Bibliothèque-Akanga
   
La capitale béninoise abrite depuis samedi 18 juin une librairie baptisée Akanga Dagan. Cet espace entend redonner le goût de la lecture aux Africains.
   
   
Lire l’article sur http://www.beninto.info/2016/06/23/benin-une-bibliotheque-qui-promeut-les-oeuvres-africaines/

Les Rendez-vous de l’Afrique Consciente du 16 Avril 2016

(Une initiative de Diasporas Noires Editions en partenariat avec le Monument de la Renaissance)

L’Afrique Souveraine : Déconstruire et Reconstruire l’Image de l’Afrique

Qu’est ce que le développement pour les africains?

A quoi ressemblerait  l’idéale société africaine moderne?

Que pourrait être un indicateur de succès ou un indice d’économie optimale?

Que peut bien vouloir dire démocratie pour les peuples aficain et d’ailleurs quels sont les mots dans les langues locales qui décrivent de façon adéquate cette forme de gouvernance?

Ce sont là entre autres les questions qui ont été soulevées ce samedi 15 avril, lors de la cinquième cession des Rendez-vous conscients de l’Afrique qui s’est tenu au Monument de la Renaissance. Deux illustres penseurs à la fois auteurs et économistes ont présenté leurs ouvrages. Il s’agissait pour Ndongo Samba Sylla de la Fondation Rosa Luxembourg ainsi que le Professeur Felwine Sarr de l’Université Gaston Berger de Saint Louis de déconstruire des concepts et idées qui jusqu’ici ne semblent pas avoir été questionnés.

Pour Mr Sylla, l’auteur de La démocratie contre la République, publié aux Editions L’Harmattan, l’initiative de cet ouvrage a été entamée il y a cinq ans alors qu’il tentait de prouver à travers une recherche sur le commerce équitable ce si la démocratie précède le développement ou si ce dernier serait le produit de la démocratie.

Selon lui, le fin travail qui a mené à la parution du livre avait pour objectif de développer une réflexion autour du  mot ‘démocratie’ dont il a donné l’étymologie : ‘Democratie’ vient de democratia et qui veut dire : démos qui se réfère aux pauvres ; puis cratos qui veut dire que les pauvres gouvernent : d’où le concept de la gouvernance exercée par les pauvres du fait de la force qu’ils profèrent à travers leur nombre.

Il a été incité à faire une odyssée des origines de la démocratie en visitant des penseurs de la Grèce antique aux temps modernes tels Aristote et Samuel Huntington et en passant par l’internationalisation du concept de démocratie en 1917.

Il s’agissait pour Mr Sylla de déconstruire les notions qui ont été créées jusqu’ici sur le concept de démocratie, comme l’idée selon laquelle la démocratie aurait été créée par les grecs alors qu’Athène était une puissance esclavagiste et sexiste ; ou que la démocratie est purement américaine tandis que le système américain est selon lui ‘’le système le plus anti démocratique au monde’’.

Selon lui, les performances démocratiques sont en dégression en occident depuis le déclin du communisme à travers la chute du mur de Berlin.

En gros, Mr Sylla appelle à un modèle plus démocrate où le peuple est de plus en plus impliqué. Dans la démocratie, le peuple contrôle et décide mais n’exécute pas car ceux qui exécutent doivent pouvoir le faire.

Mr Felwine Sarr quant à lui invite à travers Afrotopia à la redécouverte du ‘soi’ profond, rejoignant Aminata Traoré, l’ancienne Ministre du Mali qui rappelle que l’Afrique est la solution.

Mr Sarr invite à ‘’refaire l’archéologie de la démocratie’’ car ‘’nous avons des théories toutes faites que nous utilisons sans réévaluer ces notions que nous appliquons au niveau de nos pays.’’

Comme Ndongo Sylla, Felwine Sarr a aussi procédé à l’historique de l’image faite de l’Afrique, ce continent qui évolue de celle d’où apparaissent puis disparaissent les animaux et nouvelles espèces  à celui à présent considéré comme celui de la richesse et du futur.

