Rachel Mwanza, 15 Ans, a remporté le Prix de la meilleure interprétation au Festival de Berlin

La jeune comédienne congolaise Rachel Mwanza a remporté aujourd’hui l’Ours d’argent de la meilleure interprétation féminine au Festival international du film de Berlin pour son rôle de Komona dans le long métrage Rebelle du Québécois Kim Nguyen.

Plus tôt dans la journée, le film avait reçu une mention spéciale du Jury oecuménique. Premier prix du festival, l’Ours d’or a par ailleurs été remis aux Italiens Paolo et Vittorio Taviani pour Caesar Must Die.

Âgée de 15 ans, Rachel Mwanza a reçu son prix des mains du comédien américain Jake Gyllenhaal. L’annonce du prix d’interprétation féminine à la jeune femme a suscité larmes et cris de joie auprès des artisans du film présents dans la salle. Et pour cause! Lorsqu’ils l’ont rencontré à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC) où le film a été entièrement tourné, Rachel Mwanza vivait pratiquement dans la rue.

«Elle vivait en partie dans la rue et en partie chez sa grand-mère qui avait de la difficulté à s’occuper d’elle», confie le réalisateur Kim Nguyen en entrevue téléphonique depuis Berlin.

Joint quelques minutes après la fin de la cérémonie, ce dernier était absolument ravi de la tournure des événements. «On vit quelque chose d’extraordinaire et on est super heureux pour Rachel, indique le cinéaste. Personnellement, je me disais que si nous avions la chance de remporter un prix, c’était pour l’interprétation féminine. Rachel a quelque chose de transcendant, une aisance dans l’espace et dans sa façon de jouer. Tout au long du tournage, j’ai été impressionné par son courage à travers son jeu.»

Drame poétique

Également scénarisé par Kim Nguyen, Rebelle est un drame poétique inspiré de la question des enfants-soldats. Tourné à l’été 2011 en français et en lingala, le long métrage raconte la vie de Komona (Rachel Mwanza), adolescente vivant dans un village tranquille d’un pays subsaharien. Un jour, elle est enlevée par des insurgés qui l’intègrent à leur commando d’enfants dressés pour tuer. C’est d’ailleurs le sort qui attend Komona qui, tout de suite après sa capture, est forcée d’abattre ses parents.

Plus tard, enceinte du commandant des rebelles, Komona fera toutefois preuve d’une grande résilience en entreprenant un long voyage de retour dans son village natal. Le tout, en racontant sa vie à son enfant à naître et en partageant sa peine avec Le magicien (Serge Kanyinda), un autre enfant frappé du même sort qu’elle.

Tout comme Rachel Mwanza, Serge Kanyinda est un fils du Congo au talent brut. D’aucuns, dans l’équipe de production, ont ressenti toute la force dramatique que portent ces deux jeunes acteurs en eux. Et ce, en dépit des difficultés qu’ils ont vécu dans leur jeune vie.

«Lorsque mes parents ont divorcé, mon père est parti vivre dans une lointaine province du Congo, racontait la jeune femme à La Presse lors d’un reportage en RDC effectué en août dernier. Puis, il y a eu de graves problèmes dans la famille et ma mère est partie en Angola.»

Pendant un moment, Rachel a vécu dans la rue sous la protection d’un caïd. Remarquée par des producteurs, elle a joué dans un premier film européen. Après le tournage de Rebelle, l’équipe québécoise a fait en sorte qu’elle puisse mener une vie plus encadrée. Elle est retournée vivre chez sa grand-mère et apprend maintenant à lire en français.

Trois comédiens québécois, Alain Bastien, Ralph Prosper et Mizinga Mwinga, étaient aussi de l’aventure deRebelle. Une trentaine de techniciens québécois ont également participé au tournage en compagnie d’artisans congolais.

Produit par Pierre Even et Marie-Claude Poulin de la boîte Item 7 (Café de Flore) et distribué par Métropole Films, Rebelle est le premier film québécois à être présenté en compétition officielle à Berlin depuis Madame Brouette en 2003 et Emporte-moi de Léa Pool en 1999.

Il s’agit du quatrième long métrage de Kim Nguyen qui a auparavant signé les oeuvres Le maraisTruffe et La cité. Son nouveau film prendra l’affiche au Québec plus tard cette année.

Le festival (Berlinale) en était à sa 62e édition. Le jury était présidé par le cinéaste britannique Mike Leigh. Rappelons enfin que le nouveau film du Denis Côté, Bestiaire, était présenté dans la section Forum de l’événement.

Lu sur www.lecongolais.cd

 

L’innovation maline de BandShades

La société américaine BandShades vient tout juste de lancer aux Etats-Unis et en Jamaïque des pansements colorés pour les peaux mates, noires ou métissées. Une innovation esthétique, auquel les grands fabricants n’avaient bizarrement pas encore pensé, qui ouvre les portes d’un gigantesque marché. Avec cinq teintes disponibles, le « pansement adhésif cosmétique » couvre 80% des différentes carnations.

