Interview  De DIAMIL CISS

dans le BLOG peuplesenegalais.net 

« Le slam est l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie »

Les amoureux du slam à Dakar connaissent très bien le poète Sérère au dreadlocks, Diamil Ciss.Grâce à ses belles prestations lors des soirées poétiques que le collectif des slameurs organise, tous les 15 jours au restaurant Just 4 U, où le poète-slameur distille de la connaissance, de l’amour, de la passion…Très généreux de son art, il décide avec l’aide des éditions « Diasporas noires», de mettre sur le marché un recueil de nouvelles. Avec votre site de référence, Peuplesenegalais.net, l’homme disserte sur l’art de matérialiser les émotions par les mots : la poésie, le slam, le « kébétou »… Entretien.

Diamil Ciss, vous êtes slameur, ecrivain, poete.Recemment vous avez sorti un roman.Parlez-nous de cette production, de quoi est-ce que ça parle ?

En effet, il s’agit d’un recueil de nouvelles publié aux éditions « diasporas noires » sous la direction de Madame Hulo Bayle Guillabert et qui comporte six (6) textes. Donc ce n’est pas à vrai dire, ce qu’on appelle un roman. Pour rappel, la nouvelle est d’un autre genre littéraire qui s’apparente plutôt au récit, avec la différence notable que la nouvelle garde un certain suspens, histoire de donner ou d’aboutir à ce qu’on appelle, une « chute ». Elle diffère aussi du récit par le fait qu’elle n’est pas toujours vraie dans sa totalité, même si elle est presque toujours issue de faits plus ou moins réels et plutôt cocasses, sortant un peu de l’ordinaire.

Ce recueil comprend donc les six textes dont voici les différents titres :

–         Le grain de sable

–         La vengeance

–         Cinq pièces de 2 sangs

–         Le fil blanc

–         La souris électrique

–         Trente mille volts de rêve (qui est en même temps le titre du bouquin)

–         Voilà, planté,  le décor de cette première production.

Quelle est votre définition du slam, de la poesie, de l’ecriture, de l’art en général ?

Le slam à mon avis, est le passage de la plume à la scène, de l’écrit à l’oral. Je le définis comme : l’art de combiner les mots d’une manière agréable à l’oreille et utile à l’esprit, l’art de faire valser les cœurs au rythme de la prosodie. Le slam n’est qu’une chronique poétique traitant du lyrique, du comique, du satirique, de l’esthétique et de l’éthique. Je trouve aussi que bien que souvent poétique, il a une forte connotation philosophique, mais surtout de vécu. Car pour moi, nos œuvres ne sont que le reflet de nos âmes. Pour moi, un bon texte de slam, est celui qui peut englober, et l’esthétique, et l’éthique, pour que la poésie ne soit plus seulement qu’un décor qui parle de choses « aériennes », de solstices et d’équinoxes pour ne pas dire grand choses sur nos propres réalités.

On a l’habitude de dire qu’on ne nait pas homme, on le devient. Eh bien, certainement aussi, on ne nait pas artiste. A votre avis, peut-on naitre slameur, poete, ecrivain ?

Non, je ne crois pas que l’on naisse artiste même si on peut hériter de beaucoup de choses via nos gênes. Quelqu’un disait que l’écriture est un exercice de notation et de révision, donc, qui nécessite beaucoup de labeur. Ceci pour dire que le talent à lui seul ne suffit pas, il faut de l’amour, de la passion, de l’ambition pour se surpasser, même si le travail sans génie n’est rien, tout aussi vrai que le don sans travail, n’est que peu de chose. Donc, il faut forcément les deux.

Où est-ce que les lecteurs peuvent acheter votre Livre ?

Pour le moment, les exemplaires qui ont été imprimés sont en route depuis le Canada, où ils ont été imprimés et ne tarderont certainement pas à arriver. Donc rendez-vous est donné d’ici peu pour la distribution.

Entretien réalisé par DRAME Djibril