Dans cette entreprise de reconquête de l’Afrique, il est important de réécrire son futur. Et pour cela, il faudrait, comme l’aurait suggéré Howard Zehr, le père fondateur de la justice restorative, changer les lunettes à travers lesquelles certaines réalités sont perçues afin de mieux réécrire l’histoire du continent. Ce travail ne pourrait se faire qu’en interrogeant les épistémies, en questionnant certaines notions et concepts comme celui de développement, éviter de mimer des formes de réussites même si elles ont réussi dans un autre continent car il ne peut exister une formule universelle de développement ou un système d’économie qui s’applique à tous les contextes.

En outre, le fait que les africains ou peuples jusque-là aliénés par les puissances occidentales n’aient eu le privilège de participer aux débats afin de contribuer aux questions sur les types de sociétés qui leur sont utiles et qui seraient l’idéal est une contrainte réelle. Pour lui, il est devenu impératif de changer les mentalités, il ne s’agit pas d’aller de l’afro pessimisme à l’afro euphorie mais de contribuer à mettre en place des sociétés qui donnent des espaces qui cultivent la dignité ; car le problème fondamental est le fait que l’africain soit devenu incapable de réfléchir sur le sens qu’il donne à sa vie, sonnant l’urgence de mettre un frein à la course frénétique pour prendre le temps de faire un état des lieux et redéfinir les points de repère pour identifier et baliser le chemin à suivre.

Ce livre est une invitation à reprendre le travail à la base et à se poser des questions sur la modernité et post modernité. De plus, il est un plaidoyer pour la jeunesse qui a besoin de confiance et pour qui il est important de retravailler à déconstruire l’imaginaire de la réussite, ce qui pourrait permettre de dire que ‘nous pouvons amener le continent à un autre niveau et accroître la densité de la conscience humaine.’

Selon Madame Hulo Guillabert, Directrice de Diaspora Noires et fondatrice de l’initiative des Rendez-Vous Conscients de l’Afrique, qui a acclamé la philosophie de Mr Ndongo Sylla en proclamant que ‘’la démocratie représentative est l’une des plus grandes arnaques du monde’’ ces livres sont une source intarissable de notions importantes et offrent une boîte à outil bien garnie.

Penser et repenser l’Afrique, c’est la thématique qui était tout à son honneur lors de ce panel, surtout lorsque le modérateur, Gaindé Ndiaye, a clôturé le débat en demandant aux deux auteurs de définir ‘l’espoir’ ; une notion qu’il fallait recadrer et déconstruire selon les lunettes de l’intervenant.

Woré Ndiaye

Sunu Capital Humain (SunucapH)

communication@sunucapitalhumain.com

techonomy

L’école de Maseno, au Kenya, a ouvert de nouveaux dortoirs pour 720 élèves, depuis début janvier. Depuis l’ouverture, il s’ensuivit un tas de problèmes… Les latrines à fosse et un système d’égouts défectueux laissaient inévitablement des odeurs nauséabondes et des sources d’eau douces locales polluées tandis qu’en cuisine, le bois était utilisé comme combustible de cuisson ce qui était dangereux pour les cuisiniers et pour l’environnement.

 

Lire l’article sur http://afrikmag.com/a-17-ans-ce-jeune-kenyan-invente-la-transformation-des-dechets-organiques-en-energie/

Elle est l’oeuvre du groupe Cerco, selon sa vision  »une école, un incubateur, une usine ». La pose de la première pierre de l’usine, jeudi 26 mars, a donné lieu à une cérémonie rehaussée par la présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

En parallèle avec la grève dans les universités, Gnamien Konan a salué la vision du groupe Cerco. «  Il faut donner du crédit à la formation ; qu’on augmente le taux d’employabilité des étudiants. Une école, un incubateur, une école ; c’est le système qu’il nous faut. L’école, c’est fini. A la fin de chaque Ufr (Unité de formation de recherche), il doit y avoir un incubateur « , a affirmé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Il n’a pas caché son afro-scepticisme, au regard des réalités de l’école en Afrique, de façon générale, et de la Côte d’Ivoire en particulier, où les universités accueillent 65 mille étudiants au lieu de 17 mille. Mais, depuis un moment, sa vision des choses a changé, notamment par le travail abattu par des jeunes tel le président directeur général du groupe Cerco, Dr Alain Capo-Chichi.  » L’Afrique va finalement s’en sortir car nous sommes obligés de trouver des solutions « , s’est convaincu Gnamien Konan après avoir vu les œuvres (porte-clés électroniques, fontaines électroniques, serveurs d’informations en langue locale) réalisées par les étudiants. Pour atteindre cet objectif, le ministre a indiqué que  » les établissements doivent s’engager à trouver du travail, à défaut un stage à l’étudiant, qu’il reçoit à la fin de sa formation, sinon ils doivent fermer « . Car, argue-t-il,  » les étudiants ne peuvent pas payer pour être formés à ne rien faireOn ne peut plus former pour former « .
Lire l’article sur http://www.black-feelings.com/accueil/detail-actualite/article/un-beninois-monte-une-usine-de-montage-dordinateurs-et-de-tablettes-en-cote-divoire/#Y7gjOrwC7daBI0DD.99

