slameurs organise, tous les 15 jours au restaurant Just 4 U, où le poète-slameur distille de la connaissance, de l’amour, de la passion…Très généreux de son art, il décide avec l’aide des éditions « Diasporas noires», de mettre sur le marché un recueil de nouvelles. Avec votre site de référence, Peuplesenegalais.net, l’homme disserte sur l’art de matérialiser les émotions par les mots : la poésie, le slam, le « kébétou »… Entretien.

Diamil Ciss, vous êtes slameur, ecrivain, poete.Recemment vous avez sorti un roman.Parlez-nous de cette production, de quoi est-ce que ça parle ?

En effet, il s’agit d’un recueil de nouvelles publié aux éditions « diasporas noires » sous la direction de Madame Hulo Bayle Guillabert et qui comporte six (6) textes. Donc ce n’est pas à vrai dire, ce qu’on appelle un roman. Pour rappel, la nouvelle est d’un autre genre littéraire qui s’apparente plutôt au récit, avec la différence notable que la nouvelle garde un certain suspens, histoire de donner ou d’aboutir à ce qu’on appelle, une « chute ». Elle diffère aussi du récit par le fait qu’elle n’est pas toujours vraie dans sa totalité, même si elle est presque toujours issue de faits plus ou moins réels et plutôt cocasses, sortant un peu de l’ordinaire.

Ce recueil comprend donc les six textes dont voici les différents titres :

–         Le grain de sable

–         La vengeance

–         Cinq pièces de 2 sangs

–         Le fil blanc

–         La souris électrique

–         Trente mille volts de rêve (qui est en même temps le titre du bouquin)

–         Voilà, planté,  le décor de cette première production.

Quelle est votre définition du slam, de la poesie, de l’ecriture, de l’art en général ?

Le slam à mon avis, est le passage de la plume à la scène, de l’écrit à l’oral. Je le définis comme : l’art de combiner les mots d’une manière agréable à l’oreille et utile à l’esprit, l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie. Le slam n’est qu’une chronique poétique traitant du lyrique, du comique, du satirique, de l’esthétique et de l’éthique. Je trouve aussi que bien que souvent poétique, il a une forte connotation philosophique, mais surtout de vécu. Car pour moi, nos œuvres ne sont que le reflet de nos âmes. Pour moi, un bon texte de slam, est celui qui peut englober, et l’esthétique, et l’éthique, pour que la poésie ne soit plus seulement qu’un décor qui parle de choses « aériennes », de solstices et d’équinoxes pour ne pas dire grand choses sur nos propres réalités.

On a l’habitude de dire qu’on ne nait pas homme, on le devient. Eh bien, certainement aussi, on ne nait pas artiste. A votre avis, peut-on naitre slameur, poete, ecrivain ?

Non, je ne crois pas que l’on naisse artiste même si on peut hériter de beaucoup de choses via nos gênes. Quelqu’un disait que l’écriture est un exercice de notation et de révision, donc, qui nécessite beaucoup de labeur. Ceci pour dire que le talent à lui seul ne suffit pas, il faut de l’amour, de la passion, de l’ambition pour se surpasser, même si le travail sans génie n’est rien, tout aussi vrai que le don sans travail, n’est que peu de chose. Donc, il faut forcément les deux.

Où est-ce que les lecteurs peuvent acheter votre Livre ?

Pour le moment, les exemplaires qui ont été imprimés sont en route depuis le Canada, où ils ont été imprimés et ne tarderont certainement pas à arriver. Donc rendez-vous est donné d’ici peu pour la distribution.

Note de l’éditrice : Les livres sont arrivés maintenant, pour commander, remplissez le bon de commande ICI

Entretien réalisé par DRAME Djibril 

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Cahiers Littéraires parle du livre de 

PIERRE LAPORTE

 

Fragment de « Trajectoires » de Pierre Laporte

« Oméga voulu la poésie, le regard avant les mots, voir l’essentiel dans le dérisoire et inversement.
Il éprouvait le tressaillement calme, la quiétude fébrile qui suit la fin d’une dispute. Seul par force à une terrasse, j’observais le bruit des autres, moi-même et tout le reste. Les objets vivaient leur vie d’objet et nous dessus qui nous agitions. »

Cet écrivain est plus considérable qu’il ne le croit lui-même. A côté de bien des subtilités et des fadeurs, ici la même énergie (ou presque ) que ce troublant et géant Mohamed Hmoudane , cette sensiblité presque féminine, cette exquise pénétration qui lui fait viser un but si haut…Il est certaines pages où je me suis sentir fondre en délices ou en amoureuses rêveries. Mais le drame de notre écrivain n’est-il pas d’avoir eu très peu à dire dans son roman-poétique ? Comme si tourmenté par quelques secrets, voulait écrire, se débarrasser et atteindre une certaine tranquilité…

« Trajectoires ». Pierre Laporte Editions Diasporas Noires.

Zacharie Acafou Journaliste culturel et chroniqueur littéraire
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Interview  publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

et dans l’excellent BLOG de critique littéraire Le Sanctuaire d’Etty Macaire 

RENCONTRE AVEC HULO BAYLE GUILLABERT , écrivaine et éditrice franco‑sénégalaise : 

S’il y a une femme de culture en Afrique qui va marquer les consciences dans les années à venir, c’est bien Hulo Bayle Guillabert. Sa fougue, son optimisme contagieux et sa foi en l’avenir de l’Afrique l’ont amené à créer la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique » et une maison d’édition « Diasporas Noires » qui se veulent être le creuset de la rencontre et du partage des écrivains africains et de la diaspora et de tous ceux qui croient au sursaut du continent de Mandela. L’éditrice franco sénégalaise a bien voulu répondre à nos questions au moment même où elle projette de déménager de Montréal à Dakar.

Qui êtes-vous Hulo Bayle Guillabert ?

Je suis Franco-Sénégalaise, consultante en organisation et, chef de projets en technologie de l’information, j’ai créé la maison d’édition « Diasporas Noires » depuis octobre 2011. Je suis passionnée d’écriture et de littérature depuis l’enfance. Je vis actuellement à Montréal mais je rentre m’installer le mois prochain à Dakar…

Parlez-nous un peu de votre site et votre édition Diasporas Noires

Je suis une afro-optimiste et c’est pour cela que j’ai créé la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique », pour faire savoir au monde entier que le 3e millénaire sera africain malgré les apparences actuelles. Mon credo est que l’Afrique est en train de se relever même si cela n’est pas encore évident pour tout le monde. Il y a beaucoup des bonnes nouvelles en Afrique, même si elles ne sont pas relayées dans 99% des médias…D’autre part, pour la partie Edition, je veux donner une tribune aux Africains de tous horizons, aux afro-descendants, car en matière d’édition, les Africains sont souvent obligés de faire éditer leurs livres par des éditeurs occidentaux, quand ils sont acceptés, et il y a très peu d’élus… J’appelle de mes vœux une nouvelle ère en Afrique, où les Africains maitriseront eux-mêmes leur édition, le contenu de leurs livres, leur réseau de distribution, et ainsi maitriseront leur culture. Pour le moment, le domaine de l’édition en Afrique est malheureusement sinistré.  Et pourtant, il y a beaucoup d’écrivains qui ont beaucoup de choses à dire… Surtout la jeunesse africaine qui est bouillonnante, créative, décomplexée, prête à prendre ses responsabilités. J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené… C’est Baden-Powell qui disait : « L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et qui mène au succès. »

Quelle est la ligne éditoriale que vous défendez ?

Notre ligne éditoriale est la promotion d’une Afrique positive, optimiste, une renaissance passant par la prise en charge de notre propre avenir dans tous les domaines, en rejetant la victimisation systématique. Nous pensons que toutes les vérités peuvent être dites mais d’une manière positive et optimiste. Gandhi a dit « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Donc, la décision de changement nous appartient entièrement, quand nous en aurons véritablement conscience, nous aurons une force d’action extraordinaire.

Y a-t-il des genres précis que reçoit votre maison d’édition ?

Nous avons des collections qui reflètent tous les genres, tous les styles, de la poésie, du Slam, des nouvelles, des romans, des essais, des livres pour enfants, etc.

Au moment où on parle d’intégration et de mondialisation « Diasporas Noires » semble  voguer à contre-courant en se limitant au monde noir.

Ce n’est pas un enfermement, une ghettoïsation… Je ne suis pas afrocentriste. Moi, je crois profondément à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : « Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine ». Cela étant dit, les Africains et afro-descendants n’ont pas bénéficié pendant trop longtemps des mêmes outils de promotion de leur culture et de leur Histoire que les autres peuples de la Terre.  Les Occidentaux par exemple ont toutes les tribunes, les médias, les télévisions, les maisons d’édition, les musées, les manuels scolaires et tous les moyens nécessaires pour promouvoir leur culture et leur Histoire. Quand j’habitais en France, je n’avais pas accès facilement à la culture africaine, aux livres africains, il y avait que peu d’endroits où les trouver, j’allais au Salon du livre pour chercher les deux malheureux stands africains avec peu de livres. Quand je venais à Dakar pour des vacances, j’en profitais pour acheter le maximum de livres pour avoir ensuite un petit stock. Lorsque je dis « Diasporas Noires », ce n’est pas une couleur mais une caractéristique car on dit bien le continent « noir » alors qu’il y a le Maghreb et les blancs du sud de l’Afrique compris dans ce terme… Par ce vocable, je désigne tous les enfants d’Afrique, de toutes les couleurs, de toutes les diasporas du monde, des afro-descendants… Nous ne nous limitons pas au monde noir comme vous dites, puisque nous incluons les pays du Maghreb et les africains blancs du Sud de l’Afrique.

Pouvez-vous être plus claire Hulo ? Des exemples…par exemple ?

Nous avons un auteur Algérien parmi nous et d’autres viendront. D’ailleurs, on peut aussi être édité chez Diasporas Noires parce qu’on aime l’Afrique… Nous en avons déjà une blanche amoureuse de l’Afrique et bientôt nous aurons le livre d’une Française mais qui se sent africaine jusque dans ses tripes, elle écrit sur l’Afrique des poésies émouvantes dans une langue africaine. Elle était tellement heureuse que je la reconnaisse comme l’une des nôtres. A l’inverse, il y a des Noirs qui ne se reconnaissent pas du tout comme africains.  L’Amour de l’Afrique n’a pas de couleur ! Mais il fallait bien indiquer le contenu éditorial spécifiquement africain dans notre enseigne. Tout cela pour dire, que l’Afrique doit se doter des mêmes outils et des mêmes moyens que les autres pour la promotion de sa culture, nous avons du retard à rattraper de ce point de vue là… Donc Diasporas Noires est un outil parmi d’autres mais n’est pas un ghetto !

Comment faire un achat sur votre site ?

L’adresse de notre site est www.diasporas-noires.com… Les e-books sont disponibles à l’achat avec un téléchargement immédiat sur le site et la version papier en remplissant un bon de commande toujours sur le site.  Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont « Dior le bonheur volontaire » seront disponibles à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Est-ce que l’édition numérique peut avoir la même emprise que l’édition sur papier ?

L’édition numérique est l’avenir dans le monde, même si cela ne marche pas pour l’instant en Afrique. En Amérique du Nord, c’est déjà entré dans les mœurs, les personnes lisent leurs e-books dans le métro avec des appareils appelés « liseuses » ou sur les tablettes tactiles. Dans ces appareils, on peut stocker des centaines de e-books et les mettre dans la poche, se balader partout avec. C’est comme au début du téléphone portable ou de l’internet. Donc, l’Afrique doit s’y mettre maintenant au lieu d’attendre d’être complètement dépassée. Il ne faut pas perdre de vue que l’Internet est désormais la mémoire de l’Humanité. Maintenant, en un seul clic, on visite des musées, trouve des extraits de livres d’histoire, etc.  Comme pour les autres peuples, il faut aussi qu’il contienne le maximum de données africaines. Cela ne veut pas dire pour autant l’abandon du livre papier.  Il faut les deux, Ces deux supports ne sont pas à opposer… Moi, même en tant qu’éditrice numérique, je suis très attachée au livre papier, sur notre site on peut en commander, et dans les mois qui viennent, les livres de Diasporas Noires seront disponibles également en librairie, d’abord à Dakar et pourquoi pas un jour dans toute l’Afrique.

Vous êtes aussi auteure, et je suis entrain de lire en format pdf votre livre « Dior le bonheur volontaire »…

Oui, je suis aussi auteure, j’écris depuis l’enfance. Je n’ai malheureusement pas le temps d’éditer tous mes textes que j’ai dans les tiroirs… C’est l’histoire du cordonnier qui est mal chaussé (Rires). « Dior le Bonheur Volontaire » est mon premier livre édité pour l’instant, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille. C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur… Ce livre parle aussi de la détresse enfantine, de l’insouciance des jeunes, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles.  En fait, mon livre parle de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux. Les lecteurs peuvent découvrir gratuitement un extrait de 47 pages sur notre site. Nous offrons des extraits pour tous nos livres.

Quel est votre avis sur l’idée selon laquelle seule la valorisation de notre culture peut participer au développement de l’Afrique.

Il y a des choses à inventer, car le modèle économique mondial n’est pas satisfaisant et tout le monde peut le voir aujourd’hui… L’Afrique est créative mais les carcans culturels occidentaux nous emprisonnent dans un complexe d’infériorité dont nous devons absolument sortir.  Mais je ne prône pas une afrocentricité à tout crin comme certains. Moi je pense qu’il faut « ajouter » au lieu de « soustraire ».  Les Asiatiques ont bien réussi à s’ouvrir au monde tout en gardant leur culture et leur authenticité. C’est cela que je prône. Je pense que l’Afrique ne doit surtout pas se replier sur elle, mais elle doit identifier ses propres valeurs, les mettre en pratique de manière indépendante et être fière de sa culture tout en étant ancrée dans le monde ! Ce n’est pas facile, mais nous le pouvons.

Croyez-vous que les gouvernants africains accordent dans leurs projets une grande place à la culture ?

Non, clairement non ! Cela fait des décennies que rien n’est fait par les gouvernants africains et d’ailleurs c’est le cas dans tellement d’autres domaines, la santé, l’éducation, etc. Mais cela va changer, je suis très fière du Sénégal pour le changement politique imposé par les jeunes. Les jeunes doivent continuer à être vigilants avec le nouveau régime afin qu’il agisse vraiment dans l’intérêt du peuple.  L’arrivée de Youssou Ndour au ministère de la Culture est un signe encourageant.  Mais il faut que chacun à son niveau prenne désormais les choses en main. C’est ce que je fais de mon côté. Il faut que ce soit le nouveau mode opératoire. Prenons les choses en mains chacun dans son domaine à la place où il est le plus utile ! 

La thématique de la femme noire vous préoccupe n’est-ce pas ?

Oui, je suis très sensible à cette thématique, car il faut bien dire qu’en Afrique nous vivons dans un système patriarcal voire phallocentrique.  Je trouve cela dommage, c’est un frein au développement de l’Afrique car les femmes sont très créatives, elles sont sur tous les fronts notamment au niveau de l’économie informelle, très souvent avec peu de moyens, c’est aussi à elles qu’incombe l’éducation des enfants.  Si elles étaient moins bridées, notamment au niveau des études, cela apporterait beaucoup de changements bénéfiques à l’Afrique dans tous les domaines.  Je crois profondément qu’un peuple qui opprime une catégorie de sa population quelle qu’elle soit, d’une manière ou d’une autre, ne pourra jamais avancer pleinement.  Même si certains invoquent une légitimité d’une culture ou des mœurs spécifiques africaines ou musulmanes. Mon père m’a élevée tout autrement, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris la liberté de parole et d’action en toute circonstance.  Cela m’a permis de vivre facilement en occident sans complexe et d’y revendiquer pleinement mes droits à chaque instant.

Quelles sont les femmes africaines du monde de la culture qui vous ont marquée. Pourquoi ?

Annette Mbaye d’Enerneville, première journaliste au Sénégal, écrivaine talentueuse, Germaine Acogny la chorégraphe pour la beauté aérienne de ses danses africaines et modernes, Jacqueline Scott Lemoine la grande tragédienne sénégalaise, saisissante et habitée par ses rôles, Myriam Makeba la chanteuse magnifique, Mariama Bà l’écrivaine, Wangari Muta Maathai la Kenyane que j’admire pour son engagement en faveur de l’environnement (prix Nobel de la paix), Aminata Traoré la Malienne qui dit courageusement tellement de grandes vérités sur le système qui gouverne et asservit le monde et l’Afrique, Aissa Maiga la comédienne belle et talentueuse, Fatou Diome pour ses textes flamboyants…

Et aussi d’autres femmes noires, Rosa Parks, le courage fait femme, Angela Davis la militante des droits des noirs, Maryse Condé la Guadeloupéenne, une grande conteuse d’histoires, Toni Morisson, immense auteure, captivante dans le fond et dans la forme (prix Nobel de littérature)… Il y en a beaucoup d’autres et aussi beaucoup d’hommes…

Votre pays le Sénégal est certainement le pays où la production féminine est impressionnante. Qu’est-ce qui explique ce foisonnement ?

Premièrement je pense que ce foisonnement de la production littéraire féminine n’est pas spécifique au Sénégal… Ce foisonnement n’est pas spécifiquement féminin au Sénégal, il se trouve que le Sénégal est un pays fortement ancré dans la culture. La raison de cet ancrage est due en partie par le fait que Léopold Sédar Senghor, notre premier président qui est grand homme de lettres, avait privilégié la culture pendant des décennies. De son temps, presque tous les Sénégalais au lycée étudiaient le Latin et le Grec, le théâtre Daniel Sorano battait son plein avec des productions incroyables, il y a avait une grande école de danse africaine moderne avec Germaine Acogny et Maurice Béjart, une école des beaux-arts, une école d’architecture, etc.  Depuis, cette fibre est toujours là et ça foisonne toujours autant, même si les moyens ne sont plus les mêmes… Il y a quand même beaucoup d’événements culturels à Dakar, le festival des arts nègres en 2010, récemment la 10e biennale des arts en 2012, le Dak’art qui a beaucoup de succès… J’espère que la nomination de Youssou Ndour apportera encore plus de créativité et plus de moyens.

Dans certains pays la polygamie est dans le domaine de l’officiel. Quelle est la position des femmes intellectuelles de votre pays ?

J’avoue, personnellement, que la polygamie est inconcevable même si je respecte cet état de fait dans mon pays et le libre choix des personnes. Je n’ai pas du tout été élevée dans ce sens, donc je ne suis pas une référence pour en parler objectivement. Je crois que la position des femmes intellectuelles est assez variée sur ce sujet, il y en a qui l’acceptent comme une fatalité ou qui le justifient plus ou moins, notamment par la religion. Moi je pense que toutes les femmes en souffrent au fond d’elles-mêmes quoiqu’elles en disent en surface…

Depuis Une Si Longue Lettre de Mariama Ba, pensez vous que le Sénégal ait fait des bonds qualitatifs en matière de la protection de la femme ?

La loi sénégalaise laisse le choix au moment du mariage entre deux régimes matrimoniaux, polygame ou non et cela a toujours été le cas. Certaines femmes n’ont malheureusement pas le choix à cause du poids social, même si elles se laissent faire de moins en moins individuellement. Celles qui ont le choix essaient de ne pas se retrouver dans ce piège de la polygamie, mais ce n’est pas simple pour elles non plus toujours à cause du poids social. Cela étant dit, de plus en plus d’hommes trouvent cela trop compliqué pour eux et ne s’y aventurent pas, surtout les jeunes…

A votre avis la littérature est‑elle capable de faire avancer les choses positivement en Afrique ?

Oui, bien sûr… La fonction de la Littérature est de faire avancer les choses et les hommes… Un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.  L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques. Même parfois en divertissant. Je ne sais plus qui a dit : « L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre ».  Encore faut-il que les africains puissent avoir facilement accès aux livres de qualité.  Actuellement, les livres sont un peu chers et il n’y a pas de bibliothèques qui permettent de les emprunter. Voilà les problèmes sur lesquels nous devons travailler !

Quels sont les dix livres africains qui vous ont marqué véritablement ?

  • ·Amkoulel, l’Enfant Peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Ba, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur et aussi la sagesse africaine
  • ·Le Dialogue des Cultures de LS Senghor
  • ·Les Bouts de Bois de Dieu, ou encore Le docker de Sembène Ousmane.
  • ·Une si Longue Lettre de Mariama Ba
  • ·En attendant le vote des bêtes sauvages, Allah n’est pas obligé, deux livres superbes et instructifs d’Ahmadou Kourouma, mais j’aime tous ses livres.
  • ·Le vieux Nègre et la Médaille de Ferdinand Oyono m’a rendue profondément triste sur les rapports avec les colons
  • ·Le baobab fou de Ken Bugul
  • ·Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome

Connaissez-vous la littérature ivoirienne ?

Je connais très peu la littérature ivoirienne à part Ahmadou Kourouma que j’aime beaucoup et dont j’ai lu presque tous les livres car vendus dans les librairies en France, j’ai aussi des souvenirs lointains de Bernard Dadié… Chez Diasporas Noires, nous avons deux auteurs ivoiriens, Regina Goueu une jeune ivoirienne qui vit au Gabon, Isaïe Biton Koulibaly qu’on ne présente plus et qui voulait se mettre à l’ère numérique pour voir…

Un message fort à nos lecteurs pour clore cette interview…

Je voudrais parler de l’Ubuntu qui signifie :  « Je suis parce que nous sommes » ou  « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». C’est un concept spirituel africain qui a permis la réconciliation en Afrique du Sud, ce qui n’est pas rien.  Selon Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix sud-africain : « Quelqu’un d’Ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi – qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand – et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou oppressés. » Pourquoi ne pas enseigner et appliquer cette philosophie partout en Afrique ?  Et pour finir, on pourrait résumer mon état d’esprit par cette phrase de Confucius« Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. »

ETTY Macaire

Critique littéraire

Cette interview a été publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

 

Paru dans le Magazine GLANCE

Paru dans le Magazine  Panafricain METROPOLIS 

 

 

AFRIMPACT Magazine parle de nous

http://afrimpactmagazine.com/articles/hulo-bayle-guillabert 

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Le Jeudi 27 avril 2012, Pierre Laporte recevait Hulo Bayle Guillabert

dans l’émission « Afrique culture, les mots pour le dire »

sur www.radio-tongolo.com pour son roman

« Dior, le bonheur volontaire »

Interview 

Hulo Bayle Guillabert bonsoir.