Fini les pansements disgracieux sur les personnes de couleur. Le « pansement adhésif cosmétique » est enfin sur le marché. Une idée pourtant simple à laquelle les ténors du secteur n’avaient pas pensé. L’innovation, développée par BandShades – une jeune société américaine de Saint-Louis (Missouri) – a fait son apparition tout récemment sur le marché américain et jamaïcain et ne devrait pas tarder à envahir le monde. Développé en cinq teintes (Miel, bronze, caramel, cacao et moka), le pansement couvre la quasi-totalité des carnations mates, noires et métissées.

C’est en voyant sa petite nièce, métisse hispanique de dix ans, sortir pour son premier bal scolaire avec un pansement blanc que l’idée est née dans l’esprit de Jim Price, employé dans une usine de production de jus concentré. « Le lendemain, alors que je regardais la télévision, je suis tombé sur une pub de Johnson & Johnson où ils ventaient les mérites de leur nouveau pansement. L’acteur était une personne de couleur. J’ai tout de suite pensé à ma nièce, explique-t-il à Afrik. Je me suis demandé pourquoi il n’existait pas de pansements pour les peaux colorées. Ça m’est apparu comme une évidence ». La scène se déroule en 2002. Il s’empresse alors de téléphoner à son ami avocat Tim Philipp. La machine était lancée. Commence alors un titanesque travail de recherche et développement. Car complètement étrangers au domaine, ils ont dû tout apprendre.

Un panel test de 5 000 personnes

« Nous avons fait des tests sur près de 5 000 personnes dans un grand centre commercial de la région pour définir les cinq teintes que nous allions proposer, explique Tim Philipp. Nous avons également étudié toute l’industrie du secteur, les différentes procédures, la fabrication, la technologie… Nous avons fait des tests sur la toxicité de l’encre, récolté de nombreux avis médicaux, interrogé les gens avant d’arriver à dessiner les contours du produit actuel ». « C’est un hobby à plein temps », précise Jim Price, directeur du marketing et des ventes de BandShades, qui a tout de même conservé son ancien emploi. Son associé, Président général, continue également à excercer son métier d’avocat et consacre « 30% de [sa] journée » à la société. Une entreprise où ils avouent avoir investi jusque-là entre 300 000 et 500 000 dollars.

Les leaders du marché sont en rage. « Quand le vice-président d’une des trois grandes compagnies a été au courant de nos recherches et de leurs avancées, il s’est demandé pourquoi diable n’y avait-il pas pensé plus tôt », témoigne Tim Phillip. Alors la concurrence s’organise. « Ils nous ont copié. Leur produit n’est pas encore sur le marché, mais devrait l’être d’ici trois mois ». Mais BandShades risque d’être déjà loin. Car la marque a gagné en l’image d’Oprah Winfrey, la plus puissante figure noire des médias américains. Oprah Winfrey. Productrice et animatrice d’un célèbre talk show et propriétaire du célèbre Oprah magazine, ses avis souvent office de parole d’évangile. Et elle ne tarie pas d’éloge sur les pansements de couleur. « Quelqu’un a finalement compris que les personnes de couleur avait des bobos et je dis qu’il était temps. J’ai presque hâte de me couper avec mon presse-papier », devait-elle commenter. Mieux, le pansement cosmétique est introduit dans la très sélect « O list ». Une liste des produits « labélisés » par Oprah, qui fait autorité parmi tous les investisseurs du pays.

100% d’adhésion chez les consommateurs

Du côté des consommateurs, c’est le plébiscite. « Nous n’avons rencontré aucun personne qui nous ait dit que notre innovation était inutile », témoigne Jim Price. Leurs slogans : « Pour une protection qui n’attire pas l’attention » et « Trouvez votre nuance », font assurément mouche. Et le produit semble être à la hauteur des attentes. « Nos tests révèlent que notre gamme de couleurs couvrent 80% des peaux noires. Les 20 % restants estiment que le résultat est proche et surtout qu’ils n’avaient jamais eu mieux », poursuit-il.

La jeune entreprise ne s’est développée qu’aux Etats-Unis et en Jamaïque. Elle cherche aujourd’hui à localiser des distributeurs en Europe et en Afrique. Ils sont déjà en bonne voie en Amérique du sud. Il leur reste également le colossal marché asiatique, si l’on s’en tient aux seuls marchés indien et pakistanais comme réservoir de consommateurs. Pas besoin donc d’être médium pour prévoir à BandShades un avenir doré. Si les fameux pansements ne sont pas encore disponibles partout, vous pouvez toutefois en commander en ligne.

Lu sur Afrik.com