 

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« L’Éducation en Afrique » était le thème de la conférence du samedi 20 février au Monument de la Renaissance dans le cadre des rendez-vous de l’Afrique consciente qui ont lieu tous les 3e samedis de chaque mois. A l’occasion, l’Afrique consciente prône l’intégration de l’enseignement de Cheikh Anta Diop dans le système éducatif africain.

« …  Gayndé Ndiaye, activiste panafricain, professeur en Sciences Politiques à l’ISM a fait une brillante intervention dont le titre était : L’École Africaine de la pédagogie critique à la libération. Il a retracé l’histoire de la transmission de la connaissance, de l’Egypte Antique à nos jours. Il a décrit la verticalité du savoir. Selon lui dans le système traditionnel africain notamment en Egypte, la transmission du savoir suit un système holistique qui fait appel à l’éveil du savoir qui est déjà ancré en l’individu. Plus tard, les Grecs se chargeront de la démocratisation du savoir.

À travers une description de la cérémonie Suigui des Dogons organisée tous les 60 ans, narrée par Marcel Griot, il a su prouver que l’Afrique, au-delà de l’Egypte ancienne, est dotée d’une science qu’il faudrait redécouvrir en fouillant sous les traditions.

La pédagogie des Opprimés de Paulo Freire était au rendez-vous, mettant en exergue l’importance de la libération de l’esprit afin de permettre au savoir de donner libre cours et de contribuer à l’épanouissement de l’individu, tandis que ce dernier se dote d’un esprit critique pour faire la part des choses.

  1. Ndiaye a étayé son intervention de questionnements: l’école est-elle pour être formé, se transformer ou être formaté?

Selon lui, une révolution devrait s’opérer en Afrique afin de transformer le mécanisme de cette éducation afin de permettre un échange à part entière entre l’élève et son maître, l’enseignant et l’étudiant tout en encourageant la créativité.

Puis vint l’intervention de Mme Hulo Guillabert activiste panafricaine, écrivain et DG de diasporas noires.

D’après elle, le monde de l’Éducation est en crise partout en Afrique francophone…

La crise n’est pas seulement d’ordre financier ou de reconnaissance de nos enseignants ou de nullité de plus en plus abyssale des élèves et étudiants…

C’est un cancer profond qui le ronge et le plonge dans le malaise depuis des décennies. C’est le cancer de la géographie européenne apprise par cœur, le spectre de ces rois et grands hommes européens qui squattent la tête de nos enfants nuit et jour alors que les nôtres en sont totalement absents. C’est le cancer de cette éducation à l’européenne qui dit à nos enfants que le Saint Graal est d’aller étudier après son bac ou d’aller travailler en Europe coûte que coûte au péril de sa vie.

C’est ce cancer qui insidieusement, montre à nos enfants des images falsifiées d’eux-mêmes quand ils se regardent dans le miroir.

C’est le cancer de la perte d’identité et des valeurs africaines qui créé un dysfonctionnement et une dissonance grave.

Les politiques publiques doivent s’atteler à une refonte courageuse de tout le système éducatif sinon rien ne fonctionnera plus jamais dans ce vieux corps malade… Il est plus que temps !

Comme disait Malcolm X « Il est vraiment idiot de confier à son ennemi l’éducation de ses enfants »

Cette aliénation nous conduit par exemple sous couvert de conservation de patrimoine historique a avoir une énorme statue d’un des plus grands bourreaux de nos ancêtres, qui trône en 2016 sur la plus belle place de Saint-Louis et pire encore, avec une plaque « À Louis Faidherbe, le Sénégal reconnaissant».