Bonsoir Pierre Laporte, je suis heureuse de vous retrouver, Bonsoir à tous les auditeurs et auditrices.

C’est vrai que nous vous avions déjà reçue comme éditrice, cette fois, vous êtes là en tant qu’auteure.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre livre ? Sa thématique.

Je suis franco-sénégalaise, éditrice, j’ai créé la maison d’édition Diasporas Noires et la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique… Je suis aussi auteure…

« Dior le bonheur volontaire » est mon premier livre, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille.

C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur…

Mon livre parle aussi de la détresse enfantine, du monde inquiétant des adultes qui l’entoure, de l’insouciance des jeunes gens, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles…

Donc, ce livre est structuré en deux parties, par quoi a été animé ce découpage ?

En fait, j’ai écrit le premier chapitre par inadvertance, alors que je participais à un atelier d’écrire il y a 20 ans à Paris. On faisait un exercice, écrire un texte en une demi-heure avec comme contrainte une dizaine de mots imposés … Au bout d’une demi-heure chaque texte doit être lu et critiqué par les autres participants… Ce premier chapitre de Dior qui s’appelle « La visiteuse », est sorti donc en une demi-heure, de je ne sais où, quasiment à la virgule prés, sous la pression, comme ça… Moi-même j’ai été abasourdie, d’avoir écrit un truc aussi intime, oublié au fond de moi…

Pour la deuxième partie, c’est un livre que je voulais écrire sur mes parents, mais un peu romancé… Donc là c’était prémédité.

A un moment donné, le fait de rassembler les 2 parties dans un même livre m’a paru évident…

Est-ce que la vision de l’injustice par les yeux d’un enfant obéit à une logique chronologique ou autre ?

Je pense qu’un enfant n’a pas la notion d’injustice pendant qu’il vit des situations données… C’est juste de la détresse et de l’insécurité affective ressenties au plus profond de lui… Qu’il nommera injustice plus tard…

En lisant votre livre, je n’ai pu m’empêcher de penser à Maïmouna  d’Abdoulaye Sadji, que pensez-vous de ce rapprochement ?

Je pense que ce rapprochement n’est pas pertinent si on prend les thèmes principaux abordés, le livre d’Abdoulaye Sadji parle des enjeux d’une authenticité africaine face une modernité factice, compare une vie paysanne et humaine, à une vie citadine et mondaine basée sur le paraître, l’auteur parle aussi de l’ambition sociale, de la naïveté, de la tromperie amoureuse…

Pause musicale : Chimes of freedom c’est la chanson que vous avez choisie

Merci à l’Artiste-Ministre Youssou Ndour pour cette chanson optimiste. Le refrain dit : « Et nous avons regardé fixement au-dessus des carillons de la liberté qui éclataient. »… Il faut aussi préciser que c’est une chanson de Bob Dylan à la base.

La condition de la femme est abordée dans ce livre et notamment la soumission à un ordre patriarcal, c’était une volonté de le traiter ou ce sujet s’est-il imposé à vous.

Ce sujet, j’y ai toujours été très sensible, justement parce mon père m’a élevée tout autrement et n’a jamais essayé de m’imposer ce genre de choses, alors que toutes mes amies autour de moi les subissaient… Bien que nous vivions au Sénégal, où cet ordre patriarcal ou même on peut dire phallocentrique est incontournable, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris à me débrouiller sans compter sur personne, sans compter sur un homme.

Pour vous, une bonne littérature tient elle aussi à son propos ?

Oui, cent fois oui… Car pour moi un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.

Mais une bonne littérature tient aussi à la sonorité des mots, à la fluidité et à l’élégance du style… Sur ce point particulier, j’aime des écrivains comme Marguerite Duras ou Christian Bobin…

D’ailleurs, dans le rap et le slam, les jeunes travaillent sur cette sonorité des mots…

Paul Valery disait « la poésie cette longue hésitation entre le son et le sens ».

Quel est le rôle social de l’écrivain, particulièrement en Afrique ?

L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques…. Même parfois en divertissant… Je ne sais plus qui a dit : L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre.

Mais j’aime bien ce que dit Christian Bobin : Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.

Dany Laferrière disait lui « j’ai longtemps cru que mes livres venaient de moi, je commence à croire que je viens de mes livres ».

Est-ce pour vous une réalité encore prégnante en Afrique ou vous nuanceriez le propos aujourd’hui ?

Je pense que cette réalité-là que je décris existe encore en Afrique mais aussi partout dans le monde (j’en reviens toujours à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine…)

Cette réalité-là a toujours existé et la littérature en général ne cesse de relater ce même type d’histoire… Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, ont fait couler beaucoup d’encre et c’est le même type d’histoire d’amour contrarié par la société sous des prétextes divers et variés… La forme et le motif de la contrariété peut-être être différente selon les cultures ou selon qu’on soit à la campagne ou à la ville… Il y a toujours une histoire de richesse ou non du prétendant, de religion, de bienséance ou d’honneur…

C’est la même chose pour la réalité de fillettes sans leur mère dans un milieu hostile où règne une marâtre, chez nous au Sénégal, on raconte depuis la nuit des temps dans les veillées, l’histoire de « Coumba ame ndeye » (Coumba avec mère) et « Coumba amoul ndeye » (Coumba sans mère), une cendrillon africaine qui finit par triompher d’une méchante marâtre après beaucoup de péripéties et de souffrances…

C’est toujours la même histoire… Ces histoires sont des histoires humaines qui se reproduisent à l’infini… De tout temps et sur toutes les latitudes.

Vous mettez en exergue de votre livre « tout ce qui arrive est nécessaire » qui est une phrase rappelons le, de Marc Aurèle empereur romain et philosophe stoïcien.

Cette citation est également attribuée à Spinoza

Pourquoi ce choix ?

Pour moi, c’est la conclusion du livre…Cela reflète mon état d’esprit après avoir raconté tous ces événements relatés dans le livre… Cela veut dire, que ces événements m’ont façonnée et que dans ce sens, ils étaient peut-être nécessaires… C’est l’acceptation de la vie et des embuches qu’on rencontre, afin d’évoluer.

La philosophie stoïcienne met en avant l’acceptation du monde tel qu’il est, est-elle en accord avec le propos de votre livre ?

Je suis en accord avec cela, même si pour moi la volonté doit être le pendant parfait de l’acceptation… Je m’explique

Je pense qu’il faut accepter le monde tel qu’il est et se changer plutôt soi-même… pour pouvoir le changer…

Gandhi l’a très bien dit, « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde… »

On peut être très volontaire en agissant sur les événements et le monde qui nous entoure tout en acceptant qu’il ne soit pas parfait, que nos vies ne soient pas parfaites, vivre dans le moment présent en essayant d’être heureux avec ce qu’on a sur le moment, même si on travaille à l’améliorer…

Dans votre ouvrage « Dior, le bonheur volontaire » la volonté est beaucoup plus présente que le bonheur. C’est un parti pris ?

En fait, je voulais surtout parler de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux, pas du bonheur lui-même

Pause musicale : Nina Simone – My baby just cares for me

Super !!! Merci Pierre

Le sujet de la religion est aussi abordé, via notamment l’interdiction transgressée d’épouser un non-musulman, comment analysez-vous cette endogamie ?

Au Sénégal, Il y a beaucoup de familles ouvertes qui acceptent cela.

Cette interdiction a souvent été transgressée car les 2 communautés musulmane et catholique sont assez imbriquées… Dans presque chaque famille, il y a des musulmans et des catholiques. Dans ma famille cela a toujours été le cas depuis plusieurs générations. Les fêtes religieuses sont fêtées d’un côté comme de l’autre, tous ensemble, tout le monde participe… Moi quand j’étais jeune, bien que catholique, je faisais parfois le ramadan pour faire comme ma grand-mère ou soutenir ma meilleure amie dans son effort…

Pour moi cette interdiction d’épouser un non-musulman, est d’autant plus bizarre que c’est le même Dieu… Mais cela peut servir de prétexte le moment venu pour refuser un prétendant … Et pourtant, Dior et Édouard étaient cousins germains et donc d’une grande proximité familiale…

Et ce drap taché qui est un symbole d’asservissement là devient un symbole de libération ?

Oui, en fait Dior joue à l’apprentie sorcière et transforme ce symbole d’asservissement de la femme en sa faveur… Ces jeunes partent en fait du principe que le déshonneur c’est quand on se fait déflorer sans que les parents sachent où, quand et avec qui… Là, ils ont l’idée de ramener le drap taché, de l’exhiber accompagné d’une demande de mariage… Ils pensent que cela va leur épargner le déshonneur, en tout cas c’est ce qu’ils croient…

On voit aussi comment s’organisent les jeunes pour s’opposer à une décision parentale, le conflit entre les générations est-ce là encore quelque chose de nouveau en Afrique ou ça a toujours existé ?

Je pense que le conflit de générations a toujours existé, jusqu’ici en Afrique, le sacro-saint respect envers les ainés, les anciens, empêchait et freinait toute velléité de révolte de la jeunesse. Mais cela est en train de changer…

J’ai l’impression que les jeunes aujourd’hui prennent plus leurs responsabilités et sont décomplexés de ce point de vue là… On peut citer toutes les révoltes de la jeunesse dernièrement, cela a commencé en Égypte, donc en Afrique… Le mouvement Yen A marre au Sénégal a tenu tête au régime et l’a fait tomber… J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et plus audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené…

Que pensez vous de cette phrase de Nietzsche «  tout ce qui se fait par amour se fait par delà le bien et le mal », serait-ce un bon résumé de votre livre ?

Oui, tout à fait… Même si cela ne va pas forcément dans le sens souhaité par les amoureux au final…Moi je fais toujours et systématiquement ce choix-là… Quand des jeunes me demandent un conseil, je leur conseille toujours de choisir les sentiments plutôt que toute autre chose.

Quels sont vos modèles d’écriture, les auteurs qui vous ont inspirée le plus concernant le style ?

Mon style n’est pas inspiré par un écrivain en particulier, mais c’est un amalgame de toutes lectures que je fais depuis l’enfance et de ma propre intériorité…

Je suis plus à l’aise dans le style de la première partie de ce livre qui coule de source telle quelle, à la virgule près, comme venue directement de mon âme…

Alors que la deuxième partie du livre est plus un travail d’écrivain, avec un peu plus d’efforts…

Cela étant dit, je peux quand même dire un mot des livres qui m’ont le plus marquée dans ma vie au niveau du contenu… Je citerai en vrac

Amkoulel l’enfant peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Bâ, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur, Mariama Ba : Une si Longue Lettre.

Jazz de Toni Morisson et Si c’est un homme de Primo Levi m’ont beaucoup appris sur la complexité de l’être humain, sur l’ombre et la lumière, La chute d’Albert Camus aussi.

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, Ségou de Maryse Condé, L’alchimiste de Paulo Coelho, Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche, etc…

Et pour finir au niveau spirituel, Le livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché et Le prophète de Khalil Gibran… Mais il y en a beaucoup d’autres comme Don Quichotte de Cervantès, qui est un livre IMMENSE à lire et à relire…

Tous ces livres m’ont appris la bienveillance envers le genre humain et l’optimisme.

C’était votre premier roman, Graham Greene dit qu’il est important d’écrire sur ses premières années car c’est là que l’essentiel nous a été donné .  Êtes-vous d’accord ?  Et si oui que vous ont laissé ses premières années ?

Ces premières années m’ont laissé une grande force de caractère je crois, une résilience, beaucoup de volonté mais aussi de capacité d’acceptation, sans désir de revanche, sans rancœur, juste avancer, évoluer, se relever à chaque chute, sourire et repartir de plus belle.

– comment se procurer le livre (particularité).

-adresse du site/ références

Sur le site de Diasporas Noires  https://diasporas-noires.com/

Le livre version numérique est disponible pour un achat immédiat sur le site https://diasporas-noires.com/librairie-1/dior

Le livre version papier en remplissant un bon de commande toujours sur le site https://diasporas-noires.com/bon-de-commande

Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont Dior seront disponibles en version papier à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Merci Hulo Bayle guillabert

Merci Pierre Laporte pour ce bon moment que je viens de passer avec vous, trop court…Et merci à tous les auditeurs auditrices… 

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 LA PRESSE SÉNÉGALAISE PARLE  DE

Lumières de la Renaissance de Thierno Souleymane Diop Niang


 

LUMIÈRE DE LA RENAISSANCE» de THIERNO SOULEYMANE DIOP NIANG : Poésie militante pour un monde plus équilibré

LUNDI, 12 MARS 2012 12:34

La Maison de la culture Douta Seck a abrité, samedi, la présentation du recueil de poèmes de l’étudiant Thierno Souleymane Diop Niang. Selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf qui a préfacé ce recueil, l’Afrique est omniprésente dans ce recueil où  l’auteur s’insurge contre ceux qui ont ébranché le continent pour bâtir leurs divins jardins.

Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, a procédé samedi à la présentation de son premier recueil de poèmes intitulé « Lumières de la Renaissance », à la Maison de la culture Douta Seck. Cet ouvrage de 64 pages, édité par « Diasporas noires » et riche de trente quatre poèmes, a été préfacé par l’écrivain Nafissatou Dia Diouf.  Elle y parle de ce jeune poète qui « traite des thèmes variés dans un style assez singulier, empreint de spiritualité naturelle, et repousse les frontières des règles de la poésie dans son dessein de s’épanouir ». Nafissatou Dia Diouf estime que cette œuvre est « une lumière pour la renaissance d’un citoyen nouveau, libre, conscient, agissant, digne, en un mot, humain ».   L’Afrique est omniprésente dans ce recueil où Thierno Souleymane Diop Niang s’insurge contre ceux-là qui l’ont ébranchée pour « bâtir leurs divins jardins ».

« Si sa terre est son thème de prédilection, sa mère demeure son inspiratrice, et l’être aimé, sa muse. Ce qui nous donne à penser que l’auteur se nourrit d’amour et de mots, de raisons et de passions. Oui, il sait aussi se mettre à nu, rendant encore plus touchant ses mots, ses doutes et ses douleurs », apprécie-t-elle.  « Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue (…)», souligne-elle.  « C’est une expérience accumulée au fil de nombreuses années, par la lecture, que j’ai voulu faire parler dans mon recueil. J’ai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis les classes du niveau secondaire. J’ai acquis toute une expérience au contact des livres.  A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait extérioriser toute cette expérience », explique l’auteur Thierno Souleymane D. Niang.  M. Niang révèle que sa muse, c’est sa mère, dont il est le fils unique, mais son inspiration lui vient aussi de ses amis et de son  environnement.  Pour sa part, la directrice de la maison de la culture Douta Seck, Fatou Sidibé G. Diallo, a vivement félicité le jeune écrivain, représentant d’une jeunesse parfois révolutionnaire, mais qui constitue l’espoir du pays.

Venu présider la cérémonie au nom du ministre d’Etat, ministre de la culture, du genre et du cadre de vie, le directeur de cabinet Racine Senghor soutient : « le Sénégal a besoin que sa bibliographie s’agrandisse, et que naissent des poètes ».   La beauté de cet ouvrage, souligne-t-il, est liée au fait que « l’auteur utilise beaucoup de ressources à l’image des modes d’expression de chez nous, sans respecter la poésie classique». Quant à son homonyme, il a dit qu’il est « agréablement surpris, car il n’avait jamais décelé chez l’auteur un talent si extraordinaire ». Mme Annette Mbaye D’Enerville est allée dans le même sens, en encourageant le jeune poète.

Souleymane Diam SY


‘’Lumières de la renaissance‘’ est ‘’la révélation d’un auteur au talent précoce’’ (préface)

Dakar, 10 mars( APS) – Le recueil de poèmes ‘’Lumières de renaissance’’ de l’auteur Thierno Souleymane Diop Niang est, selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf, ‘’la révélation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’.

Ce tout premier opus, +Lumières de la renaissance+ est une lumière pour la renaissance d’un nouveau citoyen libre, conscient, agissant et digne, en un mot, humain’’, a écrit Mme Diouf dans la préface de cet ouvrage présenté samedi à un public constitué de parents, amis et proches de l’auteur.

Cet ouvrage est ‘’la révelation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’, a ajouté Nafissatou Dia Diouf, qui a participé à la cérémonie de présentation du livre. ‘’L’Afrique est omniprésente dans l’ouvrage.’’

‘’Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue, malgré quelque imperfection‘’, soutient l’auteur de la préface du recueil.

L’auteur Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, soutient que c’est une ‘’expérience’’ accumulée au fil de nombreuses années par la lecture qu’il a voulue faire parler dans son ouvrage.

‘’Jai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis le lycée. C’est toute une expérience que j’ai acquise au contact des livres au fil des années. A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait exterioriser toute cette expérience là, tout ce talent caché en moi’’, a-t-il affirmé.

‘’Les sources d’inspiration, je ne suis pas allé loin pour en trouver : c’est ma mère. C’est cette dame qui est là, dont je suis le fils unique. [Elle] a tout été pour moi. Malgré mes errements, c’est elle ma muse’’, a-t-il dit, montrant du doigt sa mère assise devant l’assistance.

Ses amis et son environnement l’ont aussi inspiré, a-t-il affirmé. ‘’Ce sont, a-t-il indiqué, les lieux que je fréquente, les bus, les cars rapides et les taxis que je prends et les gens chaleureux que je rencontre qui ont constitué ma muse.’’

Thierno Souleyemane Diop Niang ‘’milite pour un monde plus équilibré, en prônant une conscience nouvelle mue par les valeurs civilisationnelles africaines ou simplement les valeurs humaines fortement secouées par une époque mercantiliste’’, écrit son éditeur, Diasporas noires.

AAC/ESF

 

Interview de Thierno Souleymane Diop Niang, poète sénégalais dans le journal Njaacar basé en France .

NFS – Bonjour Thierno, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
TSDN – Je suis Thierno Souleymane Diop Niang , je suis né à Dakar et j’ai fait mes humanités dans la capitale.

NFS – Tu viens de publier ton premier recueil de poèmes, peux-tu nous en dire davantage ?
TSDN – Oui, je viens de mettre sur le Marché mon premier opus . Je remercie tout d’abord Dieu car comme j’ai eu à le dire, dans la présentation, toute évolution positive dans la vie d’un individu, doit être ponctuée d’une attitude de gratitude. Je rends hommage aussi à Hulo Guillabert qui dirige les Editions Diasporas noires et qui m’a donné la chance de publier les « lumières de la Renaissance ».

NFS – Ton recueil a été préfacé par Nafissatou Dia Diouf, as-tu d’autres contacts privilégiés avec d’autres auteurs ou poètes ?
TSDN – C’est vrai qu’elle m’a fait l’honneur de le préfacer, je dis encore merci à la Grande Sœur Nafi pour son humilité et la sympathie dont elle a fait montre à mon égard. Je crois qu’il m’est arrivé ces dernières années de rencontrer souvent de grandes personnalités de divers horizons et les échanges avec eux sont toujours fructueux. Mais je dois avouer que ma rencontre avec des écrivains ou poètes se passe souvent par le canal de leurs œuvres (rires).Toutefois je nourris le rêve de connaitre personnellement certains auteurs dont les écrits m’ont interpellé.

NFS – Quel poète es-tu ?
TSDN – Il n’est pas aisé d’apporter des réponses précises à cette question, car à mon avis le poète est celui qui couche sur du papier ses émotions. Cela peut être motivé par son vécu, son environnement ou ses aspirations … Je dois dire que pour ma part, je me définirai comme un poète libre, sensible au devenir de l’humanité et qui veut aussi incarner les messages contenus dans ma poésie.

NFS – D’où te vient l’inspiration ?
TSDN – Faire de la poésie n’est pas une entreprise aisée. Je crois que parce que c’est un genre littéraire assez pointu, taxé par certains de cénacle d’initiés, il faut relativement un don, une certaine capacité à communier avec son environnement, mais je considère fondamentalement que le secret de la poésie réside dans la spontanéité c’est là simplement qu’on pourra atteindre les cœurs.

NFS- Que représente l’écriture pour toi ?
TSDN – Liberté, c’est cela que signifie l’écriture pour moi. Libérer mes émotions, partager avec les autres. Car j’ai compris, que si on a la chance de pouvoir manier la plume, il faut avoir le courage de se positionner comme analyste, sentinelle, pour décrire avec froideur les situations de sa société. Je suis aujourd’hui persuadé, que l’écriture sera une discipline qui participera au formatage de cette conscience africaine nouvelle à laquelle aspire ma génération décomplexée, encline à conduire ce continent vers les terres ensoleillées du développement pour que les choses changent. C’est pourquoi je ne me limite pas simplement à la poésie.

NFS – Pourquoi le titre « Lumières de la renaissance » ?
TSDN – Je te renvoie à la préface de Nafissatou Dia Diouf qui dit je cite  » que ce premier recueil est la lumière pour la naissance d’un citoyen nouveau libre, conscient, agissant en mot humain « .

