© Brendan Borrell

Pour une fois qu’un remède à base de plante fonctionne, pourquoi les spécialistes de la malaria y sont-ils opposés?

Il est un peu plus de 9 heures à la ferme horticole Wagagai, et Robert Watsusi pédale sur sa bicyclette sur laquelle sont chargés deux bidons de 11 litres remplis d’une tisane chaude, noire et amère. A peine a-t-il franchi le coin que les ouvriers sortent de hangars horticoles aussi grands que des terrains de football pour prendre leur dose quotidienne de l’élixir qu’ils affirment les préserver de la malaria.

«Quand je vois les gens en boire, je suis content, dit Watsusi. C’est bon pour tout le monde.»

La tisane est faite avec des feuilles d’Artemisia Annua, ou armoise annuelle, une plante chinoise qui constitue la base des traitements anti-malaria les plus efficaces au monde, qui associe les dérivés de l’artémisinine avec une classe de médicament plus anciens. La plante peut également être cultivée dans les régions plus humides d’Afrique, et une année de stock ne revient qu’à quelques dollars.

Bien que la tisane elle-même n’ait été traditionnellement utilisée en Chine qu’en guise de traitement curatif, plutôt qu’aux fins de prévention, un essai randomisé contrôlé mené dans cette ferme a montré que les ouvriers qui en boivent régulièrement ont vu leur risque de souffrir d’épisodes multiples de malaria réduit d’un tiers. Une bénédiction pour cette population, autrefois victime quatre fois par an, voire plus, de cette maladie transmise par un moustique.

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