Là on ne peut pas pousser plus loin l’aliénation n’est-ce pas ? Glorifier nos bourreaux !

C’est comme si, aujourd’hui, on faisait lire et aimer Mein Kampf aux enfants juifs. C’est aberrant n’est-ce pas ?

Avez-vous remarqué que par contre nos rois sont toujours présentés comme des despotes sanguinaires et injustes envers leurs populations, coupant des têtes pour un oui ou un non ? Avez-vous remarqué notre spiritualité ancestrale est présentée comme de l’animisme ou de la sorcellerie ?

Les mots sont des armes redoutables et ces mots qui nous méprisent pullulent dans notre système éducatif et dans nos systèmes de référence, dans notre subconscient !

Je reprends ci-dessous certains passages de plusieurs articles écrits par Khadim Ndiaye, historien et spécialiste de Cheikh Anta Diop qui habite au Canada.

Dans une lettre du gouverneur du « Sénégal et dépendances » et de l’AOF (Afrique occidentale française). Jean Jubelin du 23 mars 1829, adressée au ministre de la Marine, il est écrit qu’il faut :

« Amener les habitants indigènes à la connaissance et à l’habitude du français et associer pour eux à l’étude de notre langue, celle des notions les plus indispensables. Leur inspirer le goût de nos biens et de nos industries. Enfin créer chaque année parmi eux une pépinière de jeunes sujets propres à devenir l’élite de leurs concitoyens, à éclairer à leur tour et à propager insensiblement les premiers éléments de civilisation européenne chez les peuples de l’intérieur. Tels devaient être les fruits du nouvel établissement. »

Voilà pourquoi l’enseignement de Cheikh Anta Diop doit être intégré dans le système éducatif en Afrique.

« Cheikh Anta Diop a fait le constat du dépérissement de la personnalité de l’Africain, du Noir en général, qui a un besoin réel d’être renforcée par la mise en place d’un cadre culturel approprié : « La personnalité du Noir, écrit-il, est la plus délabrée de toutes, comparée à celles des autres ex-colonisés: ces derniers bénéficient, en général, d’un cadre culturel et d’une superstructure moins entamés, qu’il faut, souvent recréer ici. La création d’une conscience collective nationale, adaptée aux circonstances, et la rénovation de la culture nationale, sont le point de départ de toute action progressiste en Afrique noire. C’est le moyen de prévenir les diverses formes d’agressions culturelles. »

Hulo Guillabert s’interroge : Quelle réforme de l’enseignement sera mise en œuvre afin de non seulement intégrer les enseignements de Cheikh Anta Diop à l’école et à l’université mais également afin d’extirper tout néocolonialisme globalement de notre système éducatif ? Ces 2 objectifs doivent aller de pair !

Il faut que cela soit fait à partir de l’école primaire partout, afin de façonner positivement les têtes de nos enfants, la survie de l’Afrique en dépend, la souveraineté de l’Afrique en dépend, l’unité de l’Afrique en dépend !

Beaucoup de réactions dans l’assistance et de belles contributions !

Comme celle de M. Babacar Ndiaye, Président Honoraire de la Banque Africaine de Développement (BAD), les jeunes peuvent faire l’histoire. Ils devraient pour ce faire jouer un rôle participatif au lieu d’être des spectateurs afin de contribuer à créer « la recette de l’histoire » dont ils doivent contribuer à trouver les ingrédients.

Ou encore celle M. Mamadou Ndoye ancien ministre de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, ancien ministre de l’Éducation de Base et de la Promotion des Langues Nationales qui a partagé son expertise sur la méthodologie éducative et les différentes étapes que devrait suivre une réforme de l’éducation en Afrique. Selon lui, l’Afrique est connue pour être le berceau de l’humanité. Il faudrait donc recréer l’histoire afin qu’à travers l’éveil des consciences ainsi que des pratiques pragmatiques adaptées aux réalités socio-économiques et culturelles du continent, le continent reparte sur ses pieds et mérite son titre de berceau de l’humanité. Il s’est aussi appesanti sur l’identité africaine comme instrument pour la reconstruction de l’intégration africaine.