NFS – En dehors de la poésie, quelles sont tes activités ?
TSDN – Je suis juriste de formation et depuis longtemps j’ai compris que sur ce continent les jeunes n’entreprenaient pas trop. Je me suis lancé dans ce domaine avec parfois des échecs, ce qui est normal du fait du manque d’expérience. Mais étant de nature optimiste, il y a quelques mois nous avons lancé avec des amis une structure qui s’appelle SMS Consulting (So Many Solutions), dans le but d’insuffler une dynamique nouvelle, dans le domaine de la communication de l’évènementiel… Nous projetons ainsi d’organiser le Forum des Jeunes Leaders, une plateforme inédite, pour dire aux jeunes comme nous que c’est difficile mais c’est possible de réaliser ses rêves à domicile. Dans cette optique, nous avons tenu une randonnée pédestre pour joindre notre voix contre la transmission du VIH mère enfant…

NFS – A-t-il été facile de trouver une maison d’édition pour ton recueil ?
TSDN – En fait ce qui est extraordinaire c’est que la première Maison d’Editions à laquelle je me suis adressée prenait du temps à me répondre et voilà que je rencontre Hulo qui toute suite m’a fait confiance et par la suite Diasporas noires a publié le recueil… Et il y’a quelques temps la maison d’Editions Harmattan m’a témoigné son intérêt pour mon œuvre…
Le recueil de poésies est disponible sur : https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere.

NFS – Nous sommes à une semaine des élections présidentielles au Sénégal quelle lecture fais-tu des événements récents ?
TSDN – C’est vrai que, la situation est tendue dans ce pays . Mais j’ai appris en droit que les hommes et les régimes passent, donc nous avons en commun ce pays nous avons l’obligation de le sauvegarder et moi je vote pour la paix, c’est mon candidat mais dans l’expression plurielle de toutes les sensibilités car c’est encore cela notre richesse. Une mosaïque d’obédiences cheminant vers un même but.

NFS – Et le mot de la fin ?
TSDN – Quand tu es perdu dans un tourbillon de conjectures, vivotant jusqu’à l’usure, parce qu’un coup du destin t’a couvert d’une chape de mélancolie, parcoure le tréfonds de ton Etat, arraches y cette volonté surnaturelle qui au bout des peines te feras luire. Lorsque tu glisses sur une pente raide, au risque d’être broyé dans la nuit. Surtout reste affable, car ne se hissent jamais au pinacle les esprits faibles. Cherche, en toi sont minées les solutions. Il t’a accordé la primeur dans sa création. Le voyage est tendancieux, la destination reculée mais les moyens palpables. Tu as le pouvoir d’imprimer ta marque indélébile en haut sur le tableau noir sans opposition. Alors recommence, jette aux orties ce faux pas car tu respires encore point de trépas. Rends lui grâce d’autres ont connu fortune diverse et sont coincés dans l’impasse. Souris, n’entends-tu pas tambouriner le bruit de ton salut à grands pas. Ceci était ta destinée, depuis ton premier souffle, tu avais le devoir de triompher de ce combat seul.

UNE INTERVIEW REALISEE PAR NFS

 

Thierno Souleymane Diop Niang sur 2STV – Chaîne de télévision sénégalaise

 

Reportage sur la cérémonie de signature du recueil dans le journal télévisé de la RTS… A la 25e minute de la vidéo

[:en] 

LA PRESSE PARLE DE NOUS

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Présentation du roman « Chatiments Névrotiques » de Dominik FOPOUSSI
Ed Diasporas Noires 2015

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« Le Cameroun, sur le divan » de Dominik FOPOUSSI
Par Valentin Siméon ZINGA*

L’amateur de roman doit s’y prendre par deux fois. Car, Si son attention est prise à défaut, s’il n’est pas attentif, il n’échappera peut-être pas à la charge de l’illusion que charrie le titre de cet ouvrage. Châtiments névrotiques, donne à première vue, l’impression d’être le titre d’un essai psychanalytique : un lointain écho à Sigmund FREUD, ou à Jacques LACAN. Mais à bien y regarder, ce titre semble suggérer un état clinique avéré, celui d’un système de gouvernance soumis au divan de l’auteur… Ce-dernier se sert volontiers d’un personnage central, Dégé, archétype d’arrivisme non dissimulé, avec ce qu’il recèle de tentation pour l’arrogance assumée, de goût d’extravagance assouvie ou contrarié , de penchant pour l’omnipotence tantôt fictive, tantôt effective.

Ce Dégé-là, Dominik FOPOUSSI s’en sert comme d’un authentique guide, pour nous conduire dans un édifice, qui comporte trois pièces et autant de clés d’accès : politique, éthique, et esthétique.

L’espace politique, met en scène, un pouvoir en place travaillé par sa perpétuation, tout entier dévoué à un « chef central » ; sorte de démiurge auquel les créations et les créatures doivent soumission et allégeance absolues. Les destins les plus enviables s’y nouent autour des combinaisons relationnelles les plus alambiquées, porteuses elles-mêmes de combines les plus notoires. S’y révèlent aussi : le recours à une répression féroce des dissidences avérées ou soupçonnées, l’enrégimentement et la domestication des poches de rébellion animées par des forces d’opposition poussées vers de douteux compromis, ou contraints à de spectaculaires compromissions.

Les univers carcéral et policier dont l’auteur livre par le menu, une saisissante description, et les codes de fonctionnement, témoignent à suffisance de l’arsenal répressif en vigueur. Pas seulement : ils accueillent des personnalités, figures emblématiques du système, affrontant une déchéance aussi brutale qu’inattendue, par suite du déclenchement de procédures relatives à des dossiers touchant à la gouvernance, ou présentés comme tels…
De quoi faire irruption dans le coin éthique de ce roman. Les atteintes à la fortune publique par les personnalités à divers titres et niveaux de l’appareil ‘Etat, ouvrent le procès à tiroirs d’une élite gagnée par la corruption qui gangrène le sérail, adepte d’un hédonisme jouissif et débridé, avec ses trahisons, ses félonies, ses mœurs littéralement dissolues. Un vrai sport national. La privatisation du patrimoine collectif dont les techniques sont connues de tous, prospère sous les regards approbateurs de ceux qui s’y adonnent, et ceux, envieux et impuissants de la multitude réduite à une misère autant rampante qu’implacable. Et le sursaut moral de Dégé, soudain porté vers des actes de charité une fois emprisonné, n’y change absolument rien.

Ce puzzle, dont les pièces sont rassemblées à fleurs de lignes, n’est finalement accessible grâce à un art consommé de la mise en récit. Reviennent alors en surface, ces mots de Jean-Paul SARTRE, dans Qu’est-ce que la littérature ? : « Bien que la littérature soit une chose et la morale une tout autre chose, au fond de l’impératif nous discernons l’impératif moral ». (SARTRE, 1948 : 69)

Avec une telle contiguïté, nous voici au seuil de la pièce esthétique de ce roman. Il nous tarde d’y entrer. Nul ne s’étonnera du caractère haletant du récit, rendu palpitant par le truchement d’un style…châtié, d’une écriture qui alterne phrases courtes et longues. L’intrigue tient bien sûr en haleine le lecteur de la première à la dernière ligne. L’auteur joue d’une pluralité d’outils, qui valent autant de figures de styles : ici la litote succède à la prétérition ; là, l’ellipse côtoie l’hyperbole la plus parlante, ou l’allusion la plus signifiante. De sorte que, parfois, il arrive de suggérer que le personnage central,- Dégé pour ne pas le nommer-, est la métonymie d’une déchéance et d’un désarroi collectifs. A l’évidence, l’auteur est bien prisonnier de ses Humanités et n’a rien oublié des principes de l’écriture journalistique qui vous enserre insidieusement le long d’une vie. Qui lui en vaudrait pour cela ?

Même si écrire c’est, en un sens, dévoiler, le Cameroun se donne à voir, sans fards ni artifices, sous cette plume joyeuse et néanmoins désabusée, par son « opération épervier », jamais à l’abri de l’intrication du politique et du judiciaire ; ses politiciens véreux travaillés ou mus par de si primaires passions et le peu de cas fait au sens de la République ; et à ses misères tenaces qui libèrent un imaginaire riche de ses bricolages, mais toujours condamnées à l’impuissance.
Alors oui, subir ces châtiments névrotiques est un vrai régal. Voilà le terrible oxymore que sa lecture nous inflige.

*Journaliste à la périphérie
Châtiments névrotiques, 2015
Editions Diasporas Noires, Collection Vies, 208 pages

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Article de la Muse d’Or sur Pha Thiello auteur du receuil « Mon Rêve – La paix dans le Monde ».

Pha Thiello : l’art tri-omphe !

Il porte ses trois casquettes et garde bien les épaules tranquilles sans vaciller. Comment fait il ? Quand on le lui demande, il se contente de sourire. Un sourire timide. On ne saurait jamais comment il arrive parfaitement à marier ses trois femmes. Car Alpha Baidi THIELLO dit Pha Thiello, est un prêtre de l’art et de le culture. Il porte la peinture, la musique et l’écriture comme s’ils ne faisaient qu’un seul. Je cherchais un peintre et je l’ai rencontré dans toute sa dimension d’artiste !

Si vous cherchez un artiste polyvalent au Sénégal, demandez moi de vous mettre en relation avec un certain Pha Thiello. Artiste peintre de son état, guitariste triplé d’un écrivain-poète, la peinture le connaît depuis qu’il est adolescent. Adepte de la sérigraphie alors qu’il n’est que dans la vingtaine, c’est Ibrahima Thiaré dit « Jams » son frère aîné, qui lui apprend à tenir le pinceau et à mélanger les couleurs. La passion dans le talent, il apprend vite. Près de 10 ans plus tard, il organisera sa propre exposition.

Sa première toile, c’est en 2003 qu’il la tire de ses grandes mains. L’artiste lui donne de belles couleurs chaudes, et la dénomme « complémentarité » en guise de sa contribution à la cohésion sociale au Sénégal. A travers elle, Pha veut expliquer l’importance des autres, dans une société qui tend vers l’individualisme et où les rapports de forces sont cruels. Pha, qui commence ses premiers coups de pinceaux, émancipé de la tutelle de son maître se définit cependant comme un artiste parnassien. « L’art pour l’art », défendu par ce genre artistique originairement littéraire, ne séduit pas seulement ce jeune artiste. Il va aussi envelopper ses créations pour en faire un moyen d’expression privilégie. L’Afrique, le village, la beauté ainsi que d’autres thèmes de prédilection vont s’immortaliser entre les lignes de Pha Thiello qui souhaite donner vie à sa passion et libre cours à son inspiration. Il ne mutile pas ses envies et se laisse séduire par la muse.

Sa première exposition le ramène dans ses origines. Natif de Tamba certes, il a grandi à Kaolac, une grande ville située à 189 kilomètres au sud-est du Sénégal. Une région mythique qui accueille régulièrement de grands événements artistiques. L’alliance France-Sénégal qui l’invite avec plusieurs autres artistes, lui donne l’occasion de faire valoir son talent. C’est une aventure satisfaisante qu’il va reconduire, au cours des biennales organisées dans le pays et qui seront d’ailleurs pour lui, des expériences enrichissantes au fil des années.

L’oiseau, après avoir apprit à voler en groupe, tentera bravement de voler de ses propres ailes. Le résultat s’avère concluant lors de sa première propre exposition. Pha présente une collection multi-colorée riche et diversifiée qui séduit le public. 16 tableaux présentés au public. Zéro retourné. Pha ne regrette pas d’avoir exposé à la galerie Nubi Art.

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Crédit photo: Pha Thiello

En dépit de la pseudo tiédeur de l’environnement du pays, Pha est un artiste qui s’ennuie pas. Quand son pinceau se repose, ce sont deux autres choses qui le servent. Sa plume pour écrire et sa voix pour chanter. Mais qu’est ce qu’il écrit et qu’est ce qu’il chante ? Pour ceux qui se le demandent, sachez que Pha est aussi guitariste et écrivain poète. Son recueil de poèmes, sorti en 2012 et qui s’intitule « Mon rêve : la Paix dans le monde » a été publié à la maison « Diaspora Noires ». Ce recueil qui est une hymne à la paix et la lutte pour une justice sociale, retrace les rêves d’un jeune homme qui aspire au bien être social et surtout à celui des enfants du monde. Des qualités que vous retrouverez lorsqu’il prends sa guitare et vous chante « J’en ai marre j’en ai marre !! J’en ai marre j’en ai marre !! De voir tous ces enfants, qui meurent de faim … ».

Amoureux des couleurs chaudes, il me confie : « Je les sens mieux que les couleurs froides . Ce qui explique qu’il y a beaucoup de rouge, orange, jaune dans mes toiles ». En effet,Ce n’est pas un hasard, si l’on retrouve des couleurs chaudes dans ses créations puisque ce natif de la région de Tamba, habitué à ses 42 degré de chaleur, a également grandit à Kaolac où la température atteint souvent les 45 degrés. Une chaleur qu’il va exploiter dans son travail en s’employant à valoriser ces couleurs qui disent si bien ses origines à travers un très beau rendu de sa végétation, des rires de ses enfants, de son quotidien et surtout des courbes généreuses de ses splendides femmes.

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Crédit photo : Pha Thiello

Même si peu d’artistes déclarent vivre de leurs arts, Pha demeure franc. Toutefois, il n’occulte pas les épines du métier et déplore quand même la mauvaise visibilité des tableaux africains et en occurrence du Sénégalais. Mais Pha est maître de son art. Il essaie de prendre exemple sur certains de ses devanciers à qui il témoigne une profonde admiration et une infinie gratitude.

Pour lui qui se contente d’aimer passionnément et continuer avec détermination ce qu’il aime, la peinture est un art qu’il faut vivre pleinement dans toute la douceur de ce qu’il inspire. Son crédo ? Peindre pour peindre. La vraie peinture selon lui, commence par là. La vocation sociale n’étant qu’une seconde option. « Je peins pour combler d’abord mes envies en insufflant aux autres, le meilleur et la beauté qui sort de moi » et comme il le dit, « si vous peignez un tableau qui n’est pas beau à voir, vous aurez très peu de personnes qui l’apprécieront. Cependant s‘il est beau, il sera un tremplin pour véhiculer un message ».

Dans un pays ou les peintres sortent difficilement, Pha peut dire qu’il tient les deux bouts. Depuis sa dernière exposition, c’est un moment de silence qu’il consacre à l’écriture de scénarios et de poèmes. Le triple artiste envisage diversifier sa créativité et explorer d’autres pistes.

Avec près d’une vingtaine d’année au service de la peinture, Pha s’invite à plusieurs projets. Sollicité par le Cap Vert depuis peu, il souhaite servir la peinture comme jamais en Afrique. Quand je lui demande de faire un choix entre ces trois particularités, il répond entre trois sourires différents « s’il y avait des branches à abandonner, j’opterais pour la poésie et la musique »; mais dans un futur proche, l’option que je lui propose n’est pas négligeable selon lui. Celle de mettre ces deux autres talents au profit de la peinture afin d’offrir la meilleure version de lui, à ses milliers de fans qui le découvrent chaque jour sous un nouvel angle sur les réseaux sociaux.

Pha qui n’a encore pas gagné de prix croise d’abord les doigts sur ses projets. Il se contente de peindre pour le bonheur d’exprimer ses sentiments dans un premier temps :« Je ne peins pas pour gagner des prix, mais pour le plaisir de peindre. Mes admirateurs m’en donnent chaque jour et moi-même je le fais en m’investissant de la plus belle des façons dans ce que je fais. Car peindre avec l’amour de plus d’un millier de personnes qui vous suivent chaque jour, c’est un véritable bonheur et une véritable chance !!! »

Les projets de voyage dans un futur proche représentent pour notre triple artiste, un tournant décisif dans une carrière qu’il espère fructueuse. Quand il a du temps, il donne des cours de guitare. Maître à son tour, il enseigne les bases de la peinture à près de dix jeunes qui s’en sortent aussi bien. De plus, il envisage ouvrir une école de peinture afin d’initier les plus jeunes. Sa contribution pour l’essor de la peinture en Afrique et plus particulièrement au Sénégal prendra véritablement forme d’ici peu. Artiste idéaliste, il est épris de paix, et le véhicule dans ses chansons et ses œuvres picturales. Plus de 10 ans qu’il est à pied d’œuvre, et espère « peindre pour peindre », pour le bonheur de ses pairs !

Propos recueillis par Siamlo Victoria

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Article du CAMEROON TRIBUNE sur le livre « Châtiments névrotiques » de Dominik Fopoussi.

Frime et châtiments

La chute et la possible rédemption d’un ex-puissant meublent « Châtiments névrotiques », roman de Dominik Fopoussi.

Par Alliance NYOBIA

Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé n’est pas forcément fortuite. De fait, Dominik Fopoussi se sert du permis d’inventer, que chaque romancier doit détenir quelque part, pour flirter avec l’excès de vitesse en la matière. Ou pas. Parce que pour le coup, le fruit de l’imagination de cet ancien journaliste semble nourri à la sève de la réalité, fruit porté par un arbre dont les racines s’enfoncent loin dans le sol fertile du vécu collectif.

Résumons. C’est l’histoire d’un directeur général de société d’Etat qui se retrouve un jour en difficulté avec la justice pour mauvaise gestion. Ça vous parle ? Et donc le fameux Dégé (c’est le nom du personnage principal), appellation également déclinée en « Directeur généreux », va perdre sa liberté pour avoir pris des libertés avec la fortune publique.

Si la chute d’un homme n’est pas la fin de sa vie, pour reprendre l’expression d’un chanteur populaire, cette dégringolade peut être douloureuse. Passer d’une demeure luxueuse, à un cachot infect, pour qui était par ailleurs abonné aux grands palaces de ce monde, c’est mourir plusieurs fois. Dégé, ancien homme de pouvoir, sera ballotté comme un fétu insignifiant dans la spirale de l’humiliation. Pour atterrir lourdement en prison, sans grand espoir d’en sortir de sitôt.

Il est clair que Dominik Fopoussi s’est inspiré, au moins en partie, de l’actualité locale de ces dernières années, sur le front de la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics. On ne citera aucun oiseau de proie, mais les ailes et les serres d’un certain rapace se dessineront aisément dans l’esprit du lecteur, au fil des pages de ce roman qui en compte 206.

D’autres travers sociaux sont relevés, souvent grossis jusqu’à la caricature. L’usage du permis d’inventer, sans doute. Sauf que parfois, les choses s’enchaînent un peu vite. Les personnages et leurs trajectoires débarquent à grande vitesse, au point quasiment de s’entrechoquer dans leurs apparitions. Mais bon, tant qu’il n’y a pas collision frontale, personne ne songera à retirer son permis d’auteur à l’ancien reporter du « Messager ».

– « Châtiments névrotiques », Dominik Fopoussi, Diasporas noires, novembre 2015.

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Article du Soleil quotidien national sénégalais sur la présentation du livre « Une Africaine au Japon » de Nina Wade au Musée de la Femme Henriette Bathily le 8 avril 2017.

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« Une Africaine au Japon » de Nina Wade

Interview par Sada Kane dans « Impressions » sur la 2STV 

 

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Demain… Une autre Afrique de Bocar Gueye

Interview par Pape Ale Niang dans « Ça me dit Mag » sur la 2STV 

 

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L’enigme du zèbre de Mpata Nse

Interview de Christian Eboulé sur TV5 Monde 

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Camer.Be publie l’interview donnée par Chantal Epee à diaf-tv.info 

Chantal Epee:camer.be

FRANCE- CAMEROUN DIASPORA,CHANTAL EPEE SUR DIAF-TV  » JE SUIS VISCÉRALEMENT ATTACHÉE À L’HUMAIN ET À L’AFRICAIN EN PARTICULIER »

Invitée de Note de lecture Critique du Livre(NLCL) sur Diaf-tv, Chantal Épée, diplômée en psychologie et en science politique, « l’être Écrivant » comme elle aime se définir, passionnée par les arts et cultures d’Afrique et de ses diasporas, poétesse loquace au verbe haut, juste et profond s’est racontée aux cotés de Pierre-Giscard Eteki.

Elle nous parle de ses deux recueils de poésie ( Alm’Africa et Eclats d’Ame) parus le mois de septembre dernier aux Editions Diasporas Noires, mais aussi de son engagement citoyen et humain à l’éveil des peuples opprimés, de la Femme africaine.

Nous vous proposons de savourer ci-après, l’intégralité de ce moment riche sur le plateau de Diaf-tv avec cette poétesse profonde aux analyses pertinentes.

http://www.camer.be/46287/11:1/france-cameroun-diaspora-chantal-epee-sur-diaf-tv-34-je-suis-visceralement-attachee-a-lhumain-et-a-lafricain-en-particulier34.html

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Hulo Guillabert, Panafricaniste et directrice des éditions Diasporas noires : «Nous organiserons bientôt le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis»
Hulo Guillabert, Panafricaniste et directrice des éditions Diasporas noires : «Nous organiserons bientôt le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis»
Par Aïssatou LY   le 10 July 2015

Vêtue humblement d’un orange marié au noir, Hulo Guillabert accueille Le Quotidien dans sa demeure à Mermoz. L’activiste, d’un certain âge, est connue pour ses idées fortes et son engagement sans égal pour la cause africaine. Elle est née et a grandi au Sénégal puis est partie vivre en France avec son mari. Hulo y a occupé des postes de responsabilité, d’abord consultante, chef de projet Ntic au sein de  grandes organisations et structures comme Orange, Sfr, Edf ou La poste… Mais après des dizaines d’années de vie en France, Hulo Guillabert revient au bercail en 2009. Elle crée son cabinet de consultance à Dakar, qui ne donne pas les fruits escomptés. Elle repart alors à Montréal, mais l’amour pour ses souches africaines est plus fort que tout. Elle revient alors en 2012, cette fois-ci pour réaliser ses rêves. La panafricaniste abandonne ainsi sa carrière de consultante pour se consacrer à une autre plus noble à ses yeux : s’engager pour l’Afrique et pour la culture africaine. Elle crée à ce titre, une maison d’édition numérique Diasporas noires ainsi que la Revue des bonnes nouvelles.

