Plusieurs organisations regroupées en association dénommée Collectif de citoyens sénégalais et d’associations de défense des droits des enfants ont battu le macadam, lundi dernier, pour fustiger la mendicité des enfants dans les rues de Dakar. Ils appellent l’Etat à sanctionner les adultes qui continuent à violer cet interdit.
A Colobane, le décor est contradictoire. D’une part des hommes et des femmes munis de leurs pancartes et qui s’apprêtent à marcher pour dénoncer la condition des enfants « mendiants ». A quelques jets, des enfants habillés d’haillons, pots de conserve à la main, font la manche. L’un est à peine âgé 7 ans, l’autre 10 ans tout au plus. Subjugués par le spectacle des préparatifs et de regroupements des marcheurs, ils regardent avec beaucoup d’intérêt. Il s’agit en réalité d’une initiative qui veut défendre leur cause.
Toutes les couches de la société étaient, en effet, représentées à  la marche initiée contre la mendicité des enfants. Cette rencontre organisée à l’initiative de plusieurs organisations de défense des droits de l’enfant a regroupé plusieurs citoyens, le temps d’un après-midi. La marche a été un lieu de dénonciation des conditions «exécrables» d’enfants soumis à la manche. Pourtant, le Sénégal a bel et bien ratifié la loi qui interdit toute mendicité des enfants. Mais celle-ci peine encore à être convenablement appliquée. Ce constat de non-application a dès lors amené les nombreux partisans de la cause des enfants à élever la voix pour dénoncer ce vide. Les manifestants appellent à une plus grande vigilance de l’Etat en tant que garant de la cohésion sociale pour faire face à un tel fléau. « Le phénomène est tel que les enfants mendient même durant la nuit. Nous appelons à l’application de la loi et la condamnation des coupables. Il faut récupérer les enfants et leur donner une bonne éducation. Il appartient à l’Etat d’appliquer la loi», a dit Momo Diallo, membre du collectif « Dos au mur ». Pour Nathalie Dia, citoyenne sénégalaise, «nous ne pouvons pas rester insensibles devant les enfants laissés à eux-mêmes. Ce sont des enfants, ils doivent être protégés. Les enfants doivent aller à l’école coranique pour apprendre le Coran et non pour mendier. Nous appelons les autres à se joindre à la cause ».
Le phénomène de la mendicité des enfants étant, le plus souvent, constaté chez les disciples d’écoles coraniques, les marcheurs demandent, dès lors, le renforcement des moyens alloués à celles-ci. « L’Etat doit dégager des moyens pour appuyer les vraies écoles coraniques. Cela permettra peut-être de diminuer la mendicité des enfants », a dit Hulo Guillabert, une des initiatrice de la marche. «Les enfants qui mendient sont de plus en plus jeunes et nombreux. Beaucoup de personnes se cachent derrière les « daaras » pour envoyer les enfants mendier. L’Etat doit légiférer et appliquer l’interdiction de mendier pour les enfants », a-t-elle encore dit. C’est sous escorte policière que femmes, hommes et enfants ont fait entendre leur voix. Une manifestation d’autant plus symbolique qu’elle coïncide avec la célébration de la journée de l’enfant africain.

Oumar BA

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