La modératrice, Mme Woré Ndiaye, Directrice Exécutive de Sunu Capital Humain, écrivain et experte en transformation de conflits, quant à elle, a soulevé la nécessité de comparer le système francophone et celui anglophone en prenant le soin de collecter les bonnes pratiques qu’il faudra répliquer. Citant le Professeur Joseph Ki-Zerbo, elle a rappelé que  » l’on ne développe pas un pays, l’on se développe ». D’où l’importance pour l’Afrique de recréer son propre critère de développement autour d’une éducation sociale qui soit égale ou supérieure à l’éducation académique de l’individu, en valorisant des vertus humaines afin de favoriser l’émergence du continent.

Merci à Woré Ndiaye pour ce compte-rendu

(Directrice Exécutive de l’organisation Sunu Capital Humain Ecrivain, Experte en transformation de conflits)

 

(Agence Ecofin) – Au Liberia, le ministère de l’éducation, en partenariat avec l’Agence américaine pour le développement international (USAID), vient de lancer un diplôme national en Agriculture (NDA). D’une durée de deux ans, cette formation innovante destinée aux diplômés de l’enseignement secondaire leur permettra de se lancer directement dans l’agriculture par le biais d’un emploi dans le secteur formel ou dans l’agro-entreprenariat.

La formation qui s’effectuera au Centre d’excellence agricole, un institut bénéficiant du soutien du Food and Enterprise Development Program (FED) de l’USAID, connaîtra une phase pratique qui se déroulera dans les entreprises. Elle leur permettra d’acquérir des compétences susceptibles de leur offrir de nombreuses options en matière d’emploi au vu de la croissance des besoins du secteur agricole et agroindustriel.

 
Lire l’article sur http://www.black-feelings.com/accueil/detail-actualite/article/le-liberia-lance-un-diplome-national-en-agriculture-pour-les-bacheliers/#Wo6lepUeG4fewqlO.99

L’excision est une pratique qui perdure en Afrique particulièrement en Ouganda où cinq personnes ont été condamnées à quatre ans de prison.

 
En Ouganda, malgré une loi qui interdit les mutilations génitales féminines, l’excision continue de faire des victimes. En effet, cinq hommes et femmes, accusés d’avoir excisé ou aidé à exciser des filles de l’est de l’Ouganda, ont été condamnées à cinq années de prison. Une décision de la justice ougandaise rare car peu de personnes pratiquant l’excision finissent en prison.

 

Au Rythme de la Kora ancestrale… Ils étaient là nombreux, les intellectuels africains, panafricains, africanistes, ou que sais je encore… tous ceux qui avaient attendu 30 ans, cet événement… Un film sur Cheikh Anta Diop !

Ils sont venus, ils étaient tous là, ses disciples, lecteurs initiés, adorateurs, sympathisants,  lecteurs du dimanche ou simples abonnés à ses citations répandues sur toute la planète à la vitesse de la lumière, et puis aussi, ceux qui viennent pour venir, ceux qui assistent pour assister, à toute grand-messe, pourvu que quelqu’un l’ait déclarée inratable…

Mais tous ces gens, quel que soit leur motif, n’allaient pas repartir indemnes de cette avant-première mondiale du Film Kemtiyu Sèex Anta, mais proches, très proches de Lui…

Je suis arrivée, seule, j’ai salué des connaissances, embrassé parents et amis, puis je me suis assise, loin de tous, pour mieux savourer chaque minute de ce nectar inespéré, ce n’était pas le moment d’être dans les chuchotis ou les confidences, j’étais dans un instant éternel, en méditation,  en prière…

Je ressentais profondément cet événement comme majeur… Il y a des jours comme ça, on sent que c’est un tournant !