Qu’est-ce qui vous a poussée à devenir éditrice ?
C’est suite à un fait qui m’a profondément marquée, Sylvia Serbin, une Martiniquaise, auteure du livre Reines et héroïnes d’Afrique, a vu son livre massacré et falsifié par une maison allemande qui l’a traduite en y insérantune vision raciste de l’Afrique. Elle a porté plainte, mais n’a pas obtenu gain de cause. Vous imaginez, son livre circule encore aujourd’hui avec son nom et des idées qui ne sont pas les siennes ! Au regard de ces faits, j’ai pensé que les Africains devaient arrêter de se faire éditer par les Occidentaux.Car nos intérêts sont divergents. Eux, leurs intérêts c’est de prolonger leurs propres visions des Africains et de l’Afrique, le misérabilisme, notre soi-disant incapacité de s’en sortir sans leur aide… Je dis souvent : écrivons nous-mêmes notre Histoire et nos histoires. Donnons notre propre version des faits sans les dénaturer par le miroir que nous tendent les autres… Nous avons déjà entendu la version de la chasse donnée par les chasseurs, écoutons la version des lions à présent, il est temps !

Pourquoi avoir choisi le nom Diasporas noires pour votre maison d’édition numérique ? 
C’est Diasporas noires  avec un «s» à la fin. Je ne parle pas que de l’Afrique, mais aussi de ses diasporas, l’ancienne qui date de plusieurs siècles comme la plus récente. Les Africains et les afro-descendants sont dispersés à travers le monde, et Diasporas noires  veut promouvoir leurs écrits et leurs talents.

Pourquoi avoir investi le créneau du numérique et pas celui du livre en papier ?
Il ne faut pas faire d’opposition entre ces deux supports. Je lis moi-même toujours des livres en papier. Mais le numérique est un grand défi pour l’Afrique. Quand j’étais à Montréal, je voyais les étudiants dans le métro qui lisaient avec des liseuses. Ce sont des sortes de tablettes sur lesquelles ils peuvent mettre jusqu’à 100 livres et se balader avec. Lire où ils veulent. Qui peut déambuler avec 100 livres en papier ? Il faut que l’Afrique utilise toutes ces innovations technologiques aussi pour avancer… C’est un pari très important ! A ce propos même j’animerais en juillet une conférence sur «L’Afrique Numérique… Et nos bibliothèques ne brûleront plus».

Qu’est-ce qui explique votre retour au Sénégal ? Avez-vous ressenti le mal-être en Europe ?
Non, pas du tout. Je suis quelqu’un qui a une grande force de caractère. Je m’impose là où je suis. Mon père me disait tout le temps «qui se sent exclu, est exclu». C’est pourquoi je ne me suis jamais sentie exclue en Europe. Par contre, quand l’amour de la Patrie domine tout, on n’a pas le choix. J’ai décidé d’être là en Afrique, de vivre avec mes frères africains même si parfois ce n’est pas facile après autant de temps d’absence.

Que ressentez-vous alors face à ces migrants africains qui quittent leurs pays à la recherche de l’Eldorado en Europe ?
Je vais être franche et vous dire que je ressens de l’impuissance face à ces vagues de migrants. Je n’ai pas de solution et c’est d’autant plus triste que les dirigeants africains ne réagissent pas. La seule chose que je peux faire, c’est d’essayer de conscientiser les jeunes. Pour leur dire que l’Afrique a sa jeunesse, ses ressources, sa richesse et peut s’en sortir par ses propres moyens. L’éducation de nos enfants est très importante et elle est vraiment à refonder. Notre système d’enseignement, hérité de l’Occident, n’a pas changé. Nos livres scolaires sont rédigés en Europe, et érigent l’Occident comme modèle en tout. Nos enfants apprennent les grands hommes d’Europe et pas les nôtres comme Cheikh AntaDiop, pourtant un grand savant. Ce que l’on met dans la tête de nos enfants est tout à fait erroné. Je mène un travail de conscientisation pour dire aux Africains d’arrêter de regarder l’Europe comme un Eldorado. C’est dans ce cadre que j’ai créé la Revue des bonnes nouvelles Afrique pour rehausser leur estime de soi.

Vous défendez toujours le panafricanisme. Comment le vivez-vous ?
Mon panafricanisme je le vis tout le temps. Je suis 100% africaine et je revendique le concept d’africanité toutes les minutes de ma vie. En guise d’exemple, je vous raconte une anecdote. Au Sénégal, la majeure partie des propriétaires des grands restaurants sont des étrangers. Avec une amie, nous voulions organiser un jour un dîner. Nous nous sommes renseignées pour trouver un restaurant un peu classe, dont le propriétaire est Africain. Là, nous ne parlons pas de couleur de peau, mais de sentiment d’appartenance à l’Afrique. C’est une manière de les soutenir, car ils ne sont pas nombreux à Dakar par manque de moyens. Les étrangers ont eux, de grands moyens et repartent avec leur argent dans leur pays… On doit être solidaires et consommer africain pour préserver notre patrimoine et notre culture. C’est comme cela qu’on développera le continent. L’indépendance commence par l’Art et la Culture.

Aujourd’hui on parle de panafricanisme, alors qu’il est impossible pour un Sénégalais de se rendre au Gabon ou au Congo sans visa. Pensez-vous que vivre le panafricanisme est possible ?
Oui je garde bon espoir que ce rêve va se réaliser bientôt. Je suis afro-optimiste. Aujourd’hui les Africains sont de plus en plus conscients qu’ils ne peuvent aller vers un développement sans mutualiser leurs forces. D’ailleurs qui nous a imposé ces barrières ? N’est-ce pas au sortir de la conférence de Berlin que ces barrières ont été instituées par les colons ? L’Afrique, elle ne connaissait que les grands empires. C’est scandaleux que l’on nous impose encore aujourd’hui ces lignes de démarcation. Le milliardaire africain, Ali Dangoté, le déplore souvent dans ses interviews. Et je trouve qu’il a raison, il faut un changement de paradigme.

Vous dites : «Je suis une afro-optimiste revendiquée et assumée.» Cela sous-entend quoi ?
On avait l’habitude de voir une Afrique misérable entre guerres et corruption et autres fléaux. On ne montrait que des images négatives d’elle. J’ai alors réalisé ce concept de Revue des bonnes nouvelles d’Afrique  et d’afro-optimisme. Pour dire qu’en Afrique, il y a aussi beaucoup de bonnes nouvelles, des jeunes bouillonnants, décomplexés, créatifs et qui inventent des tas de choses incroyables…

Partagez avec nous le concept Nubi-Arts ?
Le Nubi-Arts c’est un espace culturel. Il y avait un restaurant africain, une galerie, une boutique et une salle de conférences. J’y animais des ateliers d’écriture et d’autres manifestations musicales ou autres. Mais j’ai dû le fermer en janvier parce que les charges étaient devenues trop lourdes et je ne disposais d’aucune aide financière. Je voudrais le réinstaller au Monument de la Renaissance, mais pour l’instant, il y a des contraintes administratives.

On vous présente comme la «Mama Africa», dans quel sens prenez-vous ce compliment ? 
C’est un grand compliment ! C’est Myriam Makéba qui était gratifiée de ce surnom donc je me sens très honorée et ça m’encourage à aller de l’avant dans mes combats pour une Afrique unie et solidaire, dans l’esprit ubuntu : «Je suis parce que nous sommes.»

Vous êtes aussi auteure. Dans votre premier roman, Dior, le bonheur volontaire,  quels sont les thèmes que vous évoquez ?
C’est un roman autobiographique où je raconte dans la première partie, mon enfance et dans la seconde, l’histoire de mes parents de manière un peu romancée. En fait mes parents étaient de religions différentes, mon père catholique, ma mère musulmane. Dans le livre, Dior et Edouard étaient jeunes et pensaient vraiment pouvoir vivre une vie heureuse. Mais c’était sans compter avec l’opposition familiale, doublée par le regard de la société qui condamne tout mariage entre un catholique et une musulmane. C’était mal vu, et malgré leur lutte, la communauté a finalement eu raison d’eux puisqu’ils divorceront.

Quel regard portez-vous sur la femme africaine, ses conditions de vie et son avenir ?
Les femmes et les enfants sont les plus faibles de la société, il nous faut les protéger contre les prédations de toutes sortes. La femme africaine doit être libre et entrer massivement dans les instances de décision, afin de participer pleinement à l’évolution de l’Afrique et à son unification.

Vous êtes aussi engagée dans la lutte contre la mendicité. Comment menez-vous le combat ?
Le combat contre la mendicité des enfants, est un combat que je mène depuis longtemps. Même quand j’étais à l’Ile de la Réunion, j’organisais des évènements et les fonds récoltés je les envoyais au Sénégal pour aider les enfants mendiants ou pauvres. J’ai créé le collectif «Doyna-Stop à la mendicité des enfants» parce que je pense que la seule solution c’est de les libérer de la rue. Ce collectif demande à l’Etat d’accélérer le processus de mise en place des daraas modernes et aux maîtres coraniques de se concerter pour revenir avec leurs propositions au plus vite. Afin qu’on les sorte définitivement de là où ils sont, à la merci de tous les pervers et de toutes les maladies.

Quel regard portez-vous sur la culture au Sénégal ?
A vrai dire, je ne m’occupe pas particulièrement de la culture sociétale, mais plutôt de la culture au sens artistique. Je suis très admirative de la création des artistes sénégalais, des écrivains, etc. Cependant, je trouve qu’il y a un problème au niveau institutionnel. Car la culture est le parent pauvre au Sénégal. Il n’y a pas beaucoup de subventions, le milieu artistique se débrouille seul souvent. Par exemple, les subventions ne sont pas adaptées pour l’édition numérique à la Direction du livre, les conditions qu’ils posent sont les mêmes que pour l’édition classique, alors que l’édition numérique est bien moins chère. C’est dommage, car on pourrait créer plus de maisons d’édition numérique et donc éditer beaucoup plus de livres avec peu d’argent.

Si l’on vous proposait le poste de ministre de la Culture, que changeriez-vous alors ?
Rires… Il faudrait d’abord que le gouvernement qui me le propose soit vraiment libre par rapport aux prédateurs extérieurs de l’Afrique pour que j’accepte ce poste. Et si c’était le cas, je mettrais plus l’accent sur les idées et les comportements pour changer les choses en profondeur. Le problème avec nos gouvernants, c’est qu’ils pensent que c’est l’argent seul qui résout les problèmes. Mais ce sont les idées et les comportements qu’il faut d’abord changer. Je parle souvent de changement de paradigme et de changement de conscience.

Quels sont vos projets actuels ?
Mon principal projet c’est celui de transmission à la jeunesse. Je prévois d’animer plusieurs conférences : l’Afrique unie, l’Afrique numérique, l’Afrique optimiste. Je suis invitée en novembre au Salon du livre en Martinique. Je dois me rendre au Gabon dans quelques mois.Donc je veux porter le message aussi dans la diaspora et partout en Afrique. Et je suis également membre d’un comité d’initiative pour organiser le premier grand congrès panafricain pour une Afrique fédérale et les Etats africains unis. Ce projet est bien avancé et je suis très fière d’en faire partie.

aly@lequotidien.sn

Source : http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/hulo-guillabert-panafricaniste-et-directrice-des-editions-diasporas-noires-nous-organiserons-bientot-le-premier-grand-congres-panafricain-pour-une-afrique-federale-et-les-etats-africains-unis

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tenariat avec l’Institut culturel Panafricain et de Recherche (ICPR) de Yène, une conférence sur le thème de la décolonisation, du panafricanisme et de la renaissance culturelle en Afrique au Monument de la Renaissance africaine à Dakar

Hulo Guillabert, activiste panafricaine, consultante internationale

Hulo Guillabert

«L’Afrique n’est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie…»

Africaleadnews – (Dakar)  

Sa frimousse est désormais reconnaissable entre mille. Grande silhouette légère, Hulo Guillabert a choisi la rue du peuple indigène après une vingtaine d’années à l’étranger. A Dakar comme un peu partout dans la sous-région, ses nombreuses activités d’activiste commencent à faire du bruit. Dans cet entretien, l’écrivain éditrice, fondatrice de la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique, revient sur les problèmes de l’Afrique, sur ses relations avec l’Occident. Elle parle, par ailleurs, de son optimisme quant à l’avenir du continent africain.

 

Hulo Guillabert, pouvez-vous rappeler votre parcours aux lecteurs d’Africaleadnews ?

Je suis née au Sénégal. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 21 ans, et après 30 ans d’absence, j’ai fait le choix de revenir y vivre en 2012. J’ai vécu un an et demi à Abidjan, 20 ans à Paris, près de 8 ans à la Réunion, un an et demi à Montréal…

J’ai abandonné une carrière de consultante-chef de projet NTIC auprès des grandes entreprises françaises pour devenir éditrice, écrivain, promotrice culturelle et activiste du panafricanisme. En somme, j’ai choisi l’art et l’Afrique.

Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à revenir vous installer au Sénégal et à créer les éditions «Diasporas noires» entre autres projets à thématique panafricaine ?

Les dernières années, l’exil me pesait de plus en plus. Je revenais au Sénégal quasiment deux fois par an et repartais la mort dans l’âme. Et puis à un moment donné, j’ai pris la décision de m’engager pour l’Afrique et j’ai pensé qu’il fallait que je fasse ce geste militant très fort de revenir y vivre quelles que soient les difficultés auxquelles je serai confrontée car après tout, les Africains avaient les mêmes problèmes.

J’ai eu l’idée de créer Diasporas Noires Éditions après avoir assisté au scandale de la falsification du livre de Sylvia Serbin «Reines et héroïnes d’Afrique» et j’ai pensé que les Africains devaient s’éditer eux-mêmes. Éditons nous-mêmes,  nos histoires et notre Histoire ! Diasporas Noires est et restera donc 100% africaine !

Comment vous est venue cette vocation artistique ?

Depuis l’âge de 8 ans, j’étais une grande lectrice. Mais je me sentais aussi un écrivain. A l’école, au lycée et partout où je passais, les enseignants montraient une admiration non dissimulée pour mes textes qui étaient lus systématiquement à toute la classe. Je raconte cela dans mon roman autobiographique «Dior – Le Bonheur volontaire». J’écris tout le temps dans ma tête. Je pense qu’être écrivain, c’est un état d’être permanent et non choisi, ce n’est pas un rôle que l’on peut endosser ou jouer. Je pense qu’on nait écrivain ou peintre même si cela peut se révéler tard dans notre vie. J’étais aussi très bonne en dessin. D’ailleurs adolescente, je dessinais mes robes. J’ai toujours senti en moi une fibre artistique dans beaucoup de domaines.

Qu’en est-il exactement du Nubi-arts restaurant-galerie ?

Le Nubi-Arts est un concept d’espace socioculturel et restaurant africain auquel je tiens beaucoup et qui avait un grand succès d’estime. J’en étais très fière mais j’ai dû fermer en janvier car on avait de trop lourdes charges, n’ayant aucune aide ni subvention, ni aucun partenaire financier. Je souhaite le réinstaller dans un emplacement plus approprié, plus fréquenté avec des charges réduites mais je n’ai pas encore eu la possibilité de le faire. « J’avais trouvé un magnifique emplacement mais malheureusement c’était administrativement compliqué car sur un site géré par l’Etat ». D’ailleurs, il faudrait que j’écrive à la mairie de Dakar ou au ministère de la Culture pour trouver un lieu pas trop cher. Je pense que ce genre de concept devrait se développer pour promouvoir l’art africain par les Africains eux-mêmes et ne pas laisser ce monopole depuis 50 ans aux instituts et centres culturels étrangers. La véritable indépendance commence par la Culture et l’art.

Comment comptez-vous élargir ou développer ces projets ? Avez-vous des partenaires ?

Non ! Je n’ai pas de partenaires parce que c’est très difficile de bien s’entendre avec des gens, d’avoir la même vision et de se faire confiance dans des relations d’argent. Il est vrai aussi que je suis du genre à ne pas trop savoir faire de concessions en ce qui concerne ma vision des choses. (Rires).

Pensez-vous réussir ce pari dans le contexte d’une Afrique, régulièrement, secouée par des tragédies d’ordre socio-économique ?

C’est vrai que le contexte n’est pas facile, de plus l’art en général, la littérature en particulier ne sont des priorités pour personne en Afrique. Je parle des Etats et des gens. Je mets en œuvre mes idées avec mes fonds propres, je me ruine souvent. (Rires). Mais je suis heureuse quand même d’y parvenir, de démontrer que c’est possible. C’est une grande satisfaction d’avoir créé la maison d’édition Diasporas Noires, d’avoir créé le Nubi-Arts, des concepts avec une vision africaniste bien marquée qui peuvent servir d’exemples aux jeunes Africains.

Que pensez-vous du drame qui s’est récemment produit en Méditerranée notamment avec le naufrage de plus de 500 migrants africains ?

Je pense à leurs mères, leurs parents et je me sens anéantie et impuissante face à cette volonté que les jeunes ont de rejoindre coûte que coûte l’Europe. Il y aura beaucoup à faire pour changer cette mentalité. Les jeunes Africains doivent pouvoir rester en Afrique et y vivre prospères et en paix. L’Afrique a de quoi nourrir tous les Africains si elle n’était pas systématiquement pillée. L’Afrique n’est pas pauvre, elle est appauvrie à dessein par de multiples prédateurs qui lorgnent constamment sur son sous-sol, ses richesses, déstabilisent son économie notamment avec le franc CFA et les nombreuses multinationales qui y règnent sans partage. Qu’ils nous laissent tranquilles et peut-être que bientôt, plus aucun Africain n’aura envie d’émigrer. Qu’ils nous laissent tranquilles et nous pourrons enfin prendre notre destin en main !!! Mais je pense que c’est trop leur demander car eux-mêmes jouent leur survie. Donc il va falloir se battre contre ses prédateurs de l’Afrique et sauver nos fils de la noyade.

Quelle devrait être, selon vous, la réaction des dirigeants africains devant une telle situation ?

Pour moi, les dirigeants africains surtout francophones ne lèvent jamais le petit doigt pour arrêter ces drames qui se déroulent depuis des années sous leurs yeux. Les entendez-vous ? Prennent-ils des mesures ? Anticipent-ils sur ces drames prévisibles ? Non !

Je suis désolée de le dire mais ces dirigeants-là ne sont jamais sur le registre du bien-être de leurs peuples. Nos fléaux et nos catastrophes passent et ils sont là, sourds, muets, aveugles. Parfois ils font des promesses circonstancielles et puis ça passe et on passe à la catastrophe suivante. Voilà à quoi le peuple africain est confronté depuis 55 ans. Dommage qu’on ne puisse pas cloner Thomas Sankara. Mais je suis sûre qu’il y a des Sankara partout en Afrique qui attendent leur heure. Je suis optimiste.

Étant donné que vous voyagez beaucoup en Afrique, quelle politique sociale proposeriez-vous pour résoudre ce fléau ?

Malheureusement, je ne suis ni politique ni économiste. Il parait que c’est eux qui ont des solutions. J’avoue humblement que je n’ai pas de solution miracle à part être sur le terrain de la conscientisation du peuple africain, sur le front du changement de la conscience et de paradigme. Voilà pourquoi, j’ai créé en 2011 la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique pour dire à nos jeunes «Regardez comme l’Afrique est belle et riche, soyez optimistes, positifs. Vous êtes beaux, intelligents, ne laissez personne vous dire le contraire. Ayez confiance en vous, en l’Afrique. Les problèmes nous pouvons les résoudre !». À part les problèmes cités plus haut, je pense que nous avons aussi un déficit d’estime de soi et de manque de confiance en nos capacités. On nous dit depuis si longtemps que nous sommes nuls.

Que dites-vous aux jeunes Africains, en particulier ceux qui ont des projets et qui ne peuvent pas maintenant les réaliser sur place ?

Je pense que cet argent qu’ils arrivent à trouver pour payer les passeurs, cette énergie incroyable qu’ils déploient pour traverser tout cet enfer avant d’arriver en Europe, utilisés ici, feraient des miracles et leur permettraient de réaliser beaucoup de choses. Mais ces jeunes ne sont pas éduqués et personne ne les aident à voir cette évidence et à agir concrètement dans ce sens. Les Etats ne remplissent plus leur devoir d’éducation, les associations sont dépassées par l’ampleur de la tâche. Un discours de vérité doit aussi être tenu sur la réalité qui les attend sur le parcours et en Europe.

Les Africains de la Diaspora doivent être conscients de leur responsabilité quand ils reviennent en vacances pour étaler leur soi-disant belle vie en Europe. Il faut que cela cesse ! Que nous soyons tous responsables dans nos discours respectifs. Moi, quand je vivais en Europe et que je venais en vacances, mon entourage disait parfois avoir honte de moi car je ne m’habillais pas assez bien et je n’étalais pas ma richesse. J’avais tout le temps un discours dissuasif.

Quelles sont vos activités en tant qu’activiste ?

Elles sont nombreuses et variées. Beaucoup pensent que je me disperse, que je travaille trop. (Rires).

Je m’occupe de Diasporas Noires qui est une maison d’édition militante qui veut faire la promotion des écrivains afro-descendants partout dans le monde.

Je m’occupe de la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique qui met en avant des choses valorisantes en Afrique que les médias internationaux ne montrent jamais.

Je viens aussi de lancer des formations numériques culturelles notamment une formation pour créer une maison d’édition numérique.

J’ai beaucoup de pages Facebook que j’administre, dont un groupe qui compte 18 000 personnes avec des débats très denses et intéressants sur l’Afrique.

Je suis aussi dans des clubs panafricains où l’on réfléchit à des thèmes comme les États-Unis d’Afrique ou le Franc CFA.

Je me lance également depuis l’année dernière dans une activité de conférencière notamment sur trois sujets qui me tiennent à cœur : L’Afrique Numérique, L’Afrique Unie et L’Afrique Optimiste.

Le sort des albinos me préoccupe beaucoup et j’essaie de soutenir au maximum de mes possibilités mon amie Adrienne Ntankeu, présidente de l’association ANIDA Tous ensemble pour l’Albinisme.

Et pour finir, j’œuvre beaucoup au sein du Collectif Stop à la Mendicité des enfants que j’ai fondé en avril 2014 et nous faisons beaucoup d’actions d’éclat depuis un an pour sensibiliser la société et l’État sur ce drame humain. Nous avons fait un manifeste, beaucoup de manifestations et participé au Forum Social Africain en octobre dernier. Nous avons écrit une lettre ouverte au Président de la République. Notre prochaine manifestation aura lieu le 16 juin prochain, journée de l’Enfant Africain. Je lance un appel pour que tous les Sénégalais viennent montrer leur désaccord et leur honte face à ces enfants maltraités sous nos yeux.

De quelle manière les gens adhèrent à votre cause. Quelles sont les manifestations de solidarité ?

Les gens sont extrêmement bienveillants, solidaires avec moi alors que souvent, ils ne me connaissent pas. J’ai eu le cas d’un jeune Congolais qui était pion dans un lycée en France et s’était mis en tête de m’envoyer 50 ou 100 euros par mois de son maigre salaire afin de me payer une assistante. (Rires). J’en ai eu les larmes aux yeux ! Et puis le collectif a beaucoup de soutien, d’encouragements et de demandes d’adhésion. Mais nous refusons tous les financements d’où qu’ils viennent. Nous cotisons nous-mêmes car il nous faut rester intègre pour pouvoir mener ce combat difficile et ne pas nous faire récupérer.

Mais souvent, les jeunes me contactent à travers mon site ou sur les réseaux sociaux. Ils attendent de moi que je les conseille, que je les aide dans leurs actions, leurs associations ou autres. Je m’efforce de répondre à tous, mais parfois ce n’est pas facile de trouver le temps ou l’énergie. J’ai aussi beaucoup d’Africains qui veulent rentrer en Afrique et qui me demandent conseil.

Vous est-il arrivé de subir une quelconque pression ou d’être intimidée dans le cadre de vos activités ?

Bizarrement non ! Dans le cadre du Collectif Stop à la mendicité des enfants, on m’avait dit de faire attention mais non, aucune pression à signaler.

Quelles sont vos projections à court terme en tant que leader d’opinion et dans un contexte d’actes de citoyenneté ?

Il y a beaucoup à faire. Actuellement, je consolide ma maison d’édition et travaille à son expansion en associant des représentants d’autres pays d’Afrique, j’ai déjà un Camerounais qui nous a rejoint comme directeur de deux collections Savoirs et Résistances, une Congolaise qui a une superbe plume également, d’autres suivront bientôt. Je rêve d’une grande maison d’édition panafricaine dédiée au changement des consciences et des paradigmes en Afrique.

Je continue à travailler sur la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique qui a une audience dans les Diasporas Noires du monde entier.  On m’écrit du Japon ou d’Indonésie par exemple.

Et puis, ce département Diasporas Noires Formations que je viens de créer est aussi très important car il a l’ambition de promouvoir le numérique en Afrique, nous voulons former des jeunes acteurs socioculturels, des éditeurs, des promoteurs d’art à la maitrise des réseaux sociaux, à la culture numérique comme outil d’émancipation.
Nous voulons apporter notre pierre à la construction de l’Afrique Numérique.

Quelle est votre conception globale de la vie ?

Je vois la vie comme une série de situations que l’on doit transcender et qui nous font évoluer vers le meilleur. Donc pour moi, les Africains sont dans la phase d’évolution vers le meilleur après des siècles du pire. Pour moi, le 3e millénaire est africain malgré les apparences chaotiques actuelles. Notre tour est venu. Même si ce n’est pas encore visible pour tout le monde, c’est sous le capot. Moi, je le vois bien et j’y crois fermement.

Votre dernier mot ?

UBUNTU qui veut dire «je suis parce que nous sommes». Pour moi, c’est le mot symbole issu de la sagesse ancestrale africaine qui peut nous aider à réaliser les États-Unis d’Afrique. Je salue les lecteurs d’Africaleadnews et vous remercie infiniment pour l’intérêt que vous portez à ma vision et à mes combats.

Propos recueillis par Diouma SOW

www.diasporas-noires.com

Lu sur http://africaleadnews.com/hulo-guillabert-activiste-panafricaine-consultante-internationale/

 

 AYAA OPINION – PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015 : Hulo GUILLABERT Directrice de Diasporas Noires

PORTRAIT Journée de la Femme 08 mars 2015: #Hulo GUILLABERT, éditrice numérique des Diasporas Noires

 

Nous avons eu la chance de rencontrer Hulo Guillabert à Dakar en octobre dernier. Elle nous parlé de sa grande passion pour la culture et de son combat contre la mendicité des enfants au Sénégal. Il n’en a pas fallu plus pour être complètement sous le charme de cette femme qui se donne pour son pays et son continent. Elle se définit elle même comme une grande panafricaine et heureusement pour nous, il est de ces femmes fortes et actives sur lesquelles l’Afrique peut compter.

AO/ Qui est Hulo GUILLABERT ?

Je suis sénégalaise, née au Sénégal, j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 21 ans, et en 2012, j’ai fait le choix de revenir y vivre après avoir vécu plus de 30 ans à l’extérieur : 1 an et demi à Abidjan, 20 ans à Paris, 7 ans et demi à la Réunion, 1 an et demi à Montréal…

Et j’ai abandonné une carrière de consultante-chef de projet NTIC auprès des grandes entreprises françaises pour devenir éditrice, écrivain, promotrice culturelle, et activiste du panafricanisme.

AO/ Racontez nous l’histoire de Diasporas Noires ?

Malgré un métier assez « scientifique », je suis passionnée d’écriture et de littérature depuis l’âge de huit ans… Et en août 2011, alors que j’étais à Montréal, je suis partie du constat que selon de nombreuses études, 90% des manuscrits sont refusés par les maisons d’édition classique et je me suis dit que les statistiques concernant les Africains devaient être en dessous de zéro… Rires.

J’avais envie de m’engager pour l’Afrique, j’ai alors décidé de créer la maison d’édition Diasporas Noires, une édition numérique avec l’ambition d’en faire à long terme une grande maison d’édition dédiée au rayonnement du continent africain et de toutes ses diasporas à travers le monde, de plus une maison d’édition éthique, équitable et 100 africaine.

Et j’ai également créé la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique sur le même site, car je suis une afro-optimiste revendiquée et assumée…

Et malgré les circonstances actuelles, il y a beaucoup de bonnes nouvelles, croyez-moi… Je crois fermement en l’avenir lumineux de l’Afrique. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire l’article complet sur http://ayaa-opinion.com/portrait-journee-de-la-femme-08-mars-2015-hulo-guillabert-editrice-numerique-des-diasporas-noires/

 

 

Interview de Arezki Annaris Auteur Algérien du livre

 

 

Lire les pages 16 et 17 de ce magazine en suivant ce lien ICI

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Hulo Bayle Guillabert Directrice de Diasporas Noires

Interview paru AMINA d’avril 2013

 

Thierno Niang

 Interview paru sur  Wakhart  http://www.wakhart.com/thierno-niang/

J’ai rencontré Thierno, il y’a quelques mois de çà. Juriste et Producteur  de l’émission radio,Que proposent les jeunes. Il m’avait alors invité pour un débat sur l’industrie culturelle. J’avais bien apprécié ce moment, qui s’était avéré très enrichissant. Des semaines plus tard, Thierno, accompagné de Djibril Dramé, était venu visiter la Boite à Idée… Autour d’un café, nous avions échangé longuement. Aujourd’hui, à nouveau, de passage dans notre espace culturel, il est venu me parler de son autre casquette,  celle de l’écrivain.

  • Qui es-tu ? Comment te définis-tu ?

«Thierno Niang, C’est juste un jeune , passionné.  Et en effet, tous ce que je fais, j’y mets le cœur. C’est normal, je suis un artiste spontané. Il faut cumuler la passion et l’action. Je pense que je suis un artiste dans l’âme, parce que la culture et l’art m’interpellent. Pour moi il faut recentrer le processus de développement de notre pays dans la culture. »

  • Qu’est ce que c’est pour toi être artiste ?

« C’est d’abord, ne pas faire un art triste. C’est partager, c’est inviter  les autres à aller au-delà des apparences.  Etre artiste, c’est faire jaillir en soi des messages, qui souvent proviennent du profond de notre être ou d’un Etre supérieur.

  • La création a pour toi quelque chose de divin ?

« La créature même est  divine.. Donc naturellement tout ce qui émane de çà est divin. C’est juste un processus continu. »

  • Tu as sorti, il y’a un an, un recueil, est ce que tu peux m’en parler ?

«Oui, un recueil de Poésie, intitulé Lumières de la Renaissance. La poésie, c‘est mes premiers amours. Depuis que j’ai 16 ans, j’écris, j’observe. J’ai commencé par la poésie, même si je titille d’autres genres littéraires. La poésie est importante pour moi, c’est un genre littéraire pointu, qui nécessite  beaucoup de maitrise. »

Lumières  de la Renaissance est un recueil de trente-deux poèmes, qui aborde  différents thèmes, amours, familles, valeurs africains.

  • Comment tout ca a commencé ?

« Je vais te faire une confidence, j’ai commencé à 21ans par un roman, j’ai écris une dizaine de pages, et j’ai arrêté. Il est toujours dans ma boite mail. Ensuite, j’ai commencé un autre roman, que je n’ai pas terminé. Après je suis revenu à mes premiers amours, la poésie et j’ai écris…

Devant mes trente-deux textes, je me suis dis : Je dois sortir çà. Je suis allé vers une maison d’éditions sans grand résultat. Puis, j’ai rencontré une femme extra Hulo Guillabert.. Elle était alors au Canada, je lui ai fait transmettre le manuscrit, qu’elle a adoré et fait sortir en ebook. Le 10  Mars 2012, Nous avons fait la sortie de Lumières de la Renaissance à Douta Seck. Une belle cérémonie, avec Annette Mbaye Dernevil ainsi que le Directeur de cabinet du Ministère de la Culture, et Nafissatou Dioufqui a d’ailleurs préfacé le Recueil.

 

 

  • Un an et demi après la sortie, quel est le bilan? As-tu envi d’écrire d’autres choses ?

« En fait, tu sais dans la même veines, j’ai continué à écrire souvent  des articles. Si je dois me définir comme un poète, je suis un plus  engagé qui n’est pas très  lyrique. Meme si tout est sentiment,dans cette vie  . Mais il y’a d’autres choses qui me tiennent à cœur. Je suis un jeune sensible à ce qui se passe dans son environnement, dans son pays. Chaque génération a une mission.

  • Quelle est notre mission ?

« Changer les choses ! J’ai l’habitude de dire, qu’il faut imprimer un tampon évolutif  à son époque, pour valoriser son existence. On n’est pas là pour changer tout d’un coup de baguette magique, mais juste pour contribuer aux changements. Il faut le faire. Il ne faut pas se tenir à l’écart. Par effet d’entrainements, les choses bougeront. Telle une vague qui va déferler sur le Sénégal et le reste de l’Afrique. »

  • C’est quoi tes projets pour 2013 ?

« Y’a déjà une émission. Que proposent les Jeunes. ? , qui donne la parole aux jeunes. C’est ce qui manque ici, on définit la politique pour les jeunes, sans les associer, ni leur demander leur avis. Il serait bien qu’on les consulte. qu’ils disent ce qu’ils attendent des dirigeants. Dans les projets 2013, il y’a aussi le forum des jeunes leaders. Toujours dans la même veine, pour  trouver des solutions… Ensuite, y’a quoi… Oui, je continue d’écrire… Mais là, ca sera un projet plus engagé. J’ai envie de donner la parole aux jeunes par écrit  cette fois-ci, pour qu’ils parlent .des challenges à venir…etc. Crier pour Construire. Il faut dépasser la phase de contestation. Il faut proposer et agir. »

  • Ou est ce que tu te vois dans cinq ans ?

« Je ferais partir des gens qui changeront ce pays. Ceci est le dessein d’un leader. »

 

 

  • Si tu devais être un livre, lequel serais-tu ?

« Je viens de terminer la solitude du vainqueur de Paolo Coelho. J’ai beaucoup aimé ce livre. Quelque soit le succès qui sera au rdv, il faut avoir les pieds sur terre. J’aime bien aussi IKbal. Pour le coté spirituel. Je suis un humaniste, donc toute œuvre humaniste ancrée dans la personne, dans son bien être, me parle…Je pourrais aussi te parler de Gabriel Marquez, l’amour au temps du choléra. Tous ces livres te donnent des facettes de la vie… »

  • Que penses-tu de la scène littéraire contemporaine ?

«  Y’a beaucoup de gens talentueux. Je pense qu’en général, il y’a de bon écrivains. NaturellementNafissatou Dia Diouf, qui a préfacé mon recueil. Au-delà d’elle, Soleymane Bachir Diagne, le professeur. Sokhna Bengua. Salla Dieng, Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop.. Je lis tellement d’œuvres, que je ne peux tous les citer. Tous ce qui est bien fait, bien écris… Me touche forcément. »mais je n’ose pas omettre le livre de Sogué Diarisso Mémoires de l’espoir qui pour moi est bréviaire pour la §jeunesse à lire absolument

  • As-tu un Coup de gueule une parole de sagesse, un mot de la fin ?

« J’ai foi profondément  en l’avenir, en la jeunesse. Je suis très content de venir ici, de voir ce que tu fais. De voir des jeunes comme toi, qui en veulent, qui sont décomplexés. Y’a une phrase qui me vient en tête. Ecrite par Eva Mayérovitch,une auteure soufi

«  Si un spermatozoïde a pu devenir un Mozart ou un Einstein, C’est parce qu’en chacun de nous, il y’a un absolu qu’il faut découvrir. »

 

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SIA (SIR IBN ANGEL), artiste au talent multidimentionnel

  • Written by  Fadilou
  • Monday, 19 August 2013 17:53

SIA est un jeune homme sénégalais. Il est connu de tous par sa gentillesse. ceci est son caractère dominant et c’est une qualité. Il a comme défaut le fait de ne pouvoir dire « non », même s’il doit rendre service à son détriment. Il a peur et évite en permanence qu’on lui en veuille. Il a su très tôt explorer un bon nombre de milieux professionnels. En effet, il travaille à plein temps dans le milieu du bâtiment. Le don de dessinateur qu’il a l’aide dans ce travail et lui permet aussi d’évoluer dans le milieu de la peinture sous verre, des portraits, des modèles vestimentaires, mais aussi dans la confection d’accessoires pour homme et femme. SIA ne sait pas que manier les pinceaux, il sait aussi bien s’y faire avec la plume. La langue de Molière demeure son élément car il la maîtrise et l’énonce aisément. Ceci lui a permet d’être l’auteur d’un recueil de poèmes intitulé « vole et séduit les vents ». Cette oeuvre a comme traits Amour, humour, tristesse et joie. Souvent inspiré par sa Mère, SIA nous y trace sa vie, ses rêves et ses envies par le biais de la poésie… « Vole et séduit les vents » est aussi un recueil qui chante la femme et dénonce certains maux de la société.

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ARTICLES DE PRESSE SÉNÉGALAISE

(concernant les ateliers d’écriture)

Le Soleil 

Walfadjri

Enquêtes+

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Emission du 17 décembre 2012, TV Sud, invité Pierre Laporte qui parle de son livre TRAJECTOIRES


Des mots et débat : Pierre Laporte (Trajectoires) par telesud

Chroniques littéraires consacrées au livre « Trajectoires » de Pierre Laporte

Blog Chez Gangoueus

Pierre Laporte : Trajectoires

Il s’agit d’une de mes dernières lectures sur 2012 et ce sera une de mes premières chroniques littéraires sur 2013. Elle ne sera pas la plus simple. Pierre Laporte est un amoureux des mots. C’est une certitude. Trajectoires est ce qu’il appelle un roman poétique. Il alterne de la prose, du poème et avec des ruptures qui font penser à la découpe d’une pièce de théâtre.
Les trajectoires sont multiples. Elles peuvent être des épisodes routiniers dans un RER francilien où observateur attentionné s’attarde sur des singularités qui font son trajet. La trajectoire peut également s’apparenter à chemin ferroviaire ou autoroutiers qui longent les hautes terrils sur les plaines du Nord de la France, traces inertes de cet ancien bassin minier et de ce monde de l’industrie qui disparait…
Terrils, je me souviens de vous
Épais, discrets quand même,
Et qui s’excusent presque
De se retourner.
Motte de terre au champ d’honneur,
Dans l’horizon aigu
Plaine de graves
Et sur leurs pentes, chaudes
En découlent
En découdrent
Pour la revanche, reverdir
Et s’enfoncer plus haut toujours.
page 8, éd. Diasporas noires
Pierre Laporte nous offre les errements de la pensée d’Oméga. C’est cela. Les trajectoires de ses développements intellectuels dans le labyrinthe de nombreuses situations qu’ils rencontrent. En Afrique subsaharienne où il semble avoir séjourné un certain. En surveillant une classe studieuse et trimant sur un devoir. En regardant par de-là les océans. Tenez, voilà ce qu’il dit ou pense intérieurement :
4 siècles durant
Humanités aux mains des maquignons,
De commis de l’état en foires agricoles
Places publiques, pudiques de leur commerce
Broyer les cannes, les bras pour en sortir le jus maudit de la servitude
Sucre de bronze ici, ivresse des fermentations impies là-bas.
Jolis macarons des façades blanches au départ des bateaux, des ports.
Calcaire d’esclaves, de profil aux frontons négriés
Molosses complices aux moustaches de sang
Sourires canins de part et d’autres du ragoût humain
Joie quotidienne, humeur massacrante
Archipel dans la mélasse depuis.
page 54, éd. Diasporas noires
Oméga se laisse déborder par ses pensées, ses réflexions, ses cris, sa sensibilité. Aussi le lecteur doit s’accrocher aux pans de son écriture et de ses jérémiades, tel un amateur voulant s’essayer à une musique de jazz qu’il n’aurait naturellement pas encore apprivoisé. Ces trajectoires ne sont pas toujours simples. Allez trouver votre sillon dans le désert! Mais voilà, les caravaniers ne perdent jamais le nord dans les dunes de sable, alors n’hésitez pas à découvrir ce texte qui porte l’écueil d’une relecture qui aurait pu être plus exigeante et d’un mélange de genre littéraire à la fois audacieux et risqué. Cela se lit tout de même, mais hors des trajectoires routinières pour pouvoir profiter des mots.
Bonne lecture,
Pierre Laporte, Trajectoires
Editions Diasporas noires, Collections Vies, 1ère parution en 2012, 76 pages
Crédit photo : Diasporas noires
Source : http://gangoueus.blogspot.com/2013/01/pierre-laporte-trajectoires.html
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JET D’ENCRE

Trajectoires – d’un parcours aux mots sublimés

PIERRE LAPORTE
mardi 11 décembre 2012 par Doszen

Je suis dans un questionnement existentiel. Ce livre m’a rempli le cerveau d’interrogations et de dialogues entre moi et moi-même sur ce qu’est ou devrait être la liberté d’un créateur. Étant, férocement, d’avis que l’auteur ne doit écrire qu’en fonction de sa propre sensibilité, qu’en fonction de ses propres élancements de l’âme, je suis obligé de mettre un bémol dans ma conviction. Le « Trajectoires » de Pierre LAPORTE, paru en 2012 aux éditions « Diasporas Noires » m’a fait me poser des questions éternelles.

Oméga est un jeune homme. C’est la seule chose qui importe. Enfin, presque la seule chose.
Oméga, c’est surtout un jeune homme qui traine son regard sur sa vie et celle parfois bruyante des usagers du RER A. Témoin, contre sa volonté, des pugilats verbaux des urbains stressés en course vers leur chez eux.

« Sonnerie, démarrage, la soirée sur les rails qui font semblant de crier avec leur voix de ferraille usée. Les portables se déchaînent dans les poches, ça va vibrer en cœur dès qu’on sortira à l’air libre, les tunnels ménagent un suspens techno-épistolaire. »

Oméga, c’est surtout un prof ou un pion. Vacataire, surement, comptant ses heures et ses sous, évidemment. Et toujours, son regard sur tout, son esprit en vagabondage sur son banal quotidien.

« Le bruit est un objet en soi, obsession récurrent, je le chasse, le domestique, lui et moi on se croise, quand il s’enfle, j’ai l’impression qu’il m’éclabousse, quand il réduit, je m’amplifie, nous sommes du même souffle. Les élèves me saluent, me disent à bientôt, j’ai fait une brève intrusion dans leur semaine, eux dans la mienne. »

Oméga, c’est, est-il besoin de le préciser, un être amoureux. Cocu. Est-il besoin de le préciser. Au détour d’une terrasse, hasard ou Colombo qui se renie, il assiste à son émasculation par la grâce de cette Armelle qui à son rival colle une pelle.

« Ils s’étaient quittés sur le pas de porte, la vision du baiser l’avait traversé sur le coup, fugacement comme une aiguille dont on sent l’entrée dans la chair puis à laquelle on s’habitue pour quelques secondes. »

Oméga, c’est un Homme quasi banal qui, sur sa blessure, s’empresse de splacher un cataplasme. Le pire des cataplasmes car la Armelle n’est qu’un placebo mélaniné censé soigner le blues d’une vie maritale qui s’enfonce dans les sables mouvants de l’aigreur, de la rancune.

« Moi non plus je ne l’aime pas, on baise bien, avec vigueur, moi par dépit, elle, je ne sais pas, avec ma femme la position allongée c’est celle que j’ai devant la télé, quand elle rentre du boulot. »

Oméga, c’est l’homme qui apprend le mot michetonneuse par l’expérience. Et que le dépit a rendu haineux, en quête de vengeance ou simplement en désir de cracher son dégout. De lui-même.