D’abord, une chanteuse Ma Sané du groupe Wa Flash de Thiès, que je ne connaissais pas, belle, majestueuse comme une prêtresse égyptienne, elle l’a chanté du tréfonds de son âme, c’était beau et solennel ! Cheikh Anta…

Et puis, ses enfants dignes avec quelques humbles paroles…

Puis Laurence, à qui on doit le montage, pleine de trac, d’émotion, mais professionnelle…

Et enfin le réalisateur de ce film historique, celui que tous appellent affectueusement Willy, une grande silhouette dégingandée, familière,  l’humilité personnifiée, « Yes I » a-t-il lancé à l’assistance avec un sourire en coin comme pour défier son trac…

Quand ce film a commencé, mon cœur s’est mis en apnée et mes larmes en apesanteur…

J’ai avalé chaque miette des nombreux témoignages si justes, je guettais chacune de ses apparitions sur l’écran comme on s’abreuve, comme si je voulais scanner son image dans mon cerveau, je me suis attachée à sa veuve si simple et aimante, j’ai applaudi comme si je lui envoyais des ondes de lumière plusieurs décennies après, à chacune de ses vérités immuables, véritables joyaux, et j’ai ressenti le formidable cran de ce grand maître incarné, ce magnifique pharaon déguisé en savant baol-baol à Paris le temple de la connaissance mais aussi de l’histoire falsifiée, son entêtement à étudier toutes ces disciplines scientifiques, son amour immense pour sa terre et pour l’humanité, son exigence de Vérité, j’ai ressenti les barreaux de sa prison senghorienne, la solidarité de sa communauté Bayfaal, la nonchalance multiséculaire de Ceytou, le mépris de ses ennemis, le respect de ses pairs, sa vie de famille pleine d’amour, de pudeur mais aussi de privations, sa haute intégrité,  la fierté de ses disciples et admirateurs, sa tendresse envers ses proches, l’ignorance de ses frères qui seule pouvait l’ébranler au plus profond de son être,  l’outrecuidance de Senghor et de sa clique française et francafricaine désormais livrés au sévère jugement de l’Histoire avec un grand H…

C’était grandiose !

J’ai ressenti avec une terrible émotion chaque séquence de ce film multidimensionnel et quantique.

Et dans ma tête, la musique flamboyante de Randy Weston continue encore et encore d’invoquer les ancêtres d’Afrique mais aussi ceux des champs de coton…

Je le connaissais, je le lisais, je l’aimais, je le citais, je prônais ses enseignements, mais désormais, je me sens orpheline…

Car ce film m’a apporté l’affection que seule apporte la proximité qui me manquait avec ce magnifique pharaon tout droit sorti des limbes de nos cerveaux pour se matérialiser dans nos cœurs…

Ousmane William MBAYE

Comment remercier ce magicien, Ousmane William Mbaye certainement scribe dans une vie antérieure en Égypte au côté de ce grand Pharaon, merci à toi Mamane, merci Willy pour cette affectueuse proximité, merci pour cet attachement indélébile que je ressens dorénavant pour mon père, mon ancêtre…

Car cet homme, c’est sûr, fait partie de la cohorte de mes ancêtres, nos ancêtres, qui veillent sur nous de l’au-delà, c’est-à-dire ici et maintenant !

L’Afrique va s’en sortir car l’Afrique est de nouveau connectée à ses ancêtres ! Yes I !

Hulo Guillabert

Directrice de Diasporas Noires Editions et Activiste du panafricanisme

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Rappel de la biographie de Cheikh Anta Diop

Né en 1923 dans un village du Sénégal profond, il se passionne très tôt pour les sciences et l’histoire de l’Afrique.

Il débarque à Paris en 1947 pour étudier la philosophie, puis la physique, la chimie, l’histoire, la linguistique, l’anthropologie. Ses professeurs sont Gaston Bachelard, Marcel Griaule et Frédéric Joliot-Curie.

En 1954, il publie « Nations Nègres et culture », un livre-culte, qui révolutionne la vision sur l’origine des civilisations, en déclarant que l’humanité est née en Afrique, que l’Égypte pharaonique était nègre et que l’histoire a été falsifiée.

Oser contredire les égyptologues et ébranler les symboles va lui couter cher toute sa vie…

Sa thèse de doctorat en poche, il rentre au Sénégal en 1960, au moment de l’indépendance, et se heurte à Léopold Sédar Senghor qui lui interdit d’enseigner à l’Université.

Soutenu par Théodore Monod, Cheikh Anta construit alors à Dakar, son propre laboratoire de datation au Carbone 14.