« Qu’on soit débordant de haine ou débordant d’amour Nous débordons.
Nous sabordons la finesse tendue
Entre deux montagnes épaisses et tragiques
Comme un fil à linge
Et d’un verre solidaire nous rongeons l’embouchure. »

Oméga, c’est aussi le vengeur. Celui qui fait payer à d’autres les effluves de la déconfiture qui lui collent encore à la peau. C’est celui qui se penche sur la futilité du dent pour dent quand il échoit sur les larmes de celle qui a le malheur de s’accrocher au cœur cramé.

« Et c’est là une arme de culpabilisation massive, en la matière ne nous y trompons pas, une rupture est un acte juridique informel, la douleur ostensible est toujours à la fois pièce à conviction et la preuve de la probité, un argument à charge, qu’importe le contexte, elle établit de facto la réalité du délit si elle est constatée. »

Oméga, c’est… Oh, après tout, à vous de le découvrir. De découvrir le regard de cet homme sur la vie, sur le monde. Son regard sur l’humanité mais aussi, et surtout, découvrir son regard sur l’art du récit.

« La presse les avait surnommés « le gang des profanateurs cliniciens », ils récupéraient les prothèses sur les patientes décédées pour faire des économies, car, magie de la technologie, le silicone dure plus longtemps que son usagère… Les listings des clientes, y compris ceux de leurs concurrents étaient recoupés avec la rubrique nécrologique. »

Parce que, oui, ce livre est avant tout un regard sur l’art du récit. Un regard qui, par définition littéraire, n’appartient qu’à l’auteur, qui est dans son univers, dans son monde, dans sa tête et y extrait ses milles et un contes pour les poser devant nous. Et nous ? Et nous, nous prenons ce conte avec notre background personnel et nous le lisons, l’interprétons à notre façon. D’où ma diatribe du début.
Ouf, j’y reviens !

Ce petit livre de soixante-seize pages vous laissera – peut-être – aussi perplexe que moi. La forme y est. Le récit est raconté dans une succession de petits textes traités soit en prose, soit en vers, qui toujours se veulent très poétiques. L’âme de l’auteur y déverse son amour des mots. Et quelque part dans le dédale de ses mots, il nous perd.
Quand on lit « Trajectoires » , on a la furieuse impression d’être dans une Galerie d’art post-moderne où se battraient tour à tour les Murakami, Soulage, Broch, Burgee… et dans lequel nous sommes plongés sans avoir les clefs de la compréhension. Nous ressentons vaguement une atmosphère, nous voyons dans les traits biscornus, dans les nuances de noir, dans le Kawai exacerbé, etc… qu’il y émane une sorte de beauté, sans pouvoir mettre le doigt dessus, sans pouvoir trouver les liants.
« Trajectoires » donne cette impression. La forme est belle, les mots sont beaux, l’histoire en filigrane semble attrayante mais l’on passe à côté de quelque chose. Plusieurs des textes – courts – semblent « sortir » le lecteur de l’histoire, sans lien avec le fil rouge alors qu’ils sont censés faire sens dans une fresque homogène.
L’auteur a choisi sa liberté totale et nous enjoint à le suivre. La question alors est, un conteur peut-il s’exonérer de la nécessité de prendre en compte le lecteur ?
D’accord, prendre en compte celui qui lira c’est courir le risque de brider sa liberté de créer et, cependant, l’on crée des contes pour les autres. Ne devrait-on donc pas systématiquement penser que le lecteur à besoin des clefs ?
Question aussi récurrente que la quadrature du cercle dont je ne saurais trouver ici la réponse.

N’empêche, Pierre LAPORTE nous offre un moment sympathique de lecture, plein de poésie et de beaux mots qu’il nous faudra lentement mastiquer afin de pouvoir digérer tout le texte et en tirer toute la substance.

« Trajectoires »

Pierre LAPORTE
Éditions Diasporas noires – 76 pages

Source : http://www.loumeto.com/spip.php?article358

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Thierno Souleymane Diop Niang

lors de son passage à l’émission le Grand Rendez-vous de 2STV (Sénégal) le 28 décembre 2012 pour son recueil de poèmes « Lumières de la Renaissance » Ed Diasporas Noires

Note de l’Editrice : Bravo Thierno SD Niang, tu es peut-être naïf mais dans le bon sens et tu as bien mûri depuis la parution de ton livre, je me rappelle que tu étais tout timide, inaudible et crispé lors de ta première émission TV… Donc, tu as bien progressé, tu as gardé ton calme, dis-toi que tu n’as que 26 ans et que déjà les jeunes sénégalais peuvent prendre exemple sur toi pour l’expression orale et écrite… Tu as eu de beaux compliments de la part du 2e intervenant… Bien-sûr les critiques constructives sont à prendre en compte mais pas la mauvaise foi légendaire de Tounkara ! Au niveau visuel, police ou caractères, tous les goûts sont dans la nature… Chacun les siens et heureusement… Ce livre a été le premier livre publié par Diasporas Noires qui venait juste de naître il y a un an… Depuis Diasporas Noires aussi a grandi, mûri et se perfectionne chaque jour et je peux être fière de son parcours et de ses écrivains… Je suis engagée auprès des jeunes auteurs africains et les encourage, la jeunesse est perfectible par définition, c’est normal… Alors on avance et on fait avancer la jeunesse africaine !!! HBG

Lumières de la renaissance de Thierno SD Niang – ed Diasporas Noires
https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere

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« Amour, âme de la fidélité » d’Arezki Annaris

Hymne à l’ingéniosité de l’être

 Publié le 24 décembre 2012 – Alger

Ce texte a eu le prix d’encouragement au concours de la Meilleure nouvelle organisé, récemment, par l’établissement Art et Culture de la wilaya d’Alger. Il est extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » publié par les éditions Diasporas noires. Le poète Arezki Annaris s’est donné beaucoup de peine et de plaisir pour faire admettre à chacun la nécessité de voir les choses autrement que sous l’angle classique et restreint d’une société en mal d’inspiration. N’est-ce pas que des préjugés apparaissent dés lors que deux tourtereaux qui ne parlent pas la même langue et ne partagent pas les mêmes coutumes et traditions s’attèlent à sceller leur union. Cela est d’autant plus inadmissible que cela touche également le monde estudiantin censé servir de locomotive à la société de demain. En effet, « Aggour » qui a réussi son examen du bac en Kabylie a rejoint les bancs de l’université d’Alger alors qu’il ne pipait mot en arabe. De son côté, « Nedjma », une fille du Sud, rejoint la même université alors qu’elle ne pipait mot en kabyle.  Ce qui ne les empêche pas de s’aimer et de convenir à vivre ensemble sous le même toit. Mais voilà que des étudiantes et des étudiants se mêlent de ce qui ne les regardent pas allant jusqu’à déconseiller cette union pour des considérations absurdes que tout le monde peut aisément deviner. L’auteur souligne, toutefois, l’ingéniosité dont font preuve ces tourtereaux qui ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, et ce, même s’ils seront, de nouveau, mis sur la brèche par leur famille respective qui leur ont choisi sur mesure chaussures à leurs pieds. « Aggour » et « Nedjma » finiront par vaincre tous les obstacles dressés sur le long parcours et oseront même se priver de progéniture plusieurs années durant au grand dam des parents totalement désappointés. Une très belle leçon d’amour et de tolérance que l’ingéniosité de ces êtres remarquables a rendu possible. « Et si chacun vivait sa vie librement, comme il l’entend ? C’est ça qui serait beau ! » semble nous dire l’auteur. Né en septembre 1957, en Kabylie, au village Ihanouchene, dans la commune d’Azeffoun, Arezki Annaris exerce la fonction de chef de projet dans une entreprise de construction. En 2011, il a signé un recueil de poésie intitulé « La raison du cœur et le cœur de la raison » publié chez Edilivre.

Rabah Douik

« Amour, âme de la fidélité » extrait du recueil « De l’univers familial à la famille universelle » d’Arezki Annaris, Edition Diasporas noires.

http://www.horizons-dz.com/?Hymne-a-l-ingeniosite-de-l-etre

 

Article paru le lundi 17 décembre 2012 Sénégal.

POESIE – Vole et séduit les vents aux éditions Diaspora Noires : Un recueil pour sujets sensibles

Le recueil de poèmes Vole et séduit les vents reflète les maux de la société. Le jeune auteur Sire Ibn Angel y relate des thèmes comme la prostitution, le viol, des sujets réputés sensibles et rarement portés sur la place publique. Avec poésie, il aborde les sujets, évitant de heurter certaines âmes sensibles.
Paru aux éditions Diasporas noires, le jeune écrivain sénégalais a adopté ce style pour, dit-il, «ne pas heurter la sensibilité de certains». Aussi des thèmes comme la prostitution et le viol, qui gangrènent les sociétés s’y retrouvent dans une perspective d’éveil des consciences. Il s’agit également pour l’auteur de réaliser un rêve qu’il nourrissait depuis le bas âge, inspiré qu’il était par l’histoire d’une dame qui s’installait toujours sur le même banc et qui l’intriguait. D’ailleurs, son premier roman il l’a intitulé La femme du banc pour essayer de trouver réponse à ses interrogations. C’est ainsi que sa rencontre s’est faite avec la directrice de la maison d’édition Diasporas noires, Mme Hulo Balye Guillaber  à la suite d’une publication de ses écrits sur la page facebook de la maison, et c’est de cette rencontre qu’est née la publication du recueil Vole et séduit les vents.
Aussi aujourd’hui, Sire Ibn Angel n’a qu’un seul objectif, c’est de séduire le monde entier avec sa plume, d’où son titre Vole et séduit les vents.
Stagiaire

http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/16325-poesie-vole-et-s%C3%A9duit-les-vents-aux-%C3%A9ditions-diaspora-noires–un-recueil-pour-sujets-sensibles

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Article paru le lundi 04 décembre 2012 Sénégal.

Edition – Diasporas Noires se lance à Dakar : Hulo Bayle Guillabert promeut les plumes en herbe

Les auteurs, membres ainsi que le contexte ayant favorisé la naissance de  la Maison d’édition  «Dias­­­poras noires» ont été présentés samedi der­nier à Keur Birago Bou Bess. Se­lon la directrice Hulo Bayle Guil­labert, «Dias­po­ras noires» est née pour donner une chance de se faire publier à une multitude  d’écrivains talentueux et méconnus des pays francophones d’Afrique et de ses dias­poras (Caraïbes, l’Océan Indien).

«La  Maison d’édition panafricaine, Dias­pora noires a avant tout, un encrage en Afrique» a souligné  Hu­lo Bayle Guillabert pour qui, «l’Afrique reste la priorité». Ce sont au total 19 auteurs que compte pour l’instant cette Maison d’édition depuis sa création en Octobre 2011 à Montréal. Et on y retrouve au moins 6 nationalités africaines. A en croire la directrice, la structure est accessible à tous les enfants de l’Afrique, du Maghreb, et à toutes personnes soucieuses et amoureuses du continent noir.

Mme Hulo Bayle Guillabert souhaitent que les livres des auteurs soient connus du grand public et accessibles au plus grand nombre grâce au numérique, à internet et que ces ouvrages contribuent au ra­yonnement du continent Africain.

Une ambition partagée par la marraine, Annette Mbaye d’Er­ne­ville qui, en plus des relations familiales qu’elle entretient avec la directrice soutient et encourage cette initiative. Pour sa part, Amadou Ndiaye, représentant du ministre de la Culture, a salué cet engagement et cet amour voué à l’Afrique. L’Etat qui a récemment remis une enveloppe de 500.000 F Cfa  de contribution à la structure, a de vive voix insisté sur la nécessité de promouvoir ces genres d’initiatives venant d’enfants du pays. Revenue s’installer au Sénégal, Hulo Bays Guillabert dont la Maison d’édition compte à son actif une trentaine de publications a tenu à partager ces mo­ments  avec quelques-uns des au­teurs présents mais aussi avec la grande famille de la littérature au Sénégal représentée par Alioune Badara Bèye président de l’association des écrivains du Sénégal. Les thèmes abordés par les auteurs de «Diasporas noires» dans leurs publications sont divers et touchent des problèmes politiques, sociaux, intellectuels, moraux, et reflètent des états d’âme. «Dias­poras noires» s’ins­crit dans la dynamique de la publication d’écrivains en herbe.     

Par keudi FALL
http://www.lequotidien.sn/index.php/culture/item/15949-edition-diasporas-noires-se-lance-%C3%A0-dakar–hulo-bayle-guillabert-promeut-les-plumes-en-herbe
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Dîner de gala des édition  »Diasporas noires », samedi à l’Hôtel de Almadies

 2012-11-26 20:15:17 GMT

Dakar, 26 nov (APS) – Les éditions ‘’Diasporas noires’’ organisent vendredi à l’Hôtel des Almadies un dîner de gala qui sera animé par l’artiste-musicien Abdou Guité Seck et son groupe, annonce un communiqué de la structure reçu à l’Agence de presse sénégalaise.

Le programme de la soirée prévoit, outre le concert, un récital de poésie, du slam, une opération de soutien à deux associations d’aide aux Albinos (associations ANAS et ANIDA), précise la même source.

La veille de cette manifestation, ‘’Diasporas noires’’ organise vendredi la première édition de leur rentrée littéraire, prélude à une soirée de gala, indique le communiqué, signalant que cette seconde activité est prévue à partir de 15 heures au siège de l’Association des écrivains du Sénégal (AES), Kër Birago (Point E).

Le programme prévoit une conférence de presse, une présentation de la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ et de la revue du même nom. Il est aussi prévu une séance de signatures d’ouvrages.

Les objectifs du dîner de gala sont, entre autres, de contribuer à une visibilité de l’Afrique, de ‘’valoriser le patrimoine littéraire des cultures et sociétés d’Afrique et de ses diasporas à travers le monde’’.

Il s’agit aussi de présenter la ‘’Revue des bonnes nouvelles d’Afrique’’ afin de ‘’privilégier l’émergence d’un paradigme positif, optimiste et volontaire, par l’impulsion d’une nouvelle conscience partout en Afrique’’

Le dîner vise à offrir à des associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) une tribune afin de mettre en lumière les discriminations qu’ils subissent et les problèmes qu’ils vivent au quotidien et à lancer un appel aux stylistes africains pour le projet Mode Albinos 2012.

Les bénéfices de l’événement sont destinés à financer le développement des activités de ‘’Diasporas noires’’, l’impression des livres et mettre en place un réseau de distribution afin d’être présent dans toutes les librairies des capitales africaines en 2013. La maison est déjà à la librairie Athéna à Dakar.

L’organisateur compte offrir 20% de ces bénéfices aux associations d’aide aux Albinos (nationale ANAS et internationale ANIDA) et contribuer ainsi à financer leurs actions et à les protéger du soleil en les équipant en crèmes solaires, lunettes et chapeaux.

Fondée en octobre 2011 à Montréal, au Canada, par sa directrice Hulo Bayle Guillabert la maison d’édition ‘’Diasporas noires’’ est installée depuis peu à Dakar. Sa fondatrice, âgée de 52 ans, est une Franco-sénégalaise, consultante en technologie de l’information et en organisation des grandes entreprises.

Son objectif est de ‘’promouvoir les auteurs africains et afro-descendants qu’ils résident en Afrique ou partout dans le monde, ainsi que les auteurs issus de tous horizons qui aiment l’Afrique et qui veulent mettre en exergue sa culture et ses valeurs’’, souligne une note de présentation.

‘’+Diasporas noires+, convaincue que le 3e millénaire sera africain, a pour but d’accompagner cette renaissance africaine et de contribuer le plus possible à un large éveil des consciences.’’

D’octobre 2011 à septembre 2012, 18 auteurs de 6 nationalités différentes — dont 9 auteurs sénégalais — ont rejoint ‘’Diasporas noires’’, 19 livres ont été publiés dans 6 collections différentes.

ADC/OID

Un article de Carrapide.com 

Un article de peoplesenegal.com

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 Regards croisés le 28 juillet lors de la 15e éditionde « Palabres autour des arts » de Joss Doszen avec Alexis Bongo pour son livre « Histoire de chez moi »

  

Arrêt sur image de Alexis Bongo lors de la supervision de l’émission « Homéostasie – La Spiritualité des Profondeurs » tournée à Paris et diffusée tous les dimanches sur DRTV international, la 1ère chaîne privée du Congo Brazzaville …

Emission dédiée au livre de Pierre Laporte Trajectoires 

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Interview  De DIAMIL CISS

dans le BLOG peuplesenegalais.net 

« Le slam est l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie »

Les amoureux du slam à Dakar connaissent très bien le poète Sérère au dreadlocks, Diamil Ciss.Grâce à ses belles prestations lors des soirées poétiques que le collectif des slameurs organise, tous les 15 jours au restaurant Just 4 U, où le poète-slameur distille de la connaissance, de l’amour, de la passion…Très généreux de son art, il décide avec l’aide des éditions « Diasporas noires», de mettre sur le marché un recueil de nouvelles. Avec votre site de référence, Peuplesenegalais.net, l’homme disserte sur l’art de matérialiser les émotions par les mots : la poésie, le slam, le « kébétou »… Entretien.

Diamil Ciss, vous êtes slameur, ecrivain, poete.Recemment vous avez sorti un roman.Parlez-nous de cette production, de quoi est-ce que ça parle ?

En effet, il s’agit d’un recueil de nouvelles publié aux éditions « diasporas noires » sous la direction de Madame Hulo Bayle Guillabert et qui comporte six (6) textes. Donc ce n’est pas à vrai dire, ce qu’on appelle un roman. Pour rappel, la nouvelle est d’un autre genre littéraire qui s’apparente plutôt au récit, avec la différence notable que la nouvelle garde un certain suspens, histoire de donner ou d’aboutir à ce qu’on appelle, une « chute ». Elle diffère aussi du récit par le fait qu’elle n’est pas toujours vraie dans sa totalité, même si elle est presque toujours issue de faits plus ou moins réels et plutôt cocasses, sortant un peu de l’ordinaire.

Ce recueil comprend donc les six textes dont voici les différents titres :

–         Le grain de sable

–         La vengeance

–         Cinq pièces de 2 sangs

–         Le fil blanc

–         La souris électrique

–         Trente mille volts de rêve (qui est en même temps le titre du bouquin)

–         Voilà, planté,  le décor de cette première production.

Quelle est votre définition du slam, de la poesie, de l’ecriture, de l’art en général ?

Le slam à mon avis, est le passage de la plume à la scène, de l’écrit à l’oral. Je le définis comme : l’art de combiner les mots d’une manière agréable à l’oreille et utile à l’esprit, l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie. Le slam n’est qu’une chronique poétique traitant du lyrique, du comique, du satirique, de l’esthétique et de l’éthique. Je trouve aussi que bien que souvent poétique, il a une forte connotation philosophique, mais surtout de vécu. Car pour moi, nos œuvres ne sont que le reflet de nos âmes. Pour moi, un bon texte de slam, est celui qui peut englober, et l’esthétique, et l’éthique, pour que la poésie ne soit plus seulement qu’un décor qui parle de choses « aériennes », de solstices et d’équinoxes pour ne pas dire grand choses sur nos propres réalités.

On a l’habitude de dire qu’on ne nait pas homme, on le devient. Eh bien, certainement aussi, on ne nait pas artiste. A votre avis, peut-on naitre slameur, poete, ecrivain ?

Non, je ne crois pas que l’on naisse artiste même si on peut hériter de beaucoup de choses via nos gênes. Quelqu’un disait que l’écriture est un exercice de notation et de révision, donc, qui nécessite beaucoup de labeur. Ceci pour dire que le talent à lui seul ne suffit pas, il faut de l’amour, de la passion, de l’ambition pour se surpasser, même si le travail sans génie n’est rien, tout aussi vrai que le don sans travail, n’est que peu de chose. Donc, il faut forcément les deux.

Où est-ce que les lecteurs peuvent acheter votre Livre ?

Pour le moment, les exemplaires qui ont été imprimés sont en route depuis le Canada, où ils ont été imprimés et ne tarderont certainement pas à arriver. Donc rendez-vous est donné d’ici peu pour la distribution.

Note de l’éditrice : Les livres sont arrivés maintenant, pour commander, remplissez le bon de commande ICI

Entretien réalisé par DRAME Djibril 

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Cahiers Littéraires parle du livre de 

PIERRE LAPORTE

 

Fragment de « Trajectoires » de Pierre Laporte

« Oméga voulu la poésie, le regard avant les mots, voir l’essentiel dans le dérisoire et inversement.
Il éprouvait le tressaillement calme, la quiétude fébrile qui suit la fin d’une dispute. Seul par force à une terrasse, j’observais le bruit des autres, moi-même et tout le reste. Les objets vivaient leur vie d’objet et nous dessus qui nous agitions. »

Cet écrivain est plus considérable qu’il ne le croit lui-même. A côté de bien des subtilités et des fadeurs, ici la même énergie (ou presque ) que ce troublant et géant Mohamed Hmoudane , cette sensiblité presque féminine, cette exquise pénétration qui lui fait viser un but si haut…Il est certaines pages où je me suis sentir fondre en délices ou en amoureuses rêveries. Mais le drame de notre écrivain n’est-il pas d’avoir eu très peu à dire dans son roman-poétique ? Comme si tourmenté par quelques secrets, voulait écrire, se débarrasser et atteindre une certaine tranquilité…

« Trajectoires ». Pierre Laporte Editions Diasporas Noires.

Zacharie Acafou Journaliste culturel et chroniqueur littéraire
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Interview  publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

et dans l’excellent BLOG de critique littéraire Le Sanctuaire d’Etty Macaire 

RENCONTRE AVEC HULO BAYLE GUILLABERT , écrivaine et éditrice franco‑sénégalaise : 

S’il y a une femme de culture en Afrique qui va marquer les consciences dans les années à venir, c’est bien Hulo Bayle Guillabert. Sa fougue, son optimisme contagieux et sa foi en l’avenir de l’Afrique l’ont amené à créer la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique » et une maison d’édition « Diasporas Noires » qui se veulent être le creuset de la rencontre et du partage des écrivains africains et de la diaspora et de tous ceux qui croient au sursaut du continent de Mandela. L’éditrice franco sénégalaise a bien voulu répondre à nos questions au moment même où elle projette de déménager de Montréal à Dakar.

Qui êtes-vous Hulo Bayle Guillabert ?

Je suis Franco-Sénégalaise, consultante en organisation et, chef de projets en technologie de l’information, j’ai créé la maison d’édition « Diasporas Noires » depuis octobre 2011. Je suis passionnée d’écriture et de littérature depuis l’enfance. Je vis actuellement à Montréal mais je rentre m’installer le mois prochain à Dakar…

Parlez-nous un peu de votre site et votre édition Diasporas Noires

Je suis une afro-optimiste et c’est pour cela que j’ai créé la « Revue des bonnes nouvelles d’Afrique », pour faire savoir au monde entier que le 3e millénaire sera africain malgré les apparences actuelles. Mon credo est que l’Afrique est en train de se relever même si cela n’est pas encore évident pour tout le monde. Il y a beaucoup des bonnes nouvelles en Afrique, même si elles ne sont pas relayées dans 99% des médias…D’autre part, pour la partie Edition, je veux donner une tribune aux Africains de tous horizons, aux afro-descendants, car en matière d’édition, les Africains sont souvent obligés de faire éditer leurs livres par des éditeurs occidentaux, quand ils sont acceptés, et il y a très peu d’élus… J’appelle de mes vœux une nouvelle ère en Afrique, où les Africains maitriseront eux-mêmes leur édition, le contenu de leurs livres, leur réseau de distribution, et ainsi maitriseront leur culture. Pour le moment, le domaine de l’édition en Afrique est malheureusement sinistré.  Et pourtant, il y a beaucoup d’écrivains qui ont beaucoup de choses à dire… Surtout la jeunesse africaine qui est bouillonnante, créative, décomplexée, prête à prendre ses responsabilités. J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené… C’est Baden-Powell qui disait : « L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et qui mène au succès. »

Quelle est la ligne éditoriale que vous défendez ?

Notre ligne éditoriale est la promotion d’une Afrique positive, optimiste, une renaissance passant par la prise en charge de notre propre avenir dans tous les domaines, en rejetant la victimisation systématique. Nous pensons que toutes les vérités peuvent être dites mais d’une manière positive et optimiste. Gandhi a dit « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Donc, la décision de changement nous appartient entièrement, quand nous en aurons véritablement conscience, nous aurons une force d’action extraordinaire.

Y a-t-il des genres précis que reçoit votre maison d’édition ?

Nous avons des collections qui reflètent tous les genres, tous les styles, de la poésie, du Slam, des nouvelles, des romans, des essais, des livres pour enfants, etc.

Au moment où on parle d’intégration et de mondialisation « Diasporas Noires » semble  voguer à contre-courant en se limitant au monde noir.

Ce n’est pas un enfermement, une ghettoïsation… Je ne suis pas afrocentriste. Moi, je crois profondément à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : « Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine ». Cela étant dit, les Africains et afro-descendants n’ont pas bénéficié pendant trop longtemps des mêmes outils de promotion de leur culture et de leur Histoire que les autres peuples de la Terre.  Les Occidentaux par exemple ont toutes les tribunes, les médias, les télévisions, les maisons d’édition, les musées, les manuels scolaires et tous les moyens nécessaires pour promouvoir leur culture et leur Histoire. Quand j’habitais en France, je n’avais pas accès facilement à la culture africaine, aux livres africains, il y avait que peu d’endroits où les trouver, j’allais au Salon du livre pour chercher les deux malheureux stands africains avec peu de livres. Quand je venais à Dakar pour des vacances, j’en profitais pour acheter le maximum de livres pour avoir ensuite un petit stock. Lorsque je dis « Diasporas Noires », ce n’est pas une couleur mais une caractéristique car on dit bien le continent « noir » alors qu’il y a le Maghreb et les blancs du sud de l’Afrique compris dans ce terme… Par ce vocable, je désigne tous les enfants d’Afrique, de toutes les couleurs, de toutes les diasporas du monde, des afro-descendants… Nous ne nous limitons pas au monde noir comme vous dites, puisque nous incluons les pays du Maghreb et les africains blancs du Sud de l’Afrique.

Pouvez-vous être plus claire Hulo ? Des exemples…par exemple ?

Nous avons un auteur Algérien parmi nous et d’autres viendront. D’ailleurs, on peut aussi être édité chez Diasporas Noires parce qu’on aime l’Afrique… Nous en avons déjà une blanche amoureuse de l’Afrique et bientôt nous aurons le livre d’une Française mais qui se sent africaine jusque dans ses tripes, elle écrit sur l’Afrique des poésies émouvantes dans une langue africaine. Elle était tellement heureuse que je la reconnaisse comme l’une des nôtres. A l’inverse, il y a des Noirs qui ne se reconnaissent pas du tout comme africains.  L’Amour de l’Afrique n’a pas de couleur ! Mais il fallait bien indiquer le contenu éditorial spécifiquement africain dans notre enseigne. Tout cela pour dire, que l’Afrique doit se doter des mêmes outils et des mêmes moyens que les autres pour la promotion de sa culture, nous avons du retard à rattraper de ce point de vue là… Donc Diasporas Noires est un outil parmi d’autres mais n’est pas un ghetto !

Comment faire un achat sur votre site ?

L’adresse de notre site est www.diasporas-noires.com… Les e-books sont disponibles à l’achat avec un téléchargement immédiat sur le site et la version papier en remplissant un bon de commande toujours sur le site.  Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont « Dior le bonheur volontaire » seront disponibles à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Est-ce que l’édition numérique peut avoir la même emprise que l’édition sur papier ?

L’édition numérique est l’avenir dans le monde, même si cela ne marche pas pour l’instant en Afrique. En Amérique du Nord, c’est déjà entré dans les mœurs, les personnes lisent leurs e-books dans le métro avec des appareils appelés « liseuses » ou sur les tablettes tactiles. Dans ces appareils, on peut stocker des centaines de e-books et les mettre dans la poche, se balader partout avec. C’est comme au début du téléphone portable ou de l’internet. Donc, l’Afrique doit s’y mettre maintenant au lieu d’attendre d’être complètement dépassée. Il ne faut pas perdre de vue que l’Internet est désormais la mémoire de l’Humanité. Maintenant, en un seul clic, on visite des musées, trouve des extraits de livres d’histoire, etc.  Comme pour les autres peuples, il faut aussi qu’il contienne le maximum de données africaines. Cela ne veut pas dire pour autant l’abandon du livre papier.  Il faut les deux, Ces deux supports ne sont pas à opposer… Moi, même en tant qu’éditrice numérique, je suis très attachée au livre papier, sur notre site on peut en commander, et dans les mois qui viennent, les livres de Diasporas Noires seront disponibles également en librairie, d’abord à Dakar et pourquoi pas un jour dans toute l’Afrique.

Vous êtes aussi auteure, et je suis entrain de lire en format pdf votre livre « Dior le bonheur volontaire »…

Oui, je suis aussi auteure, j’écris depuis l’enfance. Je n’ai malheureusement pas le temps d’éditer tous mes textes que j’ai dans les tiroirs… C’est l’histoire du cordonnier qui est mal chaussé (Rires). « Dior le Bonheur Volontaire » est mon premier livre édité pour l’instant, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille. C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur… Ce livre parle aussi de la détresse enfantine, de l’insouciance des jeunes, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles.  En fait, mon livre parle de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux. Les lecteurs peuvent découvrir gratuitement un extrait de 47 pages sur notre site. Nous offrons des extraits pour tous nos livres.

Quel est votre avis sur l’idée selon laquelle seule la valorisation de notre culture peut participer au développement de l’Afrique.

Il y a des choses à inventer, car le modèle économique mondial n’est pas satisfaisant et tout le monde peut le voir aujourd’hui… L’Afrique est créative mais les carcans culturels occidentaux nous emprisonnent dans un complexe d’infériorité dont nous devons absolument sortir.  Mais je ne prône pas une afrocentricité à tout crin comme certains. Moi je pense qu’il faut « ajouter » au lieu de « soustraire ».  Les Asiatiques ont bien réussi à s’ouvrir au monde tout en gardant leur culture et leur authenticité. C’est cela que je prône. Je pense que l’Afrique ne doit surtout pas se replier sur elle, mais elle doit identifier ses propres valeurs, les mettre en pratique de manière indépendante et être fière de sa culture tout en étant ancrée dans le monde ! Ce n’est pas facile, mais nous le pouvons.

Croyez-vous que les gouvernants africains accordent dans leurs projets une grande place à la culture ?

Non, clairement non ! Cela fait des décennies que rien n’est fait par les gouvernants africains et d’ailleurs c’est le cas dans tellement d’autres domaines, la santé, l’éducation, etc. Mais cela va changer, je suis très fière du Sénégal pour le changement politique imposé par les jeunes. Les jeunes doivent continuer à être vigilants avec le nouveau régime afin qu’il agisse vraiment dans l’intérêt du peuple.  L’arrivée de Youssou Ndour au ministère de la Culture est un signe encourageant.  Mais il faut que chacun à son niveau prenne désormais les choses en main. C’est ce que je fais de mon côté. Il faut que ce soit le nouveau mode opératoire. Prenons les choses en mains chacun dans son domaine à la place où il est le plus utile ! 

La thématique de la femme noire vous préoccupe n’est-ce pas ?

Oui, je suis très sensible à cette thématique, car il faut bien dire qu’en Afrique nous vivons dans un système patriarcal voire phallocentrique.  Je trouve cela dommage, c’est un frein au développement de l’Afrique car les femmes sont très créatives, elles sont sur tous les fronts notamment au niveau de l’économie informelle, très souvent avec peu de moyens, c’est aussi à elles qu’incombe l’éducation des enfants.  Si elles étaient moins bridées, notamment au niveau des études, cela apporterait beaucoup de changements bénéfiques à l’Afrique dans tous les domaines.  Je crois profondément qu’un peuple qui opprime une catégorie de sa population quelle qu’elle soit, d’une manière ou d’une autre, ne pourra jamais avancer pleinement.  Même si certains invoquent une légitimité d’une culture ou des mœurs spécifiques africaines ou musulmanes. Mon père m’a élevée tout autrement, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris la liberté de parole et d’action en toute circonstance.  Cela m’a permis de vivre facilement en occident sans complexe et d’y revendiquer pleinement mes droits à chaque instant.

Quelles sont les femmes africaines du monde de la culture qui vous ont marquée. Pourquoi ?

Annette Mbaye d’Enerneville, première journaliste au Sénégal, écrivaine talentueuse, Germaine Acogny la chorégraphe pour la beauté aérienne de ses danses africaines et modernes, Jacqueline Scott Lemoine la grande tragédienne sénégalaise, saisissante et habitée par ses rôles, Myriam Makeba la chanteuse magnifique, Mariama Bà l’écrivaine, Wangari Muta Maathai la Kenyane que j’admire pour son engagement en faveur de l’environnement (prix Nobel de la paix), Aminata Traoré la Malienne qui dit courageusement tellement de grandes vérités sur le système qui gouverne et asservit le monde et l’Afrique, Aissa Maiga la comédienne belle et talentueuse, Fatou Diome pour ses textes flamboyants…

Et aussi d’autres femmes noires, Rosa Parks, le courage fait femme, Angela Davis la militante des droits des noirs, Maryse Condé la Guadeloupéenne, une grande conteuse d’histoires, Toni Morisson, immense auteure, captivante dans le fond et dans la forme (prix Nobel de littérature)… Il y en a beaucoup d’autres et aussi beaucoup d’hommes…

Votre pays le Sénégal est certainement le pays où la production féminine est impressionnante. Qu’est-ce qui explique ce foisonnement ?

Premièrement je pense que ce foisonnement de la production littéraire féminine n’est pas spécifique au Sénégal… Ce foisonnement n’est pas spécifiquement féminin au Sénégal, il se trouve que le Sénégal est un pays fortement ancré dans la culture. La raison de cet ancrage est due en partie par le fait que Léopold Sédar Senghor, notre premier président qui est grand homme de lettres, avait privilégié la culture pendant des décennies. De son temps, presque tous les Sénégalais au lycée étudiaient le Latin et le Grec, le théâtre Daniel Sorano battait son plein avec des productions incroyables, il y a avait une grande école de danse africaine moderne avec Germaine Acogny et Maurice Béjart, une école des beaux-arts, une école d’architecture, etc.  Depuis, cette fibre est toujours là et ça foisonne toujours autant, même si les moyens ne sont plus les mêmes… Il y a quand même beaucoup d’événements culturels à Dakar, le festival des arts nègres en 2010, récemment la 10e biennale des arts en 2012, le Dak’art qui a beaucoup de succès… J’espère que la nomination de Youssou Ndour apportera encore plus de créativité et plus de moyens.

Dans certains pays la polygamie est dans le domaine de l’officiel. Quelle est la position des femmes intellectuelles de votre pays ?

J’avoue, personnellement, que la polygamie est inconcevable même si je respecte cet état de fait dans mon pays et le libre choix des personnes. Je n’ai pas du tout été élevée dans ce sens, donc je ne suis pas une référence pour en parler objectivement. Je crois que la position des femmes intellectuelles est assez variée sur ce sujet, il y en a qui l’acceptent comme une fatalité ou qui le justifient plus ou moins, notamment par la religion. Moi je pense que toutes les femmes en souffrent au fond d’elles-mêmes quoiqu’elles en disent en surface…

Depuis Une Si Longue Lettre de Mariama Ba, pensez vous que le Sénégal ait fait des bonds qualitatifs en matière de la protection de la femme ?

La loi sénégalaise laisse le choix au moment du mariage entre deux régimes matrimoniaux, polygame ou non et cela a toujours été le cas. Certaines femmes n’ont malheureusement pas le choix à cause du poids social, même si elles se laissent faire de moins en moins individuellement. Celles qui ont le choix essaient de ne pas se retrouver dans ce piège de la polygamie, mais ce n’est pas simple pour elles non plus toujours à cause du poids social. Cela étant dit, de plus en plus d’hommes trouvent cela trop compliqué pour eux et ne s’y aventurent pas, surtout les jeunes…

A votre avis la littérature est‑elle capable de faire avancer les choses positivement en Afrique ?

Oui, bien sûr… La fonction de la Littérature est de faire avancer les choses et les hommes… Un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.  L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques. Même parfois en divertissant. Je ne sais plus qui a dit : « L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre ».  Encore faut-il que les africains puissent avoir facilement accès aux livres de qualité.  Actuellement, les livres sont un peu chers et il n’y a pas de bibliothèques qui permettent de les emprunter. Voilà les problèmes sur lesquels nous devons travailler !

Quels sont les dix livres africains qui vous ont marqué véritablement ?

  • ·Amkoulel, l’Enfant Peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Ba, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur et aussi la sagesse africaine
  • ·Le Dialogue des Cultures de LS Senghor
  • ·Les Bouts de Bois de Dieu, ou encore Le docker de Sembène Ousmane.
  • ·Une si Longue Lettre de Mariama Ba
  • ·En attendant le vote des bêtes sauvages, Allah n’est pas obligé, deux livres superbes et instructifs d’Ahmadou Kourouma, mais j’aime tous ses livres.
  • ·Le vieux Nègre et la Médaille de Ferdinand Oyono m’a rendue profondément triste sur les rapports avec les colons
  • ·Le baobab fou de Ken Bugul
  • ·Le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome

Connaissez-vous la littérature ivoirienne ?

Je connais très peu la littérature ivoirienne à part Ahmadou Kourouma que j’aime beaucoup et dont j’ai lu presque tous les livres car vendus dans les librairies en France, j’ai aussi des souvenirs lointains de Bernard Dadié… Chez Diasporas Noires, nous avons deux auteurs ivoiriens, Regina Goueu une jeune ivoirienne qui vit au Gabon, Isaïe Biton Koulibaly qu’on ne présente plus et qui voulait se mettre à l’ère numérique pour voir…

Un message fort à nos lecteurs pour clore cette interview…

Je voudrais parler de l’Ubuntu qui signifie :  « Je suis parce que nous sommes » ou  « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». C’est un concept spirituel africain qui a permis la réconciliation en Afrique du Sud, ce qui n’est pas rien.  Selon Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix sud-africain : « Quelqu’un d’Ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi – qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand – et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou oppressés. » Pourquoi ne pas enseigner et appliquer cette philosophie partout en Afrique ?  Et pour finir, on pourrait résumer mon état d’esprit par cette phrase de Confucius« Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. »

ETTY Macaire

Critique littéraire

Cette interview a été publiée dans le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER D’ABIDJAN du vendredi 22 juin 2012

 

Paru dans le Magazine GLANCE

Paru dans le Magazine  Panafricain METROPOLIS 

 

 

AFRIMPACT Magazine parle de nous

http://afrimpactmagazine.com/articles/hulo-bayle-guillabert 

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Le Jeudi 27 avril 2012, Pierre Laporte recevait Hulo Bayle Guillabert

dans l’émission « Afrique culture, les mots pour le dire »

sur www.radio-tongolo.com pour son roman

« Dior, le bonheur volontaire »

Interview 

Hulo Bayle Guillabert bonsoir.

Bonsoir Pierre Laporte, je suis heureuse de vous retrouver, Bonsoir à tous les auditeurs et auditrices.

C’est vrai que nous vous avions déjà reçue comme éditrice, cette fois, vous êtes là en tant qu’auteure.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre livre ? Sa thématique.

Je suis franco-sénégalaise, éditrice, j’ai créé la maison d’édition Diasporas Noires et la Revue des bonnes nouvelles d’Afrique… Je suis aussi auteure…

« Dior le bonheur volontaire » est mon premier livre, sa thématique principale est la volonté et l’acceptation, les deux faces d’une même médaille.

C’est le portrait d’une femme volontaire, qui croit pouvoir agir sur son destin, qui croit pouvoir construire son bonheur…

Mon livre parle aussi de la détresse enfantine, du monde inquiétant des adultes qui l’entoure, de l’insouciance des jeunes gens, de leur naïveté face à l’intransigeance de la société et de ses règles parfois hypocrites qui broient d’une façon ou d’une autre toute individualité et toute volonté d’être heureux hors de ces règles…

Donc, ce livre est structuré en deux parties, par quoi a été animé ce découpage ?

En fait, j’ai écrit le premier chapitre par inadvertance, alors que je participais à un atelier d’écrire il y a 20 ans à Paris. On faisait un exercice, écrire un texte en une demi-heure avec comme contrainte une dizaine de mots imposés … Au bout d’une demi-heure chaque texte doit être lu et critiqué par les autres participants… Ce premier chapitre de Dior qui s’appelle « La visiteuse », est sorti donc en une demi-heure, de je ne sais où, quasiment à la virgule prés, sous la pression, comme ça… Moi-même j’ai été abasourdie, d’avoir écrit un truc aussi intime, oublié au fond de moi…

Pour la deuxième partie, c’est un livre que je voulais écrire sur mes parents, mais un peu romancé… Donc là c’était prémédité.

A un moment donné, le fait de rassembler les 2 parties dans un même livre m’a paru évident…

Est-ce que la vision de l’injustice par les yeux d’un enfant obéit à une logique chronologique ou autre ?

Je pense qu’un enfant n’a pas la notion d’injustice pendant qu’il vit des situations données… C’est juste de la détresse et de l’insécurité affective ressenties au plus profond de lui… Qu’il nommera injustice plus tard…

En lisant votre livre, je n’ai pu m’empêcher de penser à Maïmouna  d’Abdoulaye Sadji, que pensez-vous de ce rapprochement ?

Je pense que ce rapprochement n’est pas pertinent si on prend les thèmes principaux abordés, le livre d’Abdoulaye Sadji parle des enjeux d’une authenticité africaine face une modernité factice, compare une vie paysanne et humaine, à une vie citadine et mondaine basée sur le paraître, l’auteur parle aussi de l’ambition sociale, de la naïveté, de la tromperie amoureuse…

Pause musicale : Chimes of freedom c’est la chanson que vous avez choisie

Merci à l’Artiste-Ministre Youssou Ndour pour cette chanson optimiste. Le refrain dit : « Et nous avons regardé fixement au-dessus des carillons de la liberté qui éclataient. »… Il faut aussi préciser que c’est une chanson de Bob Dylan à la base.

La condition de la femme est abordée dans ce livre et notamment la soumission à un ordre patriarcal, c’était une volonté de le traiter ou ce sujet s’est-il imposé à vous.

Ce sujet, j’y ai toujours été très sensible, justement parce mon père m’a élevée tout autrement et n’a jamais essayé de m’imposer ce genre de choses, alors que toutes mes amies autour de moi les subissaient… Bien que nous vivions au Sénégal, où cet ordre patriarcal ou même on peut dire phallocentrique est incontournable, il m’a inculquée assez tôt une volonté d’autonomie et une indépendance incroyable pour une fille, pour une femme, il m’a appris à me débrouiller sans compter sur personne, sans compter sur un homme.

Pour vous, une bonne littérature tient elle aussi à son propos ?

Oui, cent fois oui… Car pour moi un bon livre doit toujours changer ne serait-ce qu’un peu le lecteur, il doit le rendre heureux ou meilleur qu’il n’était avant de le lire, il doit lui permettre de s’identifier, de se poser des questions.