Il est convaincu que le développement de l’Afrique passe par l’apprentissage des sciences, la défense des langues nationales et la fédération des États-Unis d’Afrique.

Malgré un parcours constamment parsemé d’embuches et d’adversaires, Cheikh Anta Diop le rebelle,  laisse derrière lui une oeuvre colossale et féconde et quelques héritiers à travers le monde, qui revendiquent sa pensée et ses combats.

« Il est permis de se demander s’il n’est pas de ceux qui, de leur vivant, se sont installés confortablement dans l’éternité «  écrivait un journaliste, déjà en 1960.

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Titre : KEMTIYU, Cheikh Anta

Genre : Documentaire de création – Durée : 94′ –  Année : 2016

Scénario Réalisation & Production : Ousmane William MBAYE

Montage & Production : Laurence ATTALI

Musique : Randy WESTON

Conseil scientifique: Cheikh Mbacké DIOP

Les Films MAME YANDE – William Mbaye

o.williammbaye@gmail.com 

Production et Distribution :

AUTOPRODUCTION – Laurence Attali 

autoprod@club-internet.fr   

source dossier technique du Film

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Filmographie de Ousmane William Mbaye

  • 1979 : Doomi Ngacc (L’enfant de Ngatch)
  • 1981 : Duunde Yakaar (Pain sec)
  • 1989 : Dakar Clando
  • 1992 : Dial Diali
  • 1992 : Fresque
  • 2003 : Xalima la plume
  • 2005 : Fer et verre
  • 2008 : Mère-Bi (La mère)
  • 2012 : Président Dia (documentaire)

Source (Wikipédia)

© Brendan Borrell

Pour une fois qu’un remède à base de plante fonctionne, pourquoi les spécialistes de la malaria y sont-ils opposés?

Il est un peu plus de 9 heures à la ferme horticole Wagagai, et Robert Watsusi pédale sur sa bicyclette sur laquelle sont chargés deux bidons de 11 litres remplis d’une tisane chaude, noire et amère. A peine a-t-il franchi le coin que les ouvriers sortent de hangars horticoles aussi grands que des terrains de football pour prendre leur dose quotidienne de l’élixir qu’ils affirment les préserver de la malaria.

«Quand je vois les gens en boire, je suis content, dit Watsusi. C’est bon pour tout le monde.»

La tisane est faite avec des feuilles d’Artemisia Annua, ou armoise annuelle, une plante chinoise qui constitue la base des traitements anti-malaria les plus efficaces au monde, qui associe les dérivés de l’artémisinine avec une classe de médicament plus anciens. La plante peut également être cultivée dans les régions plus humides d’Afrique, et une année de stock ne revient qu’à quelques dollars.

Bien que la tisane elle-même n’ait été traditionnellement utilisée en Chine qu’en guise de traitement curatif, plutôt qu’aux fins de prévention, un essai randomisé contrôlé mené dans cette ferme a montré que les ouvriers qui en boivent régulièrement ont vu leur risque de souffrir d’épisodes multiples de malaria réduit d’un tiers. Une bénédiction pour cette population, autrefois victime quatre fois par an, voire plus, de cette maladie transmise par un moustique.

Lire l’article sur http://www.slate.fr/story/73443/oms-contre-tisane-anti-paludisme-malaria

Merlinox

Le jeune Togolais Edouard AKAKPO-LADO fait une petite révolution en matière de transformation des noix de palmes. Il vient d’inventer « Merlinox », une machine qui sert à piler les noix de palme et permet l’obtention de plusieurs produits dérivés du palmier comme l’huile de palme ou encore l’huile de noix de palme. La machine produit également l’huile de noix de coco pour le bonheur des ménagères.

2014 est incontestablement l’année du Togo en matière d’innovation. Après Logou Minsob, 2ème prix de l’innovation pour l’Afrique (foufoux mix) et Afate Kodjo Gnikou vainqueur du Prix de l’innovation de Barcelone (imprimante 3D), un autre togolais vient de mettre sur pieds « Merlinox », la machine qui permet la production des produits dérivés du palmier sans effort.

Lire l’article sur http://www.africatopsuccess.com/2014/09/09/innovation-un-togolais-invente-merlinox-la-machine-dextraction-de-lhuile-de-palme/