Mais une bonne littérature tient aussi à la sonorité des mots, à la fluidité et à l’élégance du style… Sur ce point particulier, j’aime des écrivains comme Marguerite Duras ou Christian Bobin…

D’ailleurs, dans le rap et le slam, les jeunes travaillent sur cette sonorité des mots…

Paul Valery disait « la poésie cette longue hésitation entre le son et le sens ».

Quel est le rôle social de l’écrivain, particulièrement en Afrique ?

L’écrivain a le même rôle en Afrique que partout ailleurs, il doit poser des questions existentielles et philosophiques…. Même parfois en divertissant… Je ne sais plus qui a dit : L’écriture est un exercice spirituel, elle aide à devenir libre.

Mais j’aime bien ce que dit Christian Bobin : Ce n’est pas pour devenir écrivain qu’on écrit. C’est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour.

Dany Laferrière disait lui « j’ai longtemps cru que mes livres venaient de moi, je commence à croire que je viens de mes livres ».

Est-ce pour vous une réalité encore prégnante en Afrique ou vous nuanceriez le propos aujourd’hui ?

Je pense que cette réalité-là que je décris existe encore en Afrique mais aussi partout dans le monde (j’en reviens toujours à l’universalisme, c’est ce que dit un philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne : Aucune vérité ne saurait être la vérité spécifique d’un peuple si elle est vérité. Si elle n’appartient qu’à ce peuple-là, elle n’est pas vraie, elle n’est pas humaine…)

Cette réalité-là a toujours existé et la littérature en général ne cesse de relater ce même type d’histoire… Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, ont fait couler beaucoup d’encre et c’est le même type d’histoire d’amour contrarié par la société sous des prétextes divers et variés… La forme et le motif de la contrariété peut-être être différente selon les cultures ou selon qu’on soit à la campagne ou à la ville… Il y a toujours une histoire de richesse ou non du prétendant, de religion, de bienséance ou d’honneur…

C’est la même chose pour la réalité de fillettes sans leur mère dans un milieu hostile où règne une marâtre, chez nous au Sénégal, on raconte depuis la nuit des temps dans les veillées, l’histoire de « Coumba ame ndeye » (Coumba avec mère) et « Coumba amoul ndeye » (Coumba sans mère), une cendrillon africaine qui finit par triompher d’une méchante marâtre après beaucoup de péripéties et de souffrances…

C’est toujours la même histoire… Ces histoires sont des histoires humaines qui se reproduisent à l’infini… De tout temps et sur toutes les latitudes.

Vous mettez en exergue de votre livre « tout ce qui arrive est nécessaire » qui est une phrase rappelons le, de Marc Aurèle empereur romain et philosophe stoïcien.

Cette citation est également attribuée à Spinoza

Pourquoi ce choix ?

Pour moi, c’est la conclusion du livre…Cela reflète mon état d’esprit après avoir raconté tous ces événements relatés dans le livre… Cela veut dire, que ces événements m’ont façonnée et que dans ce sens, ils étaient peut-être nécessaires… C’est l’acceptation de la vie et des embuches qu’on rencontre, afin d’évoluer.

La philosophie stoïcienne met en avant l’acceptation du monde tel qu’il est, est-elle en accord avec le propos de votre livre ?

Je suis en accord avec cela, même si pour moi la volonté doit être le pendant parfait de l’acceptation… Je m’explique

Je pense qu’il faut accepter le monde tel qu’il est et se changer plutôt soi-même… pour pouvoir le changer…

Gandhi l’a très bien dit, « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde… »

On peut être très volontaire en agissant sur les événements et le monde qui nous entoure tout en acceptant qu’il ne soit pas parfait, que nos vies ne soient pas parfaites, vivre dans le moment présent en essayant d’être heureux avec ce qu’on a sur le moment, même si on travaille à l’améliorer…

Dans votre ouvrage « Dior, le bonheur volontaire » la volonté est beaucoup plus présente que le bonheur. C’est un parti pris ?

En fait, je voulais surtout parler de la volonté de bonheur, l’espoir d’être heureux, pas du bonheur lui-même

Pause musicale : Nina Simone – My baby just cares for me

Super !!! Merci Pierre

Le sujet de la religion est aussi abordé, via notamment l’interdiction transgressée d’épouser un non-musulman, comment analysez-vous cette endogamie ?

Au Sénégal, Il y a beaucoup de familles ouvertes qui acceptent cela.

Cette interdiction a souvent été transgressée car les 2 communautés musulmane et catholique sont assez imbriquées… Dans presque chaque famille, il y a des musulmans et des catholiques. Dans ma famille cela a toujours été le cas depuis plusieurs générations. Les fêtes religieuses sont fêtées d’un côté comme de l’autre, tous ensemble, tout le monde participe… Moi quand j’étais jeune, bien que catholique, je faisais parfois le ramadan pour faire comme ma grand-mère ou soutenir ma meilleure amie dans son effort…

Pour moi cette interdiction d’épouser un non-musulman, est d’autant plus bizarre que c’est le même Dieu… Mais cela peut servir de prétexte le moment venu pour refuser un prétendant … Et pourtant, Dior et Édouard étaient cousins germains et donc d’une grande proximité familiale…

Et ce drap taché qui est un symbole d’asservissement là devient un symbole de libération ?

Oui, en fait Dior joue à l’apprentie sorcière et transforme ce symbole d’asservissement de la femme en sa faveur… Ces jeunes partent en fait du principe que le déshonneur c’est quand on se fait déflorer sans que les parents sachent où, quand et avec qui… Là, ils ont l’idée de ramener le drap taché, de l’exhiber accompagné d’une demande de mariage… Ils pensent que cela va leur épargner le déshonneur, en tout cas c’est ce qu’ils croient…

On voit aussi comment s’organisent les jeunes pour s’opposer à une décision parentale, le conflit entre les générations est-ce là encore quelque chose de nouveau en Afrique ou ça a toujours existé ?

Je pense que le conflit de générations a toujours existé, jusqu’ici en Afrique, le sacro-saint respect envers les ainés, les anciens, empêchait et freinait toute velléité de révolte de la jeunesse. Mais cela est en train de changer…

J’ai l’impression que les jeunes aujourd’hui prennent plus leurs responsabilités et sont décomplexés de ce point de vue là… On peut citer toutes les révoltes de la jeunesse dernièrement, cela a commencé en Égypte, donc en Afrique… Le mouvement Yen A marre au Sénégal a tenu tête au régime et l’a fait tomber… J’ai un grand espoir pour l’Afrique car cette jeunesse-là est plus vertueuse que ses ainés, et plus volontaire et plus audacieuse, il me semble, que quand elle arrivera au pouvoir et aux affaires dans quelques années, tous les espoirs seront permis… d’où mon afro-optimisme forcené…

Que pensez vous de cette phrase de Nietzsche «  tout ce qui se fait par amour se fait par delà le bien et le mal », serait-ce un bon résumé de votre livre ?

Oui, tout à fait… Même si cela ne va pas forcément dans le sens souhaité par les amoureux au final…Moi je fais toujours et systématiquement ce choix-là… Quand des jeunes me demandent un conseil, je leur conseille toujours de choisir les sentiments plutôt que toute autre chose.

Quels sont vos modèles d’écriture, les auteurs qui vous ont inspirée le plus concernant le style ?

Mon style n’est pas inspiré par un écrivain en particulier, mais c’est un amalgame de toutes lectures que je fais depuis l’enfance et de ma propre intériorité…

Je suis plus à l’aise dans le style de la première partie de ce livre qui coule de source telle quelle, à la virgule près, comme venue directement de mon âme…

Alors que la deuxième partie du livre est plus un travail d’écrivain, avec un peu plus d’efforts…

Cela étant dit, je peux quand même dire un mot des livres qui m’ont le plus marquée dans ma vie au niveau du contenu… Je citerai en vrac

Amkoulel l’enfant peul et le Sage de Bandiagara d’Amadou Hampâté Bâ, cela m’a appris l’Afrique dans toute sa splendeur, Mariama Ba : Une si Longue Lettre.

Jazz de Toni Morisson et Si c’est un homme de Primo Levi m’ont beaucoup appris sur la complexité de l’être humain, sur l’ombre et la lumière, La chute d’Albert Camus aussi.

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, Ségou de Maryse Condé, L’alchimiste de Paulo Coelho, Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke, Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche, etc…

Et pour finir au niveau spirituel, Le livre tibétain de la vie et de la mort de Sogyal Rinpoché et Le prophète de Khalil Gibran… Mais il y en a beaucoup d’autres comme Don Quichotte de Cervantès, qui est un livre IMMENSE à lire et à relire…

Tous ces livres m’ont appris la bienveillance envers le genre humain et l’optimisme.

C’était votre premier roman, Graham Greene dit qu’il est important d’écrire sur ses premières années car c’est là que l’essentiel nous a été donné .  Êtes-vous d’accord ?  Et si oui que vous ont laissé ses premières années ?

Ces premières années m’ont laissé une grande force de caractère je crois, une résilience, beaucoup de volonté mais aussi de capacité d’acceptation, sans désir de revanche, sans rancœur, juste avancer, évoluer, se relever à chaque chute, sourire et repartir de plus belle.

– comment se procurer le livre (particularité).

-adresse du site/ références

Sur le site de Diasporas Noires  https://diasporas-noires.com/

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Prochainement, certains des livres de Diasporas Noires dont Dior seront disponibles en version papier à la librairie Athéna 33 rue Jules Ferry à Dakar…

Merci Hulo Bayle guillabert

Merci Pierre Laporte pour ce bon moment que je viens de passer avec vous, trop court…Et merci à tous les auditeurs auditrices… 

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 LA PRESSE SÉNÉGALAISE PARLE  DE

Lumières de la Renaissance de Thierno Souleymane Diop Niang


 

LUMIÈRE DE LA RENAISSANCE» de THIERNO SOULEYMANE DIOP NIANG : Poésie militante pour un monde plus équilibré

LUNDI, 12 MARS 2012 12:34

La Maison de la culture Douta Seck a abrité, samedi, la présentation du recueil de poèmes de l’étudiant Thierno Souleymane Diop Niang. Selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf qui a préfacé ce recueil, l’Afrique est omniprésente dans ce recueil où  l’auteur s’insurge contre ceux qui ont ébranché le continent pour bâtir leurs divins jardins.

Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, a procédé samedi à la présentation de son premier recueil de poèmes intitulé « Lumières de la Renaissance », à la Maison de la culture Douta Seck. Cet ouvrage de 64 pages, édité par « Diasporas noires » et riche de trente quatre poèmes, a été préfacé par l’écrivain Nafissatou Dia Diouf.  Elle y parle de ce jeune poète qui « traite des thèmes variés dans un style assez singulier, empreint de spiritualité naturelle, et repousse les frontières des règles de la poésie dans son dessein de s’épanouir ». Nafissatou Dia Diouf estime que cette œuvre est « une lumière pour la renaissance d’un citoyen nouveau, libre, conscient, agissant, digne, en un mot, humain ».   L’Afrique est omniprésente dans ce recueil où Thierno Souleymane Diop Niang s’insurge contre ceux-là qui l’ont ébranchée pour « bâtir leurs divins jardins ».

« Si sa terre est son thème de prédilection, sa mère demeure son inspiratrice, et l’être aimé, sa muse. Ce qui nous donne à penser que l’auteur se nourrit d’amour et de mots, de raisons et de passions. Oui, il sait aussi se mettre à nu, rendant encore plus touchant ses mots, ses doutes et ses douleurs », apprécie-t-elle.  « Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue (…)», souligne-elle.  « C’est une expérience accumulée au fil de nombreuses années, par la lecture, que j’ai voulu faire parler dans mon recueil. J’ai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis les classes du niveau secondaire. J’ai acquis toute une expérience au contact des livres.  A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait extérioriser toute cette expérience », explique l’auteur Thierno Souleymane D. Niang.  M. Niang révèle que sa muse, c’est sa mère, dont il est le fils unique, mais son inspiration lui vient aussi de ses amis et de son  environnement.  Pour sa part, la directrice de la maison de la culture Douta Seck, Fatou Sidibé G. Diallo, a vivement félicité le jeune écrivain, représentant d’une jeunesse parfois révolutionnaire, mais qui constitue l’espoir du pays.

Venu présider la cérémonie au nom du ministre d’Etat, ministre de la culture, du genre et du cadre de vie, le directeur de cabinet Racine Senghor soutient : « le Sénégal a besoin que sa bibliographie s’agrandisse, et que naissent des poètes ».   La beauté de cet ouvrage, souligne-t-il, est liée au fait que « l’auteur utilise beaucoup de ressources à l’image des modes d’expression de chez nous, sans respecter la poésie classique». Quant à son homonyme, il a dit qu’il est « agréablement surpris, car il n’avait jamais décelé chez l’auteur un talent si extraordinaire ». Mme Annette Mbaye D’Enerville est allée dans le même sens, en encourageant le jeune poète.

Souleymane Diam SY


‘’Lumières de la renaissance‘’ est ‘’la révélation d’un auteur au talent précoce’’ (préface)

Dakar, 10 mars( APS) – Le recueil de poèmes ‘’Lumières de renaissance’’ de l’auteur Thierno Souleymane Diop Niang est, selon l’écrivain Nafissatou Dia Diouf, ‘’la révélation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’.

Ce tout premier opus, +Lumières de la renaissance+ est une lumière pour la renaissance d’un nouveau citoyen libre, conscient, agissant et digne, en un mot, humain’’, a écrit Mme Diouf dans la préface de cet ouvrage présenté samedi à un public constitué de parents, amis et proches de l’auteur.

Cet ouvrage est ‘’la révelation d’un style et d’un auteur au talent précoce’’, a ajouté Nafissatou Dia Diouf, qui a participé à la cérémonie de présentation du livre. ‘’L’Afrique est omniprésente dans l’ouvrage.’’

‘’Avec des accents senghoriens parfois, sa pensée s’exprime en vers libres, en vers rimés ou en prose, dans une maîtrise étonnante de la langue, malgré quelque imperfection‘’, soutient l’auteur de la préface du recueil.

L’auteur Thierno Souleymane Diop Niang, étudiant en droit, soutient que c’est une ‘’expérience’’ accumulée au fil de nombreuses années par la lecture qu’il a voulue faire parler dans son ouvrage.

‘’Jai toujours aimé les livres et j’ai commencé à écrire depuis le lycée. C’est toute une expérience que j’ai acquise au contact des livres au fil des années. A un moment donné, j’ai pensé qu’il fallait exterioriser toute cette expérience là, tout ce talent caché en moi’’, a-t-il affirmé.

‘’Les sources d’inspiration, je ne suis pas allé loin pour en trouver : c’est ma mère. C’est cette dame qui est là, dont je suis le fils unique. [Elle] a tout été pour moi. Malgré mes errements, c’est elle ma muse’’, a-t-il dit, montrant du doigt sa mère assise devant l’assistance.

Ses amis et son environnement l’ont aussi inspiré, a-t-il affirmé. ‘’Ce sont, a-t-il indiqué, les lieux que je fréquente, les bus, les cars rapides et les taxis que je prends et les gens chaleureux que je rencontre qui ont constitué ma muse.’’

Thierno Souleyemane Diop Niang ‘’milite pour un monde plus équilibré, en prônant une conscience nouvelle mue par les valeurs civilisationnelles africaines ou simplement les valeurs humaines fortement secouées par une époque mercantiliste’’, écrit son éditeur, Diasporas noires.

AAC/ESF

 

Interview de Thierno Souleymane Diop Niang, poète sénégalais dans le journal Njaacar basé en France .

NFS – Bonjour Thierno, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
TSDN – Je suis Thierno Souleymane Diop Niang , je suis né à Dakar et j’ai fait mes humanités dans la capitale.

NFS – Tu viens de publier ton premier recueil de poèmes, peux-tu nous en dire davantage ?
TSDN – Oui, je viens de mettre sur le Marché mon premier opus . Je remercie tout d’abord Dieu car comme j’ai eu à le dire, dans la présentation, toute évolution positive dans la vie d’un individu, doit être ponctuée d’une attitude de gratitude. Je rends hommage aussi à Hulo Guillabert qui dirige les Editions Diasporas noires et qui m’a donné la chance de publier les « lumières de la Renaissance ».

NFS – Ton recueil a été préfacé par Nafissatou Dia Diouf, as-tu d’autres contacts privilégiés avec d’autres auteurs ou poètes ?
TSDN – C’est vrai qu’elle m’a fait l’honneur de le préfacer, je dis encore merci à la Grande Sœur Nafi pour son humilité et la sympathie dont elle a fait montre à mon égard. Je crois qu’il m’est arrivé ces dernières années de rencontrer souvent de grandes personnalités de divers horizons et les échanges avec eux sont toujours fructueux. Mais je dois avouer que ma rencontre avec des écrivains ou poètes se passe souvent par le canal de leurs œuvres (rires).Toutefois je nourris le rêve de connaitre personnellement certains auteurs dont les écrits m’ont interpellé.

NFS – Quel poète es-tu ?
TSDN – Il n’est pas aisé d’apporter des réponses précises à cette question, car à mon avis le poète est celui qui couche sur du papier ses émotions. Cela peut être motivé par son vécu, son environnement ou ses aspirations … Je dois dire que pour ma part, je me définirai comme un poète libre, sensible au devenir de l’humanité et qui veut aussi incarner les messages contenus dans ma poésie.

NFS – D’où te vient l’inspiration ?
TSDN – Faire de la poésie n’est pas une entreprise aisée. Je crois que parce que c’est un genre littéraire assez pointu, taxé par certains de cénacle d’initiés, il faut relativement un don, une certaine capacité à communier avec son environnement, mais je considère fondamentalement que le secret de la poésie réside dans la spontanéité c’est là simplement qu’on pourra atteindre les cœurs.

NFS- Que représente l’écriture pour toi ?
TSDN – Liberté, c’est cela que signifie l’écriture pour moi. Libérer mes émotions, partager avec les autres. Car j’ai compris, que si on a la chance de pouvoir manier la plume, il faut avoir le courage de se positionner comme analyste, sentinelle, pour décrire avec froideur les situations de sa société. Je suis aujourd’hui persuadé, que l’écriture sera une discipline qui participera au formatage de cette conscience africaine nouvelle à laquelle aspire ma génération décomplexée, encline à conduire ce continent vers les terres ensoleillées du développement pour que les choses changent. C’est pourquoi je ne me limite pas simplement à la poésie.

NFS – Pourquoi le titre « Lumières de la renaissance » ?
TSDN – Je te renvoie à la préface de Nafissatou Dia Diouf qui dit je cite  » que ce premier recueil est la lumière pour la naissance d’un citoyen nouveau libre, conscient, agissant en mot humain « .

NFS – En dehors de la poésie, quelles sont tes activités ?
TSDN – Je suis juriste de formation et depuis longtemps j’ai compris que sur ce continent les jeunes n’entreprenaient pas trop. Je me suis lancé dans ce domaine avec parfois des échecs, ce qui est normal du fait du manque d’expérience. Mais étant de nature optimiste, il y a quelques mois nous avons lancé avec des amis une structure qui s’appelle SMS Consulting (So Many Solutions), dans le but d’insuffler une dynamique nouvelle, dans le domaine de la communication de l’évènementiel… Nous projetons ainsi d’organiser le Forum des Jeunes Leaders, une plateforme inédite, pour dire aux jeunes comme nous que c’est difficile mais c’est possible de réaliser ses rêves à domicile. Dans cette optique, nous avons tenu une randonnée pédestre pour joindre notre voix contre la transmission du VIH mère enfant…

NFS – A-t-il été facile de trouver une maison d’édition pour ton recueil ?
TSDN – En fait ce qui est extraordinaire c’est que la première Maison d’Editions à laquelle je me suis adressée prenait du temps à me répondre et voilà que je rencontre Hulo qui toute suite m’a fait confiance et par la suite Diasporas noires a publié le recueil… Et il y’a quelques temps la maison d’Editions Harmattan m’a témoigné son intérêt pour mon œuvre…
Le recueil de poésies est disponible sur : https://diasporas-noires.com/librairie-1/poemes-lumiere.

NFS – Nous sommes à une semaine des élections présidentielles au Sénégal quelle lecture fais-tu des événements récents ?
TSDN – C’est vrai que, la situation est tendue dans ce pays . Mais j’ai appris en droit que les hommes et les régimes passent, donc nous avons en commun ce pays nous avons l’obligation de le sauvegarder et moi je vote pour la paix, c’est mon candidat mais dans l’expression plurielle de toutes les sensibilités car c’est encore cela notre richesse. Une mosaïque d’obédiences cheminant vers un même but.

NFS – Et le mot de la fin ?
TSDN – Quand tu es perdu dans un tourbillon de conjectures, vivotant jusqu’à l’usure, parce qu’un coup du destin t’a couvert d’une chape de mélancolie, parcoure le tréfonds de ton Etat, arraches y cette volonté surnaturelle qui au bout des peines te feras luire. Lorsque tu glisses sur une pente raide, au risque d’être broyé dans la nuit. Surtout reste affable, car ne se hissent jamais au pinacle les esprits faibles. Cherche, en toi sont minées les solutions. Il t’a accordé la primeur dans sa création. Le voyage est tendancieux, la destination reculée mais les moyens palpables. Tu as le pouvoir d’imprimer ta marque indélébile en haut sur le tableau noir sans opposition. Alors recommence, jette aux orties ce faux pas car tu respires encore point de trépas. Rends lui grâce d’autres ont connu fortune diverse et sont coincés dans l’impasse. Souris, n’entends-tu pas tambouriner le bruit de ton salut à grands pas. Ceci était ta destinée, depuis ton premier souffle, tu avais le devoir de triompher de ce combat seul.

UNE INTERVIEW REALISEE PAR NFS

 

Thierno Souleymane Diop Niang sur 2STV – Chaîne de télévision sénégalaise

 

Reportage sur la cérémonie de signature du recueil dans le journal télévisé de la RTS… A la 25e minute de la vidéo

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